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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Les croassements de la nuit | 05 août 2008

Les croassements de la nuit, de Preston et Child (J'ai lu, 601 pages). Terminé le 04 août 2008.


Genre : thriller

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Medicine Creek, un coin paisible du Kansas. Aussi, quand le shérif Hazen découvre le cadavre dépecé d'une inconnue au milieu d'un champ de maïs, il se demande s'il ne rêve pas : le corps est entouré de flèches indiennes y sur lesquelles ont été empalés des corbeaux. Œuvre d'un fou ? Rituel satanique ? Il faut le flair de Pendergast, l'agent du FBI, pour comprendre que cette sinistre mise en scène annonce une suite. Qui sème parmi les habitants une épouvante d'autant plus vive qu'il ne fait pas l'ombre d'un doute, pour Pendergast, que le tueur est l'un d'eux...

Preston et Child signent là encore un bon thriller mené par l'énigmatique et fascinant inspecteur Pendergast...

Si je dois avouer que j'ai eu un peu de mal au départ à rentrer dans l'histoire, à parcourir ces champs de maïs balayés par les vents, à marcher dans les rues de Medicine Creek, cette bourgade perdue du Kansas, je dois dire aussi qu'une fois imprégnée de l'ambiance particulière de ce roman, je n'ai pas pu m'arrêter par la suite. Ces deux auteurs sont vraiment diaboliques pour ça : ils enchaînent les chapitres courts, modifiant les points de vue, et l'on se sent happé par l'intrigue.

Cet inspecteur Pendergast me trouble réellement. D'aucuns n'ont pas tort de le surnommer le « nouveau Sherlock Holmes », car ce qu'il est réellement. Mais il est tellement plus... énigmatique ! Quel drôle de personnage ! Il se lie d'ailleurs d'amitié avec une jeune fille au caractère détonnant, Corrie Swanson, et tous deux forment dans cet opus un couple à la fois atypique et intéressant. Pour avoir lu Le violon du diable l'an dernier, je sais qu'elle ne réapparaît pas et c'est bien dommage car je crois bien que je m'étais prise d'affection pour elle... En revanche, je comprends mieux la présence de la mystérieuse jeune fille sur laquelle je m'étais posé des questions, toujours dans Le violon du diable... même si le voile n'est pas entièrement levé...

L'intrigue en elle-même est assez intéressante, mais j'ai trouvé que l'on devinait un peu trop facilement les tenants et les aboutissants de l'histoire. Enfin en tout cas, j'avais compris depuis un petit bout de temps avant que le mystère ne soit éclairci, et du coup, les dernières pages me sont apparues un peu longuettes... Mais bon, c'est un détail. Le tout se laisse lire agréablement, car les deux auteurs ont une écriture cinématographique qui favorise une immersion totale dans l'univers du livre.

Du coup, ça me donne même envie de lire la suite du violon du diable, que j'avais trouvé un peu « maigrichon » sur le contenu... surtout pour avoir le plaisir de retrouver l'inspecteur Pendergast !

Publié par Alwenn à 22:03:23 dans @ Thrillers | Commentaires (6) |

In tenebris | 01 août 2008

In tenebris, de Maxime Chattam (Pocket, 610 pages). Terminé le 28 juillet 2008.

 
Genre : thriller

Avis : 4/5

 

RESUME EDITEUR  : Des dizaines et dizaines de personnes ont disparu à New York dans des circonstances étranges. La moitié d'entre elles n'a pas été retrouvée. Julia, elle, l'a été. Elle est découverte vivante, scalpée dans un parc. Sa photo figure au milieu d'une soixantaine d'autres ...
Jeune détective à Brooklyn, Annabel O'Donnel prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de New York ? Et si Julia avait raison ? Si c'était le diable lui-même ?

 

         J'avais lu il y a maintenant longtemps le premier tome de la trilogie du Mal de Chattam, mais je n'avais pas poursuivi sur ma lancée. J'avais trouvé L'âme du mal plus convenue que Le sang du temps, premier livre de Chattam que j'avais lu et vraiment A-DO-RE.

