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Ce que coûterait aux salariés la victoire de Sarkozy par Jean-Jacques Chavigné dans D&S | 23 février 2007

Ce que coûterait aux salariés la victoire de Sarkozy lundi 19 février 2007 par Jean-Jacques Chavigné dans D&S 

De nombreux économistes se sont penchés sur ce que le programme économique de Sarkozy coûterait à l'Etat et ont, heureusement, été amenés à souligner son invraisemblance et son absence de cohérence. Ils l'ont même « explosé en vol » jeudi 5 février ruinant toutes ses prétentions de sérieux. (cf. communiqué précédent) Mais, curieusement, personne ne semble s'intéresser à ce que coûterait la victoire de Sarkozy à 90 % des salariés, ceux qui gagnent moins de 2 200 euros par mois. A écouter Sarkozy, ces salariés ne pourraient qu'y gagner : il leur suffirait de travailler plus. Mais cette affirmation est en pleine contradiction avec la pratique du gouvernement auquel appartient Sarkozy.

 

Ce gouvernement, en effet, a fait passer le « contingent annuel autorisé » d'heures supplémentaires de 130 à 220 heures (et plus par « accord » selon la loi Fillon du 4 mai 2004, ce qui a donné 230 h dans la poissonnerie et 360 h dans la restauration). Or, c'est le dépassement de ce contingent annuel autorisé qui déclenche le paiement des heures supplémentaires avec une majoration de 100%. Auparavant, dès la 131ème heure supplémentaire, le paiement de chaque heure supplémentaire était majoré de 100%. Aujourd'hui, ce n'est qu'à la 221e heure (ou la 231e, la 361e...) qu'aura lieu cette augmentation. Cela revient à travailler plus pour gagner moins : l'inverse de ce qu'affirme Sarkozy qui n'a jamais annoncé qu'il reviendrait sur cette mesure.

 

De même c'est le gouvernement avec Sarkozy et Fillon qui a reporté la majoration des heures supplémentaires comprises entre 35 h et 39 h qui devait, par décision de la gauche, passer de 10% à 25% le 1er janvier 2005... Elles sont restées à 10% jusqu'au 1er janvier 2008 : 5 millions des salariés peuvent dire merci à Sarkozy-Fillon d'avoir continué a travailler plus en gagnant moins... Idem avec l'extension des forfaits jours, le rachat rendu possible à taux zéro des comptes « épargne-temps » et la déduction des temps de trajet professionnels du temps de travail effectif (loi Borloo de janvier 2005).

 

Mais au moins ces salariés verraient-ils leurs impôts diminuer ? C'est en tous les cas ce qu'affirme Sarkozy. Mais cela n'a rien à voir avec la réalité des propositions de Sarkozy et de l'Ump. Leurs priorités ne concernent pas les salariés puisqu'il s'agit de diminuer l'impôt sur les sociétés et l'impôt de solidarité sur la fortune (grâce au bouclier fiscal que Sarkozy veut porter à 50% du revenu et qui n'a qu'une seule véritable fonction : protéger ceux qui paient cet impôt).

 

Quand à l'impôt sur le revenu il suffit de constater à qui sa baisse a profité durant les gouvernements Raffarin et de Villepin (auxquels participait Sarkozy) pour comprendre que la très grande majorité des salariés ne sera pas concernée.

 

En 2002, 10% des contribuables avaient profité de la baisse moyenne de 5% ; en 2003, 4,5% des contribuables avaient profité de 56% de la baisse ; en 2004, 2,9% des contribuables avaient bénéficié de 45% de la baisse... Non seulement Sarkozy ne proposent pas de revenir sur ces mesures, mais il propose d'aller encore plus loin.

