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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Shutter Island | 10 septembre 2007

Shutter Island, de Dennis Lehane (Rivages noir, pages). Terminé le 10 septembre 2007.

Genre : roman policier/thriller

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island se dresse un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique dont les patients, tous gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison avec le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le temps passe, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.

          Avec Shutter Island, Dennis Lehane est au sommet de son art. Ce roman a été récompensé par le grand prix des lectrices de Elle en 2004. "Shutter Island brasse les obsessions de l'auteur... et atteint, avec une force bouleversante, au point incandescent de la fragilité des hommes.

 

          Très bon thriller psychologique... Amateurs d'ambiance étouffante, glauque, et de vérité qui vous explose à la tête, ne passez pas votre chemin et ruez-vous sur Shutter Island...

          Je dois dire que même si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire au début, disons les soixante premières pages, on ne peut ensuite que se sentir happé par l'histoire plus qu'intrigante que suivent ces deux marshals. Le personnage de Teddy Daniels est extrêmement attachant et plus il progresse dans sa quête, et plus les questions se bousculent, plus on veut savoir, tout comme lui.

          Quant à la révélation finale, elle est franchement bluffante... et même quand on commence à comprendre les choses, on n'est toujours pas très sûr de ce qu'on avance dans sa tête... Bienvenue dans un monde où la folie règne en maître et où vous-même ne serez plus sûr de vos pensées... A tel point que j'ai dû relire rien que trois fois la fin pour être sûre que j'avais bien compris...(enfin, le tout dernier chapitre, surtout...) Et même maintenant, je dois humblement avouer que le doute plane encore. Et c'est à ça qu'on reconnaît les bons bouquins : ce sont ceux qui continuent de vous hanter bien après que vos ayez tourné la dernière page.

 

Publié par Alwenn à 12:08:46 dans @ Thrillers | Commentaires (5) |

Comme une tombe | 15 juillet 2007

Clin d'oeil à Belgarpat !

Comme une tombe de Peter James (Pocket, 532 pages). Terminé le 17 juillet 2007.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Lorsqu'il se réveille six pieds sous terre dans un cercueil avec du whisky, une lampe de poche, une revue érotique et un sérieux mal de crâne, Michael Harrison pense à une mauvaise blague. Très vite, il se remémore la soirée arrosée de la veille avec ses copains pour son enterrement de vie de garçon. Seulement les heures passent et personne ne vient le chercher... A la surface, sa fiancée s'inquiète. A trois jours des noces, elle signale la disparition de Michael à Roy Grace, inspecteur aux méthodes peu conventionnelles, dans la ligne de mire de sa hiérarchie. Pour retrouver le futur époux il n'a qu'un seul indice : ses témoins. Mais leur camionnette est en pièces et aucun d'eux n'a survécu à l'accident...

 
                  Bon petit thriller où l'intérêt ne réside pas dans le « qui ? » (Qui a fait ça ?), puisqu'on le découvre assez rapidement, mais dans le « comment ? » : mais comment Michael Harrison va-t-il s'en sortir ??? Les pages se tournent sans que l'on s'en rende compte, parce qu'on a véritablement envie de savoir comment et quand, ou SI, le pauvre héros va s'en sortir...

                  Le personnage de l'inspecteur, Roy Grace, est très attachant : un peu hors-norme, n'hésitant pas à faire appel aux sciences dites « occultes » pour l'aider dans ses enquêtes. Un peu malmené dans la vie, victime de la disparition pure et simple de sa compagne, qui s'est littéralement volatilisée quelques années auparavant et dont il persiste à chercher la trace.

                  Bref, ça se lire tranquillou. Une course contre la montre, des interrogatoires pour démêler le vrai du faux, et quelques incursions dans la vie privée des uns et des autres font un cocktail sympathique pour ce thriller.

Publié par Alwenn à 22:12:03 dans @ Thrillers | Commentaires (4) |

Le serment des limbes | 20 juin 2007

Le serment des limbes de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel, 652 pages). Terminé le 18 juin 2007.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller ?