         Mais là, l'été et les longues après-midi de farniente aidant, je me suis lancée dans la lecture du deuxième tome que voici, In tenebris.

         Alors premier constat : c'est effectivement du Chattam de A à Z puisqu'une fois qu'on a commencé, on ne peut plus s'arrêter. Les chapitres s'enchaînent et l'on a toujours envie de connaître la suite. Du Chattam encore : les détails sont assez violents, mais on ne peut s'empêcher de s'imprégner de cette cruauté pour chercher aux côtés du détective Brolin qui se cache derrière ces facettes monstrueuses du Mal.

         Dans ce tome, on fait connaissance avec une nouvelle détective, Annabel O'Donnel. Elle est attachante et mène l'enquête tambour battant aux côtés de Joshua Brolin. Elle donne d'ailleurs une touche de sensibilité qui se marie extrêmement bien à la mélancolie qui s'est emparé de Brolin depuis le premier livre. Voilà un duo attachant, aux liens à la fois troubles et si nets... Du coup, rien que pour la relation qu'ils ont tous les deux, j'ai acheté cette après-midi le tome 3, que je lirai sans doute d'ici la fin de l'été...

         L'histoire elle-même est digne aussi de Chattam : je persiste à me demander comment de telles horreurs peuvent germer dans le cerveau de cette gueule d'ange... C'est terrifiant ! Les abominations raffinées de ce livre font vraiment froid dans le dos ! Mais c'est à ça qu'on reconnaît les bons thrillers... J'avoue que j'ai suivi son avertissement de début de livre : se glisser sous la couverture, allumer juste une lampe et se plonger dans l'histoire... Eh, bien, que c'est bon de se faire peur... Et quand on revient à la vie réelle, qu'on se sent bien éloigné de toutes ces horreurs...

         Bref, un bon petit Chattam encore une fois. Un bon thriller estival. Et Brolin est si craquant... j'aurais tort finalement de ne pas terminer cette trilogie du Mal...

 

Publié par Alwenn à 22:52:25 dans @ Thrillers | Commentaires (2) |

Le rasoir d'Ockham | 29 février 2008

Le rasoir d'Ockham (Flammarion, 449 pages). Terminé le 16 février 2008.

 
Genre : thriller

 
Avis : 3/5

 
RESUME EDITEUR  : Des meurtres en série. Une secte sanguinaire surgie du passé. Six pages mystérieusement disparues d'un célèbre manuscrit du XIIIe siècle. Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus violente affaire de sa carrière. Dans l'ombre, un groupe occulte est prêt à tout pour redécouvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de Villard de Honnecourt. Ari saura-t-il arrêter ces fanatiques sans scrupule avant qu'ils ne mettent en place leur sinistre dessein ?

 

 
Avec ce nouveau roman de Loevenbruck, on passe un bon moment, c'est certain, mais quelques défauts ont un peu terni mon impression finale.

Commençons tout d'abord par les points positifs : le rythme est mené tambour battant, comme dans tous les romans d'Henri Loenvenbruck. L'auteur maîtrise parfaitement les codes qui font qu'un thriller rebondit de chapitres en chapitres, et plonge de plus en plus le lecteur dans l'intrigue.

L'intrigue est plutôt intéressante. Evidemment, les romans ésotériques ayant envahi depuis quelques temps nos librairies, il était difficile de faire un roman qui sorte de l'ordinaire. Cependant, on reconnaîtra l'inventivité de l'auteur pour ne pas avoir repris les thèmes désormais épuisés en la matière. En effet, Henri Loenvenbruck a décidé de mener son intrigue autour des Compagnons de France. Alors bien sûr, on reste sur le registre société secrète et compagnie, mais bon, c'est la première fois que je rencontre un polar ésotérique tournant autour de ce thème.

En revanche, les points négatifs sont légions :

-         les personnages sont somme toute assez caricaturaux. Loevenbruck reprend de romans en romans des personnages-types qu'il n'approfondit jamais. C'est bien dommage.

-         L'histoire demeure asse plate dans l'ensemble : l'auteur utilise les schèmes traditionnels de ce type de romans : enquête, mystère, énigme, résolution de l'énigme, poursuite de l'enquête etc. J'aurais bien aimé trouver une autre configuration d'écriture.

