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François Bûchamor d'Alfred Assolant | 26 octobre 2009

 

Enfant (c'est à dire dans les années 60), je préférai les Aventures Excentriques de Paul d'Ivoi aux Voyages extraordinaires de Jules Vernes. Je les trouvai plus romantiques. Et l'un de mes livres de chevet lu et relu était Les Aventures merveilleuses mais authentiques du Capitaine Corcoran d'Alfred Assollant que je jugeais désopilantes et chevaleresques tout à la fois. je viens d'ailleurs de m'apercevoir que je ne suis pas la seule à penser ainsi si j'en crois le site du département de la Creuse.

http://www.encreuse.com/personnalites/assolant/

"ASSOLLANT et son influence "
Alfred assollant a marqué des générations, ainsi dans le fameux bob Morane "la vallée infernale", on peut lire :
"Il (Bob) trouva seulement un roman qui avait enchanté ses jeunes années et que, avant de quitter la France, il avait emporté comme une sorte de relique. C'était "Le Capitaine Corcoran". L'auteur y relatait les aventures et mésaventures d'un Français chevaleresque et audacieux qui parcourait les Indes en compagnie de son tigre apprivoisé, y faisait la guerre et y épousait une belle princesse". (Chap. X)
Sans Assollant, point de LUPIN puisque Maurice Leblanc avoua "Les auteurs qui ont pu m'influencer sont plutôt ceux de mes lectures d'enfant : Fenimore Cooper, assollant, Gaboriau, et plus tard, Balzac, (...)."
Mais d'autres auteurs moins aventureux citent assollant comme une référence : Sartre dans "Les Mots" en fait une source d'inspiration : "Cette fois, j'ai touché le fond. Il ne me reste plus qu'à prendre sur la table "les Aventures du capitaine Corcoran", qu'à me laisser tomber sur le tapis, ouvrant au hasard le livre cent fois relu [...] Corcoran fait des battues dans la bibliothèque déserte, sa carabine sous le bras, sa tigresse sur les talons. [...] Tout à coup Louison, la tigresse, se met à gronder, Corcoran s'immobilise : voilà l'ennemi. C'est le moment palpitant que ma gloire choisit pour réintégrer son domicile." et Léon Daudet, fils d'alphonse dans "L'homme et le Poison" fait même du nom "corcoran", un syndrome pour qualifier des hallucinations cocaïniques : " Un explorateur célèbre, ayant fait, pour voir, une piqûre de cocaïne, aperçut dans un coin de la chambre un tigre magnifique et apprivoisé, pour lequel il se prit d'une affection soudaine. L'ivresse se dissipant, le bel animal disparut «Bah! ? se dit l'explorateur - je le retrouverai demain. » Or, ni le lendemain, ni les jours suivants, quelle que fût la dose de poison, il ne devait plus revoir son seigneur tigre, évanoui à jamais dans la jungle hallucinatoire. Six mois plus tard, il se suicidait de chagrin, ou, du moins, son suicide cocaïnique prenait, comme prétexte, l'absence du cher tigre. Cet exemple classique est connu sous le nom de «Corcoran», en souvenir du roman célèbre d'Assollant. ".

 Vous pouvez lire ce roman d'aventures destiné aux gamins d'il ya plus de cent ans, sur Galleca ainsi que d'autres des ouvrages de l'écrivain et journaliste.

En mémoire de mon jeune temps, j'avais acheté au hasard des brocantes un autre bouquin d'Assollant, édité aux Editions Garnier dans leur collection fort intéressante des Classiques populaires, François Bûchamor.

Je survolais aujourd'hui ce roman qui conte les mésaventures d'un paysan pris dans la bataille de Valmy, avec tout autant de bonheur. Une écriture populaire si vivante, pleine de portraits de gens que l'on pourrait encore croiser et qui pourrait servir d'exemple dans les écoles, une vision de la guerre vécue par le peuple, très différente de ce que l'on a coutume de conter.Tout ce désuet sonne finalement très actuel avec des tableaux vivants qui n'en finissent plus de bavarder, toute une meute de personnages aux prénoms simples et aux noms aux diphtongues si franchouillardes que l'on en a nostalgie. Et, certainement, Alfred Assolant eût fait de nos jours, un excellent auteur de sitcoms pour son authenticité, sa verve, son sens aigu de l'observation toujours présents dans la description de la vie de tous les jours prise dans des tourmentes existentielles qui dépasse l'individu.

