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¤ Journal ¤ | 17 juillet 2006


Vu dans un journal :

"Brosse à dent solitaire cherche compagnon pour brossage régulier et astiquage en règle. Dentifrice et gobelet fournis. Appeler d'urgence avant desséchement."

Publié par Harpie à 11:41:46 dans Harpie is life, life is good... | Commentaires (3) |

¤ Promesses ¤ | 13 juillet 2006



Voilà une éspèce en pleine prolifération en ce moment : les promesses. Du style "je t'écrirais" du style "je te rappelle" du style "tu vas me manquer"... Il paraît que c'est à cause de l'été. La chaleur leur redonne vigeur et c'est bien dommage parceque le resultat flagrant de leur développement c'est : du vent. C'est une conséquence directe de ce type de parole : elles n'entraînent aucune action. Donc on peut en faire tant que l'on veut cela n'engage à rien, strictement rien. Le problème c'est que l'on s'en souvient quand on en a besoin. Le "je te rappelle" est généralement suivi d'un blanc (de 2 mois à un an suivant le besoin) puis on s'en souvient lorsqu'on a besoin de quelqu'un. Visiblement elles s'oublient bien vite quand on a une vie bien remplie. Ou quand on trouve l'amour de sa vie. Le monde doit sans doute se mettre en pause et on éspère le retrouver dans le même état que lorsqu'on est parti .

Mais lorsque l'amour de sa vie s'en va vers d'autres Terres plus hospitalières, beaucoup sont étonnés de ne plus revoir leurs amis aussi à l'écoute qu'avant leur depart précipité vers Aphrodite. Ils ne comprennent pas que le monde tourne avec ou sans eux et qu'il arrive que les gens soient totalement opposés au fait d'être pris puis abandonnés puis repris puis rejetés au grès des envies de l'un de leur compatriotes. Cela c'est à cause des promesses. Voyez-vous cette espèce a le don de s'immicer jusqu'au coeur des personnes voire même parfois jusqu'au cerveau où certaines, loin de les oublier, les cultivent en silence. (généralement le destinataire de la promesse, l'emetteur étant en effet conscient ou non mais pas affecté de ne pas la tenir)Ainsi lors du retour "inespéré" de l'emetteur de la promesse il retrouve un destinataire aigri, coléreux, ou parfois même adepte de l'ignorance parfaite.

Il faut dire que cette maladie est véritablement ingrate, elle n'accable en premier lieu qu'une personne : celle qui accorde de l'importance à cette promesse. L'autre revenant de ses périples (le plus souvent amoureux) et en proie aux turpitudes de l'amour lorsque celui ne se manifeste plus aussi clairement, éprouvant donc le besoin de trouver une autre source de réconfort, se tourne alors vers le destinataire de la promesse qui avait toujours été là en cas de baisse de tension amoureuse pour combler les brêches grâce à une épaule réconfortante, et ne trouve plus finalement que dédain et colère.

Il faut croire que les promesses n'attendent pas que la vie reprenne pour celui qui les a faite avant de commencer à ronger le coeur de quelqu'un lorsqu'il s'agit d'amour et son sourire lorsqu'il s'agit d'amitié.

Publié par Harpie à 10:22:33 dans Harpie is life, life is good... | Commentaires (9) |

¤ Non? ¤ | 11 juillet 2006



Parceque parfois il faut dire la vérité! Même celle qui fait mal...

Publié par Harpie à 16:54:31 dans Harpie is life, life is good... | Commentaires (0) |

¤ Dialogue avec un sourd ¤ | 20 juin 2006



    Dieu seul sait comment vous voilà assis à la table d'un café avec en face de vous la seule personne que vous ne vouliez pas voir. Ni le voir, ni lui parler, ni savoir qu'il existe. Très originalement il vous commande un café, et très originalement entame la conversation :

"Alors c'est bien Paris?"
    Tout à votre café vous ne levez pas les yeux et tentez de vous concentrer sur le lait format un tourbillon dans l'eau noir de votre mixture :

"Oui. C'est beau Paris. On y rencontre des gens intéressants, ou intelligents, ou sympas ou même mignons. Et si on a de la chance le tout ensemble...
- Ah. (maigre sourire sur le visage de votre interlocuteur qui croit bon d'enchaîner avec la remarque calculée :) Tu as trouvé un copain alors?

    Soupir intérieur. Le lait s'est mélangé au café depuis longtemps, vous vous résignez donc à lever la tête :

- Non. En même temps je ne cherche pas.
- On peut trouver sans chercher...
- Oui mais là non.

