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Bonjour à tous,
Tout d'abord, bonne rentrée !!
Je voudrais ensuite remercier toutes celles et tous ceux qui ont visité mon blog et qui l'ont enrichi de leurs remarques, critiques, observations. Celles-ci, positives ou négatives, sont toujours les bienvenues et j'invite tous les internautes à surtout ne pas se retenir pour me donner leurs avis, conseils, etc.
Car l'intérêt de ce blog n'est bien sûr pas seulement de donner quelques informations sur mon travail, il est aussi de COMMUNIQUER ! Et j'ai bien conscience que, sur ce plan-là, mon blog est un peu râté... Je profite donc de cette occasion pour vous dire que je vais tâcher d'améliorer tout ça : livrer plus d'analyses, dialoguer davantage avec les internautes, abonder plus régulièrement ce blog, etc.
A bientôt donc, et encore merci à tous,
Karim Amellal
Publié par karimamellal à 12:29:11 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Une musulmane reçue sous la Coupole est un signe à ceux qui veulent assumer leur double appartenance.
par Karim AMELLAL
QUOTIDIEN : vendredi 30 juin 2006
Karim Amellal est maître de conférences à Sciences-Po
Après son élection en juin 2005, la toute récente réception de la romancière et dramaturge algérienne Assia Djebar à l'Académie française est une merveilleuse nouvelle dont nous tous, Français et Maghrébins, devons nous réjouir en des temps marqués par la distance, les crispations et la méfiance réciproques.
C'est une merveilleuse nouvelle pour la France et les Français, d'abord, qui honorent leur tradition libérale et intellectuelle, dans le sillage de 1789, en accueillant une grande dame des lettres et une militante, une combattante acharnée de l'émancipation des femmes. C'est une merveilleuse nouvelle pour les Maghrébins, ensuite, qui voient saluée une vaste partie de leur littérature et, au-delà, tous les écrivains, journalistes, enseignants francophones dont la lutte s'est avérée décisive dans des pays où la liberté de penser et d'écrire s'acquiert parfois au prix de la vie. C'est une merveilleuse nouvelle pour l'Académie, enfin, qui trouve là un nouvel élan et, disons-le, une nouvelle jeunesse, en poursuivant son ouverture aux femmes et aux écrivains étrangers francophones.
Pour tous les Français issus de l'immigration, la puissance du symbole ne peut passer inaperçue. Elle donne de nouveaux espoirs et ouvre de gigantesques perspectives. La présence d'une femme, d'une Algérienne, d'une musulmane, sous la coupole est un signe envoyé à tous ceux qui désespèrent de pouvoir assumer librement leur double appartenance, leur double culture, leur double identité, d'ici et d'ailleurs, de France et du Maghreb, d'Europe et d'Afrique.
La reconnaissance désormais incontestable de la littérature maghrébine d'expression française, dont Assia Djebar porte haut, avec bien d'autres, l'étendard historique, souvent taché de sang, est un pas supplémentaire en faveur du rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée. Depuis les indépendances, combien d'écrivains et d'intellectuels ont milité dans cet esprit, et combien ont été enterrés sous la poussière de l'ignorance ou, pire, de l'indifférence ? Pensons par exemple, pour mémoire, à ces grandioses écrivains, poètes et dramaturges que furent Jean Sénac, Kateb Yacine, Tahar Djaout ou encore Rachid Mimouni.
Avec Assia Djebar, les plumes de lance de la littérature maghrébine francophone sont nombreuses et respectées, désormais. Parmi les plus célèbres, Tahar ben Jelloun, Abdelwahab Meddeb, Abdellatif Laâbi, Boualem Sansal, Fatima Mernissi, Yasmina Khadra, Rachid Boudjedra, Tahar Nekri, Driss Chraïbi, Albert Memmi poursuivent le même combat : rapprocher les cultures et mettre l'Autre en lumière par-delà toutes les obscurités.
Pour les jeunes issus de l'immigration, ceux des «quartiers» ou d'ailleurs, cette littérature est essentielle. Elle contribue à la réappropriation raisonnée du pays d'origine et à l'acceptation positive de la double culture, laquelle est une richesse collective et un moteur individuel. Reste cependant à la promouvoir davantage, dans les manuels scolaires notamment. Car cette littérature n'est pas étrangère. Elle est aussi nôtre.
