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Le fil de C...

Chemins dansés d'une apprentie art-thérapeute

Dimanche.... question de regard(s) | 11 mars 2007

Parmi les thématiques qui jalonnent mon parcours de formation, la question du regard se présente régulièrement. Depuis peu, j'envisage mon expérience de stage dans l'atelier théâtre de l'hôpital de jour comme un passage d'un regard à l'autre...l'évolution de mes observations individuelles en témoignent, il me semble...

 

La conférence d'Isabelle Ginot au théâtre de la cité interrogeait le regard du spectateur sur les œuvres chorégraphiques et parmi les différentes idées de cet exposé, l'une d'elle a fortement retenu mon attention : « ce qui est intéressant c'est quand une œuvre nous oblige à regarder autrement »

Bien sur l'exercice de regard qu'elle proposait m'a aussi évoqué des perspectives dépassant le cadre de son exposé, « c'est toujours intéressant d'aller là où on a du mal à aller » pour regarder autrement et voir autre chose. Ça me rappelle aussi le travail d'improvisation en danse...

 

Deux extraits de pièces de Dominique Bagouet illustraient la conférence.

Dans « Déserts d'amour », une diagonale a joué avec mon regard... annoncée, préparée, attendue, elle ne survient jamais vraiment...et j'ai pensé à David Lynch !

J'avais déjà vu « jours étranges » mais guidé, mon regard s'est porté sur des déplacements évoquant ceux des oiseaux et sur un personnage, parce que son interprétation du chanteur de rock m'a fait sourire et que ses mouvements me rappelaient des souvenirs de danse...

 

Il en a peu été question durant la conférence, pourtant il y a toujours chez le spectateur une part d'empathie, de projection, comme s'il était un peu sur scène, et je sais que si « Jours étranges » m'émeut tant c'est d'abord le fait de la musique des Doors, qui ravive des souvenirs d'adolescence... 

 

Magali était aussi au théâtre, on a donc poursuivi la discussion de l'après-midi sur le chemin du retour, et développé la question de l'empathie. L'élève qui l'accompagnait a posé une question que j'ai trouvé fort pertinente... comment « jours étranges » aurait été accueillies par le public si elle avait été créée par un artiste n'ayant pas la notoriété de Bagouet ?

  

Bande son: Little 15 -DEPECHE MODE-

Publié par equally damaged à 23:37:04 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) |

Cheminer dans l’œuvre - Isabelle Ginot - | 10 mars 2007

Cheminer dans l'oeuvre
par Isabelle Ginot
samedi 10 mars 2007 de 17h à 19h30


Cette dernière étape du cycle de conférences consacré à l'oeuvre en danse se concentrera sur le plus silencieux, peut-être le plus méconnu de tous les acteurs d'une oeuvre chorégraphique : le spectateur, vous-même. La première partie de la présentation d'Isabelle Ginot (maître de conférence et co--directrice du département danse de l'Université Paris 8 Saint-Denis) s'appuiera sur quelques pièces de Dominique Bagouet, artiste emblématique des années 80, « à la fois un carrefour et une avant-garde de la danse française », dont l'oeuvre a ouvert une autre façon d'être spectateur. La deuxième partie, sous forme d'atelier, invitera les participants à quelques jeux avec leurs propres habitudes de regard, et engagera le dialogue sur leurs pratiques de spectateurs contemporains.

Une œuvre est un ensemble de travaux, de processus qui se croisent, elle invite ou impose un travail de spectateur.

Les choix perceptifs sont fonction de références communes et de la singularité du spectateur (subjectivité).  Culture, histoire et état du moment influencent notre regard, et chacun privilégie un mode de relation aux œuvres (au niveau intellectuel, sémiotique, en cherchant à identifier un récit ou un niveau émotionnel, sensoriel).  « C'est toujours intéressant d'aller là où on a du mal à aller » pour regarder autrement et voir autre chose. 

Chaque époque a des normes, des conventions partagées par les publics et les artistes. La définition universelle de « ce qui est/n'est pas de la danse » évolue sans cesse. Les systèmes de références culturelles (danse classique, contemporaine, musiques...) dessinent pour chaque spectateur une sorte de territoire dans lequel vient se placer la pièce. L'oeuvre est un carrefour où, au moment de la représentation, se croisent l'intention du chorégraphe, l'état des danseurs et la culture du public.

Quelques questions  pour orienter ou changer le regard sur une oeuvre:

Qu'est-ce qu'ils font ?

Qu'est-ce que ça vous rappelle ?

Qu'est-ce qu'ils sentent ? (sensoriel, ressenti)

Où est-ce qu'ils sont ?

Lequel seriez-vous ? Que sentez-vous dans ce personnage ?

Que sentez-vous ?

  Comment cette question a modifié votre point de vue ? 

