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Littérature et poésies

Culture, littérature, poésies

Harmonie du soir | 13 juin 2006

Pour moi le plus beau poème jamais écrit:  

Harmonie du soir 
 
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
 
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
 
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
 
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige  
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!
 
 
Baudelaire, Les fleurs du mal  

Publié par Rive gauche à 09:45:17 dans Poèmes | Commentaires (0) |

" American vertigo " Bernard-Henri Lévy | 12 juin 2006

Le café croissant au centre ville

Un siècle et demi après Alexis de Tocqueville, Bernard-Henri Lévy débarque à son tour en Amérique. "American Vertigo" est son livre de réflexion sur la réalité de l'Amérique à travers des personnages croisés par l’auteur au cours d’un voyage qui a débuté en juillet 2004 et s'est terminé en avril 2005. L’écrivain a parcouru plus de vingt mille kilomètres et rencontré tous les visages de l'Amérique : les illustres, les anonymes, ceux du désert ou des mégapoles...

Bernard-Henri Lévy a mangé de la route et multiplié les rencontres. Son reportage est composé de courts clichés qui sont autant de récits d'étapes. Avec l'oeil du romancier, et la profondeur du penseur, il écrit la comédie humaine de ce territoire à la fois pays et continent. Le reportage se mêle à la réflexion, et le pittoresque emprunte à la philosophie de l'histoire. "American Vertigo" est une plongée dans l'Amérique des communautés, noire, juive, indienne, hispanique, de la misère et des religions, des prisons et des lieux de mémoire.

L’auteur a tenté d'exprimer ce qu'il avait compris de ce pays et de son temps. Il s’interroge sur la nature du patriotisme américain, la coexistence de la liberté comme de la religion, le système pénitentiaire, le retour en force de l'idéologie ..., l'incroyable capacité des Etats-Unis à produire de la richesse. Il y a dans son récit quelques moments forts, il met souvent le doigt sur de vraies questions, mais passe son chemin avant d'avoir trouvé la réponse. On se contentera d’un point d'interrogation. Ce livre est non pas une enquête, mais une quête passionnée de l'identité américaine et des ressorts d'une nation qui n'a jamais cessé de nous fasciner.

BHL ne néglige pas non plus de donner son point de vue ou de distribuer ses remontrances, c'est sa façon bien à lui de nous rappeler qu'il est philosophe. D'où la vitalité prodigieuse de ce livre qu'on dévore avec un enthousiasme qui ne se dément jamais. A l'heure où la démocratie en Amérique est de plus en plus contestée, ce reportage atteste, au contraire, de sa prodigieuse vitalité.

 

Publié par Rive gauche à 10:46:17 dans Littérature | Commentaires (5) |

A une passante | 10 juin 2006


Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Publié par Rive gauche à 17:32:48 dans Poèmes | Commentaires (2) |

"Noires fureurs, blancs menteurs" de Pierre Péan | 07 juin 2006


Le café croissant au centre ville

Après les discriminations, l'esclavagisme ... voilà que l’on voudrait en remettre une couche en désignant la France comme responsable direct ou indirect du génocide rwandais.

Une poignée d'individus portent des accusations contre l'armée française. De quelles preuves disposent-ils pour appuyer leurs assertions gravissimes ? Méfions nous de trop condamner la France dans cette histoire et de minimiser le long cheminement qui, dans ce pays, a conduit à cette tragédie.

Je conseille la lecture d’un livre " Noires fureurs, blancs menteurs" de Pierre Péan. La thèse de l’auteur est de réhabiliter le rôle de la France. Il préfère s'employer à prouver que la responsabilité des massacres incombe au chef du FPR, Paul Kagamé actuel président de ce pays, dont le mouvement, affirme-t-il, aurait tué plus de Hutus que le régime précédent n'avait tué de Tutsis. Sa thèse, au bout du compte, a pour objet d'établir que la France et François Mitterrand ne se sont pas fourvoyés au Rwanda.

Pierre Péan, en général, c'est du lourd, des infos, des scoops... "Noires fureurs, blancs menteurs" est tout autant une enquête sur le génocide rwandais qu'un pamphlet contre tous ceux qui désignerait la France comme responsable direct ou indirect du génocide rwandais.

Rive gauche

Publié par Rive gauche à 08:16:16 dans Littérature | Commentaires (3) |

La fabrique du crétin, essai de Jean-Paul Brighelli | 04 juin 2006

Ce livre représente et exprime toute la détresse dans lequel ce trouve le système scolaire, et le système français en général. J'ai trouvé admirable l'analyse à laquelle se livre Jean-Paul Brighelli sur le système éducatif français ; rien ne lui échappe, il en pointe tous les défauts, toutes les hypocrisies, toutes les aberrations.

L’auteur pourfend le système scolaire français, jadis l'un des meilleurs du monde, aujourd'hui vaste machine à produire et reproduire des crétins, à mille années-lumière du pacte républicain, de l'égalité des chances, de l'ascenseur social et de la transmission de l'esprit critique. Le système éducatif français est de plus en plus démagogique. Les étudiants n'obtiennent plus leur diplôme pour leurs capacités intellectuelles mais pour atteindre des quotas!

Entre le laxisme des professeurs et la tolérance des soixante-huitards qui ont voulu défaire les figures de l'autorité scolaire et saper les fondements de la culture entendue comme socle social, et les chantres du néo-libéralisme qui ont pour leur part simplement besoin de transformer les élèves en main-d'œuvre, il y a de quoi s'inquiéter : où va l'École, aujourd'hui reflet d'une France à deux vitesses - celle des riches habitant les beaux quartiers et celle des pauvres résidant en périphérie des villes ?

Entre anecdotes, moments de vérité et accusations directes, vous découvrirez un homme d'exception en cet auteur, normalien agrégé de lettre. Jean Paul Brighellii sait, avec parfois une brindille d'humour, montrer comment et pourquoi l'école est en grand danger. Un livre féroce, clair, piquant qui provoquera encore plus d’inquiétude chez les parents et les grands parents, et la désillusion chez les plus jeunes.

Un livre de plus sur la déconfiture de l'éducation nationale. Génération sacrifiée, génération médiocrité. C'est la triste réalité. Si la démocratie ne va pas très bien, c'est, peut-être, parce qu'on a formé des générations de crétins.

Rive gauche

Publié par Rive gauche à 12:17:27 dans Littérature | Commentaires (2) |

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