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AstriZouille

Les charmes de la vie de famille revus et corrigés

Auto-satisfaction toute féminine ! | 29 mai 2006

Nos magazines préférés nous connaissent si bien qu’ils évitent d’entretenir nos doutes, nos fragilités, notre fatigue pour mettre en avant l’idéal convoité en affirmant que les femmes sont formidables. Qu’il est donc agréable de se découvrir si talentueuses au quotidien, indispensables aux hommes, uniques et avec une telle estime de soi ! Remettons-en une couche…

Certes, les femmes assurent :

- au supermarché, montre en main, les courses pour quinze jours sont effectuées en 70 mn, temps de chargement et de déchargement inclus.

>>Monsieur fait mieux mais il a oublié les couches du bébé, surstocké les rouleaux de papier (et donc encombré les petits coins, déjà jonchés de journaux) et fait l’impasse sur les légumes (oui, mais ça s’épluche et ça se lave, pas les pâtes). Il a pensé aussi aux ampoules et à la super glue. Faut reconnaître, c’est pratique. Mais il vous faudra retourner compléter entre midi et treize heures, à côté du bureau. Lui, il ne peut pas, il ne dispose pas d’un réfrigérateur au bureau (« qu’est-ce que tu crois, on bosse, nous ! »), doit être présent aux réunions qui démarrent à onze heures et se terminent à quinze (il n’a même pas le temps de déjeuner, lui ! Il n’a surtout pas votre cran pour mettre fin à une réunion qui a trop duré, alors que vous maîtrisez cet art depuis votre retour de congé maternité au risque de vous faire mal voir… )

- en cuisine : là encore, les repas pour bébé, plus celui des grands qui detestent la peau des tomates et les courgettes et le poisson, plus celui de votre moitié qui-a-déjà-trop-mangé-ce-midi-alors-fais-léger-s’il-te-plait-ma-chérie (ha, tiens ? Il a donc parfois le temps de manger, le midi, lui…) seront servis à l’heure. Vous, vous vous lécherez les doigts, le fond des petits pots, les restes des assiettes et pour tenir le coup jusqu’au coucher, un paquet de crackers, une tablette de chocolat ou une banane (c’est toujours autant de vaisselle en moins !).

- au boulot : arrivée plutôt matinale, en général bien avant les hommes qui arriveront en ordre dispersé après neuf heures, généralement avant midi mais qui resteront tard… eux ! alors que vous, façon fonctionnaire, vous aurez tout bouclé à 18 heures, au milieu de l’après-midi donc… Elles ne sont jamais là quand on a besoin d’elles, dit-on derrière votre dos. J’en ai même entendu dire qu’on ne l’y reprendrait plus, à embaucher des femmes… Il nous faudrait quelques doubles de nous-mêmes pour leur enseigner la lecture méthodique des mails, le classemment des fichiers, l’anticipation des besoins et un poil d’organisation…

>>Le décalage entre les équipes féminines et masculines est loin d’être corrigé : les unes anticipent et classent, les autres brassent et s’agitent, donnant une impression de forte activité : rechercher un dossier quand le client est au téléphone, ça donne des sueures froides même aux plus endurcis. Quelle femme saura leur dire que les dosiers sont classés, que les informations leur ont été communiquées par écrit en temps et en heure, que vous ne vous souvenez même plus des détails parce que c’est déjà de l’histoire ancienne et que vous vous êtes attaqués à la suite ?

- à l’école : ça, vous ne le savez sans doute pas, mais quand vous arrivez à la crèche, à la fermeture, ou à l’école dans les mêmes eaux, vous êtes belles, vous assurez comme ce n’est même pas permis ! Vous avez quitté le bureau au pas de course en transférant vos appels professionnels sur votre portable, vous avez coincé un peu de lecture sous votre bras et avez pensé aux sacs plastiques contenant les indispensables petits suisses et autres denrées. Vous avez sauté dans le RER de 17h57, après c’est trop tard et on n’a pas tous les jours le cran d’affronter le regard des moniteurs à la garderie. Hop, le bus, un peu de marche à pied dynamique et ouf ! Mes petits chéris, vous avez passé une bonne journée ? T’es tombé dans la cour ? Ho lala… Tout ça encore maquillée et en talons !

- au lit : non merci, Chéri, c’est bien d’y avoir pensé mais pas ce soir. J’ai eu une journée difficile, oui, comme hier, et comme avant-hier, je te l’accorde. Ni demain. On verra pendant les vacances.

>>A moins que le petit dernier ait atteint sa troisième année, auquel cas, vous ne seriez pas contre un petit calin… et puis un autre pour rattrapper le temps perdu !


Ils ont bien raison, les magazines, les femmes sont formidables !

Publié par Solène P. à 20:54:36 dans > Société, humeurs éphémères | Commentaires (0) |