 

Il est par contre un autre impôt que Sarkozy s'est bien donné garde de chiffrer mais qu'il veut soumettre au débat « sans a priori idéologique » : la « Tva sociale ». Chacun sait, en effet, que Sarkozy n'a pas d'a priori idéologique... La droite, les néo-libéraux ont depuis longtemps étudié la question et veulent porter le taux de Tva de 19,6% à 23 ou 25%. Une hausse de 5 points de la Tva pour un salarié gagnant 2 200 euros par mois et dépensant la presque totalité de son salaire mensuel, cela représente une hausse du coût de la vie d'environ 100 euros chaque mois !

 

La privatisation d'Edf-Gdf, souhaitée par Sarkozy, aura, elle aussi, de graves répercussions sur le pouvoir d'achat des salariés.

 Dans tous les pays où le gaz et l'électricité ont été privatisés, les tarifs ont été multipliés par 2, 3 ou 4. Ce qui est logique puisque les actionnaires privés n'ont qu'une idée en tête : leurs dividendes. Les tarifs n'ont pas bougé en 2007 pour ne pas effrayer l'électeur. Mais si Sarkozy gagne, attention aux factures : chacun peut faire son calcul.

Si le prix du pétrole brut augmente : attention, là encore, à la facture à la pompe car la droite a supprimé la « flottaison » de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (Tipp) qui permettaient de diminuer cette taxe en proportion de l'augmentation du prix du brut. Et Sarkozy refuse d'y revenir.

 

Avec Sarkozy, la santé coûtera de plus en plus cher aux salariés.

 

Sarkozy et l'Ump proposent d'instaurer une franchise annuelle non remboursable de 50 à 100 euros sur les consommations de soin. Cela signifie que chaque année, les 50 ou 100 premiers euros que vous paierez à votre médecin ou votre pharmacien ne vous seront pas remboursés. Déjà que le forfait hospitalier a été élevé, que vous payez un euro par consultation, que nombre de médicaments ont été dé-remboursés...

 

La diminution du nombre de médicaments remboursés, l'augmentation du tarif des généralistes de 20 à 23 euros tout cela va dans le même sens.

 

Quant à la réforme de l'assurance maladie, elle est loin d'avoir produite tous ces effets les plus négatifs. Si Sarkozy l'emporte, il ne faudra pas attendre beaucoup pour voir toujours plus diminuer les soins remboursés par l'assurance obligatoire. En contre-partie, les tarifs des assurances complémentaires seront, en quelques années, multipliés par 1,5 ou 2. Là aussi, chacun peut faire son calcul.

 

Les salariés qui voudront faire grève pour compenser la baisse de leur pouvoir d'achat ne le pourront pas : les propositions de Sarkozy vident le droit de grève de son contenu et rendraient pratiquement impossible (comme au Royaume-Uni) le recours à ce droit qui ne serait plus qu'une coquille vide.

 Le « contrat de travail unique » que Sarkozy veut imposer en s'inspirant du Cne rendrait d'ailleurs encore plus difficile toute revendication salariale. La généralisation du Cne signifierait, en effet, la précarité généralisée, la possibilité pour tout salarié d'être licencié sans motif et sans indemnité à n'importe quel moment.

Les salariés qui partiront en retraite seront frappés de plein fouet par la loi Fillon qui allongera d'au moins un trimestre par an (et sans doute de deux) la durée de cotisation nécessaire à l'obtention d'une retraite à taux plein à partir de 2009.

 

Quand on sait que la moyenne d'une carrière dans le secteur privé est de 37 ans, il n'est pas difficile de comprendre ce que le droit à la retraite à 60 ans signifiera pour nombre de salariés des retraites dont le montant sera en chute libre. Or Sarkozy ne propose pas d'abroger cette loi. N'était-il pas, d'ailleurs - même s'il essaie de se faire passer pour un homme neuf - membre du gouvernement Raffarin qui l'a soumise au Parlement !

 

L'accroissement du chômage produit par la politique de Sarkozy irait dans le même sens et pèserait encore plus lourd qu'aujourd'hui sur les salaires. La diminution du pouvoir d'achat salarial programmé par la droite alors qu'il faudrait relancer la consommation pour relancer la croissance, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la volonté de faire travailler les salariés âgés aux dépens de tous les jeunes qui cherchent un travail : tout va dans le même sens, celui de l'augmentation du chômage.

