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Formationdistance

Apprendre en ligne

Passer au distant, navigation complexe | 23 août 2008

Photo Jacques Cartier - Port de Binic

Passer au distant, navigation complexe ?

Plusieurs expériences m'ont amené à travailler avec des collègues qui oeuvrent dans des APP (Ateliers de Pédagogie Personnalisée). L'APP est fondé sur 7 principes fondamentaux :

  • la personnalisation de la formation;
  • la diversité des publics;
  • les domaines de la culture générale et de l'apprentissage technologique de base;
  • l'ancrage territorial;
  • les sources diversifiées de financement;
  • un accueil des publics en flux;
  • un fonctionnement en réseau.

Voir le site : http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp

On pourrait penser que, pour le formateur en APP, le pas à franchir est aisé pour intégrer de la distance dans sa pratique. Ce professionnel de la formation est habitué à personnaliser la formation pour des publics diversifiés et à travailler en réseau. Et pourtant la transition ne se fait pas comme cela d'un coup de baguette magique...

Un des principes de l'APP est l'autoformation accompagnée : http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp#6

"L'autoformation accompagnée recouvre des pratiques pédagogiques visant à développer et faciliter les apprentissages autonomes des personnes dans le cadre d'un dispositif pédagogique. Ce dispositif pédagogique, conçu par les formateurs, permet l'autonomisation progressive des apprenants. La décentration pédagogique caractéristique de l'autoformation nécessite un accompagnement, individuel et collectif, par un " facilitateur ". Les objectifs de formation, ainsi que les modalités d'apprentissage, sont négociés et sont formalisés dans un contrat pédagogique."

Il est relativement aisé pour le formateur d'assister la personne qui se forme car elle est présente physiquement dans la salle de formation. En formation à distance il va falloir gérer cette assistance via des outils synchrones et asynchrones, ce qui complexifie la tâche. Et comment évolue la capacité à l'autoformation de l'apprenant s'il passe d'un contexte "présence" à un contexte "distance" ? Le risque de décrochage est-il plus grand  ?

Citons Monique Linard : Contribution publiée dans : Albéro B (sous la dir. De), « Autoformation et enseignement supérieur », Hermès/Lavoisier.

« L'autoformation  confronte depuis longtemps l'éducation initiale et la formation d'adultes à une question redoutable : celle de l'autonomie des apprenants. Sa rencontre avec les TIC, outils privilégiés de l'activité autonome, rend la question désormais incontournable, non seulement en éducation mais dans tous les domaines de l'activité humaine. En posant partout le problème de sa réalisation effective, l'autonomie devient un point de fixation et un symptôme. Elle signale la difficulté des sociétés de l'information à accepter les conséquences et à aménager les conditions pratiques, individuelles et collectives, de l'indépendance dans l'interdépendance qu'impose en même temps leur usage efficace. En éducation et en formation, l'autoformation par TIC réactive le problème, obligeant à repenser à tous les niveaux la connaissance, l'enseignement et l'apprentissage ainsi que leurs modalités d'application, leurs conditions et leurs limites. »

Et plus loin dans l'article :

« L'autoformation et les pédagogies dites actives ont toujours été portées par des projets plus ou moins explicites d'autonomisation des acteurs. Chacune s'est efforcée de résoudre, en marge des systèmes établis, les contradictions qu'entraîne l'indépendance imposée. Elles ont reconnu que l'autonomie est une capacité de haut niveau, cognitive mais aussi psychologique et sociale, qui implique des qualités d'attention, d'autocontrôle, d'intelligence, de confiance en soi et de relation que peu d'individus possèdent ensemble à l'état naturel. Elles ont tiré les conséquences du constat que l'autonomie est une modalité d'action et une capacité diversement distribuée qui ne peut pas se prescrire mais qui peut se développer par entraînement, à des conditions précises. »

Le formateur lui-même doit revoir sa copie. Quel cheminement doit-il suivre pour changer de posture et s'adapter à ces nouvelles tâches ?

Tous les acteurs sont ainsi concernés par ce changement. Il s'agit pour l'organisme de formation de bien préparer cette transition qui, au premier regard, semble couler de source...

