" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Depuis le 17-04-2006 :
151837 visiteurs
Depuis le début du mois :
4388 visiteurs
Billets :
123 billets
L'amour dure trois ans de Frederic Beigbeder (Folio, pages). Terminé le 13 mai 2007.
Genre : roman
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l'amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n'est pas grave. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-même, êtes-vous sûr de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par coeur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ? La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus parler. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux, d'une autre. La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre.
Comment
ai-je pu attendre aussi longtemps avant de lire du Frédéric Beigbeder ? Je
me pose encore la question depuis que j'ai terminé ce livre et qu'à chaque fois
que je le regarde, encore posé sur ma table de chevet, j'ai envie de le rouvrir
pour le relire (et cette envie de relire un livre est assez rare chez moi pour
que je le souligne !)
J'ai dévoré cette histoire désenchantée où se mêlent un humour grinçant, une ironie mordante et des constats d'une vérité à la fois accablante et légère.
Beigbeder s'attache à démontrer que l'amour est chose bien incompréhensible, qui, de manière ontologique, échappe à la raison et qui subit les attaques d'un enchaînement hormonal et chimique du cerveau (ça fait froid dans le dos !)... Que celui qui ne se retrouvera pas dans ce qu'a décrit l'auteur me jette la première pierre !
Personnellement, je me suis complètement retrouvée dans ce personnage de ma génération, trentenaire un peu désabusé qui aime, n'aime plus, aime à nouveau, doute mais vit, se détruit, vit encore et profite. La vie quoi. Avec toujours ce désir d'éprouver ce merveilleux sentiment - mais ô combien ténu -, qu'est la passion, ce sentiment fort qui fait souffrir mais qui nous fait tellement nous sentir en VIE.
Le style est fluide, sans prétention mais d'une justesse dans les mots et dans le sens de l'expression qui m'a ravie. Nul doute que dès mon prochain tour à la librairie, je fais la razzia sur ses autres bouquins !
Pour en revenir sur le thème de L'amour dure trois ans, je suis intimement convaincue que cette génération de trentenaire (dans laquelle je m'inclus sans honte) est une génération qui demandera toujours beaucoup à l'amour. On veut le consommer comme on consomme de tout dans la société, et surtout n'en tirer que le meilleur. Alors qu'en matière d'alimentaire, la mode est au light, en amour, en revanche, on demande la folle passion, le sentiment fort, qui vous bouffe le cœur et les tripes, qui vous empêche de manger, de dormir, et qui vous donne votre passeport pour la vie dans toute ses splendeurs et ses misères : aimer et souffrir. N'est-ce pas là le sens même du mot « passion » en latin ? Aimer et souffrir. Et cette souffrance nous permet de nous ancrer dans la réalité, dans la vie, d'une manière tellement empirique et physique que c'est dans cette souffrance même que l'on peut se sentir vivre. C'est du Stendhal moderne : la cristallisation du sentiment et la passion comme seul antidote au désenchantement de la vie.
Certes,
la question reste posée à la fin du roman : l'amour dure-t-il vraiment
trois ans et faut-il toujours recommencer
(si l'on ne peut accepter la perte de ce sentiment incroyable) ou
peut-on espérer trouver quelqu'un qui nous permettra de surmonter cette routine
du couple qui ronge les relations et avec qui l'amour-passion prendra
définitivement ses quartiers ? Le nœud du problème réside donc en une
question simple : serons-nous d'éternels enfants en quête d'un sentiment
qui par nature, nous échappera toujours dans le temps ou pourrons-nous mûrir
assez pour accepter que l'amour, c'est aussi arrêter de courir les chimères et
envisager une relation de couple comme un échange tendre et complice ? En
gros, la passion et la tendresse sont-ils deux sentiments intrinsèquement
différents ou sont-ils les deux faces d'une seule et même médaille qu'il faut
oser retourner un jour ?
Publié par Alwenn à 10:12:11 dans @ Romans | Commentaires (2) | Permaliens
Je l'aimais de Anna Gavalda (J'ai lu, 154 pages). Terminé le 13 mai 2007.
Genre : roman
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. II y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder... " A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché
Depuis le temps que j'entendais parler
d'Anna Gavalda... Alors ça y est, c'est fait, j'ai lu un de ses romans. C'est le
thème qui m'a poussé à choisir celui-ci : un homme, Adrien, qui décide de quitter sa femme et ses enfants
pour vivre avec sa maîtresse. Et le père d'Adrien, qui pour épauler sa belle
fille dans cette douloureuse séparation, va s'ouvrir et raconter comment lui,
des années auparavant, n'a pas eu le courage de faire ce que son fils a fait.
