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Le fil de C...

Chemins dansés d'une apprentie art-thérapeute

Jeff Buckley | 14 juin 2007

 Quelques jours se sont déjà écoulés depuis l'anniversaire de la disparition prématurée de Jeff Buckley. Parfois, le temps nous surprend : alors que l'artiste semble toujours parmi nous, ses chansons dans la tête, ses disques tournant en boucle sur nos platines, on réalise que dix ans déjà se sont écoulés depuis ce soir de mai 1997 où, en sombrant dans la noirceur boueuse du Mississippi, Jeff Buckley s'en est allé rejoindre les étoiles.


 
L'enfance californienne de Jeff Buckley est surtout marquée par les incessants déménagements dans le sillage de sa mère, Mary Guibert. Trimballé de ville en ville, Jeff Buckley s'accommode vite de cette vie de baladin. A cette inconstance géographique s'ajoute l'absence de son père : Tim Buckley, chanteur culte des sixties, emporté à l'âge de 28 ans des suites d'une overdose, qui a quitté la maison avant même sa naissance. Solitaire, il se tient à l'écart des sales gosses de son âge qu'il considère avec mépris. “Etre seul, c'était un moyen de ne pas m'attacher à un lieu ou à des gens : je pouvais partir du jour au lendemain sans le moindre regret. J'étais en permanence un étranger qui regarde avec dégoût des gamins de son âge parler comme leurs pères Des copains il en a, mais peu d'amis dignes de ce nom avec lesquels il pourrait ou voudrait partager son unique amour : la musique. Elle devient son refuge, sa confidente à qui il susurre ses moindres secrets. “Je ne me rappelle pas m'être intéressé un beau jour à la musique : tous mes souvenirs, même les plus anciens, ne sont que musique. Elle était ma nourriture, une vraie boulimie. Je crois que j'ai chanté avant de parler”. Autour de Jeff Buckley, tout est musique. Auprès d'elle, il se recueille, s'interroge. Il apprend le piano et la guitare dès l'âge de six ans.


La musique de son père, Jeff Buckley ne la découvrira que plus tard. Le temps sans doute de digérer la seule influence qu'il a pendant longtemps bien voulu daigner lui reconnaître : son absence. “Il a influencé ma vie, mais pas ma musique. Je n'ai jamais vraiment écouté ses disques par plaisir, je les ai simplement observés. Me comparer à lui, c'est une facilité que je comprends : la précision et la justesse d'analyse ne pèsent pas lourd face aux raccourcis approximatifs”.


 
Bien qu'il s'en soit souvent défendu, Jeff Buckley peut difficilement renier l'influence de son paternel qu'il a aimé autant qu'il l'a haï. Toute sa vie, Jeff Buckley s'efforcera d'assumer cette pesante hérédité qu'il portera comme sa croix et supportera toujours très mal cette sensation permanente de susciter l'intérêt pour la seule raison qu'il est le “fils de”. Frustré, il préférera souvent refuser cet héritage, du moins en public.
 Vidé par ses années californiennes, Jeff Buckley n'a qu'une seule idée : partir pour le grand voyage. Traverser le pays d'ouest en est et aller traîner ses guêtres à New York, la capitale des arts et des poètes, des excentriques et des insoumis. La ville où tout est réel ; les gens, la violence, la joie,... Loin du Sunset Boulevard et du factice d'Hollywood, il décide de plonger à coeur perdu dans cette ville, et y trouve  les moyens de s'épanouir. Se sentant enfin à son aise, il consent volontiers à se laisser emporter par son rythme trépidant, se perdre dans ses rues, écumer ses clubs. L'un d'entre eux, le Sin-é café, lui ouvre ses portes. Peu lui importe la gloire, c'est dans l'intimité et la solennité que Jeff Buckley se révèle à un public médusé. Tous accourent pour venir voir le nouveau et jeune prodige du Lower East Side.  La scène est son univers, son laboratoire où il invente, expérimente. Chaque concert est un voyage dans lequel il entraîne tous ceux disposés à le suivre. “Je n'ai pas envie d'être dépassé par ma réputation, mais d'être seulement jugé par mes chansons. Je veux que les gens viennent à moi par choix et pas sur ordre de la mode.”