Une navigation est toujours complexe, surtout quant elle modifie les repères des marins !

e-difor
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http://foad.ac-besancon.fr
Jacques Cartier
Formateur Difor, professeur de Technologie
Doctorant en Sciences de l'Education (Université de Rouen)
Master en Ingénierie Pédagogique dans des Dispositifs Ouverts et à Distance
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Publié par e-difor à 09:00:13 dans Réflexions | Commentaires (0) |

Vacances ! | 13 août 2008

Quelques jours de vacances qui laissent un peu le blogue orphelin !

Mais il apprécie peut-être de souffler un peu et de prendre la clé des champs au bord de l'océan !

A bientôt en ligne dès la fin août !

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Publié par e-difor à 11:45:30 dans Utiliser un blog ? | Commentaires (0) |

Diaporama et pratiques pédagogiques | 15 juillet 2008

Le diaporama est devenu aujourd'hui le vecteur de la transmission d'informations. Dans toute réunion, toute conférence, les diapositives défilent.

En formation en présence aussi, cet outil est présent mais parfois trop présent. Le formateur peut avoir tendance à se "reposer" sur ces diapositives, se cantonner ainsi à une pédagogie très frontale ne laissant que peu de place à l'apprenant. Les travaux dirigés sont remis aux calendes grecques. J'ai le souvenir d'une présentation de ce type durant laquelle il a fallu ingurgiter une centaine de diapositives. Chacune délivrait un nombre d'informations important. Qui pouvait être capable d'assimiler tous ces savoirs en quelques minutes ?

En formation ouverte et à distance le diaporama est également souvent utilisé. On peut retrouver les mêmes travers que ceux mentionnés dans le paragraphe précédent. Notamment durant une classe virtuelle : présenter un diaporama à vingt personnes réparties sur cinq continents sans interaction avec les apprenants.

Est-ce à dire que le diaporama n'est utilisé que de cette façon ? Certes non. Beaucoup de scénarii sont possibles et largement mis en action par les formateurs.

  • le diaporama introductif d'une activité apprenant
  • le diaporama support de l'activité : il est mis à disposition de l'apprenant comme document canevas à compléter
  • le diaporama comme document à produire par l'apprenant (ou groupe d'apprenants)
  • ...

Beaucoup d'outils sont à disposition d'un formateur, d'un enseignant en général. Mais l'outil reste l'outil. L'utilisation pédagogique qui en est faite reste du ressort du pédagogue ...

Remarque : un billet sur notre blogue "Réussir un diaporama

e-difor
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Publié par e-difor à 07:58:35 dans Réflexions | Commentaires (1) |

Animer une classe virtuelle | 27 juin 2008

Statue de Pestalozzi à Yverdon en Suisse (Photo Jacques Cartier)

Une plate-forme de classe virtuelle permet de réunir en ligne des apprenants disséminés aux quatre coins du monde pour faire un exposé, débattre, montrer des productions, ... On se trouve ainsi dans le contexte d'une classe en présence.

La copie d'écran ci-dessus montre ce que voit le présentateur (plate-forme Centra) (1).

On pourrait s'arrêter à l'aspect technique d'une telle plate-forme et resté un peu médusé par le côté magique de l'outil. Le souci du présentateur est principalement pédagogique : que faire durant cette classe, quels contenus faire passer, quelle activité mener ?

La plupart des présentateurs qui débutent ont tendance à utiliser cet outil de façon très expositive. Cela se comprend du fait de la complexité de cet "exercice de style". Il faut en effet faire son exposé, passer ses diapositives, faire un partage d'application, veiller aux mains d'apprenants qui se lèvent, lire les messages du chat qui peut être ouvert en permanence, aider un apprenant à régler son micro, sa webcam, ...

Et puis, avec la pratique, on observe que le présentateur "libère" la classe : il donne plus la parole à son public, le fait intervenir, lui donne la main par exemple.

Le scénario pédagogique (en bas à gauche de la copie d'écran) peut se préparer à l'avance hors ligne. Il est stocké dans un fichier que le présentateur charge en début de séance. C'est d'un grand confort pour lui car il se trouve ainsi libéré de la manipulation en direct de son scénario.