Dans son discours de réception à l'Académie, Assia Djebar reprit à son compte l'expression de Diderot dans sa Lettre sur les sourds et muets, «Il faut être à la fois au-dehors et au-dedans», pour faire l'éloge de son prédécesseur Georges Vedel. Sans doute cette expression pourrait-elle trouver un écho encore plus ample parmi tous ceux qui s'acharnent à défendre les vertus de la diversité culturelle : on saisit bien mieux le monde à travers l'expérience et l'intelligence de l'altérité.
Dernier ouvrage paru : Cités à comparaître, Stock, 2006.
Publié par karimamellal à 09:39:08 dans Tribunes publiées | Commentaires (1) | Permaliens
A propos de mes ouvrages Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités (Flammarion) et Cités à comparaître (Stock) :
- France Culture : Minuit/Dix, mercredi 20 septembre 2006, 93.5
- RFI, L'école des savoirs : http://www.rfi.fr/radiofr/editions/072/edition_19_20060821.asp
- Nouvel Observateur, article d'Elsa Vigoureux sur Cités à comparaître, semaine du 28 juillet
- Bloomberg, interview sur l'étude de l'INED parue dans Population et Société (Juillet-Août 2006) : http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601085&sid=aaGr9AjWrZOA&refer=europe
- Article de Florence Besson sur les minorités visibles dans Elle du 17 juin
- Quotidien La Croix du 16 juin (interview sur la représentation des minorités dans les parlements nationaux en Europe)
- Magazine POLITIS (semaine du 8 juin) : article de Olivier Doubre consacré à Discriminez-moi !
- Africa N°1, 22 juin, 11h-midi
- Interview El Watan, lundi 29 mai
- Invité de "La Matinale", Direct 8, Samedi 20 mai, 8h - 9h
- Beur FM, invité de Philippe Robichon, Samedi 20 mai, 10h - 11h
- Jeune Afrique (semaine du 8 mai)
- sur Radio Orient le 26 avril à 13h30 dans l'émission "Parenthèses"
- sur Berbère TV le 3 mai à 20h dans l'émission "Awal"
Publié par karimamellal à 18:46:23 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (0) | Permaliens
La fermeté de Ségolène, avancée relative ou échec programmé ?
On entend comme un bruit de bottes et un air martial au PS ! Ca ne lui ressemble pas et, d’après les sondages, cela plait ! Car traditionnellement, le parti socialiste apparaît peu enclin à s’exprimer sur ce thème fondamental de la sécurité. Hormis Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant, les deux ministres de l’Intérieur successifs du gouvernement de Lionel Jospin, rares furent ceux qui osèrent défendre avec quelque conviction le « droit à la sécurité », autrement dit davantage de fermeté face à la délinquance et l’articulation d’une politique de prévention à une politique de répression.
Ségolène Royal, ces temps-ci, tente donc de s’inscrire dans cette lignée en s’appropriant, tout à fait légitimement du reste, un thème cher aux Français et largement abandonné aux partis de droite et d’extrême-droite : la sécurité. Cela appelle plusieurs remarques.
D’abord, dans une optique présidentielle, il n’est pas illogique de vouloir s’emparer de ce thème afin de se démarquer des autres candidats à la candidature socialiste. Ceux-ci, en effet, de Jack Lang à Larent Fabius, sont restés tragiquement muets dans ce domaine (comme dans tant d’autres, hélas !). Et même si, dans une perspective de premier tour, il peut être dangereux de jouer le second tour en rassemblant au-delà du seul électorat PS, aucun candidat, désormais, ne peut prendre le risque, encore plus grand, de se taire sur ce thème majeur de la sécurité.
Ensuite, il n'est pas non plus aberrant, pour une candidate social-démocrate, de s'attaquer au problème de l'insécurité. Le démocrate Bill Clinton l'a fait en 1992 à travers le fameux slogan : "War on crime" (Faisons la guerre à la délinquance), et le néo-travaillisteTony Blair lui a emboité le pas en 1997 en formulant la doctrine suivante : "Tough on crime, tough on the causes of crime" (ferme face à la délinquance, ferme face à ses causes). La sécurité, pour un parti social-démocrate, n'est donc pas un sujet tabou.
