Andersen, Klein, Giacometti…
Le vilain petit canard, les anthropométries, l’homme qui marche ou la femme debout…sont aussi mes compagnons de route…
Bande son: OST Eternal Sunshine of the spotless mindPublié par equally damaged à 22:08:00 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) | Permaliens
J’ai trouvé dans un article du monde une description si proche de celle que j’aurais pu faire de la création de Paco Dècina que je ne prends pas le risque de la paraphraser maladroitement.
Deux semaines après le spectacle, les images des formes composées par ce duo me reviennent et je me plonge dans une lecture croisée entre les principes de l’art-thérapie et le discours du chorégraphe…
A suivre : le CND annonce « disperse » d’Alban Richard (ensemble L’abrupt) au Théâtre de la Cité Internationale du jeudi 12 au mardi 17 octobre 2006 à 20h30 (relâche dimanche 15) et Nathalie Schulmann a parlé d’une conférence le 14…
Publié par equally damaged à 22:55:01 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) | Permaliens
« Je crois que, pour danser, il faut pouvoir s'oublier, il faut pouvoir lâcher prise sur toute idée, et rendre le corps disponible au mouvement dansé. Le mouvement dansé — la danse — est un flux vital, pérennement en mouvement et en transformation.
Par cette qualité intensive qui crée à chaque instant un nouvel espace pour se déployer, le corps du danseur devient le véhicule d'une mise en forme, et l'œil du spectateur, le témoin pour que la danse, en fait, puisse se regarder elle-même…
Mais alors, qui danse ? Existe-t-il véritablement une séparation entre l'interprète, l'œuvre et le spectateur ?
C'est dans l'écoute de ce flux vital, sans cesse métamorphosé, que la danse nous apparaît. Que nous soyons assis, en train de la regarder, ou en équilibre sur une jambe, prêts à l'accueillir.
Feu alchimique de la mémoire, "lieu" fugitif de l'impensable, souple, mobile, instantané, échappant à toute possession, tout critère, tout concept, la danse rend visible les mémoires enfouies dans notre corps. En les redistribuant dans un espace-temps autre, elle leur donne la possibilité de se délier. Comme si, ce qui n'avait pas su trouver place dans le monde épais du "compréhensible", pouvait maintenant rejouer son existence dans la fluidité qualitative du mouvement dansé.
Mais toutes ces nécropoles de mémoires, individuelles et collectives, qui forment notre corps, en constituent la profondeur, l'opacité. Comment peuvent-elles trouver l'envol pour se fluidifier et se donner au mouvement dansé, si celui-ci, de son côté, comme un animal sauvage aux aguets, au premier faux pas, prend la fuite et disparaît ?
La danse. Comment ça marche ? Qu'est-ce qui fait la différence entre l'agitation corporelle et le mouvement dansé ? Comment distinguer le corps mécanique et le corps dansant ? Ont-ils la même expansion, les mêmes limites, découvrent-ils les mêmes espaces, les mêmes durées ?
Il faut aiguiser le "regard" pour percer la limite de la silhouette biologique, de la synthèse anatomique, et rencontrer le corps dansant. La danse, ce n'est pas l'espace parcouru, mais le mouvement en train de s'accomplir. C'est la nudité sous le vêtement du mouvement codifié, la vie de l'instant présent sous la forme "reconnue", qui apparaît.
Interroger le corps, c'est interroger le monde. »
Paco Décina
Publié par equally damaged à 22:34:32 dans L'élan danse | Commentaires (0) | Permaliens
« L’art-thérapie est un accompagnement thérapeutique des personnes en difficulté (psychologique, physique ou sociale), à travers leurs productions artistiques (œuvres plastiques, sonores, théâtrales, littéraires, dansées tec)
Ce travail, qui prend nos vulnérabilités comme matériau permettant au patient de se recréer lui-même, ne consiste pas simplement à soigner au moyen de l’art.