 

Quant à la régression du service public programmée par la droite et Sarkozy, elle se traduira forcément par une montée des inégalités face à la santé, à l'éducation, aux transports, à la culture, à la poste, aux télécommunications... qui touchera en priorité ceux dont les revenus sont les moins élevés.

 Voilà un « chiffrage » effectué d'un point de vue qui n'intéresse en rien Sarkozy ni ses « experts » des grands médias. Un chiffrage qui n'a rien a voir non plus avec les autres « chiffrages » du candidat ridiculement « effondrés », « explosés en vol » ces jours derniers par ses propres amis Fillon, Méhaignerie, Lambert, etc. 

Publié par segolene57 à 21:35:32 dans A lire, à voir | Commentaires (0) |

Ségolène Royal à Metz | 23 février 2007

 Ségolène Royal à Metz

 

le 11 Avril 2007

 

 

Publié par segolene57 à 20:43:22 dans A lire, à voir | Commentaires (4) |

"La République, une nécessité pour la démocratie" | 21 février 2007

Cet article est la synthèse d'un des chapitres de "Mémento du Républicain" (Ed. Mille et unes nuits, 2006, 108 pages), ouvrage collectif réalisé par André Bellon, Inès Fauconnier, Jérémy Mercier et Henri Pena-Ruiz.
 
C'est intéressant ; ça plait ou ça ne plait pas. Tout se discute. Pour plus de détails sur cet ouvrage, je vous invite à taper sur le lien suivant : http://www.communautarisme.net/Un-Memento-du-republicain-pour-reaffirmer-les-principes-,-resister-aux-attaques-et-repondre-a-la-crise-_a784.html
 
L'Observatoire du Communautarisme est un observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme (http://www.communautarisme.net/)

 
 
 
Si la démocratie fait du peuple le fondement du pouvoir, elle n'en indique pas vraiment le rôle. La République, dont la finalité est la recherche du bien commun, fixe quant à elle, une référence qui va plus loin que la démocratie.

Les crises que rencontre la démocratie (institutions, représentativité, principe d'égalité, universalité, libertés publiques...) trouvent leur origine dans le délitement de la "communauté politique" dans laquelle le citoyen recherche l'intérêt général. Le peuple n'est plus alors qu'un "agrégat de particularismes et d'individus différant par les circonstances, la naissance, l'origine socioprofessionnelle". La crise des banlieues a pleinement montré cette absence de liant social.

Tout comme pour la République, la
souveraineté, l'égalité et la liberté
sont les principes fondamentaux de la démocratie. Mais ce qui différencie la démocratie de la République, c'est que la première favorise la diversité alors que la seconde recherche l'unité. "La démocratie accorde une place spécifique aux particularismes qui composent une société car elle considère l'individu en fonction de ses intérêts particuliers, voire locaux. A l'inverse, la République recherche en permanence l'intérêt commun au-delà de ces particularismes."

Démocratie République
Ce qui est bon pour l'individu est bon pour ses semblables ou ceux de sa communauté. Ce qui est bon pour l'ensemble des citoyens est bon pour chacun d'entre eux.
Primauté de l'individu comme être isolé. L'individu, en outre, est transcendé en citoyen lorsqu'il est dans l'espace publique.
Priorité au domaine privé. Séparation du domaine public et du domaine privé.
Mise en avant de l'individualisme avec le risque du communautarisme et de replis identitaires générateurs de conflit. Mise en avant de l'intérêt général "sans étouffer" les intérêts particuliers. La diversité culturelle, protégée et garantie, peut s'exprimer dans la sphère publique.
Le citoyen est prisonnier des particularismes et/ou des communautarismes. Le citoyen a les moyens de s'émanciper des particularismes.

