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Marielle Brugvin dans son ouvrage "Formations ouvertes et à distance - Développer les compétences à l'autoformation" (1) analyse le rôle du formateur.
Elle met bien en avant son rôle pédagogique à la page 50 :
Outre une plus grande polyvalence demandée au formateur, la nécessité d'un retour fort à la réflexion pédagogique apparaît. Il s'agit surtout et en particulier "d'une obligation de retour aux sources du métier, à la pédagogie" (Blandin, 1991, p.24) (2). Dans l'obligation de construire très en amont ses cours, le formateur doit effectuer un important travail d'anticipation. Il doit développer une bonne connaissance du processus d'apprentissage et une forte réflexivité sur ses pratiques pour les faire évoluer vers un accompagnement au développement de l'autonomie de l'apprenant, dès la conception. C'est la conscientisation de ses choix et pratiques par le formateur qui est particulièrement importante.
Le formateur à distance doit également développer des capacités de travail collaboratif et en réseau, au niveau de la conception, du suivi et de l'évaluation, de façon à exploiter au mieux les potentialités offertes par les TIC. Il a, par aileurs, tout intérêt à adopter une approche globale du dispositif de formation, intégré dans un contexte.
En page 51 :
Les FOAD invitent donc le formateur à la réflexion sur ses propres pratiques. Elles le poussent à ré-interroger la formation ou sa façon d'aborder la pédagogie et à prendre en compte la nécessité de passer de l'instruction à "l'accompagnement à l'autonomisation" pour éviter de tomber dans l'injonction paradoxale à l'autonomie. Elles nécessitent également une connaissance par le formateur des caractéristiques des TIC et une maîtrise de celles-ci dans le cadre d'une utilisation pédagogique.
Parfois certains formateurs sont inquiets du nouveau rôle que la participation à un dispositif de foad va leur faire assumer. Ils imaginent qu'ils vont jouer un rôle secondaire et perdre "le statut de formateur". Aux responsables des dispositifs de leur montrer que c'est tout le contraire qui se passe !
Marielle Brugvin, "Formations ouvertes et à distance - Développer les compétences à l'autoformation", L'Harmattan, 2005.
Bernard Blandin, "Formateurs et formation multimédia : les métiers, les fonctions, l'ingénierie", Editions d'organisation, 1991.
e-difor
La formation en ligne
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Jacques Cartier
Professeur de Technologie
Doctorant en Sciences de l'Education
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Publié par e-difor à 09:35:17 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Dans le domaine de la foad on trouve beaucoup de témoignages d'apprenants et de formateurs et, moins souvent, de responsables d'organismes de formation.
FODAD (http://www.fodad.org/) est un programme national de formation à distance qui vise les publics ATOS (1) , ITRF (2) et d'Encadrement de l'Education nationale.
Le témoignage qui suit me semble intéressant à publier dans ce blog. Il relate la naissance de FODAD et montre que la mise à distance même partielle d'une formation introduit de l'innovation dans la structure d'un organisme de formation. Tous les acteurs se trouvent ainsi concernés. Fodad touche à ce jour 27 académies et le service de l'administration centrale.
Témoignage :
Une expérience en formation ouverte et à distance, au service de formation des personnels ATOS dans l'Académie de XXXXXXXX.
Responsable pendant quelques années au service de formation des personnels ATOS, j'ai eu l'opportunité de vivre une expérience enrichissante dans le domaine de la formation ouverte et à distance qui a fait évoluer mon approche du métier.
J'étais en poste depuis quelques années lorsqu'à l'occasion de rencontres et de réunions, la proposition de s'engager dans un projet inter académique en formation ouverte et à distance, m'a paru, ainsi qu'à XXXXXXXXXXX, formateur CAFA (3), très intéressante. Ce projet concernait six académies et il devait aboutir au montage d'une formation de préparation au concours interne d'adjoint administratif. Accompagnés d'une collègue administrative, nous sommes partis « démarrer l'aventure » dans les bâtiments poitevins de la sous-direction de la formation des personnels.
L'intérêt immédiat a été la rencontre avec les collègues d'autres académies et de se trouver rapidement en situation de devoir « construire ensemble ». Le challenge était donné : proposer une formation en janvier (nous étions en octobre) et construire un dispositif de formation alliant la formation en présence des stagiaires et à distance, sur un site de FOAD. A l'aide d'experts de l'éducation nationale, l'édifice s'est construit progressivement, au cours de réunions et par le moyen d'échanges, avec l'outil Quickplace.