A raccommoder ainsi les bouts d'anecdotes tissées d'amours frugales, de fêtes rustiques et de batailles de circonstance, Assollant atteint des dimensions épiques en toute simplicité. 

Publié par ficelle à 21:30:11 dans Lectures à mâchouiller | Commentaires (0) |

America the Beautiful | 13 juin 2007

  dessin en couleurs sur le thème du book America, the Beautiful, par son auteur Moon Unit Zappa, écrivain et comédienne née en 1972 aux states, souvent définie comme la fille aînée de Frank Zappa, ce qu'elle est vraiment pour le meilleur et pour le pire

j'ai trouvé cette illustration sur son site tout en aquarelle http://www.moonzappa.com/

après avoir lu ce livre qui en français, donne Papa, les mecs et moi  comme si America, la Belle n'eût pas mieux convenu

America, c'est l'héroïne, une trentenaire dans le genre de Moon Unit avec un drôle de prénom comme celui de son auteur qui signifie "module lunaire" et un père célèbre comme son auteur encore, sauf que celui-là était peintre branché au lieu d'être rocker

le roman acidulé et frais d'une jeune femme qui n'en finit plus avec son oedipe et son adolescence et s'obstine à choisir des types qui la larguent

c'est léger avec de l'humour comme tous les romans de cette veine-là, un peu autobio mais surtout révélateurs d'une époque un peu instable avec plein de gens qui se cherchent

vite lu et défatiguant à petites doses un peu genre courrier du coeur pour magazine à filles à qui on ne la fait pas...

Publié par ficelle à 21:38:24 dans Lectures à mâchouiller | Commentaires (0) |

Georges Henein | 11 mars 2007

L'un de mes derniers bouquins.

Je lis des livres empruntés à la médiathèque, plus envie d'entasser les livres, cela se fait sans doute au détriment des auteurs, quoique pour beaucoup d'entre eux, les bibliothèques restent leurs premiers acheteurs.

Il faudrait trouver de nouvelles manières de rétribuer les créatifs, un système où l'on pourrait distribuer à tous tout en permettant aux producteurs de gagner un bonus par rapport aux oisifs... mais l'utopie n'est pas dans mes thèmes du jour...

Le problème de l'emprunt est que beaucoup de bouquins sont à lire par petits coups ainsi les Oeuvres de Georges Henein que je vais restituer avec un sacré retard, un Egyptien d'expression française, comme on le signale sur la pochette, aux Ed Denoël, compilation de poèmes, récits, articles, pamphlets etc. car l'homme était journaliste et écrivait beaucoup sur des thèmes variés pour la presse égyptienne mais aussi l'Express, Jeune Afrique...

 

L'écriture est vraiment très belle tout à la fois précise et pleine de trouvailles et d'intelligence. Il est difficile de choisir un extrait, car tout est bon ! Un bout de poème donc qui dit l'esprit de l'auteur, qui est sans doute, à la manière de Musset, cet inconnu, "cet orphelin vêtu de noir" .

Un extrait de Budapest 1956

Un inconnu a mis le rire aux poudres

La vie n'est plus tressée comme un cahier de rides

Un émoi matinal dénoue la chevelure du vécu

Les hommes posent leurs mains au hasard

Tantôt sur un sein tantôt sur une forêt qui brûle

Ils avancent dans la nudité d'un monde qui s'accomplit

Là où tout devient visible de très loin

Là où l'on se frotte les yeux

Comme les femmes des pays froids

Frottent leurs vitres par un jour d'hiver...