Bon, avouons-le tout de suite : c'est la première fois que je lis du Grangé. Et j'en ressors plutôt satisfaite. Alors on commence par les choses qui fâchent d'emblée : pas de grandeur remarquable dans le style, rien de notable ou d'extraordinairement frappant. En même temps, c'est un thriller pur jus, faut pas non plus s'attendre à des effets de manches littéraires. Ou alors faut lire autre chose.

Pour le reste, je suis assez bluffée. Pendant de longues pages, je me suis demandé pourquoi il y avait certaines longueurs, pourquoi certains éléments de l'enquête semblaient décrocher de l'intrigue principale. Mais sur la fin, on se rend compte du travail d'orfèvre qu'a réalisé Grangé : comme une araignée qui tisse patiemment sa toile, Grangé distille des éléments petit à petit, éléments qui prennent un sens incroyable dans le dénouement. C'est mieux qu'un travail d'orfèvre, c'est un ouvrage de maître ciseleur qui réalise un puzzle subtil et délicat. Je me suis complètement laissée prendre dans cette histoire et je me suis fait avoir sur la fin. Bon sang, Grangé a l'art et la manière de laisser tomber les masques avec une brutalité qui vous laisse pantois. J'avoue donc, je me suis fait piégée. A chaque fois que l'on croit entrevoir la «vérité, la Vérité que seul l'auteur veut bien vous donner vous explose à la tête. Tout s'imbrique parfaitement, et l'on s'en veut de ne pas y avoir pensé avant.

Le personnage principal, Matthieu Durey, est, en outre, pour le moins atypique : flic, mais ancien séminariste, livrant des batailles intérieures, réfléchissant sur des notions eschatologiques, dans un manichéisme très chrétien.

Le fond de l'histoire est donc plutôt riche, assez novateur et intrigue, c'est le moins que l'on puisse dire.

Quant à l'ambiance, c'est très conforme à l'adaptation cinématographique que j'ai pu voir de Grangé dans Les rivières pourpres : pluie, espaces montagnards angoissants oscillant entre pics vertigineux et gouffres pesants, personnages en quête de vérité, subissant leurs pulsions plutôt que les maîtrisant, ambiguïté de l'évolution humaine, entre enfance naïve et âge adulte pris dans ses tiraillements existentiels profonds.

Bref, j'ai bien aimé me faire embarquer de la sorte, et découvrir un univers construit, élaboré, avec une rédaction réfléchie et intéressante.

Et puis, pour terminer, je l'avoue à nouveau, je me suis fait complètement avoir sur la fin, j'y ai cru jusqu'au bout, j'ai douté, je suis revenue de mes hypothèses et Grangé a mis un point final à mes interrogations : je m'étais plantée sur toute la ligne. 

Publié par Alwenn à 22:03:42 dans @ Thrillers | Commentaires (6) |

Le syndrome Copernic | 08 juin 2007

Le syndrome Copernic de Henri Loevenbruck (Flammarion, 441 pages). Terminé le 06 juin 2007.

Genre : thriller

Avis : 3/5

RESUME EDITEUR : Ils lui avaient dit qu'il souffrait d'une schizophrénie paranoïde aiguë. Mais Vigo Ravel le sait, les voix qu'il entend dans sa tête ne sont pas des hallucinations. Ce sont les pensées des gens. Les vôtres.

            Je ne vais peut-être pas être très objective dans la critique de ce livre car je ne l'ai pas lu dans de bonnes conditions. Je l'avais commencé il y a deux mois, je l'ai arrêté plusieurs fois pour lire d'autres livres entre temps, et donc, je n'ai sans doute pas eu une bonne vue d'ensemble du roman. Mais bon, je livre mon sentiment tel quel : en trois mots, je suis déçue.

J'avais adoré du même auteur Le testament des siècles, qui tournait (bien avant le Da Vinci Code) autour de Léonard de Vinci et de ses inventions, avec une intrigue haletante avec courses-poursuites et chasse au trésor.

