Sur le petit pont métallique au dessus de l'écluse, je sens les secousses provoquées par le poids des pas, elles me traversent des pieds jusqu'au bout des doigts...
Je regarde un SDF...sur un matelas, sous un duvet... est-il vivant ? Comment peut-il dormir dans ce milieu hostile ? A quoi rêve-t-il ? Le calme de son sommeil contraste avec l'agitation qui règne dans la rue, dans l'air... dans l'eau aussi...elle semble s'écouler paisiblement pourtant, quand je zoome avec ma camera, son mouvement est aussi agité que celui du quartier.
Derrière moi, les sons des voitures, des motos, des travaux m'agressent, m'extraient sans cesse à une tentative de dialogue avec l'élément liquide. Je me sens comme sur une frontière, dans un entre-deux... j'esquisse sur mon calepin quelques traits doux, puis durs... et entre j'inscris « vous êtes ici »
L'eau est aussi une surface dans laquelle se reflètent la ville et le ciel... un point de vue...
Le long du canal, j'avance avec, contre ou dans le vent... au final l'élément qui me touche le plus aujourd'hui est certainement l'air...
Devant le point éphémère mon orteil droit percute un truc métallique, je pense ou je dis « f*** ! », je ne regarde décidément jamais où je mets les pieds.
Retour au studio : j'ai mal au cœur, la nausée est vague, l'envie de vomir est diffuse, lointaine et pourtant en moi
Je dessine une fourmi... et je commence à me déplacer à quatre pattes...
Publié par equally damaged à 22:00:23 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) | Permaliens
Une tenue souple, quelques crayons et stylos, un carnet trouvé à Beaubourg après l'exposition « airs de paris », un livre de Thierry Paquot intitulé « des corps urbains »... je pars en voyage... dans ma ville !
« le corps comme professeur », les perceptions comme guides, je pars explorer Paris au fil de mes intuitions corporelles... je ne cherche rien...
Publié par equally damaged à 22:17:00 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) | Permaliens
Au cinéma, la danse est souvent le prétexte de films aux scénarios légers, voire médiocres, mais en tant que danseuse j'avoue ne pas pouvoir résister à certains...
Un seul se démarque à mes yeux... Hair...
Milos Forman a su retranscrire en images l'esprit de cette comédie musicale dont l'audace et la révolte nous (me) parlent autant d'aujourd'hui que d'hier.
Publié par equally damaged à 11:06:15 dans Carnet de voyages | Commentaires (0) | Permaliens
(Etats-Unis, 1979, 116mn)
Réalisateur: Milos Forman
Scénariste: Michael Weller
Musique: Galt Mac Dermot
Avec: Annie Golden, Berverly d'Angelo, Cheryl Barnes, Don Dacus, Dorsey Wright, John Savage, Treat Williams
Production: Lester Persky, Michael Butler - CIP
Manifeste contre la guerre du Viêt-nam, le racisme, la société de consommation, le conformisme, hymne à l'amour et à la jouissance sans entraves, Hair est d'abord une formidable comédie musicale, irrésistiblement dansante.
Le jeune Claude Bukowski, appelé pour aller combattre au Viêt-nam, quitte son Oklahoma natal pour rejoindre New York, où il doit se présenter aux autorités militaires. Débarquant à Central Park, il est ébloui par une double vision : une belle amazone de la haute société montée sur son cheval ; à l'opposé - et à pied -, "la jeunesse américaine sous LSD", incarnée par un inséparable quatuor de jeunes hippies aux cheveux longs. Autour de Berger, chef de file naturel du groupe, il y a Lafayette le "négro", Woof le blondinet languide et Jeannie, enceinte de l'un ou de l'autre. Ils veulent vivre ensemble le plus librement possible, sans argent ni domicile, et comme des centaines de milliers de leurs pairs, ont déclaré la guerre à la guerre qui fait rage au-delà du Pacifique...
Milos Forman rêva longtemps d'adapter le spectacle musical le plus célèbre des années hippies, qui, de Broadway, avait conquis tout l'Occident au début de la décennie 70. Quand il commence le tournage, huit ans plus tard, la guerre du Viêt-nam est terminée, mais le flower power a déjà sombré dans le désenchantement. Le cinéaste reste néanmoins fidèle au mélange d'euphorie utopique et de ferveur militante qui irrigue le Hair des origines. La force du cinéma communique une épaisseur nouvelle aux personnages - notamment à Berger, figure christique à l'humour provoc' - et une ampleur jouissive aux visions de foule et de trip sous acide. Quant aux superbes pa-roles de paix, de fraternité et de rébellion, elles prennent, avec le passage du temps, une douloureuse signification de paradis perdu, tant elles expriment aussi la tranquille certitude de bientôt changer le monde.
Publié par equally damaged à 11:01:14 dans Ecrans | Commentaires (0) | Permaliens
(France, 2007, 52mn)Publié par equally damaged à 10:58:02 dans Ecrans | Commentaires (0) | Permaliens
Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dansé... quels que soient les lieux, quels que soient les contextes dans lesquels la vie m'a menée, la danse m'a toujours accompagnée.
Constante évolutive, ce fil rencontre aujourd'hui mon cheminement professionnel...
Apprentie art-thérapeute, j'avance à mon rythme dans le département « arts de la scène, tendance sens du mouvement/ danse-thérapie ».
"Je compte pour perdu un jour dont toute danse est absente" [Nietzsche]