Parmi les thématiques qui jalonnent mon parcours de formation, la question du regard se présente régulièrement. Depuis peu, j'envisage mon expérience de stage dans l'atelier théâtre de l'hôpital de jour comme un passage d'un regard à l'autre...l'évolution de mes observations individuelles en témoignent, il me semble...
La conférence d'Isabelle Ginot au théâtre de la cité interrogeait le regard du spectateur sur les œuvres chorégraphiques et parmi les différentes idées de cet exposé, l'une d'elle a fortement retenu mon attention : « ce qui est intéressant c'est quand une œuvre nous oblige à regarder autrement »
Bien sur l'exercice de regard qu'elle proposait m'a aussi évoqué des perspectives dépassant le cadre de son exposé, « c'est toujours intéressant d'aller là où on a du mal à aller » pour regarder autrement et voir autre chose. Ça me rappelle aussi le travail d'improvisation en danse...
Deux extraits de pièces de Dominique Bagouet illustraient la conférence.
Dans « Déserts d'amour », une diagonale a joué avec mon regard... annoncée, préparée, attendue, elle ne survient jamais vraiment...et j'ai pensé à David Lynch !
J'avais déjà vu « jours étranges » mais guidé, mon regard s'est porté sur des déplacements évoquant ceux des oiseaux et sur un personnage, parce que son interprétation du chanteur de rock m'a fait sourire et que ses mouvements me rappelaient des souvenirs de danse...
Il en a peu été question durant la conférence, pourtant il y a toujours chez le spectateur une part d'empathie, de projection, comme s'il était un peu sur scène, et je sais que si « Jours étranges » m'émeut tant c'est d'abord le fait de la musique des Doors, qui ravive des souvenirs d'adolescence...
Magali était aussi au théâtre, on a donc poursuivi la discussion de l'après-midi sur le chemin du retour, et développé la question de l'empathie. L'élève qui l'accompagnait a posé une question que j'ai trouvé fort pertinente... comment « jours étranges » aurait été accueillies par le public si elle avait été créée par un artiste n'ayant pas la notoriété de Bagouet ?
Bande son: Little 15 -DEPECHE MODE-
Publié par equally damaged à 23:37:04 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) | Permaliens
| Cheminer dans l'oeuvre par Isabelle Ginot samedi 10 mars 2007 de 17h à 19h30 | ||
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Une œuvre est un ensemble de travaux, de processus qui se croisent, elle invite ou impose un travail de spectateur.
Les choix perceptifs sont fonction de références communes et de la singularité du spectateur (subjectivité). Culture, histoire et état du moment influencent notre regard, et chacun privilégie un mode de relation aux œuvres (au niveau intellectuel, sémiotique, en cherchant à identifier un récit ou un niveau émotionnel, sensoriel). « C'est toujours intéressant d'aller là où on a du mal à aller » pour regarder autrement et voir autre chose.Chaque époque a des normes, des conventions partagées par les publics et les artistes. La définition universelle de « ce qui est/n'est pas de la danse » évolue sans cesse. Les systèmes de références culturelles (danse classique, contemporaine, musiques...) dessinent pour chaque spectateur une sorte de territoire dans lequel vient se placer la pièce. L'oeuvre est un carrefour où, au moment de la représentation, se croisent l'intention du chorégraphe, l'état des danseurs et la culture du public.
Quelques questions pour orienter ou changer le regard sur une oeuvre:Qu'est-ce qu'ils font ?
Qu'est-ce que ça vous rappelle ?
Qu'est-ce qu'ils sentent ? (sensoriel, ressenti)
Où est-ce qu'ils sont ?
Lequel seriez-vous ? Que sentez-vous dans ce personnage ?
Que sentez-vous ?
Dominique Bagouet « Déserts d'amour » (1984): Marque identitaire forte de la danse de Bagouet, "danse déceptive" ( appeler les références, défaire les attentes et les refaire)
Publié par equally damaged à 15:06:08 dans Scènes | Commentaires (0) | Permaliens
Qu'est-ce que le Pape ? C'est la question troublante que se pose le souverain pontife imaginé par Genet dans « Elle ». Pour les millions de fidèles, comme pour le photographe venu prendre un cliché destiné à inonder la planète, cela ne fait aucun doute. Or, sous cette image, enluminée par la pompe et le cérémonial, qu'y a-t-il ? Un « pantin désarticulé » chargé de l'incarner. Pape pour tous, excepté pour lui-même, ce dernier s'imagine être un morceau de sucre soluble, nouvelle hostie de l'ère de la grande consommation.Publié par equally damaged à 23:57:27 dans Scènes | Commentaires (0) | Permaliens
Joan Cambon, Sylvain Chauveau
lumières, vidéo George Dyson, Pierre Rigal,
Aurélien Bory
costumes mise en scène Aurélien Bory, Pierre Rigal
conception et chorégraphie Pierre Rigal
musique Sylvie Marcucci
assistante artistique Sophie Schneider
avec Elena Borghese, Grego Edelein,
Alain Lelouch, Pierre Rigal
Sportif de formation, Pierre Rigal puise dans ses antécédents matière à créer : ainsi Arrêts de jeu part des souvenirs d'un match de football, la fameuse demi-finale 1982 entre la France et l'Allemagne. Point de départ, cette rencontre permet au quatuor réuni en scène de visiter d'autres espaces, physique ou mental. Ainsi on va passer d'une partie autour d'une balle à un jeu où les corps s'opposent. C'est parfois drôle, presque toujours émouvant. Au-delà, Pierre Rigal lui-même sur le plateau évoque l'enfance et le passage vers un autre monde, plus adulte celui-là. Pour amener le spectateur dans cette errance, magnifiquement mise en scène par le complice Aurélien Bory, Pierre Rigal opte pour des objets écrans, tableaux lumineux bien sûr ; mais il a aussi le goût du geste, ici à mi-chemin du travail chorégraphique et de l'engagement des circassiens. À l'évidence, Arrêts de jeu est un pur Objet Dansant Non Identifié. Sa poésie visuelle nous transporte d'ailleurs au-delà des mots.
"Spéciale dédicace" à Olivier et Georges ;-)
Publié par equally damaged à 09:05:12 dans Scènes | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a peu de différence entre les conseils qu'il donne aux patients pendant l'atelier et ce qu'il nous en a dit mais c'était, à mon avis, important de prendre un temps pour se réunir entre intervenants pour faire le point sur chacun, sur le groupe, sur les perspectives du projet...
Comme nous mais avec son regard et ses mots, il repère les difficultés de certains, la disponibilité d'autres, l'évolution du vocabulaire expressif de la plupart et observe que la question du contact ne se pose plus comme au début; effectivement tous les participants acceptent la rencontre avec l'autre à travers la danse.
Bande son: Call me up THE FILM-
Publié par equally damaged à 19:41:56 dans L'élan danse | Commentaires (0) | Permaliens
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Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dansé... quels que soient les lieux, quels que soient les contextes dans lesquels la vie m'a menée, la danse m'a toujours accompagnée.
Constante évolutive, ce fil rencontre aujourd'hui mon cheminement professionnel...
Apprentie art-thérapeute, j'avance à mon rythme dans le département « arts de la scène, tendance sens du mouvement/ danse-thérapie ».
"Je compte pour perdu un jour dont toute danse est absente" [Nietzsche]
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