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WE chargé | 04 décembre 2008

Petit point d'agenda :

Le WE sera chargé :

- Vendredi soir, je serai à Ris-Orangis avec mes amis du Collectif Qui Fait la France pour une conférence-débat que nous co-organisons avec Disiz La Peste ;

- Samedi matin, je présenterai mon parcours et Sciences Po dans mon ancien lycée de Gonesse ;

- Samedi après-midi, je participerai à la 61ème Journée Dédicaces de Sciences Po, à partir de 14h, au 27 rue Saint-Guillaume (Paris 7ème) ;

- Dimanche après-midi, à 15h, je serai l'invité d'un "café d'artiste" à la porte d'Aubervilliers (je ne connais pas encore le lieu exact...) ;

Par ailleurs, jeudi prochain, 11 décembre, à 18h30, je me rendrai à Pantin, au Ciné 104, pour la diffusion en AP du documentaire d'Hugues Demeude "93, l'effervescence" dans lequel des membres de notre Collectif (dont votre serviteur) interviennent. Ce doc sera diffusé sur France TV ultérieurement.

A bientôt, et au plaisir de vous croiser !

KA

Publié par karimamellal à 00:21:12 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (3) |

Conférence - semaine de l'égalité - Le Collectif Qui Fait la France avec Disiz la Peste | 02 décembre 2008

Dans le cadre de la "semaine de l'égalité", la salle Le Plan, l'association Permis de Vivre la Ville et notre collectif "Qui Fait La France ?", organisent une soirée concert/débat le :

Vendredi 05 Décembre 2008 à partir de 19h

au PLAN, 1 Rue Rory Gallagher 91130 RIS-ORANGIS

Au programme :

Spectacle : Théâtre - "Vous avez dit visible ?", Mix et Remix par la Cie Nle Génération, Danse avec S1BIOS

Concert Rap/Slam : Chakal MC'S et la Cave à Sons, GE, Lamenas, Impact Juvenil, Guerilla Verbal et DISIZ

Débat : "Issus de la diversité !!", Appartenant aux minorités visibles !!", De quoi parle-t-on ?. DISIZ, les auteurs du "Lexik des cités" et les membres de notre collectif échangeront avec la salle autour de ces questions.

Entrée libre. Réservation obligatoire (sous réserve des places disponibles).

Pour réserver votre place, envoyer un mail à :  actionculturelle@leplan.com

Publié par karimamellal à 12:39:47 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (0) |

Réflexions sur la diversité (1) | 28 novembre 2008

Réflexions sur la diversité (1)
Par Karim Amellal
 

Coup sur coup, deux rapports pointent à nouveau du doigt l'absence de diversité dans les médias. Le premier, officiel, émane du CSA via son « observatoire de la diversité » ; le second, plus cinglant, du club Averroès. A l'heure où le décalage observé entre la France et les Etats-Unis en matière de promotion des minorités fait débat, ces énièmes constats sont lancinants. D'autant plus qu'ils sont très sévères. Pour Michel Boyon, DG du CSA, les conclusions de l'étude de l'Observatoire de la diversité – une progression des minorités à l'écran de seulement 1% an dix ans – sont « inacceptables et intolérables ». De nombreux responsables politiques, à droite comme à gauche, lui ont emboité le pas, à l'instar de Jean-François Copé ou de Frédéric Lefèvre. Pour eux, qui planchent au Parlement sur la loi sur l'audiovisuel public, une telle situation justifierait une action positive à France Télévision.

 

Effet Obama oblige, les responsables publics sont prompts à s'engager, parfois radicalement, sur le sujet. La diversité ne laisse plus indifférent. Michel Boyon veut même en faire « l'un des grands chantiers de l'année 2009 ». Tout le monde s'émeut donc, une nouvelle fois, à l'unisson, de ce que les lieux de pouvoirs en France, les grandes entreprises, les grandes écoles, les médias, la haute fonction publique, ne représentent pas suffisamment la diversité. Tout le monde s'émeut, oui, mais personne ne fait rien.

 

Car cela fait dix ans que notre pays vit au rythme de ces déclarations d'intention, de ces péroraisons et préconisations qui, désormais, à défaut d'actes, sonnent creux, énervent, horripilent. D'autant plus que, dans les circonstances actuelles, la légitimité du discours sur la diversité est elle-même fragilisée.