Les attaques contre l'intérêt général (privatisation des services publics) qui sont aujourd'hui fondées sur des doctrines économiques (comme la liberté du marché) se heurtent aux principes de la République, mais s'accommodent très bien de la démocratie. L'école, le seul endroit libre pour l'émancipation de l'individu, est en crise par manque de moyens, ce qui met en danger la République. "La mode est aujourd'hui à la dévalorisation des enjeux collectifs, de l'intérêt public ou commun au profit de la valorisation débridée de la sphère privée, perçue comme un bunker des libertés."

C'est dans la Constitution, qui fait la République française "indivisible, laïque, démocratique et sociale", que sont complétées, au profit de l'intérêt général, les lacunes structurelles de la démocratie. La République essaie de donner à tous les individus les mêmes chances de réussite car l'intérêt général contribue, au bout du compte, à l'intérêt particulier, ce que ne permet pas l'inverse.

"La démocratie est un commencement dont la République est l'aboutissement toujours inachevé."

Publié par segolene57 à 18:48:24 dans A lire, à voir | Commentaires (0) |

Le 8 mars est célébrée la Journée internationale des Femmes (source : Wikipédia) | 21 février 2007

Le 8 mars est célébrée la Journée internationale des Femmes.

Cette journée trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant des meilleures conditions de travail et le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations unies en 1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.

C'est une journée de manifestations à travers le monde : l'occasion de revendiquer l'égalité, et de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la situation des femmes, fêter les victoires et les avancées.

Historique

Au début du XXe siècle, des femmes de tous pays s'unissent pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote. La création d'une « Journée internationale des femmes » a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s'inscrivait alors dans une perspective révolutionnaire. Dès 1911, des manifestations sont organisées en Autriche-Hongrie, Danemark, Suisse, Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays-Bas, en Russie et en Suède.
La date n'est tout d'abord pas fixe, et ce n'est qu'à partir de
1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met définitivement en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.

Une légende veut que l'origine du 8 mars remonte à une manifestation d'ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n'a en réalité jamais eu lieu ! Par contre l'origine de cette journée s'ancre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l'égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l'Europe, au début du XXe siècle.

La Journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations unies en 1977, et en France en 1982.

Quelques dates

Liens externes

Publié par segolene57 à 18:05:40 dans Segolene57 | Commentaires (0) |

La candidate a réussi son examen par Robert Schneider | 19 février 2007

Un article publié sur le site Internet de Challenges (http://www.challenges.fr) : la candidate a réussi son examen (écrit par Robert Schneider, Journaliste au Nouvel Observateur (il dispose aussi d'un blog http://robertschneider.blogs.nouvelobs.com/).

   

La candidate a réussi son examen par Robert Schneider


Politique: Malgré les pressions, Ségolène Royal a maintenu son calendrier et ses propositions iconoclastes. Et acquis une stature présidentielle.


Une bonne partie du discours fleuve de Ségolène Royal, le 11 février à Villepinte, était, mais oui, d'inspiration blairiste. Commencer la présentation de son « pacte présidentiel » sur lequel elle jouait si gros par le caractère « insoutenable » de la dette ; insister sur l'importance de la réconciliation avec l'entreprise créatrice d'emplois et, en particulier, avec les patrons de PME ; s'appuyer sur les valeurs de la famille et du travail pour restructurer la société ; plaider pour l'amaigrissement de l'Etat et pour une décentralisation poussée, qu'est-ce donc sinon du blairisme bien compris ?
C'est cela qui frappe le plus chez Ségolène Royal : elle n'a rien cédé, rien renié. Elle a repris toutes ses idées du printemps 2006, même les plus iconoclastes, celles qui avaient provoqué la polémique au sein de son propre parti, mais qui avaient séduit une majorité de militants, de sympathisants socialistes et de Français. Notamment, l'aménagement de la carte scolaire pour faciliter la mixité, les jurys citoyens pour évaluer les politiques, et même l'encadrement militaire pour certains jeunes délinquants. Les modernistes s'en réjouiront.




