Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Littérature et poésies

Culture, littérature, poésies

Je garde le souvenir | 03 août 2006


POEME QUE GEORGES SAND ENVOYA A ALFRED DE MUSSET
 
Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
***** et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute desinteressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. A vous je veux me sou-
mettre entièrement.
 
Votre poupée

Publié par Rive gauche à 20:18:32 dans Poèmes | Commentaires (0) |

Vous êtes jeune et belle... | 24 juin 2006

Poème sur le thème du temps qui passe et de la vieillesse qui viendra ...
Alors, ne perdez pas de temps, profitez de la vie - sous entendu "envoyons-nous en l'air tous les deux et ensemble" ...

Vous êtes jeune et belle...

Vous êtes jeune et belle, et vos lèvres rieuses
N'ont que charmants souris tout fraîchement éclos ;
Le temps sonne pour vous ses heures folles, joyeuses
Qui vont se succédant comme les flots aux flots.

L'amour pour vos plaisirs rend plus voluptueuses
Ces langueurs qui s'en vont en de tendres sanglots ;
La fortune, les ris, et les choses heureuses,
Catinetta mia, voilà quels sont vos lots !

Quand vous prendrez le deuil d'une prompte jeunesse,
Et que vous sentirez les doigts de la vieillesse
De jours d'or et de soie, hélas ! brouiller le fil !

Quand tout vous fera mal, et le bonheur des autres,
Ces plaisirs enivrants qui ne sont plus les vôtres,
Tout, jusqu'au souvenir ? - Que vous restera-t-il ?

Jules Verne

Publié par Rive gauche à 12:44:47 dans Poèmes | Commentaires (0) |

Jamais | 17 juin 2006

Jamais

Jamais, avez-vous dit, tandis qu'autour de nous
Résonnait de Schubert la plaintive musique ;
Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,
Brillait de vos grands yeux l'azur mélancolique.
 
Jamais, répétiez-vous, pâle et d'un air si doux
Qu'on eût cru voir sourire une médaille antique.
Mais des trésors secrets l'instinct fier et pudique
Vous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux.
 
Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage !
Hélas ! je ne voyais ni ce charmant visage,
Ni ce divin sourire, en vous parlant d'aimer.
 
Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n'est belle.
Même en les regardant, je ne regrettais qu'elle,
Et de voir dans sa fleur un tel coeur se fermer.
 
Alfred de Musset

Publié par Rive gauche à 18:04:30 dans Poèmes | Commentaires (0) |

La jolie brune | 14 juin 2006

La jolie brune

Elle a des babouches trop grandes    
La jolie brune de notre bande    
mais de bien jolies gambettes    
et de l'intelligence plein la tête        
Elle a des babouches trop grandes    
la jolie brune de notre bande  
Au soleil elle aime bien les zupettes  
pour plaire aux garçons les plus chouettes  
Elle a des babouches trop grandes  
la jolie brune de notre bande  
elle a des copines virtuelles qui ne manquent pas de style  
mais portent de drôles de noms : nivo1, sushia, martika22, krolkodile  
Elle a des babouches trop grandes  
la jolie brune de notre bande  
C'est un jolie papillon tendre en somme  
Et qui butine de fleurs en fleurs dans le forum  
Elle a des babouches trop grandes  
la jolie brune de notre bande  
elle vous dit les choses sans détours  
mais elle ne jure que par la paix et l'amour  
Elle a des babouches trop grandes
la jolie brune de notre bande
Oui mais elle porte des chaussettes dans ses babouches
Elle les a tricotées barbottant dans sa douche
pour combler ses babouches
Silvana n'a qu'un mot à la bouche
Babouchka babouchka :love:

Publié par Rive gauche à 13:54:34 dans Poèmes | Commentaires (0) |

Harmonie du soir | 13 juin 2006

Pour moi le plus beau poème jamais écrit:  

Harmonie du soir 
 
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
 
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
 
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
 
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige  
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!
 
 
Baudelaire, Les fleurs du mal  

Publié par Rive gauche à 09:45:17 dans Poèmes | Commentaires (0) |

1| 2| >>