 

Car de quelle diversité parle-t-on ? De diversité ethnique, sociale, religieuse, des talents, des mérites, des personnalités ? Par diversité l'on entend bien sûr, traditionnellement, par euphémisme, la diversité culturelle. A l'écran, on fait ainsi le compte des noirs, des beurs et des blancs. Ce n'est évidemment pas blâmable, au contraire, tant nos appareils de pouvoir sont monocolores, absolument pas représentatifs de la diversité culturelle, donc, de la population française. Et s'il n'y a pas d'appareil statistique pour mesurer les proportions sur le fondement d'un critère ethnique, mais qu'à-cela-ne-tienne, tant pis, on bricole. On a toujours bricolé sur ce terrain-là.

 

Le problème, c'est que la diversité, surtout en République, ne peut se réduire à la diversité culturelle et la question de la sous-représentation – ou de la mal-représentation – à une question de stigmate culturel. Le problème, en vérité, est bien plus large et il est désormais nécessaire de l'appréhender plus largement, en incluant la diversité culturelle, ou plutôt la différence culturelle, dans une catégorie plus vaste et consensuelle, celle de diversité sociale. L'enjeu est même, et il est grand, de faire de la diversité sociale le nouveau paradigme de la défense de l'égalité des chances, de l'égalité réelle des droits.

 

On le sait bien, nos lieux de pouvoirs ne sont pas seulement blancs, monocolores, blafards. Ils sont aussi élitistes, paralysés par des logiques de cooptation et de favoritisme, engoncés dans des crispations de classes, de privilèges qui, parfois, ont un parfum d'ancien régime. Les médias, naturellement, en tant qu'ils sont les instruments porteurs, les vecteurs, du discours politique, relaient la parole de ceux qui sont dans le système, des insiders, au détriment de tous ceux qui, par leur naissance, par leurs stigmates, restent en-dehors, spectateurs passifs et simples récipiendaires des images et des mots de ceux qui détiennent les pouvoirs en conservent jalousement le périmètre sacré.

 

Le problème de notre société, ce n'est pas tant le racisme que l'inégalité structurelle des chances, l'absence de porosité sociale, les rigidités systémiques qui entravent l'ascension d'individus qui, en raison de leurs stigmates (couleur de peau, lieu de résidence, origine sociale, etc.), ne maîtrisent pas les codes, souffrent depuis le début d'une marginalisation que les institutions, malgré elles, orchestrent. L'école (collège et lycée) étant de ce point de vue devenue la machine à créer et à pérenniser des inégalités la plus formidable qui soit !

 

L'inégalité des chances est générale. Elle concerne bien sûr les Français que l'on dit (mais qui ne se disent jamais) « issus de l'immigration », c'est-à-dire d'origine étrangère, mais pas seulement. Trop de gens sont aujourd'hui dans les contre-allées de l'ascension sociale, en raison de leur origine, de leur religion, de leur lieu de résidence, de leur handicap, de leur sexe ou encore de leur âge. Et bien souvent les stigmates se superposent, s'accumulent, produisant une sédimentation de problèmes, de tristesse.

 

Le discours sur la diversité ne peut omettre ces gens-là. Il ne peut se focaliser sur le critère culturel, ou ethnique, car il laisse de côté des catégories essentielles de la population qui, elles aussi, se trouvent à l'écart des lieux où s'exercent les pouvoirs en raison de processus de ségrégation de facto, non institutionnalisés bien sûr, qui figent les situations de départ et, donc, les inégalités de départ.

 

En vérité, le grand problème avec la diversité – et ce problème saute de plus en plus aux yeux -, c'est que celle-ci n'a jamais été conceptualisée. En l'état, et malgré quelques tentatives intéressantes de formalisation du concept (voir le rapport de M. Wieviorka sur la diversité dans l'éducation nationale), elle ne vaut rien. Elle n'a pas de contenu. Elle est vide de sens. Ou plutôt, elle n'a que le sens que lui prête celui qui l'utilise. Cette situation n'est pas satisfaisante. Elle en devient même contre-productive car la « diversité » est en train de constituer un alibi : se contenter d'en parler exonère de toute responsabilité d'agir.

