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Praticien réflexif | 26 novembre 2008

Dans "RECHERCHE ET FORMATION", sous-titre : N° 36 - "Le praticien réflexif. La diffusion d'un modèle de formation", Yves Saint-Arnaud a écrit un article intitulé : "La réflexion-dans-l'action : un changement de paradigme". (2001)

L'auteur évoque deux paradigmes selon lesquels l'acteur peut agir : le paradigme de l'expertise ou celui de l'incertitude.

"L'acteur qui agit selon le paradigme de l'expertise s'appuie sur le savoir homologué (théories, concepts, modèles, grilles d'analyse, etc.) pour expliquer ce qui se passe dans une interaction et planifier son action (Facteur G). Le cas échéant, il attribue l'inefficacité de son dialogue à une mauvaise application du savoir homologué et à des facteurs qui échappent à son contrôle : manque personnel d'habileté ou d'expérience dans l'application du savoir homologué, résistances ou limites de l'interlocuteur, contraintes de la situation, etc. Lorsque les indices d'inefficacité apparaissent, pendant le dialogue, il cherche à modifier son action en fonction des prescriptions du savoir homologué.

L'acteur qui agit selon le paradigme de l'incertitude s'appuie sur ce qu'il y a d'unique et d'incertain dans chaque interaction (Facteur P) pour s'autoréguler dans l'action. Le cas échéant, il attribue l'inefficacité de son dialogue aux limites inhérentes au savoir homologué et à des facteurs qui relèvent de son contrôle personnel : refus de l'incertitude, utilisation répétée de moyens qui s'avèrent inefficaces, maintien de visées irréalistes, incapacité d'accepter la frustration d'un besoin personnel. Lorsque les indices d'inefficacité apparaissent, pendant le dialogue, il identifie et corrige ses propres erreurs par une autorégulation créatrice."

Lorsque le formateur est amené à analyser sa pratique, à adopter une attitude de praticien réflexif, il choisit l'un ou l'autre de ces deux paradigmes. L'un est figé, l'autre est ouvert. Comment passer du premier au second ?

Facteur G pour général, facteur P pour particulier

> Pour se procurer le document : http://www.inrp.fr/publications/catalogue/web/Notice.php?not_id=RR+036

e-difor
La formation en ligne
http://foad.ac-besancon.fr
Jacques Cartier
Formateur Difor, professeur de Technologie
Doctorant en Sciences de l'Education (Université de Rouen)
Master en Ingénierie Pédagogique dans des Dispositifs Ouverts et à Distance
http://www.jacques-cartier.fr/

Publié par e-difor à 20:02:59 dans Lectures | Commentaires (0) |

Accompagner | 10 novembre 2008

Tutorer une formation c'est l'accompagner. Ce verbe "accompagner" est bien décrit par Mireille Cifali et Alain André dans leur ouvrage "Ecrire l'expérience - Vers la reconnaissance des pratiques professionnelles". (Puf - 2007)

"En quoi consiste cet accompagnement ? Dans une relation professionnelle, accompagner se spécifie par rapport à d'autres termes : contraindre, prendre en charge ou transmettre, notamment.
Accompagner serait aller avec, être à côté de, donner une place à l'autre, partir de l'autre et pas de soi. "Aller avec" évoque un professionnel qui se déporte vers le chemin de l'autre et pas de soi. Il est là, présent, permettant qu'un autre traverse l'épreuve, le moment, l'évènement. L'autre pourrait ainsi "compter sur" l'accompagnateur mettant à son service le savoir qu'il possède. Accompagner signifierait que l'on a intégré le fait que l'on ne peut pas agir et décider à la place de quelqu'un : que, sur certains registres de la vie, on ne peut contraindre, qu'il faut "aller avec", dans le mouvement imprimé par un autre. On propose, on accueille, on suggère, on renonce à l'injonction. Avec accompagner, on s'éloignerait, aussi, de la prise de pouvoir sur autrui." - Pages 44 et 45

Ce paragraphe est un beau morceau choisi pour qui a la tâche de tutorer une formation entièrement à distance par exemple. Le questionnement engendré par la lecture de ce texte peut modifier la pédagogie du formateur sur le fond et sur la forme.

Certes, l'apprenant est un agent du dispositif, mais il en est aussi le sujet. Le formateur ne travaille pas sur une "poiésis" (fabrication d'objets), son action vise l'humain :

"Toute pratique renvoie à une activité exercée en vue d'obtenir un résultat, mais ici il s'agit d'une activité visant un autre humain. Les métiers concernés s'inscrivent dans des histoires sociales, voire familiales et personnelles, qui interdisent de les réduire à de purs savoirs et modes opératoires abstraits. Ils ont pour spécificité de s'adresser à des personnes en visant le développement de leur autonomie, qu'il s'agisse d'élèves, de "formés", de patients ou d'usagers..." - ouvrage cité page 82

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Publié par e-difor à 20:00:21 dans Lectures | Commentaires (0) |

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