" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
LIRE est le verbe que j'aimerais pouvoir conjuguer à toutes les personnes et à tous les temps le plus souvent possible...
Mes lectures ? De tout, de rien... je voyage dans les mots au gré de mes découvertes et de mes marottes du moment.
C'est ainsi qu'après avoir découvert la littérature jeunesse par
l'intermédiaire de mon travail, je m'en suis fait une passion. D'où le
mélange des genres de Fabula Bovarya.
Pas de panique ! Pour s'y retrouver, on suit la couleur
(même si je ne suis pas vraiment une fan des classifications en
littérature : les frontières ne sont pas toujours simples à déterminer)
- en ROSE : les livres de littérature jeunesse, les livres pour ado.
- en VIOLET : les livres pour "adultes".
Que dire de mes avis ? Sans doute qu'ils sont toujours très subjectifs (forcément) mais, avant tout, toujours sincères. Je ne prétends pas être critique littéraire.
D'ailleurs, Monsieur Pennac, j'aurais bien aimé rajouter à vos "Droits imprescriptibles du lecteur" un onzième droit, qui me tient à coeur - et qui me paraît tout aussi essentiel que les dix autres - : le droit de ne pas avoir aimé un livre...(accompagné de son corollaire, le droit de le dire...)
Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
Le droit de lire n'importe où.
Le droit de grappiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.
(in Comme un roman, de Daniel Pennac)
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Le rasoir d'Ockham (Flammarion, 449 pages). Terminé le 16 février 2008.
Genre : thriller
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Des meurtres en série. Une secte
sanguinaire surgie du passé. Six pages mystérieusement disparues d'un célèbre
manuscrit du XIIIe siècle. Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des
Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus
violente affaire de sa carrière. Dans l'ombre, un groupe occulte est prêt à
tout pour redécouvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de
Villard de Honnecourt. Ari saura-t-il arrêter ces fanatiques sans scrupule
avant qu'ils ne mettent en place leur sinistre dessein ?
Avec ce nouveau
roman de Loevenbruck, on passe un bon moment, c'est certain, mais quelques
défauts ont un peu terni mon impression finale.
Commençons tout d'abord par les points positifs : le rythme est mené tambour battant, comme dans tous les romans d'Henri Loenvenbruck. L'auteur maîtrise parfaitement les codes qui font qu'un thriller rebondit de chapitres en chapitres, et plonge de plus en plus le lecteur dans l'intrigue.
L'intrigue est plutôt intéressante. Evidemment, les romans ésotériques ayant envahi depuis quelques temps nos librairies, il était difficile de faire un roman qui sorte de l'ordinaire. Cependant, on reconnaîtra l'inventivité de l'auteur pour ne pas avoir repris les thèmes désormais épuisés en la matière. En effet, Henri Loenvenbruck a décidé de mener son intrigue autour des Compagnons de France. Alors bien sûr, on reste sur le registre société secrète et compagnie, mais bon, c'est la première fois que je rencontre un polar ésotérique tournant autour de ce thème.
En revanche, les points négatifs sont légions :
- les personnages sont somme toute assez caricaturaux. Loevenbruck reprend de romans en romans des personnages-types qu'il n'approfondit jamais. C'est bien dommage.
- L'histoire demeure asse plate dans l'ensemble : l'auteur utilise les schèmes traditionnels de ce type de romans : enquête, mystère, énigme, résolution de l'énigme, poursuite de l'enquête etc. J'aurais bien aimé trouver une autre configuration d'écriture.
- La caricature de certaines scènes, avec ajout artificiel de références musicales par exemple... ça a eu le don de m'énerver à chaque fois. Dans la relation qu'Ary entretient avec Lola par exemple, il y a quelque chose de tellement convenu que c'en était presque affligeant parfois.
- Les scènes de violence complètement inutiles. Je ne parle pas des forfaits du tueur mais bien de ces scènes de combats qui font tellement filmiques et hollywoodienne que j'ai trouvé ça tout à fait risibles. Avec une débauche d'hémoglobine et de violence gratuite qui m'a navrée. A un moment, j'avais l'impression de voir ces films américains où le héros seul contre tous parvient par on ne sait quel miracle à vaincre une armada infernale...
- Le teasing final. Oui, je sais c'est à la mode. Oui, on m'avait prévenu que le livre ne formait pas une unité. Mais qu'est-ce que c'est pénible parfois d'avoir ce sempiternel « à suivre » à la fin d'un livre...
En bref, je ressors de ce livre plutôt déçue. Je n'avais déjà pas été super emballée par Le syndrome Copernic... Mais bon, on passe quand même un bon moment, comme j'ai l'habitude de le dire. Il ne faut pas non plus bouder son plaisir. C'est juste que parfois on attend plus d'un livre que le genre ne peut en réalité proposer. En somme, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se contenter de cette friandise : aussitôt mangée, bien vite oubliée. Le roman ne restera sans doute pas dans les Annales. Mais c'est un bon divertissement.