 

KA

 

Publié par karimamellal à 10:26:19 dans Analyses | Commentaires (2) |

Les pièges de l'obamania à la française | 24 novembre 2008

 


Analyse
Les pièges de l'obamania à la française, par Philippe Bernard
LE MONDE | 19.11.08 | 14h11  •  Mis à jour le 19.11.08 | 14h11

arack Obama aurait-il pu être élu en France ? Depuis que l'ascension du sénateur de l'Illinois s'est terminée en apothéose électorale, la question agite la France monocolore. Pour de bonnes raisons d'abord, puisque l'irrésistible ascension, outre-Atlantique, d'un métis, fils d'immigré, souligne par contraste l'homogénéité stérilisante des milieux politiques français et l'urgence à leur donner les couleurs de la société. Mais la vague d'obamania qui a déferlé sur l'exécutif français masque d'abord l'extrême confusion du débat dans la République. Comme si le vacarme était orchestré pour faire oublier les turpitudes hexagonales, au prix de lourds contresens sur l'accession du "premier Noir à la Maison Blanche".

 

Lorsque Christine Lagarde assure que l'élection de M. Obama, "quelque part, ça s'est un peu produit" en France avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy, en présentant ce dernier comme "le représentant d'une minorité", la ministre de l'économie ne participe pas seulement à une grossière opération de récupération politique. Elle reflète le double mensonge auquel feignent de croire certains responsables politiques français : M. Obama a été élu parce qu'il est Noir ; la France est sur le bon chemin de la "diversité" dont M. Sarkozy est l'emblème. Ce qui a dû faire rire jaune les enfants d'ouvriers maliens notamment.

Carla Bruni-Sarkozy, dans sa fougue à soutenir - sans le signer - l'"appel pour l'égalité réelle des chances" du chef d'entreprise Yazid Sabeg, a renchéri en affirmant que "les Français ont voté pour un fils d'immigré hongrois, dont le père a un accent, dont la maman est d'origine juive (...)", revendiquant sa propre qualité d'"artiste, née italienne". Ces assertions, outre qu'elles recourent à la manipulation très peu républicaine de la notion de "minorité" et à l'étalage soudain d'une "origine", se réfèrent à une réalité américaine dépassée. Les Américains ont choisi le candidat le plus talentueux et le plus crédible en dépit, et non à cause, de la couleur de sa peau.

Le parallèle avec la France est fragile. La "question noire" aux Etats-Unis, pays où chaque citoyen a des origines étrangères, sauf les Indiens, prend racine dans une tragédie consubstantielle à la nation, l'esclavage. La France, elle, nation unitaire séculaire, peine à intégrer les fils et filles de ceux qu'elle a longtemps considérés dans ses colonies comme des indigènes. Sans compter que l'histoire familiale de M. Obama ne se réfère ni à la traite des Noirs ni au colonialisme, mais à l'immigration africaine moderne. Il apparaît d'ailleurs pour le moins paradoxal que la France rouvre le débat sur l'accès aux responsabilités des personnes issues de l'immigration au moment même où le nouveau président américain privilégie les facteurs sociaux sur les variables raciales dans son analyse des fractures de la société américaine.

Tout se passe en réalité comme si notre pays s'emparait rituellement de cette question sur des bases erronées, pour mieux conforter le statu quo. Car question il y a : qu'à qualification égale, un descendant de Maghrébin coure 2,5 fois plus de risques d'être chômeur qu'un enfant de Français ; que la couleur de la peau rende improbable la possibilité de trouver un logement ; et qu'un seul député de France métropolitaine ne soit pas Blanc, montrent à quel point la République a failli à tenir sa promesse d'"égalité".

 

DES RÉFORMES CONTRE LA "DIVERSITÉ"

 

Les émeutes récurrentes qui agitent les quartiers populaires, perpétuellement analysées, de la gauche à la droite, comme symboles de l'"échec de l'intégration" (sous-entendue raciale) alors qu'elles expriment d'abord la rage d'être socialement exclu, n'ont jamais débouché sur un plan cohérent et de longue haleine de promotion scolaire et professionnelle. Des ambitions plus coûteuses que l'invitation de quelques "bronzés" sur des plateaux de télévision ou la nomination au gouvernement de quelques "Arabes qui cachent la forêt", selon l'expression de l'écrivain Azouz Begag qui a siégé au gouvernement de Villepin. Sept ans après son lancement, la main tendue par Sciences Po Paris aux élèves des banlieues (54 diplômés) demeure la suprême référence.

A l'inverse, plusieurs réformes engagées pèsent contre la "diversité" prétendument célébrée : la diminution des exigences légales en matière de mixité sociale dans l'habitat, la suppression de la carte scolaire, le refus de généraliser par la loi à toutes les formations supérieures sélectives le quota de 10 % d'étudiants venant de tous les lycées du pays, outremer compris, et l'asphyxie de la rénovation urbaine. Au surplus, le climat de suspicion à l'égard des étrangers et en particulier des "couples mixtes" qui prévaut en France rendrait aléatoire le mariage des parents d'un futur Obama français.