Ce site de formation en ligne a permis, après une phase de familiarisation nécessaire, de donner progressivement de la matière au projet et de d'observer le montage du parcours de formation. C'est ainsi que nous travaillions dans le cadre de « salles, de bibliothèques et de ressources, » dans des salles des formateurs et des salles d'apprenants. Une forme de centre de formation virtuel ? Le vocabulaire changeait aussi. Le terme de « stagiaires » relevait d'un lexique traditionnel qui n'était plus adapté à la formation à distance, sur un site internet. En effet, une personne adulte qui décide de se former est le seul véritable acteur de sa formation. Les personnes qui l'aident et l'accompagnent (les formateurs) auraient plutôt un rôle d'assistance et de conseil, de mise en construction des savoirs et des apprentissages. Elles apporteraient leurs contributions parmi d'autres proposées par des documents, un tutorat...
La première expérience à XXXXXXXX a pu se mettre en place, comme convenu et dans les délais, sur la base de ressources communes aux six autres académies.
L'intérêt véritable, à mes yeux, a consisté dans la conduite, avec XXXXXXXX dont l'apport fut primordial, de projets identiques à l'échelle académique avec des formateurs qui ont accepté de mener le même travail que celui effectué au niveau national : travail collectif de formateurs, partage de documents, réflexion sur la pédagogie, sur l'évaluation. C'est ainsi que d'autres actions ont vu le jour, à l'attention des personnels ATOS puis d'encadrement. On osera dire que les personnels ATOS ont ouvert la voie à ces nouvelles modalités grâce à la conviction de formateurs (personnels administratifs, essentiellement) curieux de la formation et désireux d'explorer ces nouvelles modalités. Nous avions enfin le sentiment que notre métier se professionnalisait et se modernisait.
Toutefois, je ne voudrais pas dresser ici un tableau de cette expérience sans évoquer les difficultés rencontrées : les résistances au changement car ce nouveau modèle a parfois déconcerté (manque d'encadrement ressenti par les stagiaires, problèmes d'ordre technique). Au plan administratif et financier, des questions nouvelles apparaissaient et ne trouvaient pas toujours réponse. Ainsi, les structures réglementaires prévoient que le formateur se trouve devant le stagiaire, en sa présence physique. Comment dans ce cas mesurer le travail de formation, de préparation, attester de la présence du stagiaire et à quel niveau rémunérer cette activité ?
En conclusion, je me suis désormais éloignée de ces projets, pour cause de changement de service. Mais je suis contente d'avoir pu les suivre, à un moment de mon parcours professionnel car cela a été d'une grande richesse.
(1) Personnels administratifs, techniques, ouvriers, sociaux et de santé (ATOS)
(2) Ingénieurs techniques, de recherche et formation
(3) Centre Académique de Formation à l'Administration
>>>> Autre billet sur FODAD
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Jacques Cartier
Membre de l'équipe fondatrice de Fodad
Doctorant en Sciences de l'Education
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Publié par e-difor à 10:52:16 dans Interview | Commentaires (1) | Permaliens
Cet ouvrage concerne les actes d'étude du 28 novembre 1997 à l'Institut National de Recherche Pédagogique (INRP). Ils ont été édités par Viviane Glikman. (1)
La conférence introductive a été assurée par Geneviève Jacquinot et porte un titre évocateur "Qui sont ces usagers qu'on cible dans nos têtes ?".
Geneviève Jacquinot commente quatre différents "états" de l'usager qui est amené à utiliser un dispositif ouvert, à distance ou multimédia pour se former et apprendre :
C'est ce quatrième état (posture d'apprentissage) que l'on cherche à atteindre. Cela signifie que les autres états sont supposés maîtrisés.
Je cite l'auteur :
Je retrouve à l'heure actuelle, avec ces NTIC, des problématiques entrevues à l'époque d'Image et pédagogie (Jacquinot, 1977), quand j'avais essayé de montrer qu'à force de se mettre trop "à la place de l'autre, entendez de l'apprenant" lors de la conception des émissions ou films éducatifs, on ne lui laissait ni la place, ni la liberté d'apprendre", car un message ou un dispositif, particulièrement quand il se veut éducatif ou didactique, devrait toujours se présenter comme un "outil programmatique de signification, ne prenant sens que dans l'instrumentalisation faite par l'enfant ou l'élève, ou le formé" - bref par notre apprenant-constructeur - et être "une occasion pour lui de renouer avec les formes du 'se parler à soi-même' et de jouer un rôle 'participatif d'investigation motivée'" (Baldassari, 1983).
