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LUTHER VANDROSS 1951-2005 | 29 avril 2006

LUTHER VANDROSS

PARCOUR DUNE ETOILE DE LA SOUL MUSIC

Chanteur, compositeur et producteur, Luther Ronzoni Vandross, Jr. de son
vrai nom, est né le 20 avril 1951 à New York. Celui que le magazine
People a surnommé "le Pavarotti de la pop" grandit à Manhattan. Dès son
plus jeune âge, Luther est bercé par les chants de gospel de sa mère,
par l'orchestre de son père, chanteur du groupe, et par sa soeur
Patricia, membre de l'ensemble de doo-woop des Crests, qui connait un
succès d'estime en 1959 avec le titre "16 candles". Très vite, les voix
féminines deviennent son obsession. Il dira en 1983 : "L'étendue vocale
des femmes, leur spectre, est beaucoup plus large que le nôtre. Elles
sont capables de prouesses, inaccessibles pour nous".
Jusqu'à l'âge de quatorze ans, ses idoles sont les Shirelles (groupe
féminin du New Jersey célèbre dans les années 50 et 60) et les Supremes.
Puis il découvre Dionne Warwick et c'est la révélation : "En l'écoutant,
j'ai réalisé que je n'avais jamais vraiment entendu une vraie voix.
C'était comme découvrir un joyau". Warwick, tout comme sa tante Cissy
Houston ou Aretha Franklin et Diana Ross deviennent ses modèles. Des
années plus tard, il écrira des chansons pour ces divas qu'il admire
tant. Il produira également des titres pour elles et utilisera Cissy
Houston comme choriste (elle est encore présente sur son dernier album,
"Dance With My Father"). Toutes ces chanteuses ont participé à
l'enregistrement de ses plus grands hits.
Ses premiers pas dans la chanson se font avec des amis pendant des
répétitions organisées dans des appartements ou des caves d'immeubles.
Rapidement, il devient membre d'un groupe dont le nom est Shades Of Jade
puis il intègre une formation de seize membres baptisée Listen My
Brother. Avec cette dernière, il chante pour la première fois une
chanson destinée à une série télé : Sesame Street. Il se présente
également à plusieurs reprises aux concours amateurs organisés à
l'Apollo de Harlem, mais sans succès.
Après ces expériences, il part étudier dans le Michigan (au Western
Michigan College) et y intègre la section d'ingénierie électrique. Il
revient vivre avec sa mère à New York quelques temps plus tard. Là, il
occupe différents postes administratifs et passe de petits jobs en
petits jobs.
1974 : C'est l'année de sa vie. Il parvient tout d'abord à vendre une de
ses chansons, "Everybody rejoice (a brand new day)" aux producteurs de
la comédie musicale "The Wiz". Mais surtout, le guitariste Carlos
Alomar, son voisin et ancien membre de Shades Of Jade l'invite à une
séance studio de David Bowie à Philadelphie. La star anglaise enregistre
l'album "Young Americans". Bowie est si impressionné par la voix de
Luther qu'il l'utilise immédiatement comme choriste et arrangeur et
qu'il enregistre "Fascination", une composition signée Vandross. Dans la
foulée, Vandross monte un groupe de choristes et part en tournée pendant
un an avec Bowie.
Très vite, il devient le chanteur le plus demandé en studio dans tout le
pays. Grâce à Bowie, il rencontre Bette Midler, qui l'enrôle à son tour
comme choriste pour son album "Songs for the new depression". Grâce à
elle, il rencontre le producteur Arif Mardin (producteur de New York qui
a travaillé avec Aretha Franklin, Donny Hathaway, Chaka Khan...). On
l'entend aux côtés de Carly Simon, The Average White Band, Ringo Starr,
Chaka Khan, Roberta Flack, Cat Stevens, Z.Z. Hill, Lou Rawls... Bref ! Il
devient la coqueluche des milieux pop et black.
En 1976 et 1977, sa carrière prend un nouveau tournant. Avec Diane
Sumler, Anthony Hinton, Theresa Reed et Christine Whitshire, il forme le
groupe Luther. Signé sur Cotillion, sa formation sort deux albums
"Luther" et "This Close to you". Si les singles "It's good for the soul
pt.1" et "Funky music" arrivent à se hisser dans le top 40 soul en 1976,
les deux premiers albums ne connaitront pas le même succès, en
conséquence de quoi la formation décide de se séparer.
L'artiste entre alors dans une période de galère. Aucun label n'ose
prendre le risque de le signer en solo. Pour vivre, il prête sa voix à
de nombreux spots publicitaires pour de grandes marques telles Pepsi
Cola, Burger King ou Kentucky Fried Chicken, ou AT&T. Mais Luther ne
renonce pas à faire carrière dans le show business.
En effet en 1978, Quincy Jones fait appel à lui pour son album
"Sounds...and stuff like that", tout comme Bernard Edwards et Nile
Rodgers qui lui demandent de chanter sur des enregistrements de Chic
("Le freak") et de Sister Sledge ("We are family"). Il participe
