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Qui dira ces langueurs et ces pitiés immondes,
Et ce qu'il lui viendra de haine, ô sales fous,
Dont le travail divin déforme encor les mondes,
Quand la lèpre à la fin mangera ce corps doux?...
A. Rimbaud*
Publié par pungueria à 01:12:18 dans L'éternel... | Commentaires (0) | Permaliens
L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,
L'infini roulait blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.
A. Rimbaud*
Publié par pungueria à 01:01:48 dans L'éternel... | Commentaires (0) | Permaliens
Dans la feuillée, écrin vert taché d'or
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et creuvant l'exquise broderie,
Une faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux
Sa lèvre éclate en rire sous les branches.
Et quand il a fuit - tel qu'un écureuil -
Son rire tremble encore à chaque feuille
Et l'on voit épeuré par un pauvre bouvreuil
Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille
A. Rimbaud *
Publié par pungueria à 23:58:12 dans L'éternel... | Commentaires (0) | Permaliens
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
-Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse,
-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Rimbaud*
Publié par pungueria à 19:27:40 dans L'éternel... | Commentaires (1) | Permaliens
Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu;
Tandis qu'une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;
-Pauvres morts! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature! ô toi qui fis ces hommes saintement!...-
-Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,
Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir!
Rimbaud*
Publié par pungueria à 19:16:14 dans L'éternel... | Commentaires (1) | Permaliens
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