Au feu ! Les pompiers arrivent...
A sa décharge, il n'y a pas que lui. Et je m'empresse de préciser, car on ne manquerait pas de me dire que je défends les siffleurs, moi aussi, et que je porte atteinte au drapeau, que je trouve ça ridicule de siffler la Marseillaise. Non que je trouve cet hymne beau ou noble, je n'oublie pas le "sang impur" censé représenter une France éternelle qui n'est pas, loin s'en faut, celle à laquelle j'aspire. Mais enfin. On ne siffle pas son équipe nationale, quelque en soit le prétexte. Et surtout pas cette équipe-là, l'équipe de France, qu'on ne peut pas taxer de racisme, de bafouer la diversité ou d'autres saloperies. Sauf peut-être de perdre, parfois... ! Car il s'agit après tout d'une règle de bon sens : on ne s'insulte pas. On ne crache pas sur son reflet, même décati, quand on se scrute le matin au-dessus du lavabo. Alors oui, tous ont réagi, fermement réagi, oh oui ! Ecoutons-les. "Le match doit être arrêté et des sanctions prises" (Coppé), "c'est insultant, pas tolérable" (Fillon), "il faut expulser" (Ségolène), "certains symboles ne s'insultent pas" (Hortefeux), "il faut une sanction" (Julien Dray), "le niveau le plus élevé de la bêtise" (Fadela Amara), etc, etc.
Les causes importent plus que les effets, aussi dévastateurs, brutaux et choquants soient-ils. Mais dans notre démocratie d'opinion où les électeurs sont à caresser dans le sens du poil, il est très facile, pour faire remonter à la surface de vieilles angoisses, de se concentrer sur un phénomène en omettant ses ressorts. La Marseillaise huée, cela renvoie pourtant qu'on le veuille ou non à l'un des visages du mal français : la désintégration sociale de catégories bien identifiées de la population, leur enclavement croissant sur des territoires en relégation, leur enfermement dans des bulles où la haine, la rage et le désespoir entremêlés sont les seules nourritures terrestres.
On peut être scandalisé, légitimement, par une Marseillaise huée dans un stade de foot. On ne peut en revanche, a fortiori quand on est un responsable politique, se contenter de crier au loup. Il faut être sérieux et proposer des solutions sérieuses. Déplacer les matches « touchy » en province ? Interdire à certains jeunes, en fonction de l'endroit où ils habitent, d'y participer ? Arrêter et condamner les siffleurs ? Ok, ça soulage deux minutes. Mais les mêmes causes, elles, continueront de produire les mêmes effets... De 2001 à 2008, cela ne s'est pas démenti.
Publié par karimamellal à 17:08:06 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (6) | Permaliens

I Kiffe NY: French Urban Cultures
A
UTHORS ON TOUR PROGRAMJ'aurai le plaisir de participer, en compagnie de Abdellatif Kechiche, Malik Chibane, Joy Sorman, Michel Wieviorka, Jean-François Richet et d'autres artistes, au Festival "I Kiffe NY" du 7 au 28 octobre à NYC.
Plusieurs conférences et événements artistiques autour des cultures urbaines seront organisés dans ce cadre.
A bientôt !
Publié par karimamellal à 17:33:15 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (1) | Permaliens
Voilà une excellente initiative de la fac de médecine de Grenoble pour favoriser la diversité sociale dans une filière réputée hypersélective et socialement très cloisonnée. De quoi atténuer la terrible équation faisant de la sélection à l'entrée une fonction croissante du rétrecissement de la base sociale des étudiants.
29/09/2008 20:53
"Med@TICE"
"En médecine, on perd tous ses amis"
| Bénévent TOSSERI |
Publié par karimamellal à 11:17:53 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Juste pour mémoire, Gérard Larcher, nouveau président du Sénat et à ce titre 2ème personnage de l'Etat, affirmait en novembre 2005 que les violences urbaines étaient "certainement" dues à la polygamie... C'était très précisement le 15 novembre 2005, dans une interview au Financial Times, en plein pendant les émeutes.
Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française, s'était elle aussi fait remarquer au même moment pour ses déclarations à l'emporte-pièce sur le lien quasi-automatique établi entre propension à la violence et polygamie, voire entre race et violence : "Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues." C'était en 2005 également, dans une interview à la chaine russe NTV.
Quoi, le Sénat et l'Académie française sont conservateurs ?!
KA
Publié par karimamellal à 09:38:34 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (3) | Permaliens
Dépêche AEF - 22 septembre 2008
Selon Louis Schweitzer, pdt de la Halde, "il faut former des professionnels de la lutte contre les discriminations pour
répondre aux besoins des entreprises. (...) Les entreprises qui mettent en place des politiques en faveur de la diversité
ne trouvent pas actuellement de spécialistes de cette question". (conférence tenue à l'IEP de Lille, lundi 22 septembre 2008).
"Il faut former des vrais professionnels de la lutte contre les discriminations capables de mettre en place des process qui éliminent le risque de
discrimination", estime-t-il. Et d'illustrer: "beaucoup d'entreprises offrent d'abord leurs stages aux enfants du personnel. Pour ouvrir l'offre de stages à
ceux qui sont le plus loin d'elles, il faut mettre en place un process entre les établissements d'enseignement supérieur et l'entreprise. C'est l'affaire de
spécialistes."
UN MASTER PROFESSIONNEL
Louis Schweitzer parraine la deuxième année de master professionnel intitulée "Politiques de l'égalité et de la diversité" que vient de lancer l'IEP de
Lille. Ouverte à une vingtaine d'étudiants, cette formation vise à former les futurs cadres des secteurs privé et public. "Les étudiants travailleront sur
l'égalité de traitement par la mise en place de procédures objectives et transparentes" dans le domaine de la "gestion des ressources humaines des
entreprises et des administrations", indique l'établissement. Ils devront aussi se préparer à agir "pour l'égalité des chances" "en soutenant la méritocratie
républicaine par des actions adaptées."
"Au niveau général, chacun doit apprendre à ne pas être complice involontaire de discrimination, par son inaction ou son indifférence", estime par ailleurs
le président de la Halde. "Cela passe par la formation: dans l'enseignement secondaire et supérieur, il faudrait proposer quelques heures aux élèves sur le
sujet des discriminations."
Excellente initiative... d'ailleurs déjà suggérée par la même Halde aux IUFM en 2007.
Publié par karimamellal à 23:08:04 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (2) | Permaliens
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