ce n'est pas moi qui broie du noir, c'est le Noir qui me broie.antOlogique
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On est là , assis sur une banquette dans un train. A la main un livre que l'on lit doucement. On calque le tempo de la lecture sur le paisible ronron qui caractérise la lente et molle avancée du train. Il faut choisir avec précision le livre qui convient à ce rythme nonchalant. Oubliez les polars et les thrillers, se porter davantage vers un roman à l'allure légère, vers une lecture portant vers le songe.
On lit doucettement et là encore tout est question de cadence, on prend soin de se calquer sur l'allure du train. On met le temps qu'il faut pour découvrir les mots, les lignes et les pages. On laisse posément le sens s'imprégner en son for intérieur. Tout comme le sachet de thé que l'on met à infuser juste ce qu'il est nécessaire, pour obtenir le goût fin et prononcé accompagnée de la bonne couleur de l'eau. On tourne les pages avec des gestes mesurées, laissant le temps du passage, de la découverte. Les doigts glissent et sentent la légère âpreté du grain du papier que l'on caresse plus que l'on ne le tient. Et dans une délicate et douce impatience la page se tourne vers la suite des mots.
Arrive un moment ou le nom d'une gare nous tire de la lecture, du douillet cocon ou l'on se trouvait. On se rend compte que dans une ou deux stations ce trajet s'achèvera. On referme lentement le livre emprunt d'une pointe de mélancolie. On le range avec regret dans le fond du sac. Et tout en le positionnant comme il faut on en profite pour effleurer une dernière fois la couverture. On se sent progressivement sortir d'un rêve ouaté et délicat, étrange sentiment que cette impression de légèreté qui s'efface, de cette sensation de passer du poids d'une plume à celui d'un bloc de granit. Tout en émergeant on parcoure du regard les personnes assises à nos côtés. On savait leur présence, mais cela s'arrêtait là , désormais ces jambes ont un corps, ont une tête, leur humanité prend forme. On laisse le regard se porter vers le paysage qui défile à la fenêtre, le temps de finir le retour à la réalité.
Le train finalement s'arrête, et alors que nos pas nous amènent vers la sortie on se dit que le voyage n'aura pas été perdu, on l'aurait même aimé plus long. Il vient l'envie de retrouver vite l'excursion en train, avec un joli livre comme compagnon. (yln)
Publié par antOnoir à 19:04:23 dans boîte à virgule | Commentaires (5) | Permaliens
27-01-2008 08:59
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23-01-2008 19:27
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