Cela étant dit, que propose Ségolène Royal ? Quatre mesures, essentiellement, retiennent l’attention : le placement des collégiens perturbateurs dans des « internats-relais », la mise sous tutelle provisoire des allocations familiales, le placement « dans des établissements à encadrement militaire pour apprendre un métier un réaliser un projet humanitaire » des délinquants de plus de 16 ans, la création d’une « école des parents ».
Concernant les internats-relais, il faut immédiatement préciser que, en soi, ce n’est pas une proposition révolutionnaire, ni de façon générale, ni pour la gauche en particulier, dans la mesure où ce type d’établissements existe depuis la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 (article 142) et sont destinés à accueillir des jeunes en voie de déscolarisation. Au surplus, la mise sous tutelle des allocations familiales existe elle aussi depuis l’adoption, le 9 mars 2006, de la loi sur l’égalité des chances (laquelle prévoit, en son article 48, la possibilité de suspendre provisoirement les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire).
Les dispositifs-relais, tels que les internats ou, plus simplement les classes ou les ateliers, ne participent pas à proprement parler d’un principe répressif. En réalité, tout dépend de l’encadrement. Si celui-ci a une coloration répressive, alors le dispositif devient répressif. Si l’encadrement est préventif ou pédagogique, alors le dispositif perd totalement son caractère répressif. Or que propose donc Ségolène Royal ? Un projet répressif visant à « corriger » ces jeunes et à les faire « rentrer dans le rang », ou bien un projet pédagogique visant à les aider à s’intégrer dans leur environnement, à les faire accepter la dimension collective, à les accompagner scolairement ? On ne le sait pas. Sauf, peut-être, si l’on se réfère à l’autre proposition-phare de Madame Royal : l’encadrement militaire pour les délinquants de plus de 16 ans. A ce stade-là, on discerne une logique, fondamentalement décorrélée de toute dimension sociale ou préventive. Car un « encadrement militaire », de fait, n’a pas vocation à assurer l’accompagnement scolaire ou l’intégration sociale et, sauf à repenser de A à Z l’institution militaire, il n’a pas non plus vocation à aider les jeunes à construire un projet pédagogique, personnel, positif.
La même réserve prévaut pour la dernière proposition de Ségolène Royal : une école des parents. Outre que le principe, pour n’importe quels père ou mère de famille, est choquant, il renvoie à une autre question : une école pour quoi ? Une école pour faire quoi ? Pour remettre les parents, là encore, dans le « droit chemin », pour leur apprendre comment « corriger » leurs enfants ? Pour leur apprendre, pire encore, à « être de bons parents » ? Ou bien sera-ce une école d’accompagnement, de soutien, d’aide ? Et puis qui en dispenserait l’enseignement ? Des professeurs ? Des militaires ? D’autres parents ?!!
Toutes ces propositions relèvent en réalité du bric-à-brac, de l’effet de signal. Rien n’est pensé, argumenté, articulé à un projet véritable. La dimension répressive est seulement contenue dans un vocabulaire vaguement martial, dans des dispositions qui existent déjà et dans des formules que, par réflexe, tout un chacun assimilera à une politique plus ferme et plus répressive.
Enfin, il serait utile et légitime de définir ce que pourrait être une politique de sécurité de gauche, laquelle doit reposer sur deux fondements majeurs : fermeté et justice, l’une ne pouvant qu’être fortement articulée à l’autre. Ce n’est, semble-t-il, par la direction choisie par Ségolène Royal, qui se contente de jeter en pâture à l’opinion des formules en pensant la caresser dans le sens du poil.
Un exemple. Défendre l’idée d’une mise sous tutelle, voire d’une suspension, des allocations familiales, cela peut paraître séduisant tant sont connus les abus, mais quel en sera le résultat ? La pénalisation, mécanique, de tous les autres membres de la famille et, au total, leur versement programmé dans la délinquance. Défendre une telle idée, pour une candidate de gauche, outre que cela est irresponsable sur le plan du résultat escompté, c’est s’inscrire à l’exact opposé de toutes la valeurs qui fondent encore la gauche.