         Mais là... Même si je dois reconnaître que le style du thriller est bien là (chapitres assez courts, rythme soutenu...) le fond m'a semblé bien plat : on retombe une énième fois dans les histoires de théories de complot, complot militaire cette fois-ci avec expériences interdites qui tournent mal et personnage principal en quête de vérité et d'identité... Bof... une impression de déjà vu qui m'a plutôt laissée froide.

         Ce que j'ai le plus apprécié finalement, c'est la construction même du roman, qui propose, pour couper la trame narrative, des extraits du journal intime du personnage principal, Vigo Ravel. Intitulés « Carnets Moleskine »,  Vigo le schizophrène y développe une réflexion parfois déconcertante mais souvent très pertinente, sur des thèmes assez philosophiques et existentiels. J'avoue que sur ce point-là, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et j'y ai trouvé une réelle profondeur.

         Mais le reste est assez terne, la fin est expédiée à mon sens, et au final, j'ai une impression de caricature pour les personnages. A titre d'exemple, j'ai longtemps été une (très) grande fan d'X-Files, et j'ai cru trouver une pâle imitation des Lone Gun Men dans le groupe SpHiNx.

         Bon, il ne faut pas non plus que je sois négative, ça se laisse lire. Mais je me serais plutôt vue le lire sur la plage cet été... parce qu'il faut le prendre comme un thriller « no prise de tête ».

Publié par Alwenn à 21:53:21 dans @ Thrillers | Commentaires (0) |

Le cinquième règne | 16 mai 2007

Le cinquième règne de Maxime Chattam (Pocket, 521 pages). Terminé en décembre 2006.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Ils auraient dû se méfier... Respecter le couvre-feu instauré depuis le meurtre de jeune Tommy Harper, retrouvé étranglé près de la voie ferrée. Reposer le vieux grimoire poussiéreux tant qu'il était encore temps. Et surtout... ne pas en tourner les pages. A présent, Sean le rêveur et sa bande vont devoir affronter le Mal absolu : à Edgecombe, petite ville tranquille de la Nouvelle-Angleterre, les éléments se déchaînent, de nouveaux adolescents disparaissent et de mystérieux hommes au charisme effrayant font leur apparition...

Et si ce livre maudit détenait la clé du plus effroyable mystère de l'humanité ?


Premier roman de Maxime Chattam, qu'il avait à l'époque publié sous le pseudo Maxim Williams, le cinquième règne livre une histoire d'adolescents qui se voient obligés de combattre l'incarnation du Mal. Comme d'habitude chez Chattam, il y a quelque chose de très manichéen dans l'exposition de la lutte du Bien contre le Mal. Mais l'histoire est très prenante, à la lisière entre du Stephen King (un vague rappel de ça ou encore de La tempête du siècle...) et du Dan Simmons dans son livre Les chiens de l'hiver : ambiance glauque assurée, avec toujours quelques détails sanglants et violents comme Chattam aime à en disséminer parfois.

Le rythme qui fait son succès est là aussi : les chapitres s'enchaînent et l'on toujours envie de poursuivre l'aventure, de plonger plus avant dans la connaissance de l'histoire pour comprendre, pour savoir, pour voir... et les personnages principaux sont plutôt attachants.

Remarquons toutefois que par rapport à ses livres suivants (la trilogie du mal), qui s'attachent à raconter des histoires au plus près de la réalité, -même si elles virent le plus souvent au macabre le plus noir et le plus violent-, l'originalité du Cinquième règne réside sans doute dans son caractère fantastique. Et je trouve que ça lui va plutôt bien à Chattam. Bref, je suis nettement plus emballée par ce livre que par L'âme du mal que j'avais précédemment lu. C'est sans doute parce que c'est moins perturbant de lire des histoires qui vous donnent des frissons dans le dos quand on vous dit qu'elles sont surnaturelles, plutôt que quand on vous fait penser que la réalité des tueurs psychopathes est encore en-deça de la réalité décrite dans le livre...

Ame sensible, moi ? Juste un peu...

Publié par Alwenn à 19:10:11 dans @ Thrillers | Commentaires (4) |

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