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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Pompéi | 26 mai 2007

Pompéi de Robert Harris (Plon, 416 pages). Terminé le 12 février 2007.

Genre : roman

Avis : 2/5

RESUME EDITEUR : Baie de Naples, an 79. La chaleur se fait de plus en plus étouffante pour les Romains en cette dernière semaine d'août. Une fin d'été ordinaire en Campanie si ce n'est la disparition mystérieuse de l'aquarius chargé de contrôler l'alimentation des environs en eau potable, une anomalie détectée sur l'Aqua Augusta et une étrange odeur de soufre qui flotte dans l'air... Etrangement, personne ne semble prêter attention à ces événements inhabituels. Personne, sauf Attilius, le nouvel ingénieur chargé de l'entretien de l'aqueduc. Alors que Pompéi se prépare à vivre ses dernières heures et qu'il pressent une catastrophe imminente, Attilius va devoir faire face à des querelles politiques et affronter son ennemi juré, esclave affranchi influent et tyrannique,
père de la belle Corelia...

 

Roman sympathique qui se laisse lire mais qui n'a présenté pour moi aucune originalité notable. Il s'agit de ce thème atemporel de la catastrophe du 24 août 79 à Pompéi, vu dans ce livre à travers les yeux d'un jeune ingénieur des eaux romain, Attilius. Ce qui peut être intéressant, c'est le point de vue sur les aqueducs de l'antiquité : pour avoir fouillé depuis maintenant deux ans sur un aqueduc gallo-romain, c'est ce qui m'a le plus capté mon attention : la piscina mirabilis, les conduits d'observation, les matériaux décrits pour la réparation et toutes ces choses que je commence à bien connaître. En revanche, l'intrigue du roman est plutôt plate, les personnages peu étoffés et les liens qui les unissent plutôt sommairement esquissés.

Pour ma part, le plus grand suspens n'a pas été le compte à rebours de l'éruption annoncée du terrible volcan mais bien plutôt l'aboutissement de la réparation de l'aqua augusta.

Je ferais aussi un terrible reproche à l'auteur, c'est d'avoir envisagé Pline l'Ancien sous l'angle d'une caricature grossière : l'antique savant y apparaît comme un obèse essoufflé (même si l'on sait qu'il était corpulent et qu'il avait le souffle court, tout de même, Harris n'y va pas avec le dos de la cuillère...), aigri, égocentrique, un tantinet mégalomane et nombriliste .Surtout, sa mort, si sobrement racontée par son neveu Pline Le jeune en son temps, devient une mort qui manque tellement de panache et de grandeur que j'en avais les mâchoires serrées. Je n'ai absolument pas aimé cette vision partiale et qui ne correspond pas du tout à la vision que j'ai de Pline L'Ancien.

Le dénouement de l'intrigue -qui, je le rappelle manque d'étoffe- laisse franchement à désirer : le fil rouge de la disparition de l'ancien aquarius et la rivalité qui oppose dès le début Attilius, son remplaçant et l'un de ses subalternes, est cousu de fil blanc, pour continuer à filer la métaphore... Bref, un petit moment plaisant, certes, mais qui ne restera sans doute pas gravée dans mes annales livresques. Et si l'on veut connaître la vraie fin tragique de Pline l'Ancien, mieux vaut en lire ce qu'en dit Pline le Jeune à Tacite dans sa correspondance.

 

Publié par Alwenn à 18:20:01 dans @ Romans aventures | Commentaires (0) |

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