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Au joyeux bordel

Parce que ranger, c'est un peu foutre le bordel dans son désordre

Phrase du jour | 08 janvier 2007

Patrick Devedjian, au sujet du voyage de Ségolène en Chine:


" Je n'ai jamais vu autant de journalistes accompagner quelqu'un qui part en vacances. "


On dira ce qu'on voudra, mais je persiste à croire que cet homme est un des comiques les plus talentueux de sa génération :)


Bien à vous,


Nico

Publié par bN à 20:15:36 dans Au joyeux bordel | Commentaires (1) |

Un yaourt à la framboise | 06 janvier 2007

Ce joli yaourt à la framboise posé devant toi. Sortant à l'instant du réfrigérateur, il est frais. Avant même d'avoir enfourné la première becquée, son parfum t'envahit et sa fraîcheur te saisit. Tu sens à l'avance ce délicieux liquide couler dans ta gorge, lentement, avant de se perdre dans ce ventre, qui, si le repas avait été un gâteau, n'attend plus que sa cerise. Visualisant soudain les livres et les feuilles volantes gisant sur ton bureau, tu décides de te concentrer sur cette première cuillerée. Instant magique, excitant. Moment de bonheur certain. Le temps s'est arrêté, et toi tu savoures.


" C'était quoi les gros titres, aux informations? "


Soubresaut, la cuillère fait un vol plané, une tâche du précieux liquide s'étale à côté de l'assiette.


" Euh.. Les ai pas vus... "


Mensonge ! Tu les a vu. Enfin, tu as surtout vu le premier reportage. La "une". LE gros titre, LA grosse info. Cette histoire de cannibalisme, dans la prison de Rouen. Tu a vu ces quelques images de la prison, l'interview de son directeur. Entendu le récit de cette nuit pas ordinaire, raconté sur des images d'archives inintéressantes, comme pour ne pas empêcher le téléspectateur de s'imaginer la scène. L'emploi exagéré de superlatifs eschatologiques (merci Marie), recours au hyperboles apocalyptiques. Et comme on a rien à dire, on se réfugie promptement dans la polémique. Dégoûtant, tu as vite éteint la télé.


Et voilà qu'on te demande ce qu'il y avait, justement, à ce foutu journal télévisé. La cuillère a repris sa place dans ta main, mais cette fois elle hésite. Epargne-leur cette histoire, ils sont en train de manger. Mais toi aussi tu es en train de manger. Nonchalamment, la cuillère a repris le chamin de ta bouche. Seulement, le coeur n'y est plus. Toi aussi, cette nouvelle t'a fait bondir de ton lit. C'était jeudi matin, et ce n'était que le début de l'affaire. Toi aussi tu t'es précipité pour en savoir plus, pour connaître les détails, pour répandre l'information. Toi aussi tu fais partie de cette masse populaire à qui l'on sert l'actualité comme on sert de la viande aux lions.


Et d'un coup, la cuillère plantée dans la bouche, tu les vois, ces millions de français, en train de mettre leurs cuillères dans leurs bouches, écoutant religieusement les commentaires horrifiés du journaliste. "C'est ignoble" prononceraient-ils, en terminant leur yaourt. "Comment cela est-ce possible?" se demanderaient-ils en épluchant leur clémentine. Puis il y aurait un nouveau silence. On rappellerait ces histoires de cannibalisme, remontant jusque dans les années 60 (parce qu'avant, pas d'image), ces histoires de fou, ces décérébrés mentaux. Puis la fin du reportage aurait été consacrée à Armin Meiwes, le fameux cannibale de Rotenburg. Enfin, la présentatrice aurait conclut sur un laconique "affaire à suivre"... Transition. On passe au sujet suivant. Et on mange la clémentine en se disant que, décidément, on vit dans un monde insensé.


Les gens sont vraiment cons. Du moins, on les prend pour des cons. Le drame, c'est que rien ne prouve que l'on se trompe...


Ce soir, je n'ai pas fini mon yaourt.


Nico

Publié par bN à 21:52:53 dans Au joyeux bordel | Commentaires (4) |

Saddam Hussein n'est peut-être pas mort | 02 janvier 2007



01/01/07 23:36
BAGDAD (AFP) - L'assassinat d'un journaliste relance la controverse


L'exécution de Saddam Hussein proclamée et diffusée par toutes les télévisions du monde depuis samedi matin ne serait qu'une immense supercherie, qui aurait permis à l'ancien dictateur -en réalité encore vivant- d'échapper à la mort, au nez et à la barbe de l'administration américaine, spectatrice impuissante de cette machinerie. C'était du moins la thèse défendue par Mohamed Slaoui, collaborateur du journal irakien Al-Mada, dès l'annonce de la mort du Raïs. Qualifié d'illuminé, dénigré même par son propre journal, il est mort dans l'explosion de sa voiture en début de soirée. Un assassinat qui, paradoxalement, donne du crédit à sa thèse si controversée.


Dès le début de semaine dernière, le journaliste confiait son scepticisme quant au résultat de la livraison de Saddam Hussein par les américains au gouvernement Irakien. "Comment [Hussein] peut-il être exécuté alors que nombre de ses proches gravitent encore autour du pouvoir et du gouvernement? [...] De plus, les Etats-Unis ont besoin de se débarrasser au plus vite de Saddam, et les dirigeants irakiens le savent bien. Il sera traité comme un roi, et servira comme moyen de pression sur l'administration Bush" expliquait Slaoui au journal suédois Expressen mardi 26 décembre.


C'est samedi dernier, 30 décembre, alors que l'exécution de Saddam Hussein est diffusée en boucle sur toutes les chaînes d'information, que la voix discordante de Slaoui se fait entendre. Se basant sur une information obtenue auprès d'un de ses informateur, "quelqu'un de très haut placé", il explique que l'ancien dictateur a été transféré en toute discrétion dans une prison secrète, située à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad. Drogué ou adulateur, l'homme exécuté dans la nuit de vendredi à samedi serait donc en réalité non pas Saddam Hussein mais... un de ces sosies dont le dictateur usait pour quadriller au mieux son territoire!


Pourquoi faire croire à la mort de Saddam? Parce que d'une part, il fallait respecter la décision du tribunal pénal irakien. Et parce que d'autre part les dirigeants irakiens ont compris combien les différents procès auxquels devait être soumis le Raïs pouvaient déranger. Laisser Saddam Hussein se défendre, c'était dévoiler un jour ou l'autre que les Etats-Unis -mais aussi la France- ont fermé les yeux sur nombre de massacres tout en s'efforçant de faire de l'Irak une puissance militaire de premier ordre au cours des années 80. Laisser Saddam Hussein se défendre, c'était aussi courir le risque qu'il dépasse les soixante-dix ans, âge au-delà duquel un condamné ne peut être exécuté en Irak. Un ancien dictateur vivant et en prison, autrement dit une bombe à retardement très gênante pour la communauté internationale. Or, à l'heure de la négociation de nombreux contrats pétroliers et des discussions concernant le retrait de l'armée américaine, il est bien utile pour les dirigeants irakiens de disposer d'un tel moyen de pression.


Si Saddam Hussein est effectivement encore en vie, alors l'administration Bush a du soucis à se faire.


N.I.

Publié par bN à 00:13:30 dans Au joyeux bordel | Commentaires (6) |

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