    Vous tournez la tête vers la fenêtre et plongez vos yeux dans le ciel gris :

- Je suis comme le héro de Serge Lehman, je veux un homme capable de traverser la moitié de la Voie pour m'offrir un escargot. Un gars cool comme The Dude ou Trent dans Daria. Mais qui soit capable de gravir une montagne si je le lui demande, capable de m'offrir une rose en pleine salle de classe, d'échanger avec moi ses baskets contre mes talons si j'ai mal aux pieds, qui m'appelerait "ma merveille"...

    C'est bien entendu à vous et à vous seul que vous vous adressiez. Qui moins bien que lui aurait pu comprendre ce que vous tentiez d'expliquer? Pourtant il croit bon de répondre :

"Mais moi si tu veux je peux t'offrir un escargot"

Publié par Harpie à 13:55:42 dans Harpie is life, life is good... | Commentaires (7) |

¤ Un rêve ¤ | 20 juin 2006


    Vous êtes assis dans le bus, contemplant d'un air distrait le paysage se déroulant sous vos yeux. Votre livre fini depuis peu vous laissez vagabonder votre esprit tandis que de nouveaux voyageurs montent. Le bus est pratiquement vide, et, pour une fois, vous aviez décidé de vous asseoir presque au fond. Trois jeunes hommes s'installent derrière vous, vous les remarquez vaguement. Jogging et T-shirt. L'un d'eux vous interpelle toutefois à cause d'un tatouage en forme de dragon sur le cou. Tout à vos pensées vous ne distinguez rien des deux autres et continuez à planer dans vos rêves éveillés, captant presque malgré vous leur debut de conversation tandis que le véhicule démarre. C'est l'homme au dragon qui parle, vous reconnaissez sa voix sans vous retourner. Il déambule entre les sièges de ses compagons :

    "Nan mec, nan. Mes gamins jamais je les laisse vivre ici moi. Jamais. C'est pas une vie ici. On se croirait dans le Bronx gars. Et les gens ils se prennent pas pour rien. Une embrouille ils te sortent un canif. C'est des cons les gens ici gars. Nan. Moi mes gosses j'veux qu'ils aient une vie d'rêve moi. J'veux pas qu'ils connaissent ça. J'veux une belle maison gars. A la campagne. Une belle prairie tu vois? Toute verte. Et grande. Super grande. Et une ptite maison. J'dis pas qu'c'est moi qui la construirait t'as vu, mais j'crois qu'j'essayerais quand même. Histoire d'pouvoir dire à mes gosses que j'ai fais la maison moi-même t'as vu. Nan j'leur mentirai jamais à mes gosses, jleur dirait ça que si c'est vrai t'as vu. Et ptite la maison. Pas trop p'tite genre une pauvre maison du bled mais une chouette maison. Pas un grand truc genre Maharadja tu vois. Pacque dans une grande maison on se voit pas. Y'a trop d'pièces, tes gamins tu les vois pas. Nan une ptite maison. Avec des volets bleus. Et des fleurs aux fenêtres. Qu'on puisse la voir de loin. Des fleurs de toutes les couleurs sur les balcons. Et une jolie barrière blanche comme dans les films américains. Ouais gars, moi j'veux une jolie barrière blanche autour de ma maison. Et un chien. Qu'il puisse courir dans la prairie toute verte. Ah ça les gamins ça leur plairait un chien, pour jouer avec. Et on serait tout seuls t'as vu. Une chouette maison toute seule. Pas d'voisins t'as vu. Ou loin alors. Et une ptite piscine en plastique pour les gamins. Ouais. Pas tout ce qu'y a ici. Ici on peut pas avoir une maison comme aç t'as vu. J'veux arrêter tout s'bordel t'as vu. J'veux juste bosser pour avoir de la thune pour cte maison. T'sais quoi? J'la vois déjà gars. Sur j'pourrais la faire. Sûr!"

    Le bus s'arrête, les trois jeunes hommes descendent. Quelque jours plus tard vous prenez le journal de la région et lisez un article en troisième page. Un jeune homme s'est fait assassiner dans la banlieue de votre ville. Le journaliste n'en donne aucune description, sans doute par peur de se faire accuser de diffamation s'il ose parler de crime raciste. Il croit tout de même bon de mentionner que ce jeune homme possedait un tatouage sur le cou. Un signe d'une bande bien connue, "on se croirait dans le bronx" ajoute-t-il.

    Depuis lors vous priez pour que ce jeune homme mort ne soit pas celui qui rêvait d'un belle maison aux volets bleux dans une prairie verte avec une jolie barrière blanche tout autour. Et vous souhaitez de tout votre coeur qu'il ait obtenu sa maison et ses fleurs...

Publié par Harpie à 13:42:57 dans Harpie is life, life is good... | Commentaires (0) |

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