Pour promouvoir autrement que symboliquement les descendants d'immigrés, M. Sarkozy a pourtant les mains libres. La gauche au pouvoir s'est caractérisée par une troublante pusillanimité, là où la droite a commencé à passer à l'acte. Mais le candidat Sarkozy, après avoir agité la perspective de "statistiques ethniques", a fait le silence depuis que ces projets ont été censurés par le Conseil constitutionnel. Quant au comité présidé par Simone Veil chargé de réfléchir à l'introduction de la " diversité" dans le préambule de la Constitution, il vient d'être opportunément réactivé. Plutôt que de s'engager dans l'action concrète, la France continue de privilégier les vaines proclamations et les débats théologiques. A l'idée de "discrimination positive" plombée par sa formulation paradoxale elle-même pourrait pourtant se substituer des mesures volontaristes de portée générale dans des quartiers socialement ciblés.

Quant à la controverse sur les "statistiques ethniques", sans issue dans une France traumatisée par son histoire, elle pourrait être dépassée en lançant immédiatement les réformes et les enquêtes nécessaires à la connaissance et à la lutte contre les discriminations que permet la Constitution : introduction dans le recensement de la question du lieu de naissance des parents, et autorisation de questionnaires sur la couleur de la peau ou les origines, limitée à des études ciblées et anonymes.

L'obamania aurait alors secoué utilement la France. L'on s'apercevrait probablement qu'à l'heure où un métis accède au bureau Ovale et où les Verts allemands choisissent un fils de Turc pour leader, la "diversité" en France irrigue et enrichit déjà les ateliers, les commerces, les salles de professeurs et les prétoires. A peu près tous les milieux, à l'exception notable de la haute hiérarchie des partis politiques.

Publié par karimamellal à 18:34:17 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (1) |

Réflexions intempestive sur le PS... | 19 novembre 2008

Le PS en lambeaux – pléonasme ?! -, récapitulons :

 

Dans le contexte économique et social que l'on connaît, le PS s'enfonce... Mais encore ? Rien que du déjà vu. Alors, pour sourire, énumérons :

 

- un congrès pour rien, strictement rien, si ce n'est du temps perdu et de l'énergie gaspillée, autrement la chronique ordinaire d'une défaite annoncée (on peut remplacer défaite par : échec, bérézina, déculottée, mort, même, mais ça fait un peu cliché) ;

 

- une focalisation absurde, outrancière, à défaut d'autres enjeux essentiels dans la période actuelle, sur l'alliance avec le Modem, soit, et c'est bien connu, avec le nouveau parti-charnière, la clé des scrutins futurs, le nouveau monument de la vie politique française, et cela, pourquoi ? Parce que, selon les néo-caciques, rien de moins que « l'identité » du parti était en jeu, et que c'est une question de survie. Même dans l'au-delà ? La résolution des problèmes des Français, naturellement, est un enjeu secondaire qui a vocation à s'effacer devant la question de l'identité du PS ; poursuivons...

 

- ...sur le fond, justement. Et le fond, dans un congrès, ce sont les motions. Il faut les lire mais attention, elles sont si creuses que le risque est grand d'y sombrer. Hélas, l'abîme est insondable et la chute vertigineuse.

 

- Les éléphants ? Ils se bousculaient dans le cimetière de Reims. La pathétique valse des egos atteint maintenant son comble. Quelle image digne envoyée aux militants, aux Français ! Le congrès de Reims fut une réunion de dolichocéphales, d'orgueilleux, de pitres, de chefs de clans. Le but du jeu : devenir grand chef. Pour faire quoi ? ... Revenons aux personnes, à ces petits chefs, donc, puisque ce sont eux les maîtres du jeu.

 

- Delanoë ? Il s'est en un clin d'œil auto-laminé. Tout seul. Sans l'aide de personne. Amusant.

 

-  Hamon ? Pour des raisons que seuls les médias connaissent, c'est le nouveau Barack Obama du PS. Tout est dit.

 

- Aubry ? Voilà enfin une nouvelle tête.

 

- Royal ? Je passe.

 

- Il n'y a pas de point numéro 9. Je range la plume au fourreau et, gavé d'amertume, de tristesse aussi, je vais me coucher en espérant des jours meilleurs.

 

En France, depuis dix ans, être de gauche est devenu un véritable sacerdoce.

Publié par karimamellal à 00:31:25 dans Chroniques et analyses sur l'actualité | Commentaires (2) |

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