-         La caricature de certaines scènes, avec ajout artificiel de références musicales par exemple... ça a eu le don de m'énerver à chaque fois. Dans la relation qu'Ary entretient avec Lola par exemple, il y a quelque chose de tellement convenu que c'en était presque affligeant parfois.

-         Les scènes de violence complètement inutiles. Je ne parle pas des forfaits du tueur mais bien de ces scènes de combats qui font tellement filmiques et hollywoodienne que j'ai trouvé ça tout à fait risibles. Avec une débauche d'hémoglobine et de violence gratuite qui m'a navrée. A un moment, j'avais l'impression de voir ces films américains où le héros seul contre tous parvient par on ne sait quel miracle à vaincre une armada infernale...

-         Le teasing final. Oui, je sais c'est à la mode. Oui, on m'avait prévenu que le livre ne formait pas une unité. Mais qu'est-ce que c'est pénible parfois d'avoir ce sempiternel « à suivre » à la fin d'un livre...

En bref, je ressors de ce livre plutôt déçue. Je n'avais déjà pas été super emballée par Le syndrome Copernic... Mais bon, on passe quand même un bon moment, comme j'ai l'habitude de le dire. Il ne faut pas non plus bouder son plaisir. C'est juste que parfois on attend plus d'un livre que le genre ne peut en réalité proposer. En somme, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se contenter de cette friandise : aussitôt mangée, bien vite oubliée. Le roman ne restera sans doute pas dans les Annales. Mais c'est un bon divertissement.

 

Publié par Alwenn à 20:24:19 dans @ Thrillers | Commentaires (4) |

Le cercle de sang | 22 décembre 2007

Le cercle de sang, de Jérôme Delafosse (Pocket, 441 pages). Terminé le 19 décembre 2007.

Genre : thriller

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Hôpital de Hemmerfest, Norvège. Nathan Falh, membre d'une expédition polaire, sort du coma après un accident de plongée. Il ne sait plus qui il est. Personne ne le réclame. Pourtant, il se sent traqué... Bibliothèque Malatestiana, Cesena, Italie. Un spécialiste des textes anciens décrypte un manuscrit malouin du XVIIe siècle, qui révèle page après page une terrible malédiction qui traverse le temps... jusqu'à aujourd'hui. Seul Nathan détient les clés de ce mystérieux écrit et peut empêcher la folie meurtrière de se déchaîner. Mais pour cela, il doit recouvrer rapidement la mémoire. Et il joue contre le temps, car le Cercle de sang s'apprête à frapper...

 
    Pour un premier roman, je dois dire que tout cela est très bien tourné. L'intrigue suit un rythme tambour battant à travers des pays aux décors aussi riches que variés. La trame narrative qui oscille entre le passé (avec le manuscrit malouin) et le présent (avec la quête identitaire du héros) est plutôt bien pensée.

Evidemment, le coup de l'amnésie Nathan Falh, le héros, est un artifice littéraire un peu éculé mais il n'en reste pas moins que Jérôme Delafosse parvient à nous convaincre de poursuivre avec lui cette passionnante enquête en eaux troubles.

Certains passages du livre sont un réussite au point de vue ambiance (l'épisode au Rwanda notamment, d'une noirceur terrifiante). En revanche, les traits psychologiques de certains personnages sont un peu superficiels : j'ai trouvé Rhoda un peu falote, de même que le personnage de l'anglais bibliophile de la Malestiana, qui aurait pu gagner davantage un profondeur vu la place qu'il occupe dans le roman.

Quant à la trame profonde du livre, elle fait parfois froid dans le dos quand on songe qu'à l'heure actuelle de telles réalisations seraient tout à fait envisageables... Brrrr...

La fin n'est pas mal du tout même si elle m'a furieusement rappelé la fin de Qumran d'Eliette Abecassis.

Le tout est en tout cas très bien documenté, et s'enchaîne avec une certaine facilité. Auteur à suivre donc. Un premier roman prometteur.