Discours volontariste

Mais elle a aussi tenu, comme elle le fait depuis plus d'un an, un discours de gauche, volontariste, en matière sociale : droit à l'emploi, pouvoir d'achat garanti, sécurité du logement, lutte contre les inégalités criantes, sécurité sociale professionnelle. Et même – la gauche du PS s'y retrouvera – le smic à 1 500 euros. Ségolène Royal présente ce savant mélange entre le projet socialiste et ses propres idées comme une réponse aux « cahiers d'espérance » des Français. Force est de constater que ces attentes correspondent souvent aux solutions qu'elle préconisait avant les débats participatifs. Comme si les doléances citoyennes étaient la simple validation de ses propres idées.
Ségolène Royal avait réussi à triompher des éléphants qui ne la ménageaient pas sans les attaquer, en s'appuyant sur un petit groupe de fidèles et en prenant ses distances avec la bible socialiste. Une fois désignée, elle a continué dans le même registre. Face au rouleau compresseur de l'UMP et de Sarkozy, elle a donné le sentiment de ne pas être prête. Si elle restait si longtemps à l'écoute des Français, n'était-ce pas qu'elle n'avait rien à dire ? Et si elle ne répondait pas aux attaques de la garde rapprochée de Sarkozy, n'était-ce pas qu'elle ne faisait pas le poids pour un tel duel ?


Parenthèse mobilisatrice

Elle a compris – il était temps ! – qu'une campagne présidentielle obéit à des règles dont il est difficile de s'affranchir. Avant de présenter ses 100 propositions, qui s'adressent à tous les Français – ceux qui réussissent comme ceux qui décrochent –, elle s'était adressée à son camp, le 6 février. C'est une vieille règle que lui a apprise François Mitterrand, et que Lionel Jospin a oubliée en 2002 : d'abord, rassembler les siens, réactiver le clivage droite-gauche, cogner l'adversaire, quitte à caricaturer ses propos. D'où, pour la première fois ce soir-là, les attaques frontales contre Sarkozy, qui « s'arroge le monopole de la nation » ; contre la droite française qui se « bushise » ; contre les « conglomérats de la finance et des médias » ; contre « l'argent facile et rapace » qui « ruine l'image de la réussite, démoralise le travail et discrédite l'entreprise » . Réquisitoire manichéen qui a provoqué de vives réactions des milieux patronaux et laissé croire à un virage « à gauche toute ». Mais il était indispensable, aux yeux de Ségolène Royal, pour remobiliser les classes populaires et les classes moyennes qui sont le principal enjeu de l'élection. C'était d'autant plus urgent pour Ségolène Royal que Sarkozy a chaussé les bottes de Chirac 95, celui de la « fracture sociale », pour séduire ces électeurs traditionnellement plutôt attirés par la gauche.


Mère de la nation


En tenant bon sur son calendrier, alors qu'on la pressait d'accélérer, la candidate socialiste a pris un énorme risque. La pression et l'attente étaient telles qu'une prestation jugée moyenne aurait pu l'entraîner sur le toboggan. Elle a, au contraire, rassuré ses supporters. A-t-elle convaincu une majorité de Français ? Les sondages le diront. Sans doute les électeurs attendront-ils pour juger qu'elle chiffre ses propositions. Tout comme Sarkozy, elle s'en est bien gardée ! Peut-être n'était-ce ni le moment ni le lieu. Il n'empêche, ses mesures seront d'autant plus crédibles qu'elle aura expliqué comment les financer.

Ségolène Royal, en tout cas, a montré qu'elle avait des nerfs, qu'elle savait répondre présent dans les grandes occasions. A Villepinte, elle a enterré Bécassine. Elle a même donné naissance à un nouveau personnage : la mère de la nation, celle qui protège les Français les plus démunis, notamment les jeunes des quartiers. Si la dimension présidentielle se juge à la force intérieure, à la confiance en soi, à la détermination et à la faculté de rester maître de son calendrier, alors Ségolène Royal la possède, incontestablement.

Publié par segolene57 à 18:16:13 dans Segolene57 | Commentaires (1) |

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