Dominique Bagouet « Déserts d'amour » (1984): Marque identitaire forte de la danse de Bagouet, "danse déceptive" ( appeler les références, défaire les attentes et les refaire)

 Dominique Bagouet « Jours étranges » (1990): Travail à partir de BD et de souvenirs d'adolescence 

 

 

 

 

                    

Publié par equally damaged à 15:06:08 dans Scènes | Commentaires (0) |

ELLE | 09 mars 2007

 Qu'est-ce que le Pape ? C'est la question troublante que se pose le souverain pontife imaginé par Genet dans « Elle ». Pour les millions de fidèles, comme pour le photographe venu prendre un cliché destiné à inonder la planète, cela ne fait aucun doute. Or, sous cette image, enluminée par la pompe et le cérémonial, qu'y a-t-il ? Un « pantin désarticulé » chargé de l'incarner. Pape pour tous, excepté pour lui-même, ce dernier s'imagine être un morceau de sucre soluble, nouvelle hostie de l'ère de la grande consommation.
Genet affirme qu'il n'est pas de réalité hors sa représentation. Le rite, c'est le théâtre, c'est-à-dire du « faux » susceptible de signifier le vrai, l'invisible. Qu'importe si le cérémonial est truqué — il l'est nécessairement. Qu'importe si l'on voit que le Pape est monté sur roulettes et que sa personne est tenue par « d'invisibles filins ». En dénonçant la nécessaire théâtralité des images, Genet n'entend pas les annuler ou les frapper d'impuissance. Il rend tout son pouvoir au Théâtre lui-même : le simulacre n'est-il pas à même de révéler la présence au coeur même de l'absence ?
Dans la mise en scène, nous partons d'un espace vide, de ce réceptacle propice à l'éclosion de l'imaginaire — c'est-à-dire de l'attente, du désir du spectateur qu'il se passe effectivement quelque chose « comme si c'était vrai ». Seuls demeurent les éléments du truquage, les signes : la porte par laquelle apparaît le comédien jouant « au » Pape, posée sur le plateau comme au milieu du désert, les échasses sur lesquelles le cardinal est juché, la poulie qui permet de faire monter ou descendre une tiare... Qu'est-ce qui est le plus dérangeant ? Que l'on donne à voir l'envers de l'artifice ou bien qu'en dépit de l'artifice, nous ayions envie d'y croire ? Nous pourrions presque revendiquer : j'y crois, parce que c'est faux... (Olivier Balazuc)

Publié par equally damaged à 23:57:27 dans Scènes | Commentaires (0) |

ARRETS DE JEU (Compagnie dernière minute) | 08 mars 2007

Joan Cambon, Sylvain Chauveau
lumières, vidéo George Dyson, Pierre Rigal,
Aurélien Bory
costumes mise en scène Aurélien Bory, Pierre Rigal
conception et chorégraphie Pierre Rigal
musique Sylvie Marcucci
assistante artistique Sophie Schneider

avec Elena Borghese, Grego Edelein,
Alain Lelouch, Pierre Rigal

Sportif de formation, Pierre Rigal puise dans ses antécédents matière à créer : ainsi Arrêts de jeu part des souvenirs d'un match de football, la fameuse demi-finale 1982 entre la France et l'Allemagne. Point de départ, cette rencontre permet au quatuor réuni en scène de visiter d'autres espaces, physique ou mental. Ainsi on va passer d'une partie autour d'une balle à un jeu où les corps s'opposent. C'est parfois drôle, presque toujours émouvant. Au-delà, Pierre Rigal – lui-même sur le plateau – évoque l'enfance et le passage vers un autre monde, plus adulte celui-là. Pour amener le spectateur dans cette errance, magnifiquement mise en scène par le complice Aurélien Bory, Pierre Rigal opte pour des objets – écrans, tableaux lumineux – bien sûr ; mais il a aussi le goût du geste, ici à mi-chemin du travail chorégraphique et de l'engagement des circassiens. À l'évidence, Arrêts de jeu est un pur Objet Dansant Non Identifié. Sa poésie visuelle nous transporte d'ailleurs au-delà des mots.

 

"Spéciale dédicace" à Olivier et Georges  ;-)

Publié par equally damaged à 09:05:12 dans Scènes | Commentaires (0) |

Mercredi | 07 mars 2007

Aujourd'hui, Carlo avait un peu de temps après le cours pour nous donner ses impressions sur le groupe à mi-parcours de la « rencontre en mouvement ».

Il y a peu de différence entre les conseils qu'il donne aux patients pendant l'atelier et ce qu'il nous en a dit mais c'était, à mon avis, important de prendre un temps pour se réunir entre intervenants pour faire le point sur chacun, sur le groupe, sur les perspectives du projet...

Comme nous mais avec son regard et ses mots, il repère les difficultés de certains, la disponibilité d'autres, l'évolution du vocabulaire expressif de la plupart et observe que la question du contact ne se pose plus comme au début; effectivement tous les participants acceptent la rencontre avec l'autre à travers la danse.


Bande son: Call me up – THE FILM-

Publié par equally damaged à 19:41:56 dans L'élan danse | Commentaires (0) |

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Moi

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dansé... quels que soient les lieux, quels que soient les contextes dans lesquels la vie m'a menée, la danse m'a toujours accompagnée.


Constante évolutive, ce fil rencontre aujourd'hui mon cheminement professionnel...


Apprentie art-thérapeute, j'avance à mon rythme dans le département « arts de la scène, tendance sens du mouvement/ danse-thérapie ».

"Je compte pour perdu un jour dont toute danse est absente" [Nietzsche]

 

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