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"POURVU QU'IL N'ARRIVE RIEN À M. ZEMMOUR"
Me voilà placardé un peu partout sur le Net et dans quelques journaux comme "le rappeur qui menace violemment Zemmour" ou encore "le rappeur qui a mis un contrat sur Eric Zemmour" ou, comme je l'écrivais au début de ce papier pour mieux vous situer, "le rappeur qui veut faire tuer Eric Zemmour".
Tout ça n'est pas très gai. En même temps, ma chanson ne l'est pas non plus, donc je peux le comprendre. Mais tout de même, l'ambiguïté cède la place aux interprétations les plus louches. Dans la confusion générale, certaines équivoques ouvrent la piste d'un contrat criminel sur le chroniqueur de "On n'est pas couché" sur France2.
Je me retrouve à me soucier du sort quotidien de M. Zemmour. Pourvu qu'il ne lui arrive rien car, sinon, des milliers de paires d'yeux se fixeraient dans ma direction. Assimiler un rappeur à un agitateur dangereux n'est pas un fait très original. Dans les mass médias, ça pourrait presque faire office de marronnier, comme la rentrée scolaire, le beaujolais nouveau ou le passage à l'heure d'été, tellement les précédents sont nombreux.
Il y avait déjà eu le scandale NTM. Le groupe avait été condamné pour "propos outrageants" envers les forces de l'ordre lors d'un concert en 1995. Plus tard, il y aura le procès Sniper (poursuivi en 2004 par le ministère de l'intérieur, Nicolas Sarkozy en tête), mais aussi le tapage MonsieurR (accusé d'incitation à la haine et de sexisme par le député UMP François Grosdidier en novembre2005). Tous ont été relaxés. Et à l'ombre de toutes ces "affaires" sulfureuses et racoleuses, on oublie l'acharnement judiciaire contre Hamé du groupe La Rumeur, accusé de diffamation publique envers la police nationale pour un article dénonçant la brutalité policière. Mais ses descriptions étaient tellement avérées que le parquet lui-même a reconnu que, "replacés dans leur contexte, ces propos ne constituent qu'une critique des comportements abusifs, susceptibles d'être reprochés sur les cinquante dernières années aux forces de polices à l'occasion d'événements pris dans leur globalité". Il a été relaxé à plusieurs reprises lors des différentes instances du procès, mais l'Etat envisage depuis l'année dernière de se pourvoir en cassation une seconde fois (!) pour le faire condamner enfin. Pour une affaire de ce type, c'est du jamais-vu dans l'histoire contemporaine de la justice française. Quel acharnement, quelle usure ! Qui en parle ? Pourtant, cette fois-ci, nous sommes bien dans la réalité.
DANS L'OMBRE, ON FAIT TOUJOURS DE LA MUSIQUE
J'ai eu l'occasion de m'expliquer sur le sens de mes mots, ceux d'A force de le dire, dans le journal Le Parisien. Puisque ça paraissait nécessaire. Eric Zemmour est journaliste et polémiste, je suis auteur et interprète. Il n'a jamais tué personne. Moi non plus. Nous sommes tous les deux des hommes de paroles. Une quelconque divergence de point de vue qui nous opposerait relèverait forcément du débat d'idée, de la discussion. Le faire taire? Il faut l'entendre dans le sens le plus élémentaire: le remettre à sa place, le mettre face à ses contradictions. Après tout, n'est-ce pas le sens même des lois sur les discriminations que de faire taire et de réprimer des propos qui peuvent s'avérer racistes ou "excluant"? Sa posture de journaliste lui confère un devoir de pertinence dont il doit prendre toute la mesure à l'occasion de chacune de ses déclarations.
Faire taire Eric Zemmour ? Effectivement. Il n'y a rien d'autre à entendre ou à comprendre ? A moins de s'imaginer que j'ai assez d'influence pour le faire assassiner ou que je suis disposé à le faire. Nous venons de quitter la réalité tangible. Revoilà le fantôme.