 
Peu à peu se dessine les contours de ce qui sera son premier et unique album. A 27 ans, Jeff Buckley fait figure d'ovni dans le paysage du rock'n'roll, il fait figure d'ovni. Il explore, assimile, transforme, pour être finalement créateur de sa propre musique, innocente et colérique, pure et désinvolte avec une pointe d'arrogance. Une musique divine, jusqu'ici inconnue des hommes. Son unique album, ‘Grace', Jeff l'a fait à son image. Fascinant parce qu'insaisissable, inégalé et inégalable. Une oeuvre miraculeuse et bouleversante. “On peut être mignon, drôle, généreux, il y a toujours le danger de la rupture dans la relation amoureuse. Personne n'est à l'abri. ‘Grace', c'est le disque d'un jaloux, d'un pauvre type qui vient de se faire plaquer.” Tout y passe : la rage sauvage de ‘Eternal Life', le tourment de ‘Dream Brother', le désespoir de ‘Lover, you Should Have Come Over', l'intimité de ‘Corpus Christi Carol', l'apaisement d'un ‘Hallelujah' ou encore l'ivresse de ‘Lilac Wine'. Des mélodies mélancoliques plus que pessimistes, faites de chair et de sang. “Je suis un optimiste qui refuse de porter des lunettes roses.”
 Contemporain de Kurt Cobain,Jeff Buckley sut opposer au cri sombre et à la destruction rageuse la caresse lumineuse et la révolte délicate. Poète maudit, créateur génial et marginal, Jeff Buckley fait partie de ces artistes fantasques dont l'oeuvre a laissé une marque indélébile dans nos esprits. La fragilité de l'être associée à la puissance artistique, la discrétion à l'intensité de l'émotion. Un diamant brut. Un écorché vif sur lequel rien ni personne ne paraissait avoir d'emprise, si ce n'était peut-être l'ombre obsessionnelle d'un père.
Epargnons-nous les “il est parti trop tôt” et autres “il est mort trop jeune”, Jeff Buckley était un ange. Et les anges sont fait pour passer. Son oeuvre reste.


[La plupart des citations utilisées dans cet article, extrait de evene.fr, proviennent d'une interview accordée par Jeff Buckley aux Inrockuptibles en 1994.]



 

Publié par equally damaged à 10:12:39 dans Art et thérapie | Commentaires (0) |

Jeux des corps mouvementés | 07 avril 2007

Présentation d'une étape de recherche chorégraphique au Théatre de la Reine Blanche (2 bis passage Ruelle - 75018 Paris)

 

Dans le cadre d'un partenariat "culture à l'hôpital" entre le théâtre de l'Etoile du Nord et un Centre Médico-psychologique, Claudia Gradinger, danseuse, chorégraphe de la compagnie "les princes de riens" propose à des personnes en souffrance psychique un atelier de danse contemporaine auquel participent quelques soignants (ergothérapeute, psychomotricien)

"Ensemble [...] nous tentons d'approcher la mise en jeu du corps comme un corps de résonances. Plonger dans le jeu des corps mouvementés de façon, sans doute utopique, à essayer de capter l'intuition profonde qui anime tout être en mouvement"

 

Sur scène, les dispositifs d'improvisation et les conseils de la chorégraphe révèlent la poésie de chacun, tant dans le mouvement que dans les paroles... et l'émotion vient toucher les spectateurs...

 

Après la présentation, les danseurs évoquent d'abord le plaisir qu'il trouvent dans l'atelier, viennent ensuite les mots de travail, devoir et recherche..."Comme pleins de choses dans la vie, la danse est recherche de ce qui anime l'être". "Danser, c'est chercher quel mouvement, avec quelle musique, aura un effet qui va satisfaire l'esprit"

Publié par equally damaged à 20:43:19 dans Art et thérapie | Commentaires (0) |

L’inconscient dans la danse : inconscient de la psychanalyse? | 02 janvier 2007

Séminaire codirigé par Véronique Fabbri et Claire Rousier

 La psychanalyse semble s'être jusqu'à présent peu intéressée à la danse, à moins de sortir de ses sentiers battus comme c'est le cas des travaux de Pierre Legendre ou de Daniel Sibony. En général, elle s'oriente plutôt vers les manifestations picturales, littéraires et théâtrales de l'inconscient, car l'inconscient est affaire de langage avant tout. Les théories de la littérature renforcent cet état de fait : pour Henri Meschonnic, le poème est ce qui met le corps dans le langage, et non le langage dans le corps ; pour Gilles Deleuze, la logique du sens est celle qui arrache une peau, une surface, au corps schizophrène. Il est remarquable que ce soit à partir d'une réévaluation, transformation de la schizophrénie que Deleuze parvienne à analyser la danse de Nijinski. Qu'en est-il alors de l'inconscient dans la danse ?