En effet, l’art-thérapie est moins un moyen d’expression qu’une véritable quête au cours de laquelle le thérapeute aide le sujet à accomplir un parcours symbolique.»
« La médiation artistique auprès de personnes en difficultés et l'art-thérapie ajoutent à l'art le projet de transformation de soi-même. L'art ajoute à la thérapie l'ambition de figurer de façon énigmatique les grands thèmes de la condition humaine. La création - acte et résultat - peut permettre la transformation profonde du sujet créateur. Derrière les différences personnelles et culturelles, il s'agit aussi de mettre au jour les conditions de l'acte créateur et de la production créative, de percevoir les spécificités des médiations utilisées et de comprendre leurs impacts. Face aux créations spontanées de la personne (symptômes, troubles du comportement, marginalisation, rêves, souvenirs) l'art-thérapie, plutôt que de procéder à une analyse comme en psychothérapie traditionnelle propose la création d'autres formes complexes : peinture, musique, écriture, improvisation théâtrale, conte, clown, etc.
Il s'agit, en médiations artistiques comme en art-thérapie d'un accompagnement de ces créations dans un parcours symbolique au service du développement de la personne vers un aller-mieux et un être davantage. »
Jean-Pierre Klein, psychiatre, fondateur de l'association Art & Thérapie, directeur de l’INECAT.
Publié par equally damaged à 22:32:09 dans Art et thérapie | Commentaires (1) | Permaliens
Si anachronique dans la production chorégraphique actuelle que c'est déjà un exploit ! Si opiniâtre dans sa quête d'un geste absolu, depuis vingt ans, qu'il fait figure de curiosité. Paco Decina, Napolitain installé à Paris depuis 1984, possède un souffle lent, profond, qui ralentit le pouls pressé du temps pour l'infléchir vers la suspension de l'hypnose.
Présentée lundi 15 mai au Théâtre de la Cité internationale qui l'accueille en résidence, sa nouvelle pièce, Chevaliers sans armure, un duo conçu avec sa complice Valeria Apicella, déroule une chaîne gestuelle d'une beauté limpide. Dessinant avec leurs corps les lettres d'une langue puissante et harmonieuse, pressante aussi dans son flux, les deux danseurs font coulisser les étapes d'un cycle vital détaché de l'anecdote.
Couloir de lumière rouge brûlante, puis carré vert saturé nimbent les corps habillés (par Régina Martino) tantôt de noir, tantôt de blanc. La pénombre gagne les pourtours du plateau pour y accueillir des chrysalides humaines en tissu blanc. Des orgues et des cloches (il faut oser utiliser ces instruments connotés) grondent, mêlés à une voix féminine atmosphérique (la musique est du duo Winter Family). Grave, solennel presque, ce pas de deux hanté par la réversibilité de la vie et de la mort accroche le spectateur avec une terrible douceur.
Mystique, Paco Decina ? Sans doute, mais de façon charnelle, animale parfois. Chaque mouvement possède une évidence, tant de sens que de plastique. Danse de mutation, Chevaliers sans armure écarte les rideaux du mystère de soi en jouissant à découvert de l'instant spectaculaire. La mue de ces Chevaliers accentue leur vulnérabilité, celle qui fait la force de l'humain.
Rosita Boisseau
LE MONDE | 17.05.06 |
Publié par equally damaged à 22:27:32 dans L'élan danse | Commentaires (0) | Permaliens
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Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dansé... quels que soient les lieux, quels que soient les contextes dans lesquels la vie m'a menée, la danse m'a toujours accompagnée.
Constante évolutive, ce fil rencontre aujourd'hui mon cheminement professionnel...
Apprentie art-thérapeute, j'avance à mon rythme dans le département « arts de la scène, tendance sens du mouvement/ danse-thérapie ».
"Je compte pour perdu un jour dont toute danse est absente" [Nietzsche]
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