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Spleen*

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Les premières communions... VII | 13 janvier 2007

 


Qui dira ces langueurs et ces pitiés immondes,


Et ce qu'il lui viendra de haine, ô sales fous,


Dont le travail divin déforme encor les mondes,


Quand la lèpre à la fin mangera ce corps doux?...


A. Rimbaud*


www.saiaii.com

Publié par pungueria à 01:12:18 dans L'éternel... | Commentaires (0) |

L'étoile a pleuré rose... | 13 janvier 2007

 



L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,



L'infini roulait blanc de ta nuque à tes reins



La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles



Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.



 



A. Rimbaud*


www.saiaii.com

Publié par pungueria à 01:01:48 dans L'éternel... | Commentaires (0) |

Tête de Faune | 12 janvier 2007

 




Dans la feuillée, écrin vert taché d'or




Dans la feuillée incertaine et fleurie




De fleurs splendides où le baiser dort,




Vif et creuvant l'exquise broderie,




Une faune effaré montre ses deux yeux




Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches




Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux




Sa lèvre éclate en rire sous les branches.




Et quand il a fuit - tel qu'un écureuil -




Son rire tremble encore à chaque feuille




Et l'on voit épeuré par un pauvre bouvreuil




Le Baiser d'or du Bois, qui se recueille




 




A. Rimbaud *

Publié par pungueria à 23:58:12 dans L'éternel... | Commentaires (0) |

Ma bohème* | 21 décembre 2006

 


Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;


Mon paletot aussi devenait idéal;


J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;


Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!


Mon unique culotte avait un large trou.


-Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course


Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse,


-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou


Et je les écoutais, assis au bord des routes,


Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes


De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;


Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,


Comme des lyres, je tirais les élastiques


De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!


 


Rimbaud*

Publié par pungueria à 19:27:40 dans L'éternel... | Commentaires (1) |

Le mal* | 21 décembre 2006

 


Tandis que les crachats rouges de la mitraille


Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu;


Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,


Croulent les bataillons en masse dans le feu;


Tandis qu'une folie épouvantable, broie


Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;


-Pauvres morts! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,


Nature! ô toi qui fis ces hommes saintement!...-


-Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées


Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or;


Qui dans le bercement des hosannah s'endort,


Et se réveille, quand des mères, ramassées


Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,


Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir!


 


Rimbaud*

Publié par pungueria à 19:16:14 dans L'éternel... | Commentaires (1) |

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