Le fantasme d'un rappeur-gangster-tueur. Ce que je suis censé être. Et c'est là que je déçois tout le monde. La réalité est beaucoup moins fantasque. Je ne suis ni un Che Guevara, ni un Jacques Mesrine, ni même le personnage haut en couleur d'un film de Lautner pour intenter à sa vie. Désolé pour ma mauvaise interprétation du personnage. Vous avez vu un fantôme. Ce n'était que moi.
Il n'y a plus rien à signaler. L'accalmie médiatique est là. Le buzz se dégonfle. Remplacé immédiatement par l'ouragan politique autour du rappeur Orelsan. Ministres et députés ont subitement décrété l'état d'urgence pour un clip vieux de trois ans qui met en scène la déprime pathétique et trash d'un petit ami trompé. L'affaire est encore plus tapageuse, donc encore plus intéressante, confiera le membre d'un organe de presse à l'un de mes collaborateurs.
J'irai donc rendre des comptes devant les autorités compétentes. Devant la justice pour la première fois de ma vie. Pour la dernière fois, j'espère. J'irai avec mes points de vue, mes critiques, le poids de mes paroles. Leur virulence aussi. Je l'assume. Je suis un rappeur. Pas un fantôme. Dans l'ombre, on fait toujours de la musique, on défend nos convictions, on danse, on dénonce, on organise, on vend des disques, on doute, on entreprend et il nous arrive même d'être des gens bien. Arrêtez de croire aux fantômes.
Publié par karimamellal à 10:40:09 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
J'étais hier soir au théâtre Victor Hugo de Bagneux pour assister à une pièce de théâtre intitulée "Mektoub Cyrnao" et participer, juste après, à une conférence-débat sur l'identité nationale.
La pièce, écrite par Aziz Hellal et interprétée par une troupe de jeunes comédiens, fut passionannte. Elle aborde avec subtilité et humour des sujets graves et complexes tels que les discriminations, l'égalité des chances, l'identité, etc.
PLus d'informations sur : http://www.kamaatprod.com/
Publié par karimamellal à 09:52:01 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
[ 19/03/09 ]
Pour la première fois, la France pourrait autoriser les statistiques ethniques, jusqu'ici jugées contraires au pacte républicain. Un tournant qui divise l'opinion publique. Une majorité de l'opinion estime que c'est à l'école de jouer son rôle de creuset naturel de la lutte contre les préjugés racistes. Elle plébiscite donc la pédagogie, par préférence à « l'ethnicisation » des statistiques. C'est l'enseignement tiré du sondage CSA-UEJF-SOS Racisme publié dimanche dernier dans « Le Parisien ». D'après ce dernier, une majorité de Français (55 %) ne jugent « pas efficace » la mise en place de statistiques ethniques pour lutter contre le racisme, l'antisémitisme ou les discriminations.
Et se placent dans la droite ligne de l'article 8 de la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés du 6 janvier 1978 (amendée en 2004) qui interdit la collecte et le traitement de « données sensibles », en particulier l'origine raciale ou ethnique. Le président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), Louis Schweitzer, hostile au « concept de communauté » et à celui des quotas (sauf dans le cas du handicap et de l'égalité entre hommes et femmes), va lui aussi dans ce sens. Il publie, cette semaine, un ouvrage sur « Les Discriminations en France » (éditions Robert Laffont), dans lequel il réaffirme son refus de voir la France découpée en « catégories ethno-raciales ». Un contraste avec le monde de l'entreprise, régulièrement poussé à ouvrir le débat sur le décompte ethnique des salariés et, depuis le début de cette année, l'expérimentation élargie du CV anonyme (lire « Les Echos » du 11 février).
Publié par karimamellal à 21:44:07 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
Ce dispositif permettra de mesurer l'ampleur des discriminations et l'efficacité des politiques publiques.
Dans le monde de l'entreprise, disposer d'outils statistiques est primordial. C'est ainsi que les entreprises pourront par exemple inscrire dans leur bilan les actions qu'elles développent en faveur de la diversité ainsi que les résultats obtenus en termes de recrutement et de progression de carrière des femmes, des minorités visibles, des handicapés... Pour donner sens à l'accord interprofessionnel sur la diversité conclu en 2006, il faut y ajouter des obligations clairement définies.