Ses manifestations sont nombreuses : elles ne se confondent pas nécessairement avec la transe et sont parfois inséparables d'une discipline du corps. Les analyses de Steve Paxton montrent par exemple qu'un état de conscience aiguë peut se conjuguer avec les fulgurances du corps en mouvement. De même, dans le théâtre balinais, Antonin Artaud décèle tout autant une expression d'un inconscient refoulé par la culture occidentale qu'une mathématique rigoureuse des gestes.

La danse occupe dès lors une position subversive à l'égard de la psychanalyse : il reste à penser l'idée d'un inconscient corporel, ce qui est aussi une manière de mettre en question la relation du corps au langage. Nous nous interrogerons durant ce séminaire sur ce que la danse déplace et dérange dans les motifs classiques de la psychanalyse.



 www.cnd.fr
 

Publié par equally damaged à 20:26:02 dans Art et thérapie | Commentaires (0) |

Turbulences! recrute | 11 décembre 2006

Association Turbulences !

(Accueil et insertion professionnelle par la pratique artistique de jeunes
adultes et adultes souffrant d' autisme ou de troubles apparentés)


recrute pour son site parisien,



TRAVAILLEURS « TURBULENTS » (H/F)

Sous l'autorité du responsable de service et en étroite collaboration avec
l'équipe pluridisciplinaire, vous êtes acteur dans la réalisation des objectifs
professionnels d'un établissement (Etablissement Service d'Aide par le Travail &
Section Adaptation Spécialisée) à vocation culturelle et artistique accueillant
des jeunes adultes et/ou adultes souffrant d'autisme ou de troubles apparentés.


Vous prenez part aux activités artistiques et / ou logistiques et / ou
restauration du site de production (chapiteaux) ou vous envisagez une formation
professionnelle dans ces domaines.


Votre notification d'orientation vous permet de prétendre à un poste dans ce
type d'établissement et vous êtes autonome dans vos déplacements sur le lieu de
travail, ou accompagné.


Vous aimez le chant, la danse, la musique, les spectacles et l'ensemble des
activités qui y concourent ; vous êtes prêt à vous investir totalement sur un
projet culturel et artistique innovant.



http://www.turbulences.net//

Publié par equally damaged à 21:42:52 dans Art et thérapie | Commentaires (0) |

Qu'est-ce que l'art-thérapie? | 29 mai 2006

« L’art-thérapie est un accompagnement thérapeutique des personnes en difficulté (psychologique, physique ou sociale), à travers leurs productions artistiques (œuvres plastiques, sonores, théâtrales, littéraires, dansées tec)

Ce travail, qui prend nos vulnérabilités comme matériau permettant au patient de se recréer lui-même, ne consiste pas simplement à soigner au moyen de l’art.

En effet, l’art-thérapie est moins un moyen d’expression qu’une véritable quête au cours de laquelle le thérapeute aide le sujet à accomplir un parcours symbolique

« La médiation artistique auprès de personnes en difficultés et l'art-thérapie ajoutent à l'art le projet de transformation de soi-même. L'art ajoute à la thérapie l'ambition de figurer de façon énigmatique les grands thèmes de la condition humaine. La création - acte et résultat - peut permettre la transformation profonde du sujet créateur. Derrière les différences personnelles et culturelles, il s'agit aussi de mettre au jour les conditions de l'acte créateur et de la production créative, de percevoir les spécificités des médiations utilisées et de comprendre leurs impacts. Face aux créations spontanées de la personne (symptômes, troubles du comportement, marginalisation, rêves, souvenirs) l'art-thérapie, plutôt que de procéder à une analyse comme en psychothérapie traditionnelle propose la création d'autres formes complexes : peinture, musique, écriture, improvisation théâtrale, conte, clown, etc.
Il s'agit, en médiations artistiques comme en art-thérapie d'un accompagnement de ces créations dans un parcours symbolique au service du développement de la personne vers un aller-mieux et un être davantage. »


Jean-Pierre Klein, psychiatre, fondateur de l'association Art & Thérapie, directeur de l’INECAT.

Publié par equally damaged à 22:32:09 dans Art et thérapie | Commentaires (1) |

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Moi

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dansé... quels que soient les lieux, quels que soient les contextes dans lesquels la vie m'a menée, la danse m'a toujours accompagnée.


Constante évolutive, ce fil rencontre aujourd'hui mon cheminement professionnel...


Apprentie art-thérapeute, j'avance à mon rythme dans le département « arts de la scène, tendance sens du mouvement/ danse-thérapie ».

"Je compte pour perdu un jour dont toute danse est absente" [Nietzsche]

 

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