(1) Formations ouvertes et à distance : le point de vue des usagers- Viviane Glikmann -Inrp - Juin 1999
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Publié par e-difor à 09:32:27 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Photo "Sur le plateau" - Jacques Cartier
En juin 2008 le B2i (Brevet Informatique et Internet) sera obligatoire pour l'obtention du brevet des collèges.
Les compétences liées aux technologies de l'information et de la communication deviennent de plus en plus incontournables dans notre société.
Mais comment acquérir ces compétences et comment les valider ?
Dans un établissement on trouve souvent l'équipement suivant (exemple de configuration lamda, de grandes différences existent d'un lieu à un autre) :
Cette configuration pose un problème, à mon sens, quant à l'utilisation de l'ordinateur au quotidien :
Ce que j'appelle espace de travail en ligne me semble essentiel au développement des usages. A partir d'une adresse Internet dont l'accès est sécurisé avec mot de passe :
On pourrait imaginer l'accès à cet espace au-travers d'une machine portable très simple, sorte de terminal "avec rien dedans" puisque c'est l'url de la plate-forme qui ouvre l'accès à l'espace personnel. Ces machines à connexion sans fil seraient ainsi légères, peu encombrantes et ne nécessiteraient qu'une maintenance très limitée.
Voilà pour l'aspect technique. Mais l'aspect pédagogique ! Là c'est certainement plus compliqué !
Attention au mythe de l'outil miraculeux ! (voir billet précédent)
"Sortez vos portables !" phrase énoncée en début de cours aux trente élèves de la classe ...
Je m'arrête là pour ce billet car le chapitre pédagogique est une autre paire de manches. En attendant que j'aille plus loin sur ce thème vous pouvez lire le billet "Introduire l'usage des Tice dans sa pratique d'enseignant" dans lequel je cite Geneviève Jacquinot :
"Chaque nouvelle technologie alimente une utopie : l'outil de référence est associé au rêve d'une certaine école ou d'une certaine société... comme toujours, les développements technologiques loin de remplacer l'enseignant (..) ne font qu'exiger de lui plus de maîtrise dans la connaissance des processus d'apprentissage et toujours plus d'imagination, ..."
Jacquinot, G. (1985). L'école devant les écrans. Paris, ESF.
Remarque : "Nomadisme" > un précédent billet sur un sujet voisin.
e-difor
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Publié par e-difor à 07:59:56 dans Réflexions | Commentaires (0) | Permaliens
En lisant la thèse de Pierre-Jean LOIRET (1) on se questionne ou re-questionne sur la façon de mener à bien un projet de formation à distance.
Que le projet soit de grande envergure ou non, les pièges semblent être les mêmes, les chemins nombreux et complexes. Et personne ne semble à l'abri d'erreurs de fond qui peuvent mettre en péril le dispositif. Par exemple la croyance de l'outil providence qui, à lui seul, a la réponse à tout !
L'auteur de citer Rozenn Nardin à la page 136 : (2)
"L'enseignement en ligne pallie les dysfonctionnements existants de l'enseignement classique et à distance. Les dispositifs d'universités virtuelles sont associés à l'idée d'un outil miraculeux. La qualité du dispositif technologique est profondément marquée par cette croyance.
Pourquoi s'interroger sur la qualité du dispositif puisque c'est l'usage même de ce type de dispositif qui pallie tous les dysfonctionnements ?
S'interroger sur la qualité du dispositif technique doit aussi prendre en compte cette croyance en une qualité intrinsèque du dispositif ."
Prenez le temps de lire cette thèse, travail en profondeur riche d'enseignements et de réflexions. Et votre attachement à l'Afrique en sera renforcé !
(1) Pierre-Jean Loiret "L'enseignement à distance en Afrique de l'ouest : une université façonnée de l'extérieur ou renouvelée de l'intérieur ?"
e-difor
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Publié par e-difor à 21:06:34 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
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