
"Quand vient son tour, le jury insiste lourdement sur sa religion, ses origines et même sur la présence de ministre arabes dans le gouvernement", raconte le journaliste. Parmi les questions, M. El Haddioui se voit demander si son épouse porte le voile, une question "qui n'a pas lieu d'être dans un entretien pour être officier de police" selon lui. Finalement, il obtiendra 4/20 et sera recalé. "Le ministère de l'intérieur n'a jamais justifié les raisons de cette note éliminatoire", assure Me Kamel Maouche, avocat du policier.
"Il ressort des pièces du dossier que, lors de l'entretien d'évaluation qui était au nombre des épreuves d'admission subies par M. El Haddioui, le jury lui a posé plusieurs questions portant sur son origine et sur ses pratiques confessionnelles ainsi que sur celles de son épouse", confirme l'arrêt du Conseil d'Etat. Ces questions — "dont il n'est pas sérieusement contesté par l'administration qu'elles aient été posées" — "révèlent une méconnaissance du principe d'égal accès aux emplois publics", conclut le Conseil.
"Je crois qu'il y a des interprétations qui peuvent être faites", a nuancé Michèle Alliot-Marie. "Je vous rappelle qu'il y a un grand nombre de policiers qui sont de confessions diverses et qu'il n'y pas de discrimination en l'espèce parce que nous sommes dans un pays où la liberté religieuse est un principe fondamental." "Dans tout corps social quel qu'il soit (...) il peut y avoir des personnes qui ne respectent pas les lois", a-t-elle souligné. "Ce qui est important pour l'honneur mais également pour la crédibilité du corps et pour la confiance qu'on lui fait, c'est qu'il y ait des sanctions quand il y a des problèmes", a-t-elle conclu. Il revient désormais au ministère de l'intérieur de prendre une décision quant à l'avenir de la promotion 2007 des officiers de police et de M. El Haddioui.
Publié par karimamellal à 15:19:36 dans Analyses | Commentaires (4) | Permaliens

"POURVU QU'IL N'ARRIVE RIEN À M. ZEMMOUR"
Me voilà placardé un peu partout sur le Net et dans quelques journaux comme "le rappeur qui menace violemment Zemmour" ou encore "le rappeur qui a mis un contrat sur Eric Zemmour" ou, comme je l'écrivais au début de ce papier pour mieux vous situer, "le rappeur qui veut faire tuer Eric Zemmour".
Tout ça n'est pas très gai. En même temps, ma chanson ne l'est pas non plus, donc je peux le comprendre. Mais tout de même, l'ambiguïté cède la place aux interprétations les plus louches. Dans la confusion générale, certaines équivoques ouvrent la piste d'un contrat criminel sur le chroniqueur de "On n'est pas couché" sur France2.
Je me retrouve à me soucier du sort quotidien de M. Zemmour. Pourvu qu'il ne lui arrive rien car, sinon, des milliers de paires d'yeux se fixeraient dans ma direction. Assimiler un rappeur à un agitateur dangereux n'est pas un fait très original. Dans les mass médias, ça pourrait presque faire office de marronnier, comme la rentrée scolaire, le beaujolais nouveau ou le passage à l'heure d'été, tellement les précédents sont nombreux.
Il y avait déjà eu le scandale NTM. Le groupe avait été condamné pour "propos outrageants" envers les forces de l'ordre lors d'un concert en 1995. Plus tard, il y aura le procès Sniper (poursuivi en 2004 par le ministère de l'intérieur, Nicolas Sarkozy en tête), mais aussi le tapage MonsieurR (accusé d'incitation à la haine et de sexisme par le député UMP François Grosdidier en novembre2005). Tous ont été relaxés. Et à l'ombre de toutes ces "affaires" sulfureuses et racoleuses, on oublie l'acharnement judiciaire contre Hamé du groupe La Rumeur, accusé de diffamation publique envers la police nationale pour un article dénonçant la brutalité policière. Mais ses descriptions étaient tellement avérées que le parquet lui-même a reconnu que, "replacés dans leur contexte, ces propos ne constituent qu'une critique des comportements abusifs, susceptibles d'être reprochés sur les cinquante dernières années aux forces de polices à l'occasion d'événements pris dans leur globalité". Il a été relaxé à plusieurs reprises lors des différentes instances du procès, mais l'Etat envisage depuis l'année dernière de se pourvoir en cassation une seconde fois (!) pour le faire condamner enfin. Pour une affaire de ce type, c'est du jamais-vu dans l'histoire contemporaine de la justice française. Quel acharnement, quelle usure ! Qui en parle ? Pourtant, cette fois-ci, nous sommes bien dans la réalité.