Publié par Alwenn à 20:24:19 dans @ Thrillers | Commentaires (4) | Permaliens
Le cercle de sang, de Jérôme Delafosse (Pocket, 441 pages). Terminé le 19 décembre 2007.
Genre : thriller
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Hôpital
de Hemmerfest, Norvège. Nathan Falh, membre d'une expédition polaire, sort du
coma après un accident de plongée. Il ne sait plus qui il est. Personne ne le
réclame. Pourtant, il se sent traqué... Bibliothèque Malatestiana, Cesena,
Italie. Un spécialiste des textes anciens décrypte un manuscrit malouin du
XVIIe siècle, qui révèle page après page une terrible malédiction qui traverse
le temps... jusqu'à aujourd'hui. Seul Nathan détient les clés de ce mystérieux
écrit et peut empêcher la folie meurtrière de se déchaîner. Mais pour cela, il
doit recouvrer rapidement la mémoire. Et il joue contre le temps, car le Cercle
de sang s'apprête à frapper...
Pour un premier roman, je dois dire que
tout cela est très bien tourné. L'intrigue suit un rythme tambour battant à
travers des pays aux décors aussi riches que variés. La trame narrative qui
oscille entre le passé (avec le manuscrit malouin) et le présent (avec la quête
identitaire du héros) est plutôt bien pensée.
Evidemment, le coup de l'amnésie Nathan Falh, le héros, est un artifice littéraire un peu éculé mais il n'en reste pas moins que Jérôme Delafosse parvient à nous convaincre de poursuivre avec lui cette passionnante enquête en eaux troubles.
Certains passages du livre sont un réussite au point de vue ambiance (l'épisode au Rwanda notamment, d'une noirceur terrifiante). En revanche, les traits psychologiques de certains personnages sont un peu superficiels : j'ai trouvé Rhoda un peu falote, de même que le personnage de l'anglais bibliophile de la Malestiana, qui aurait pu gagner davantage un profondeur vu la place qu'il occupe dans le roman.
Quant à la trame profonde du livre, elle fait parfois froid dans le dos quand on songe qu'à l'heure actuelle de telles réalisations seraient tout à fait envisageables... Brrrr...
La fin n'est pas mal du tout même si elle m'a furieusement rappelé la fin de Qumran d'Eliette Abecassis.
Publié par Alwenn à 22:37:39 dans @ Thrillers | Commentaires (2) | Permaliens
Carnages, de Maxime Chattam (Pocket, pages). Terminé le 25 septembre 2007.
Genre : thriller
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Harlem Est. 18 novembre, 8h28. Ils sont
tous là, dans le hall d'entrée du lycée Village Academy. Plus que quelques
minutes avant le début des cours. Parmi les élèves, un adolescent, un sac à dos
ouvert à ses pieds. Lentement, il lève son arme vers ses camarades et cale des
chargeurs dans sa poche. Le carnage peut commencer...
Quand l'inspecteur Lamar Gallineo arrive sur les lieux du massacre, c'est pour
découvrir le cadavre défiguré du tueur qui a fini par retourner l'arme contre
lui. Rapidement, cette affaire dépasse le simple fait divers : de nouvelles
tueries éclatent dans d'autres établissements.
A chaque fois, le même scénario, inexplicable. Des lycées de New York aux
souterrains abandonnés du métro, Lamar va tenter d'enrayer cette macabre
épidémie. Mais les apparences sont trompeuses. Toujours...
Tout d'abord, un immense remerciement
à Belgarpat qui m'a gentiment envoyé ce petit livre inédit de Maxime Chattam
par la poste...
Et en lisant l'adjectif « inédit », vous pouvez imaginer l'excitation qui peut saisir un lecteur de Chattam en tenant entre ses mains cet opuscule que la majorité du grand public n'a pas lu encore... C'est assez étrange comme sensation : on se sent privilégié, comme rentrant dans le cercle intime de l'auteur, qui vous fait la faveur de vous livrer ses talents d'écriture dans ces quelques pages... (T'avais pas tort en utilisant l'expression « petites mains fébriles », Belgarpat ;-))
Bref, on saisit le livre, on l'observe beaucoup d'abord. Sa couverture. On l'ouvre ensuite, on fait bruisser habilement les feuilles. On écoute le bruit des mots qui cherchent à s'enfuir. Et puis on s'assoit et on pose ses yeux sur les premiers mots. On lit, enfin.
Plaisir. Plaisir de découvrir une histoire comme Maxime Chattam sait les faire : circonvolutions autour de massacres dans des lycées américains. Fureur et sang, violence. Ce n'est par pour rien que le livre porte le titre de « Carnages ». Alors là, premier bémol de la pauvre âme sensible que je suis : j'aime le style cru de Maxime, même si je n'ai lu qu'un seul tome sur les trois de sa trilogie du Mal, mais là, il faut aimer les visions d'horreurs que peuvent occasionner des blessures mortelles au fusil... On aurait presque le goût âcre et ferreux du sang dans la bouche...