également à l'aventure du groupe italo-américain Roundtree. En
parallèle, il réalise des arrangements vocaux pour Barbara Streisand et
Donna Summer. Pour cette dernière, il s'occupe des voix sur le titre "No
more tears (enough is enough)", N°1 des ventes pop.
En 1979, c'est la rencontre avec le groupe Change, qui marque un
tournant de sa carrière. En effet, en prenant la direction du groupe dès
1980, sur certaines plages de l'album "The Glow of love" ("Searching",
"The Glow of love"...), Vandross s'assure une visibilité et une
réputation jusque là qui lui manquait. Grâce à ce nouveau statut, Epic
décide de lui donner une chance. Cette maison de disques ne le
regrettera jamais. Le contrat lui laisse toute liberté pour produire
lui-même ses disques, un fait suffisamment inhabituel à l'époque.
En 1981, "Never Too Much", premier single qu'il a écrit, composé et
produit, entre directement N°1 des ventes des classements soul et s'y
accrochera deux semaines, alors que "Don't you know that" rentre dans le
top 10 black quelques mois plus tard. Le succès ne s'arrêtera plus
jamais pour le chanteur. L'album "Never too much" deviendra double
disque de platine ! En 1982 sort l'album "Forever, for always, for love"
(avec entre autre les titres "Bad boy", "Having a party"). A cette
époque, Aretha Franklin fait appel à lui pour écrire et produire "Jump
To It". Le titre sera également N°1 des ventes en 1982, le premier gros
succès de la diva depuis 5 ans. En 1983 c'est au tour de "Busy body" de
connaitre le succès grâce entre autre au duo enregistré avec Dionne
Warwick "How many times can we say goodbye". Les ventes continuent en
1985 avec "Til my baby comes home", sur lequel on reconnait à l'orgue
Billy Preston, extrait de l'album "The night I fell in love" qui
deviendra double disque de platine à son tour. L'album suivant "Give me
the reason", donnera trois singles qui seront classés n°1 dans les
charts Black : "Give me the reason" (que l'on retrouve également sur la
B.O. de Ruthless People), "Stop to love" et "There's nothing better than
love" avec Gregory Hines. En fin de décennie, Luther sort l'album "Any
love", dont le titre éponyme devient en 1988 un nouveau numéro 1.
Alors que jusqu'à présent il s'était attiré les faveurs d'un public
quasi exclusivement afro-américain, la double-compilation "The best of
Luther...The best of love" (1989) se vend à 3 millions d'exemplaires,
grâce notamment à l'inédit "Here and now" qui se place à la 6ème place
du Hot 100 (et n°1 des charts black), avec un Grammy à la clé. Le grand
public succombe donc désormais à la Vandross mania, et l'on observera
avec l'arrivée de la decénnie suivante que plus le succès sera important
auprès du public blanc, plus la communauté noire se détournera de
Luther.
En 1991, il sort son album "Power of love", dont le titre éponyme se
place au 4ème rang du Hot 100 et lui rapporte un nouveau Grammy. En
1992, il sort en compagnie de Janet Jackson, Bell Biv DeVoe et Ralph
Tresvant le morceau "Best things in life are free", extrait de la B.O.
du film Mo'Money.
L'année 1993 marque une première marque d'usure avec l'album "Never Let
me go" (et son single "Little miracles"). L'année suivante, le duo avec
Mariah Carey "Endless love" permet de mettre en avant l'album "Songs"
auprès du grand public. Fin 1995 il sort un album de Noël "This is
Christmas", une tradition pour les artistes soul américains ! En 1996,
"Your secret love" passe le niveau du million d'exemplaires vendus.
En 1998, Luther Vandross passe chez Virgin mais les ventes s'effritent
avec l'album "I know" . Puis il change à nouveau de maison de disques et
passe chez J-Records, la compagnie de Clive Davis, pour l'album "Smooth
Love" en 2001.
Au printemps 2003, il est victime d'une attaque cérébrale qui le laisse
dans le coma jusqu'à la sortie début juin de ce qui sera son dernier
album studio, "Dance with my father". L'artiste se trouve cependant
largement diminué et les problêmes de santé se succèderont. A la fin de
l'année sort le live "Live at Radio City Music Hall 2003". Enfin en
2004, il renoue avec le succès en remportant le Grammy de la meilleure
chanson pour "Dance with my father". Il remportera au total huit de ces
récompenses musicales américaines lors de sa carrière.
Luther Vandross décède finalement le 1er juillet à l'âge de 54 ans dans
un hôpital du New Jersey, entouré de sa famille et de ses amis. Il était
l'un des chanteurs soul les plus populaires aux Etats-Unis et l'écho de
ses funérailles, auxquelles ont participé notamment Alicia Keys, Dionne
Warwick, Aretha Franklin et Stevie Wonder n'a pas manqué de le rappeler.

