<< Déplacement de Ségolène Royal au Luxembourg : pour un nouveau référendum en 2009 | La Dissociété - Jacques Généreux - ouvrage paru en Novembre 2006 - Commentaire de J.J. Chavigné | Du mouvement socialécologie >>
Dans son dernier livre " La Dissociété " (Seuil), Jacques Généreux analyse tout d'abord, le risque majeur que fait courir le néo-libéralisme à l'humanité, celui de " faire basculer les sociétés développées dans l'inhumanité de " dissociétés ", peuplées d'individus dressés (dans tous les sens du terme) les uns contre les autres ".
Il condamne comme fausse l'idée que les gouvernements nationaux aient été involontairement dépassés par " l'élargissement de l'espace et du pouvoir de l'économie mondiale ".
Il considère qu'il leur ait toujours possible de ressaisir la barre et que la guerre économique n'est pas une fatalité. Pour lui, " la politique ne s'est pas retirée ", simplement, elle façonne le monde dans le sens des intérêts du capital financier. Il ne s'agit donc pas de replacer l'économie sous le contrôle de la politique mais de " la remettre au service du bien commun ".
Jacques Généreux souligne que l'écart de performance entre les Etats-Unis et l'Europe tient au fait que l'Union européenne se prive d'utiliser les outils politiques de la croissance (droits de douanes, déficits publics, relance de l'investissement...) alors que les Etats-Unis, tout en assurant du contraire, ne s'en privent jamais. Enfin, il règle leur compte aux politiques sécuritaires et affirme : " Quand une société troque la sécurité sociale pour la sécurité tout court, elle prend en réalité le chemin de l'insécurité générale ".
Jacques Généreux, propose, dans la dernière partie de son ouvrage, une " refondation anthropologique du discours politique et économique ". Il appuie ses propositions sur des découvertes scientifiques de l'éthologie, de la théorie de l'évolution, du cerveau humain comme cerveau social. Ces découverts confirment son intuition et son analyse selon lesquelles " l'humanité est mue par deux aspirations en interaction permanente : désir de libération et désir de socialisation, le désir d'être soi et le désir d'être avec ".
C'est sur cette analyse (même si elle se situe après, dans le plan de son ouvrage) que Jacques Généreux s'appuiera pour faire une critique extrêmement détaillée de la théorie néo-libérale et répondre à la question : "Pourquoi et comment des millions d'individus persuadés que la coopération solidaire est cent fois préférable à la compétition solitaire restent-ils impuissants à refonder sur elle leur système économique et politique " ?
Il complète cette critique par la critique de deux autres types de société. En effet, les deux aspirations humaines qu'il a mises en évidence lui permettent de distinguer trois types de sociétés qui entravent l'épanouissement de l'individu.
La première, " dont l'archétype est la société de marché néolibérale " réprime " le désir d'être avec". La seconde est l' hyper-société" du système collectiviste ou communiste qui, au nom de la société, étouffe " le désir d'être soi ". La troisième est la société totalitaire qui réprime les deux aspirations.
Publié par segolene57 à 18:38:59 dans A lire, à voir | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis le 19-04-2006 :
170259 visiteurs
Depuis le début du mois :
5045 visiteurs
Billets :
160 billets