Publié par ficelle à 14:12:42 dans Lectures à mâchouiller | Commentaires (0) |

La controverse des temps | 11 novembre 2006

Dans La controverse des temps, sous couvert de conter une intrigue amoureuse entre deux amis, une prof de fac et un maître soufi, Rajae Benchemsi emprunte les traits d'une jeune universitaire pour nous livrer toute une série de portraits de membres de l'élite marocaine, déplore leur attachement au "vainqueur"  d'hier, leur « modernité » et leur goût « démocratique » de comédie, dénonce une falsification de l'histoire marocaine par l'occident et particulièrement la France, bien sûr, la colonisatrice.
 Rajae Benchemsi raconte sa fascination pour son propre pays, ses traditions, son architecture, sa poésie, ses chants, ses conteurs, ses sultans (Moulay Ismaïl dont elle nie la cruauté dont les Européens ont témoigné) ses grands penseurs (Averroe dont elle affirme l'appartenance à l'Islam) elle dit la beauté des femmes qu'elle louange, la sagesse et l'intelligence des hommes (particulièrement son héros, le maître soufi Ilyas), déplore l'influence occidentale.
La spiritualité marocaine s'oppose tout au long à ce qui apparaît comme un vide de la démocratie car la comparaison entre orient et occident s'inscrit en filigrane tout au long du roman. Et, bien sûr, elle n'est guère à notre avantage.
 Rajae Benchemsi est riche des deux cultures, la marocaine et la française. Elle est sans nul doute une lettrée qui n'ignore rien des philosophes qu'ils soient grecs, allemands ou autres, ni de la littérature française, ni des rites catholiques, ni de la musique classique de chacun des continents. Bref c'est une femme supérieure qui s'acharne à le montrer tout au long des pages de son bouquin comme elle s'attache à faire la preuve que le Maroc est également un pays supérieur doté d'une spiritualité à nulle autre pareille.
Il reste que malgré les argumentations boiteuses et fallacieuses, c'est un très joli roman qui raconte les contradictions entre maroc d'hier et d'aujourd'hui et les difficultés pour sa population d'intégrer traditions et modernité, je dirai plutôt, pour ses cadres, car il n'est pas question d'autres gens et surtout des plus pauvres, si l'on excepte les conteurs et les sages.
L'extase et la place qui lui est accordée à travers la récitation poétique ou coranique ou encore les chants y est extrêmement bien décrite.
 « Houda inondée de chaudes larmes, se laissa gagner par l'euphorie générale. Jamais elle n'avait éprouvé un tel sentiment de plénitude. « J'ignore le sens d'un tel état, pensa-t-elle, mais il ne fait aucun doute que cela émane de l'essence même du beau et du bonheur. » Les chanteurs se turent les uns après les autres et soudain s'éleva une voi qu'on pourrait, selon les critères classiques, comparer à un contralto. Mais, très étrangement, si elle se tendait à l'extrême limite de la gamme des aitus, elle descendait aussi vers des groupes presque sombres. Ces variations, quasi contre nature augmentaient son mystère et la rendaient proprement divine."
 

 

Publié par ficelle à 23:42:29 dans Lectures à mâchouiller | Commentaires (0) |

Amnésie | 11 novembre 2006



Amnésie de Sarah Vajda, une histoire faussement policière dont il serait vain de donner l'intrigue tant elle n'est que prétexte, mais qui remet en route une enquête plus cruciale bien que l'auteur ne parvienne pas à l'énoncer clairement et bascule de l'Espagne à la France (de Séville à Larche) puis à Jérusalem encore et encore, début et fin de toute chose si l'on prête attention à son vrai propos, et Sarah tourne en rond autour de la déportation et du rôle de la France durant cette période. Le tout est truffé de références diverses, un méli-mélo d'anecdotes, de réflexions embrouillées qui se contredisent, un vrai labyrinthe où elle ajoute encore des chemins de misère.


 Mon sentiment après lecture de ce texte aussi confus que dense au point que j'avais cru avoir lu 500 pages là où il n'y en a pas même 2 00, est que cette « amnésie » pour Vajda est cette vacuité qui rôde entre les mots qui décrivent l'horreur mais ne la contiennent jamais toute entière ; le vocabulaire qui s'y emploie n'est jamais suffisant, ni la simple récitation des faits ni le témoignage de ses survivants ni le nombre des martyrs. Le tragique, c'est l'indicible ; la véritable souffrance n'est jamais pleinement exprimée dans son caractère abominable, le cauchemar fait partie de l'irréel, du fantasme au même titre que le paradis,  alors comment définir l'enfer puisque par définition il est ce qui n'existe que dans l'au-delà.
C'est pourquoi, ce travail de deuil de Sarah Vajda se doit de pénétrer ce qui n'existe plus en se penchant sur l'Histoire ou qui existe en marge comme le Mythe ou mieux la méditation sur l'histoire, la métaphysique, et puis, Jérusalem, la ville qui est tout à la fois l'axis mundi, tout Occident et Orient confondus, les trois monothéismes formant trinité mais aussi l'étroit passage occulte d'entre le monde des vivants et le monde des morts.

Publié par ficelle à 22:15:26 dans Lectures à mâchouiller | Commentaires (0) |

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