DISCOGRAPHIE

Voici une discographie sélective (mais quasi-exhaustive) des oeuvres de
Luther Vandross. Les nombreuses compilations n'ont volontairement pas été
mentionnées, exception faite du best of de 1989. Certains albums sont très
faciles à trouver (en vinyl ou CD), d'autres sont plus rares mais nul
doute qu'avec le décès de ce grand de la soul, certaines de ses oeuvres
devraient être rééditées.



Luther "Luther" (Cotillion/Atlantic)
1976


Premier album de Luther Vandross sous le nom de Luther, ensemble vocal
qu'il dirige. Il signera d'ailleurs sur le label Cotilion grâce au groupe
Average White Band. Deux singles de cet album "It's good for the soul" et
"Funky music (a part of me)" remporteront un succès d'estime en se hissant
dans le Top 40 soul. Les ventes d'album ne sont toutefois pas très bonnes.


Luther "This close to you" (Cotilion/Atlantic)
1977


Deuxième album chez Cotillion sans plus de succès mais de bons titres
comme "Check 'Don't Take The Time" et "Follow Your Heart".


Change "The Glow of love" (Epic/Sony)
1980


Un classique du funk, peut-être le meilleur album de Change d'ailleurs !
Et la présence de Luther Vandross y est sans doute pour quelque chose. Cet
album est rempli de tubes : "Lover's holiday", "The Glow of love",
"Searching", qui ont inspirés toute une génération, et qui ont d'ailleurs
été samplés des centaines de fois. Le succès de cet album représentera
enfin la véritable carte de visite de Luther Vandross, qui lui permettra
de trouver la confiance auprès d'Epic, pour signer son premier album solo
l'année d'après : "Never too much".


"Never too much" (Epic/Sony)
1981


Tout comme son album avec Change, ce premier veritable opus solo est
indispensable dans votre discothèque. On y trouve déjà la pâte Vandross :
harmonies vocales de qualité, mélodies facilement identifiables et
enregistrables, hômmage aux femmes et à l'amour et tubes dancefloor ! Le
titre éponyme "Never too much" a bien sûr fait le tour du monde ! Mais on
retrouve également quelques perles comme "She's a super lady" ou "Sugar &
Spice" qui en font une oeuvre à part entière. Le début d'une longue
carrière en solo !


"Forever, for Always, for Love" (Epic/Sony)
1982


Deuxième album solo pour Luther qui reprend les mêmes ingrédients mais qui
annonce plus clairement son côté lover. La pochette et le titre de l'album
en sont le plus bel exemple, mais aussi les registres évoqués dans les
chansons : "Better love", "She loves me back", "Promise me"... Reste
quelques bons up tempo comme "Bad Boy/Having a party". 1982 reste aussi
une année très prolifique pour Luther qui produira l'album de Cheryl Lynn
"Instant love" et qui interprètera aussi une reprise de Tammi Terrel et
Marvin Gaye : "If this world were mine".


"Busy Body" (Epic/Sony)
1983


Avec cet album, Luther Vandross continue à proposer sa recette miracle :
une pincée de chansons d'amour, une pincée de titres plus dancefloor et le
tour est joué. Dans la même lignée que les deux premiers albums.


"The Night I Fell In Love" (Epic/Sony)
1985


Sur cet album, le duo Marcus Miller/Luther Vandross fonctionne à
merveille. Le tube de l'album, en Angleterre comme en France cette
année-là, sera "It's Over Now". Sur cet opus, on trouve également quelques
grandes ballades, parmi les plus belles de l'artiste. "My Sensitivity" ou
"Other Side Of The World" sont des classiques du genre, intemporelles,
hors des modes. La qualité technique également. On la doit à la présence
de très grands musiciens de l'époque : Doc Powell (grand guitariste de
Detroit, présent sur nombre d'albums funk des années 80), Nat Adderley,
Jr. (joueur de claviers omniprésent à l'époque), Fonzi Thornton (chanteur
de New York, choriste pour B.B. & Q.Band, Chic, High Fashion, Al Jarreau,
Aretha Franklin...) et les choristes féminines (Cissy Houston, Lisa Fisher).
Un indispensable!