 

 

Publié par Alwenn à 22:37:39 dans @ Thrillers | Commentaires (2) |

Carnages | 30 septembre 2007

Carnages, de Maxime Chattam (Pocket, pages). Terminé le 25 septembre 2007.

Genre : thriller

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Harlem Est. 18 novembre, 8h28. Ils sont tous là, dans le hall d'entrée du lycée Village Academy. Plus que quelques minutes avant le début des cours. Parmi les élèves, un adolescent, un sac à dos ouvert à ses pieds. Lentement, il lève son arme vers ses camarades et cale des chargeurs dans sa poche. Le carnage peut commencer...
Quand l'inspecteur Lamar Gallineo arrive sur les lieux du massacre, c'est pour découvrir le cadavre défiguré du tueur qui a fini par retourner l'arme contre lui. Rapidement, cette affaire dépasse le simple fait divers : de nouvelles tueries éclatent dans d'autres établissements.
A chaque fois, le même scénario, inexplicable. Des lycées de New York aux souterrains abandonnés du métro, Lamar va tenter d'enrayer cette macabre épidémie. Mais les apparences sont trompeuses. Toujours...

 
          Tout d'abord, un immense remerciement à Belgarpat qui m'a gentiment envoyé ce petit livre inédit de Maxime Chattam par la poste...

          Et en lisant l'adjectif « inédit », vous pouvez imaginer l'excitation qui peut saisir un lecteur de Chattam en tenant entre ses mains cet opuscule que la majorité du grand public n'a pas lu encore... C'est assez étrange comme sensation : on se sent privilégié, comme rentrant dans le cercle intime de l'auteur, qui vous fait la faveur de vous livrer ses talents d'écriture dans ces quelques pages... (T'avais pas tort en utilisant l'expression « petites mains fébriles », Belgarpat ;-))

          Bref, on saisit le livre, on l'observe beaucoup d'abord. Sa couverture. On l'ouvre ensuite, on fait bruisser habilement les feuilles. On écoute le bruit des mots qui cherchent à s'enfuir. Et puis on s'assoit et on pose ses yeux sur les premiers mots. On lit, enfin.

          Plaisir. Plaisir de découvrir une histoire comme Maxime Chattam sait les faire : circonvolutions autour de massacres dans des lycées américains. Fureur et sang, violence. Ce n'est par pour rien que le livre porte le titre de « Carnages ». Alors là, premier bémol de la pauvre âme sensible que je suis : j'aime le style cru de Maxime, même si je n'ai lu qu'un seul tome sur les trois de sa trilogie du Mal, mais là, il faut aimer les visions d'horreurs que peuvent occasionner des blessures mortelles au fusil... On aurait presque le goût âcre et ferreux du sang dans la bouche...

          L'inspecteur Lamar est un flic bien campé, original. Hors norme. L'enquête repose sur ses épaules et heureusement qu'il les a bien larges. Parce l'histoire lui réserve bien des surprises. Et au lecteur aussi par la même occasion. On ne refera pas Maxime, et heureusement : il a le don de vous faire des surprises.

          Et là où j'ai envie de mettre du sel dans la plaie, pour faire un peu mal tout de même, c'est sur le dénouement de l'intrigue. Oui, c'est vrai, l'histoire tient debout et ne manque pas de ressort. Mais elle manque par contre cruellement d'approfondissement psychologique. On pourra mettre cela sur le compte de la brièveté du roman, bien sûr. Mais on connaît -malheureusement- les racines américaines authentiques et tristement réelles de ces dernières années, qui forment le terreau de l'histoire... Et je pense que l'évocation de ce sujet aurait mérité que Chattam investisse davantage ses personnages d'une profondeur psychologique dont il ne les a pas dotés. C'est dommage. Les motivations finales dévoilées à la fin peuvent donc apparaître un peu simplistes, voire réductrices. Manichéen. Oui. Mais Chattam est très manichéen. C'est sans doute là son plus grand défaut et sa plus grande qualité.

          Enfin, merci encore à toi, Belgarpat, de m'avoir permis de lire « Carnages ».

 

Publié par Alwenn à 21:49:39 dans @ Thrillers | Commentaires (4) |

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