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Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
-Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse,
-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Rimbaud*
Publié par pungueria à 19:27:40 dans L'éternel... | Commentaires (1) | Permaliens
Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu;
Tandis qu'une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;
-Pauvres morts! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature! ô toi qui fis ces hommes saintement!...-
-Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,
Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir!
Rimbaud*
Publié par pungueria à 19:16:14 dans L'éternel... | Commentaires (1) | Permaliens
Tu es venue le feu s'est alors ranimé
L'ombre a cédé le froid d'en bas s'est étoilé
Et la terre s'est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J'avais un guide sur la Terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J'avançais je gagnais de l'espace et du temps
J'allais vers toi j'allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l'espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l'aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entr'ouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos éblouit remplaçait la fatigue
Et j'adorais l'amour comme à mes premiers jours.
Paul ELUARD*
Publié par pungueria à 21:02:18 dans L'éternel... | Commentaires (0) | Permaliens
Espérer est un art
Où l'on perd quelques fois
Les instants d'une histoire
Rêvée malgré soi...
Vouloir est une erreure
Qui entraine les pleurs
De ne jamais comprendre
Qu'on a bien souvent tord...
Aimer c'est peindre du coeur
Sans pouvoir decider
De l'image, d'une couleur
C'est marcher sur la toile
Où naissait une lumière
Parcequ'un coeur trop lourd
Brise un espoir de verre
Ps: Pardoner c'est croire encore que le meilleur reste à donner* (Rick Allison)
Publié par pungueria à 16:38:58 dans L'éternel... | Commentaires (1) | Permaliens
Les paysages défilent
Et je les regarde comme des yeux sur le monde...
Je vois la nuit tomber
Arrive la faucheuse
A ces quelques étoiles
D'un espoir silencieux
A ces quelques arbres
Ombres mobiles au gré du vent
Comme nos faibles éxistences
Qui se laissent abbatrent
Enfin le jour se lève
Où rennaît la vie
Chaques jours quelque part...
PS: Carpe Diem*
Publié par pungueria à 16:14:48 dans Ça... | Commentaires (0) | Permaliens
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