1985, date de sortie de cet œuvre, sera également une grande année pour le
tandem. C'est l'année du «Do You Really Love Your Baby» des Temptations,
co-écrit par Vandross et produit par Miller qui, là encore, nous gratifie
d'un superbe jeu de basse.


"Give me the reason" (Epic/Sony)
1986


Cinquième album sous son nom Luther Vandross. Bien que n'étant pas un
classique comme "Never too much" ou " "Forever, for always, for love", il
n'en reste pas moins un bon disque avec des titres inétressants comme
"Stop to love". Un mélange de ballades et de morceaux plus dancefloor et
même une reprise de Dionne Warwick. Un bon divertissement.


"Any love" (Epic/Sony)
1988


Cet album figure sur le podium des grandes œuvres de l'artiste. Là encore,
l'explication se trouve dans l'association Miller/Vandross, mais pas
uniquement. David Gamson (ancien membre de Scritti Politti et grand joueur
de claviers) a ici un rôle déterminant. On lui doit tout de même «Come
Back», le titre up-tempo le plus réussi de l'album. Vocalement, l'opus est
un chef d'œuvre. Banalité lorsqu'il s'agit de Luther mais c'est encore
plus vrai sur Any Love. "For You To Love", "Are You Gonna Love Me", "Any
Love", "I Wonder"... Il y a pléthore de grands titres. Vous avez ici la
dernière œuvre de l'artiste où l'acoustique l'emporte sur les machines, où
la production ne noie pas la simplicité de l'écriture et de
l'interprétation. "Any Love" marquera l'année 1988. Un grand, très grand
disque de Vandross.


"The best of Luther Vandross...The best of love" (Epic/Sony)
1989



Ce best of sera vendu à 3 millions d'exemplaires ! Un double album qui
permet de découvrir (ou redécouvrir) les plus grands hits de Luther au
cours de la décennie 80 (y compris à travers son passage dans le groupe
Change). On y trouve en outre deux inédits "Here and now" (qui sera 6ème
au Hot 100) et "Treat you". A noter qu'un volume 2 sortira en 1997,
intitulé "One night with you".


"Power Of Love" (Epic/Sony)
1991


Ici, le son est beaucoup plus synthétique. Mais la voix, ainsi que la
beauté des mélodies, restent inchangées : l'essentiel est toujours là ! Le
titre "Power Of Love/Love Power" en est la preuve. Le chanteur a même
l'idée géniale d'utiliser une chorale gospel pour appuyer son timbre de
voix unique: un grand moment. En pleine période new jack, genre très
urbain, il faut savoir s'adapter : Vandross réussit ce pari avec "The
Rush" et sa programmation très mécanique.
Hormis ces deux titres up-tempo, le reste de l'album est composé de
ballades. Le duo avec Martha Wash "I Who Have Nothing" (reprise d'une
chanson sortie en 1961), est un grand moment de plaisir et de prouesses
vocales.

Une fois encore, la crème des musiciens de studios entoure l'artiste :
Paul Jackson Jr. (guitariste de Los Angeles, incontournable dans les
années 70 et 80 dans les milieux jazz et funk), Hubert Eaves III (claviers
et programmations, grand musicien de New York et père de Hubert Eaves Jr
qui produira le fameux D-Train), Kirk Whalum (saxophoniste très prolifique
dans le jazz et le funk des années 80), Tawatha Agee (chanteuse de New
York, membre du groupe Mtume et déjà choriste pour D.Sanborn, Kashif, Al
Jarreau, BB&Q Band....) et les fidèles tels Marcus Miller, Fonzi Thornton,
Cissy Houston ou Kevin Owens.


"Never let me go" (Epic/Sony)
1993


Un album qui rayonne d'optimisme, et une fois de plus le travail de Luther
Vandross avec Marcus Miller en co-producteur fonctionne à merveille. Comme
sur chaque album, Vandross inclut un hommage à ses racines musicales, et
cette fois c'est un hômmage au Bee Gees

SITE OFFICIEL TU CLIK ICI

http://www.luthervandross.com/index2.html

Publié par JERONIMO59 à 18:46:35 dans NEWSCOLLECTION | Commentaires (0) |

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