Oui à la fermeté, mais pas sans justice sociale, pas sans une lutte acharnée contre les inégalités, pas sans le souci constant de placer l'éducation au coeur de l'action, pas sans la restauration de valeurs républicaines positives et non tournées vers le passé, pas sans espoir ni vertu. Ségolène Royal a raison de se placer sur le terrain sécuritaire, trop longtemps abandonné, mais elle ne doit pas, en candidate de gauche, le faire prévaloir sur le traitement social et préventif : elle doit trouver la bonne articulation entre les deux. Or c’est sur ce plan-là que la gauche a une carte stratégique à jouer. Si elle exploite la demande de répression dure, de sanction ferme, qui émane du corps social, elle s’enfermera dans un cercle vicieux qui la disqualifiera d’emblée pour une raison très simple, comme en 2002 du reste : sur le seul aspect répressif, la gauche ne pourra jamais être plus crédible que la droite ! Rien ne sert donc de l’imiter, de la copier, a fortiori lorsqu’on a passé ces dernières années à s’opposer avec la plus grande constance à tout ce que le gouvernement a proposé en matière de sécurité intérieure !
Publié par karimamellal à 17:54:55 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
El Watan, édition du 29 mai 2006
Le terroriste, cet inconnu
Pour son second livre, l’auteur de Discriminez- moi ! Enquête sur nos inégalités (Flammarion), Karim Amellal, s’amuse à détourner les discours officiels, à se moquer des médias. Ce n’est plus du zapping mais un rapt du pop’art. Cités à comparaître, éditions Stock, est un voyage dans la schizophrénie. Au pays des terrorismes.
Qui est donc ce terroriste que vous décrivez dans votre livre ?
On ne le sait pas et il ne le sait pas lui-même ! Ça peut être tout le monde, tous ceux du moins qui vivent dans des conditions de dénuement extrême. Je voulais, dans ce livre, faire voler en éclats les innombrables préjugés qui existent lorsque l’on parle des cités, du terrorisme, des jeunes issus de l’immigration : il n’y a pas d’équation systématique. Je rejette l’idée de violence ethnique ou religieuse au même titre que l’ensemble des thèses ineptes faisant presque mécaniquement du musulman, de l’immigré ou du jeune issu de l’immigration un terroriste en puissance. Cela n’est pas la réalité. Du coup, dans mon livre, le personnage principal ignore son identité : normal, il ne sait pas qui est son père ! Ce que je pense, c’est que la religion ou l’origine n’ont rien à voir avec le fait qu’un individu, à un moment donné, renonce et s’abandonne dans une spirale d’échecs qui, parfois, peuvent le conduire à faire des choses extrêmes. Ce qui compte, c’est la façon dont le milieu, l’environnement, les conditions de vie, le béton, l’absence d’horizon sculptent une identité et la rendent explosive.
Vous faites dans le pop’art, dans le détournement de la pub, de la télé, etc. Est-il difficile de vivre à contre-culture.... ?
Oui, lorsque celle-ci est présentée comme une » sous-culture » sans valeur. Mais la « culture des cités », pour parler rapidement, car elle n’est pas circonscrite aux seuls quartiers défavorisés, est une « vraie » culture - si le mot vrai peut avoir un sens ici - qui se nourrit aussi bien de la culture classique, scolaire, que de la mondialisation, du métissage, de l’apport d’autres cultures et d’autres langues comme l’arabe ou le kabyle par exemple. C’est à la fois une contre-culture, dans la mesure où elle est contestataire et revendicatrice, mais aussi une para-culture qui se développe à côté des autres cultures. D’ailleurs, j’aime bien votre allusion au pop’art et je m’y retrouve complètement. La » culture des cités » qui sert de fondement à mon roman est une culture de détournement et de recomposition, une esthétique de recréation autant que de récréation. Certes, la langue parlée par les jeunes des cités peut faire peur au premier abord. Elle paraît violente, agressive, sexuellement discourtoise (c’est le moins que l’on puisse dire !). Et pourtant, derrière cette façade, elle est d’une richesse inouïe, pleine d’humour, d’images, de référents déformés et réappropriés. Elle renouvelle la langue française bien plus qu’elle ne la défigure.
Votre personnage n’est pas verni. Orphelin de père, mère prostituée, vous ne lui donnez pas beaucoup de chances pour s’en sortir. Il a le choix entre tenter sa chance dans la télé réalité ou se suicider...