Un curriculum de formation fait souvent appel à l'asynchrone et au synchrone : un travail est réalisé dans un forum à thème pendant une dizaine de jours par exemple, une classe virtuelle est organisée pour présenter les travaux réalisés et ébaucher une synthèse. A la fin de cette réunion en ligne le formateur donne les consignes pour un travail futur.

Dans la formation Soffia par exemple (Système Ouvert de Formation de Formateurs Interacadémique), quatres classes virtuelles (intitulées audio conf.) sont intégrées dans le continuum de la formation. Elles sont intimement liées aux activités qui se sont déroulées en amont et qui se dérouleront en aval.

Déroulé

Déroulé de la formation Soffia

Quelle serait la réaction de Pestalozzi devant l'utilisation de tels outils ?

(1) La plate-forme Centra est mise à disposition des Académies par le pôle de compétences foad du Ministère.

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Publié par e-difor à 06:45:54 dans Ressources | Commentaires (3) |

Innovation ordinaire | 18 juin 2008

"Introduire de la foad dans un centre de formation relève d'une transformation alchimique, il va falloir recomposer activités, procédures, mode de gestion et d'enseignement ... C'est-à-dire déconstruire la "statue" actuelle du centre de formation pour ré élaborer à partir de ses composants, en dynamique, un organisme vivant dans lequel les technologies auront leur part. De nombreuses questions se posent : comment se préparer à ce changement ? Quels sont les freins ? A quelles conditions réussir ? Qui gagne quoi dans un dispositif de professionnalisation ? Comment instaurer cette dynamique à long terme ? Quelle part laisser aux technologies ?"

Véronique Duveau-Patureau
Revue Distance et savoirs -
Volume 2 - n° 1/2004, page 26
L'organisme de formation qui "se lance" peut difficilement faire les choses à moitié. Par exemple se doter d'une plate-forme et penser que cet outil suffira à implanter la foad dans les pratiques. Il manque de nombreux maillons à la transformation alchimique dont parle Véronique Duveau-Patureau. On peut ainsi penser que l'on se trouve dans une problématique d'innovation. A ce propos l'ouvrage de Norbert Alter "L'innovation ordinaire" est d'un apport précieux. L'auteur aborde les notions d'invention et d'innovation, indique comment une invention devient une innovation et quel est son chemin de vie.
"Ce qui semble intéressant est le fait, largement mis en évidence par la sociologie de l'innovation, que le passage de l'invention à l'innovation suppose l'existence de découvertes intermédiaires, qui se traduisent par des usages imprévus et par une capacité à en tenir compte collectivement. Plus fondamentalement, ce qui permet l'innovation n'est pas l'idée que l'on s'en fait initialement mais les leçons que l'on tire de sa mise en oeuvre." Page 80
Pour l'auteur l'innovation ne se décrète pas d'en haut, elle est une activité profondément collective dans laquelle chacune et chacun à sa part à jouer. Il cite Joseph Shumpeter qui dit dans son ouvrage "Capitalisme, socialisme et démocratie"- 1942 :
"L'innovation n'est ni une bonne ni une mauvaise chose, elle est une "destruction créatrice". Elle détruit l'ancien pour créer le nouveau ... Cette circonstance de perpétuel changement représente la nouvelle donne du fonctionnement des firmes... La nouveauté pour "prendre" ne doit pas être en surplomb par rapport aux pratiques sociales. Elle doit faire l'objet d'une appropriation... Cette idée est majeure pour les sciences de gestion comme pour les pratiques gestionnaires. L'innovation représente ainsi une activité collective."
L'organisme de formation va déconstruire pour reconstruire. Le temps nécessaire à cette nouvelle naissance engendrera des difficultés : la prise de conscience que l'innovation ne peut être dogmatique, la nécessité d'une nouvelle professionnalisation des acteurs, de nouveaux modes de gestion, la gestion des conflits entre innovateurs et ordre établi, l'absence d'un état stable, ...

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Publié par e-difor à 08:10:07 dans Formation | Commentaires (0) |

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