L'inspecteur Lamar est un flic bien campé, original. Hors norme. L'enquête repose sur ses épaules et heureusement qu'il les a bien larges. Parce l'histoire lui réserve bien des surprises. Et au lecteur aussi par la même occasion. On ne refera pas Maxime, et heureusement : il a le don de vous faire des surprises.
Et là où j'ai envie de mettre du sel dans la plaie, pour faire un peu mal tout de même, c'est sur le dénouement de l'intrigue. Oui, c'est vrai, l'histoire tient debout et ne manque pas de ressort. Mais elle manque par contre cruellement d'approfondissement psychologique. On pourra mettre cela sur le compte de la brièveté du roman, bien sûr. Mais on connaît -malheureusement- les racines américaines authentiques et tristement réelles de ces dernières années, qui forment le terreau de l'histoire... Et je pense que l'évocation de ce sujet aurait mérité que Chattam investisse davantage ses personnages d'une profondeur psychologique dont il ne les a pas dotés. C'est dommage. Les motivations finales dévoilées à la fin peuvent donc apparaître un peu simplistes, voire réductrices. Manichéen. Oui. Mais Chattam est très manichéen. C'est sans doute là son plus grand défaut et sa plus grande qualité.
Enfin, merci encore à toi, Belgarpat, de m'avoir permis de lire « Carnages ».
Publié par Alwenn à 21:49:39 dans @ Thrillers | Commentaires (4) | Permaliens
Shutter Island, de Dennis Lehane (Rivages noir, pages). Terminé le 10 septembre 2007.
Genre : roman policier/thriller
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Nous sommes dans les années cinquante. Au large de
Boston, sur un îlot nommé Shutter Island se dresse un groupe de bâtiments à
l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique dont les patients, tous
gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison
avec le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le Marshal
Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des
autorités de la prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque
à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur
? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle
on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente.
Œuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le
temps passe, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus
opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.
Avec Shutter Island, Dennis Lehane est au sommet de son art. Ce roman a été récompensé par le grand prix des lectrices de Elle en 2004. "Shutter Island brasse les obsessions de l'auteur... et atteint, avec une force bouleversante, au point incandescent de la fragilité des hommes.
Très bon thriller psychologique... Amateurs d'ambiance étouffante, glauque, et de vérité qui vous explose à la tête, ne passez pas votre chemin et ruez-vous sur Shutter Island...
Je dois dire que même si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire au début, disons les soixante premières pages, on ne peut ensuite que se sentir happé par l'histoire plus qu'intrigante que suivent ces deux marshals. Le personnage de Teddy Daniels est extrêmement attachant et plus il progresse dans sa quête, et plus les questions se bousculent, plus on veut savoir, tout comme lui.
Publié par Alwenn à 12:08:46 dans @ Thrillers | Commentaires (5) | Permaliens
Clin d'oeil à Belgarpat !
Comme une tombe de Peter James (Pocket, 532 pages). Terminé le 17 juillet 2007.
Genre : thriller
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Lorsqu'il se réveille six pieds sous terre dans un cercueil avec du whisky, une lampe de poche, une revue érotique et un sérieux mal de crâne, Michael Harrison pense à une mauvaise blague. Très vite, il se remémore la soirée arrosée de la veille avec ses copains pour son enterrement de vie de garçon. Seulement les heures passent et personne ne vient le chercher... A la surface, sa fiancée s'inquiète. A trois jours des noces, elle signale la disparition de Michael à Roy Grace, inspecteur aux méthodes peu conventionnelles, dans la ligne de mire de sa hiérarchie. Pour retrouver le futur époux il n'a qu'un seul indice : ses témoins. Mais leur camionnette est en pièces et aucun d'eux n'a survécu à l'accident...
Bon
petit thriller où l'intérêt ne réside pas dans le « qui ? » (Qui
a fait ça ?), puisqu'on le découvre assez rapidement, mais dans le
« comment ? » : mais comment Michael Harrison va-t-il s'en
sortir ??? Les pages se tournent sans que l'on s'en rende compte, parce
qu'on a véritablement envie de savoir comment et quand, ou SI, le pauvre héros
va s'en sortir...
Le personnage de l'inspecteur, Roy Grace, est très attachant : un peu hors-norme, n'hésitant pas à faire appel aux sciences dites « occultes » pour l'aider dans ses enquêtes. Un peu malmené dans la vie, victime de la disparition pure et simple de sa compagne, qui s'est littéralement volatilisée quelques années auparavant et dont il persiste à chercher la trace.
Bref,
ça se lire tranquillou. Une course contre la montre, des interrogatoires pour
démêler le vrai du faux, et quelques incursions dans la vie privée des uns et
des autres font un cocktail sympathique pour ce thriller.
Publié par Alwenn à 22:12:03 dans @ Thrillers | Commentaires (4) | Permaliens
Paroles