On ne peut pas reprocher aux individus leur absence de conscience civique lorsque la société les exclut de la vie publique. Cela prendra du temps et ne se fera pas spontanément. Mais en politique, on ne peut pas tomber dans une logique de quotas. Ce serait un aveu d'échec, qui signifierait que nous n'avons pas la capacité de refléter spontanément dans notre vie publique la réalité de la société. Les partis doivent enfin s'emparer de cet enjeu. Pour avancer, il faudra peut-être en passer par l'incitation financière. Je proposerai une charte que les partis devront transcrire dans leurs statuts.
Parallèlement, il faut rendre moins discriminants les concours aux grandes écoles, en pondérant différemment la culture générale et le français. Il faut être beaucoup plus démocratique à l'entrée des grandes écoles, et probablement plus sélectif à la sortie. La sélection ne peut pas conduire à la rareté et à l'exclusion.
Publié par karimamellal à 13:07:13 dans Analyses | Commentaires (1) | Permaliens
Dans une note que vient de publier l'institut Montaigne, le sociologue Eric Keslassy analyse - et mesure - de façon très intéressante la diversité (entendue ici sur le plan culturel, soit les Français d'origine étrangère) dans le monde politique.
En voici un compte-rendu et les principales propositions :
- Selon un sondage réalisé en décembre 2008 par le CSA pour l'Institut Montaigne, une majorité de Français (57%) considèrent qu'il n'y a pas assez d'élus issus de la diversité au Parlement. La sous-représentation des « minorités » dans le champ politique est donc clairement constatée par l'opinion.
- Selon le même sondage, une forte majorité de personnes interrogées (85%) se déclarent personnellement prêtes à voter pour un(e) candidat(e) issu(e) de la « diversité, mais dans le même temps, à 58%, pensent que les Français n'y sont pas prêts. Comme le relève Keslassy, il y a donc un fort décalage entre les intentions individuelles et la perception de la volonté collective.
- Le parlement est le temple de la sous-représentation des minorités visibles : sur 555 élus de la métropole, trois députés sont donc issus des minorités visibles, soit 0,54 %. Au Sénat, sur les 305 sièges de la métropole, 4 sont occupées par des représentants « issus de la diversité », soit une proportion de 1,31%. Assemblée nationale et Sénat confondus, 0,81% des parlementaires sont issus des minorités « visibles ». Ce chiffre terrible traduit leur sous-représentation manifeste et, au-delà, le décalage encore persistant entre les principes proclamés et la réalité constatée.
- C'est au niveau municipal que la progression des Français d'origine étrangère est la plus forte, mais elle reste relative : sur le plan quantitatif, il y a dans les 10 plus grandes villes de France entre 4,91% (Bordeaux) et 13,81% (à Strasbourg) d' « élus de la diversité ». Notons qu'à Paris, seuls 6,1% des élus sont issus de la diversité tandis qu'à Marseille ils ne sont que 5,94%. Néanmoins, si la proportion d'élus aux conseils municipaux des grandes villes a progressé lors des municipales de 2008, force est de constater que cela est essentiellement du au scrutin de liste et que sur ces listes les élus issus de la diversité occupent souvent les dernières places (au-delà de la 10ème place).
- Sur le plan international, Keslassy observe que « les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, l'Angleterre28 parviennent à une représentation politique « convenable » des minorités à l'échelon national (cela se vérifie encore davantage au niveau local pour les deux pays). En revanche, les parlements de l'Italie et de l'Espagne sont quasiment monocolores. En Allemagne, la minorité turque trouve, lentement mais sûrement, sa place en politique : 5 députés d'origine turque ont été élus lors des dernières élections législatives fédérales (septembre 2005). Et il faut ajouter que Cem Ozdémir l'un des premiers députés d'origine turque à être entré au Bundestag vient d'être élu co-président du parti vert en Allemagne (avec 80 % des voix). »KA
Publié par karimamellal à 18:23:34 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
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