Avant propos : Parait-il que je suis célèbre et parait-il que la miss voulait que je lui écrive un ch’tit article pour son blog. C’est maintenant chose faite. 
Pour bon nombre de gens (des abrutis assurément)
Windstruck est la préquelle de
My sassy girl. Mais ça serait oublier qu’on est pas dans
Star Wars. Et nier la complexité des liens qui unissent les deux films. Enfin, la complexité de
Windstruck.
Car si
My sassy girl n’est rien d’autre que ce qu’il donne à voir, une petite comédie romantique sympatoche et dynamique mais qui en fin de compte ne se défait pas de son ravissant premier degré,
Windstruck empile les niveaux de lecture et accumule les chausse-trappes. A la manière de celle de
Ubik, le roman de
Philip K. Dick, la fin de
Winstruck, en le liant de manière à première vue grossière à
My sassy girl, invite le spectateur à une remise en perspective complète de ce qu’il vient de voir et révèle en
Windstruck un étonnant jeu de miroir qui va bien au delà des simples références et clins d’oeil à des oeuvres antérieures du réalisateur.
Mais passons,
Windstruck n’est pas seulement objet de plaisir formel. C’est un mélo, un gros mélo qui tache. Avec des larmes, des cris, des pleurs et des violons. Mais c’est aussi un gros foutrak de tout plein de genres et de registres différents, un mix improbable comme seuls les asiatiques (et en particulier les coréens) osent en faire.
Windstruck commence comme une comédie romantique (
My sassy girl bis en fait) puis le film bascule et finit en mélodrame. Entre temps il aura tâté du film policier et du gun-fight, de la comédie pure et dure, de la romance nunuche et du film fantastico-merveilleux. Le résultat est une improbable comédie romantico-mélodramatique d’action comme vous n’en avez jamais vu. Et surtout,
Kwak Jae-Yong osera aller au bout des choses, jusqu’au point de rupture.

Windstruck est un film sur siège éjectable. Chaque seconde il manque de franchir les limites de l’acceptable (pour certains, il les a franchi), de trop en faire. Tout le long de la vision du film, le spectateur pense « il va pas le faire, il va pas oser le faire, aaaarrgghh ! il l’a fait ! ». Kwak Jae-Yong pousse le vice jusqu’à utiliser tous les poncifs de la comédie romantique et du mélo, et ce à la puissance dix mille. Les personnages meurent, ressuscitent, et pis non en fait il sont morts, tout ça accompagné d’une reprise du Knocking on Heaven’s door de Bob Dylan ; la caméra tourbillonne dans tous les sens ; les poursuites de bagnoles se déroulent sur fond de K-hip-hop de lover ; et j’en passe et des meilleures. Mais le pire c’est que tout cela est aligné avec un tel culot et une telle maîtrise que ça passe comme du petit lait et qu’on en redemande. Aussi en bon spécialiste du genre Kwak sait désamorcer la banalité de ses scènes en les détournant à la dernière seconde (comme dans cette scène où le couple danse sous la pluie dans ce qui pourrait ressembler à une pub pour Peugeot et que en un petit plan le réalisateur casse complètement le potentiel platement romantique de la séquence).
Comme je l’ai dit plus haut, Windstruck est un film à plusieurs niveaux de lecture. Non des moindres étant le dilemme de l’héroïne, ne sachant si elle doit vivre pour elle ou sa jumelle décédée à sa place, dilemme qui sous-tend tout le film et lui dicte même sa structure. Windstruck est comme une pièce dont on explore tour à tour les deux faces : comédie romantique et mélodrame. Les scènes se répondent entre elles et se font écho, le plus souvent en négatif, faisant de Windstruck un fascinant jeu de miroir, un génial tour de passe-passe. Poussant le jeu encore plus loin (trop loin ?) My sassy girl devient une uchronie, un futur alternatif dans lequel la jumelle de l’héroïne aurait vécu.

Et petit bonheur non négligeable, le DVD est un petit bijou. Et oui !
3 DVD avec tout plein de bonus (non sous-titrés, faut pas rêver non plus), la magnifique bande originale sur un CD à part (et part en vrac sur un DVD comme trop souvent par chez nous), le tout bénéficiant d’un packaging super classe (mais fragile, aaaarrrggg !) avec boîtier en plexiglas et photo-book troooop bôôôô. Par dessus le marché les menus animés du premier DVD sont des petits poèmes à eux tous seuls, avec des flip-books en bonus caché, c’est supra-fun, super frais avec des couleurs pastel et tout et tout. Glop Glop !
Et comme pour ne rien gâcher, le contenu est à la hauteur du contenant. C'est le bonheur.
Epikt
(Glop ? ou pas Glop ? )
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