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Au joyeux bordel

Parce que ranger, c'est un peu foutre le bordel dans son désordre

Saddam Hussein n'est peut-être pas mort | 02 janvier 2007



01/01/07 23:36
BAGDAD (AFP) - L'assassinat d'un journaliste relance la controverse


L'exécution de Saddam Hussein proclamée et diffusée par toutes les télévisions du monde depuis samedi matin ne serait qu'une immense supercherie, qui aurait permis à l'ancien dictateur -en réalité encore vivant- d'échapper à la mort, au nez et à la barbe de l'administration américaine, spectatrice impuissante de cette machinerie. C'était du moins la thèse défendue par Mohamed Slaoui, collaborateur du journal irakien Al-Mada, dès l'annonce de la mort du Raïs. Qualifié d'illuminé, dénigré même par son propre journal, il est mort dans l'explosion de sa voiture en début de soirée. Un assassinat qui, paradoxalement, donne du crédit à sa thèse si controversée.


Dès le début de semaine dernière, le journaliste confiait son scepticisme quant au résultat de la livraison de Saddam Hussein par les américains au gouvernement Irakien. "Comment [Hussein] peut-il être exécuté alors que nombre de ses proches gravitent encore autour du pouvoir et du gouvernement? [...] De plus, les Etats-Unis ont besoin de se débarrasser au plus vite de Saddam, et les dirigeants irakiens le savent bien. Il sera traité comme un roi, et servira comme moyen de pression sur l'administration Bush" expliquait Slaoui au journal suédois Expressen mardi 26 décembre.


C'est samedi dernier, 30 décembre, alors que l'exécution de Saddam Hussein est diffusée en boucle sur toutes les chaînes d'information, que la voix discordante de Slaoui se fait entendre. Se basant sur une information obtenue auprès d'un de ses informateur, "quelqu'un de très haut placé", il explique que l'ancien dictateur a été transféré en toute discrétion dans une prison secrète, située à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad. Drogué ou adulateur, l'homme exécuté dans la nuit de vendredi à samedi serait donc en réalité non pas Saddam Hussein mais... un de ces sosies dont le dictateur usait pour quadriller au mieux son territoire!


Pourquoi faire croire à la mort de Saddam? Parce que d'une part, il fallait respecter la décision du tribunal pénal irakien. Et parce que d'autre part les dirigeants irakiens ont compris combien les différents procès auxquels devait être soumis le Raïs pouvaient déranger. Laisser Saddam Hussein se défendre, c'était dévoiler un jour ou l'autre que les Etats-Unis -mais aussi la France- ont fermé les yeux sur nombre de massacres tout en s'efforçant de faire de l'Irak une puissance militaire de premier ordre au cours des années 80. Laisser Saddam Hussein se défendre, c'était aussi courir le risque qu'il dépasse les soixante-dix ans, âge au-delà duquel un condamné ne peut être exécuté en Irak. Un ancien dictateur vivant et en prison, autrement dit une bombe à retardement très gênante pour la communauté internationale. Or, à l'heure de la négociation de nombreux contrats pétroliers et des discussions concernant le retrait de l'armée américaine, il est bien utile pour les dirigeants irakiens de disposer d'un tel moyen de pression.


Si Saddam Hussein est effectivement encore en vie, alors l'administration Bush a du soucis à se faire.


N.I.

Publié par bN à 00:13:30 dans Au joyeux bordel | Commentaires (6) |