Le personnage de mon roman représente une trajectoire extrême. Il n’a sûrement pas vocation à « représenter » tous ceux qui vivent dans un quartier difficile. Il cumule les handicaps, les « inégalités de départ » comme on dit verbeusement en sociologie. Ce que j’ai voulu faire, c’est montrer qu’il est très difficile, quasiment impossible même, lorsqu’on cumule les problèmes, de faire les bons choix. Beaucoup, aujourd’hui, disent que si les jeunes des cités ne réussissent pas, c’est parce qu’ils ne le veulent pas, parce qu’ils sont feignants ou qu’ils cèdent trop facilement aux sirènes de l’argent facile, du deal, etc. Cet argument est très faible et réducteur ! Mon intention n’est pas d’excuser, mais de comprendre. Comment un type qui n’a rien, ne possède rien, n’a personne, pas même sa mère pour lui venir en aide et lui montrer le bon chemin pourrait-il réussir, faire les bons choix ? C’est pour cela que je me suis mis dans la tête d’un type comme ça, dans sa peau aussi, pour montrer que, dans un système aussi caricaturalement darwiniste, seuls les plus forts subsistent à la fin. Or nous avons ce système-là en France, c’est celui des quartiers difficiles : un système qui produit de l’exclusion, de la rancœur, de l’humiliation et au total des trajectoires extrêmes. Un système dans lequel seules quelques exceptions surnagent, lesquelles sont mises en avant pour montrer que, finalement, tout ne va pas si mal dans le moins pire des mondes...
Vous changez complètement de style avec votre nouveau livre. On est loin de Discriminez-moi !. Là, la discrimination est faite, pas positive évidemment. Après le cri de cœur, l’explosion (sociale) ?
L’explosion n’est pas que dans mon livre ! Ce n’est pas une vue de l’esprit ! Nous avons assisté à une explosion en France à l’automne dernier. Celle des banlieues. Ce fut une terrible explosion qui était, du reste, complètement prévisible, mais qui a donné lieu à tant d’étonnements, d’incompréhensions que cela en devint ridicule. Je crois que beaucoup ne s’imaginent pas le sentiment qui prévaut chez beaucoup de jeunes des quartiers, issus de l’immigration ou pas car cela, une fois de plus, n’a rien à voir. Nous sommes au-delà du désespoir et au bord, sans aucun doute, d’une nouvelle explosion qui, si rien n’est réellement fait, sera bien plus dévastatrice que la précédente.
Karim Amellal est-il un immigré choisi ?
(Rires) Non, je ne suis pas un immigré choisi, ni un immigré tout court, d’ailleurs ! Je suis né en France d’une mère française et d’un père algérien et j’ai vécu plusieurs années en Algérie, mais je me définis comme un Franco-Algérien, fier de ces deux pays et aussi à l’aise dans l’un que dans l’autre. Je ne crois pas, comme beaucoup d’hommes politiques en ce moment, que l’immigration soit une plaie, un fardeau. Sans ses immigrés, d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, la France ne serait pas ce qu’elle est. Ce sont eux qui ont contribué, par vagues successives, à son essor, à sa grandeur, à sa reconstruction. Ce n’est pas faire preuve d’angélisme que de dire cela, c’est une réalité historique. Et il ne faut pas que les problèmes d’ « intégration » - sociaux pour la plupart - de certains jeunes nés en France de parents ou de grands-parents immigrés fassent perdre de vue cette réalité. C’est malheureusement, avec cette nouvelle loi « Sarkozy », ce qui est en train de se passer : l’immigration est présentée comme forcément « subie » ; il faudrait par conséquent y mettre un terme, ou, ce qui est une autre manière de le dire, » choisir » ceux que l’on veut. Enfin, je trouve déplacé de prélever leurs élites aux pays d’émigration, surtout des pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire, alors même que nos gouvernants crient sur tous les toits qu’il faut que le continent africain se développe par lui-même. Quoiqu’il en soit, les arrière-pensées de tout cela n’échappent à personne...
Publié par karimamellal à 21:48:23 dans Presse Algérie (interviews, tribunes, articles) | Commentaires (0) | Permaliens
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