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<< Y'a pas que Freud, bordel ! | Sage, trop longtemps... FIN | Sage, trop longtemps... 2/3 >>
La suite, vous l’avez devinée bien sûr. J’ai changé, je me suis sentie exister, j’ai découvert que je pouvais faire des choses pour moi seule, que je pouvais dépenser mon salaire sans me reprocher de gaspiller l’argent du ménage, l’argent durement gagné par mon mari. Celui-là était mien. Encouragée par mes fils, j’ai oublié mes pantalons à pinces, les moccassins et les ballerines ringardes, quitté mes jupes strictes et découvert le plaisir d’une coquetterie différente. Mes vieux chemisiers ont retrouvé une seconde vie sur des jeans, je suis devenue sexy et indépendante sans m’en rendre compte.
Charles, un tout jeune instituteur en formation dans ma classe a apprécié. Son culot m’a beaucoup amusé, j’en parlais même à la maison le soir tant ces jeux-là me semblaient inoffensifs. Si Charles a amorcé quelque chose, c’est Patrick qui en a profité à la rentrée suivante. Agé de 29 ans, son charme me faisait rougir, son humour me transportait et son charisme me chavirait. On se croisait quinze fois par jour, nos corps se frolaient. Un jour, une petite fille s’est légérement bléssée dans la cour, ses larmes étaient intarrissables. Patrick nous a rejoint, s’est accroupi contre moi et l’a fait rire. Sa présence m’a chamboulé, mon trouble s’est remaqué et il a osé m’inviter à dîner.
Depuis, je revis et ne connais plus la solitude ni ne ressens cette boule d’angoisse dans le creux de mon ventre. Juste l’excitation de le retrouver, le plaisir de l’attente. Nous discutons ensemble, des heures durant de nos lectures, du ciné, de nos collègues, de notre métier, de notre vie passée et future, de nos proches, de mes enfants beaucoup. Je ne suis plus jamais seule, même quand je remplis mon caddie pour mes trois garçons, il pousse le sien à mes côtés qu’il remplit de plats préparés. Je sais une seule chose maintenant, pour lui je ne préparerai jamais des petits repas qui attendront au chaud trop longtemps.
Mon mari ? Il travaille toujours autant, essaie d’être compréhensif et je crois qu’il y parvient bien. Je ne vis plus avec lui bien sûr mais il m’arrive encore de lui remplir son réfrigérateur. Les garçons sont grands, ils vont et viennent entre nos deux maisons selon leurs besoins : devoirs de sciences et bidouillages informatiques avec et chez Papa, petites copines, soirées crêpes, câlins, linge sale et ventres creux chez moi.
Je suis une femme heureuse, je peux me prétendre épanouie même. Mon mari et mes garçons ont encore un peu de chemin à faire pour comprendre mais ils vont bien et savent pouvoir compter sur moi. Je suis quand même encore un peu la même ! Quant à ma copine, elle m’a trouvé super, détendue, gaie et veut que l’on fête le deuxième anniversaire de mon autonomie retrouvée : deux ans déjà, deux ans seulement après vingt ans à être sage, trop sage…
Publié par Solène P. à 10:26:12 dans > Récits de vie, et pas la mienne ! | Commentaires (4) | Permaliens
21-06-2006 09:49
De Gavée Sujet:
BIDON
21-06-2006 09:45
De Chavapanon Sujet:
Pas vrai
21-06-2006 09:34
De Gavée Sujet:
SAGE ?
Commentaires