DANS L'OMBRE, ON FAIT TOUJOURS DE LA MUSIQUE
J'ai eu l'occasion de m'expliquer sur le sens de mes mots, ceux d'A force de le dire, dans le journal Le Parisien. Puisque ça paraissait nécessaire. Eric Zemmour est journaliste et polémiste, je suis auteur et interprète. Il n'a jamais tué personne. Moi non plus. Nous sommes tous les deux des hommes de paroles. Une quelconque divergence de point de vue qui nous opposerait relèverait forcément du débat d'idée, de la discussion. Le faire taire? Il faut l'entendre dans le sens le plus élémentaire: le remettre à sa place, le mettre face à ses contradictions. Après tout, n'est-ce pas le sens même des lois sur les discriminations que de faire taire et de réprimer des propos qui peuvent s'avérer racistes ou "excluant"? Sa posture de journaliste lui confère un devoir de pertinence dont il doit prendre toute la mesure à l'occasion de chacune de ses déclarations.
Faire taire Eric Zemmour ? Effectivement. Il n'y a rien d'autre à entendre ou à comprendre ? A moins de s'imaginer que j'ai assez d'influence pour le faire assassiner ou que je suis disposé à le faire. Nous venons de quitter la réalité tangible. Revoilà le fantôme.
Le fantasme d'un rappeur-gangster-tueur. Ce que je suis censé être. Et c'est là que je déçois tout le monde. La réalité est beaucoup moins fantasque. Je ne suis ni un Che Guevara, ni un Jacques Mesrine, ni même le personnage haut en couleur d'un film de Lautner pour intenter à sa vie. Désolé pour ma mauvaise interprétation du personnage. Vous avez vu un fantôme. Ce n'était que moi.
Il n'y a plus rien à signaler. L'accalmie médiatique est là. Le buzz se dégonfle. Remplacé immédiatement par l'ouragan politique autour du rappeur Orelsan. Ministres et députés ont subitement décrété l'état d'urgence pour un clip vieux de trois ans qui met en scène la déprime pathétique et trash d'un petit ami trompé. L'affaire est encore plus tapageuse, donc encore plus intéressante, confiera le membre d'un organe de presse à l'un de mes collaborateurs.
J'irai donc rendre des comptes devant les autorités compétentes. Devant la justice pour la première fois de ma vie. Pour la dernière fois, j'espère. J'irai avec mes points de vue, mes critiques, le poids de mes paroles. Leur virulence aussi. Je l'assume. Je suis un rappeur. Pas un fantôme. Dans l'ombre, on fait toujours de la musique, on défend nos convictions, on danse, on dénonce, on organise, on vend des disques, on doute, on entreprend et il nous arrive même d'être des gens bien. Arrêtez de croire aux fantômes.
Publié par karimamellal à 10:40:09 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
J'étais hier soir au théâtre Victor Hugo de Bagneux pour assister à une pièce de théâtre intitulée "Mektoub Cyrnao" et participer, juste après, à une conférence-débat sur l'identité nationale.
La pièce, écrite par Aziz Hellal et interprétée par une troupe de jeunes comédiens, fut passionannte. Elle aborde avec subtilité et humour des sujets graves et complexes tels que les discriminations, l'égalité des chances, l'identité, etc.
PLus d'informations sur : http://www.kamaatprod.com/
Publié par karimamellal à 09:52:01 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par karimamellal à 14:51:17 dans Emissions radio et TV (essai, roman et chroniques) | Commentaires (0) | Permaliens
[ 19/03/09 ]
Pour la première fois, la France pourrait autoriser les statistiques ethniques, jusqu'ici jugées contraires au pacte républicain. Un tournant qui divise l'opinion publique. Une majorité de l'opinion estime que c'est à l'école de jouer son rôle de creuset naturel de la lutte contre les préjugés racistes. Elle plébiscite donc la pédagogie, par préférence à « l'ethnicisation » des statistiques. C'est l'enseignement tiré du sondage CSA-UEJF-SOS Racisme publié dimanche dernier dans « Le Parisien ». D'après ce dernier, une majorité de Français (55 %) ne jugent « pas efficace » la mise en place de statistiques ethniques pour lutter contre le racisme, l'antisémitisme ou les discriminations.
Et se placent dans la droite ligne de l'article 8 de la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés du 6 janvier 1978 (amendée en 2004) qui interdit la collecte et le traitement de « données sensibles », en particulier l'origine raciale ou ethnique. Le président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), Louis Schweitzer, hostile au « concept de communauté » et à celui des quotas (sauf dans le cas du handicap et de l'égalité entre hommes et femmes), va lui aussi dans ce sens. Il publie, cette semaine, un ouvrage sur « Les Discriminations en France » (éditions Robert Laffont), dans lequel il réaffirme son refus de voir la France découpée en « catégories ethno-raciales ». Un contraste avec le monde de l'entreprise, régulièrement poussé à ouvrir le débat sur le décompte ethnique des salariés et, depuis le début de cette année, l'expérimentation élargie du CV anonyme (lire « Les Echos » du 11 février).
Publié par karimamellal à 21:44:07 dans Analyses | Commentaires (0) | Permaliens
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