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<< Fins de mois difficiles ? | Fffffffff Femme au foyer | Le bon goût du chocolat... équitable forcément ! >>
Dire que l’on est une femme au foyer n’est pas simple : les F sont sur-représentés et on les postillonne. D'autre part, ce n’est que rarement une situation complètement consentie, ensuite quelles femmes acceptent de "tenir le foyer" ?
Le féminisme et le partage des tâches hommes-femmes sont passés par là. Nous n’en sommes plus à laver, ranger, repasser, cuisiner, décorer, coudre et tricoter pour faire de notre sweet home la vitrine de la réussite de notre mari. Toutefois lorsqu’aucun train ne nous attend le matin pour rejoindre un patron oppréssé, force est de constater que l’on s’attèle à ces tâches-là. Quand j'ai compris que je n'étais plus en congés maternité, mais désormais au foyer, un vent de panique m'a fouetté. En y repensant je revis la chute dans un gouffre glacial et sans fond, yeux exorbités et machoire pendante, suivie d'une pluie de charbons en pleine face et d'un atterrissage le cul dans un nid de rosiers et piracanthas. Le calme est alors revenu, une petite déprime l'exigeant !
Parce qu’après le départ de tous, la mère s’arme du balai et d’une éponge, ramasse les pyjamas qui trainent, ouvre et ferme les fenêtres, lance la soupe, fait la queue à La Poste, étend le linge en rentrant, bouffe une tomate croq-au-sel les bons jours, administre les rendez-vous et gère le courrier. Bien malgré elle, elle devient le chef d’orchestre de la maison : « Où se trouve notre avis d’imposition, chérieeeeee ? », « Là où il était du temps où je travaillais, ce temps où tu trouvais tout seul… ». Elle est un agenda sur pattes, lance les invitations, gère les obligations, rythme les activités. Elle jette quelques idées, ses envies à elle, de femme seule au beau milieu de l’agitation familiale, mais qui est là pour les attrapper ?
Une mère au foyer est donc une femme provisoirement, et dans l’intérêt d’une famille, retenue à la maison. Le sacrifice en vaut la chandelle et bien plus. Démonstration plus tard. Mais être au foyer ne signifie pas s'y enfermer ou se l'aliéner. C’est l’occasion d’initier des changements de vie, permettre à sa moitié de s’impliquer professionnellement corps et âme, démarrer d’autres activités, nouer de nouvelles relations, s’inscrire dans une dynamique sociale différente, s’engager dans la vie des crèches, des écoles, de la ville, lancer des projets et des réflexions, consacrer du temps à certains et parfois même à une recherche active d’emploi.
Le stress, les responsabilités, la contrariété, le manque cruel de temps, la pression ne sont pas l’apanage des « actifs », mais on peut jalouser les femmes au foyer qui maîtrisent leur organisation au poil, savent tenir à distance les importuns et choisir leur stress. L’experience de la tenue d’un foyer, aussi fâcheux, funeste et formidable soit-il, à plein temps permet de définir ses limites, mettre au point très rapidement une organisation légère pour des emplois du temps lourds, administrer une équipe de trois personnes exigeantes et plus, évoluer dans le difficile univers du monde émotionnel et en sortir enrichie, déterminée et prête à casser des barres !… ou à vider un bar (100%, clin d’oeil. Merci de votre compréhension ) .
A celui qui me trouve parfois inamicale... avec tout mon amour
Lire aussi : Oser être une mère au foyer , dans la collection Questions de parents, Albin Michel , de M.P. Delplancq-Nobécourt
Publié par Solène P. à 11:02:07 dans > Couple, sans les maux de tête | Commentaires (0) | Permaliens
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