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Le petit Paul | 11 novembre 2006

 Marie Rouanet au Jardin des Evèques - Béziers

Trois livres lus parallèlement. Trois auteurs féminins. Des presque romans qui prennent parfois le ton de l'essai sans subir ses rigueurs.  Cela m'attire toujours mais en même temps, je reste méfiante.
Choisis en bibliothèque, un peu au hasard, comme je le fais souvent.
Le premier ouvert et le premier fermé parce qu'il était rapide à lire :   Qu'a-t-on fait du Petit Paul, où l'auteur Marie Rouanet,   conte l'histoire d'un enfant « saint », un gamin en qui l'on vit l'élu de Dieu, un voyant, et causeur de miracles et qui fut présenté à ce titre à Pie VII.
Tout en prévenant le lecteur que son propos n'est pas de citer les faits exacts, l'auteur y décrit une manipulation environnementale, un enfant chétif, peut-être psychiquement atteint, un père frustré et bigot qui y projette un rêve de curé raté, sur fond de mysticisme primitif.



Cette volonté de rationalisme édifiant couvrant un fait divers local tendant à la légende et dont on voit que l'auteur ne dispose que de quelques traits, m'a paru surfaite et un peu pédante.


  Marie Rouanet, un écrivain biterrois (de Béziers) écrit en langue française mais aussi en langue d'oc qu'elle chante aussi, est-il dit dans les articles qui lui sont consacrés. Ses romans, partiellement autobiographiques, dont j'ai lu la plupart avec intérêt, sont riches d'histoire régionale. C'est une belle écriture, très précise, qui accumule les champs lexicaux, mêle celui des « belles lettres » (Ecole Normale oblige) à celui du terroir et témoigne d'une certaine intelligence des êtres et des choses jusqu'à la spiritualité de tradition chrétienne.



Sa lecture suscite cependant en moi comme un ennui au bout d'une centaine de pages et je me force toujours à finir.


J'ai mieux cerné le motif qui me faisait ressentir cela en lisant les deux autres ouvrages empruntés, l'un de Sarah Vajda, en pleine crise de judéité, Amnésie  et l'autre d'une Marocaine, Rajae Benchemsi, La controverse des temps, et qui m'ont semblé avoir le même défaut, celui de vouloir tout savoir et de le montrer sans cesse, une espèce d'arrivisme intellectuel qui finit par lasser. On a envie de les consoler, de leur dire, nous savons que vous êtes des femmes intelligentes et instruites et même érudites, que vous êtes riches non seulement de votre savoir traditionnel mais aussi de l'autre culture, celui du dominant dont vous reconnaissez la valeur et que vous intégrez pour pouvoir monter les marches de la hiérarchie et ensuite signifier qu'elle ne vaut pas tripette donc respirez et soyez sereine au moins l'espace de quelques pages. »
  


 

Publié par ficelle à 21:00:31 dans Lectures à mâchouiller | Commentaires (0) |

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