Je dois avouer que le style m'a un peu décontenancée : rien d'extraordinaire, des dialogues assez secs, et l'impression d'être dans la cuisine avec les personnages, à écouter leur conversation sans y prendre part.
Mais du coup, par un côté un peu voyeuriste, envie de savoir ce qui est arrivé à cet homme, pourquoi ses choix, pourquoi l'amour et pourquoi la souffrance.
L'histoire m'a parlée. On ne peut que s'émouvoir face à cette histoire où la douleur est là, bien présente, des deux côtés d'un couple qui va mal et/ou qui se sépare. Rien de bien gai, rien de désespérément triste non plus, mais une leçon de vie et un éclairage sur ce que beaucoup de couples peuvent vivre.
Pas un chef-d'œuvre mais une histoire qui parlera à ceux que ça a touché de près ou de loin.
Publié par Alwenn à 20:26:22 dans @ Romans | Commentaires (1) | Permaliens
Le magasin des suicides de Jean Teulé (Julliard). Terminé en mars 2007.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Imaginez
un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles
pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse
et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable
: la joie de vivre.
Ironique
et décalé. Ce sont les deux mots qui me viennent à l'esprit après avoir lu ce
livre. Lecture extrêmement plaisante où Teulé fait preuve d'une imagination
rare pour nous détailler toutes les formes de suicide possibles. C'est un peu
la famille Adams des temps modernes, à une exception près, ce petit Alan qui
est le seul à aimer cette vie que les autres membres de sa famille s'attachent
à tant déprécier.
Si l'on prend beaucoup de plaisir à suivre cette histoire, la fin en revanche peut sembler déconcertante. Chacun peut y aller de son interprétation, selon que notre naturel nous incite à voir plutôt le verre à moitié plein ou à moitié vide. Mais on ne restera pas insensible face à ce livre. On aimera ou on détestera.
J'ai beaucoup aimé : humour noir et ironie grinçante font un cocktail des plus réussis dans ce Magasin des suicides.
Publié par Alwenn à 20:41:23 dans @ Romans | Commentaires (4) | Permaliens
Note du 08 mai : j'ai lu
52 pages et je n'arrive pas à décoller. Pour l'instant, je ne trouve
pas ça super bien écrit (mauvaise traduction ?) et le rythme est plutôt
lent. Allez, je vais essayer de m'accrocher...
La bibliothèque du géographe, de Jon Fasman, (Seuil, 394 pages). Terminé le 21 mai 2006.
RESUME EDITEUR : En
1154, à Palerme, un voleur dérobe un sac dans la bibliothèque
d'al-Idrisi, géographe du roi Roger II de Sicile, parti cartographier
des contrées lointaines. Ce méfait contraint son auteur à l'exil. C'est
ainsi que le contenu du sac - les précieux outils et talismans de
l'alchimiste - est dispersé aux quatre coins du monde. Neuf cents ans
plus tard, dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, le jeune
journaliste Paul Tomm enquête sur la mort mystérieuse d'un vieux
professeur originaire d'Estonie. Mais sa curiosité contrarie certains
dans leur acharnement à s'approprier quelques objets inestimables et
leurs pouvoirs occultes. Bientôt les deux intrigues se font écho avant
de se rejoindre. Les épisodes relatant les tribulations de Paul
alternent avec l'inventaire minutieux des quinze fabuleuses reliques
maintes fois perdues, maintes fois volées (dont la Table d'émeraude,
source d'immortalité dans la croyance des alchimistes) et les destinées
sanglantes de leurs propriétaires successifs. (...)
Genre : roman
Avis : 1/5
Bon. Alors, alors... Que dire ?
Déjà,
j'ai mis beaucoup trop de temps à le lire, ce qui n'est pas bon signe.
Et puis, il faut que je sois honnête, je me suis octroyé le droit de
sauter les 150 dernières pages pour aller lire la fin, parce que
vraiment, je n'en voyais pas le bout.
C'est
dommage, car le thème, développé dans la présentation de l'éditeur, est
plus qu'alléchant : l'alchimie et ses secrets, deux intrigues séparées
dans le temps qui finissent par se rejoindre... Certes. Mais c'était
sans compter sur le rythme de l'intrigue, lent au possible, qui m'a
complètement découragée. A aucun moment je ne me suis sentie happée par
l'histoire.
Je
ne peux juger de la qualité de la traduction et donc savoir si c'est
cette dernière qui a volontairement ralentit le rythme, mais c'était
lassant. Ce livre me tombait des mains à chaque fois que je le prenais.
J'ai
trouvé le personnage principal, Paul Tomm, creux et vide. D'une
mollesse à avoir envie de lui donner des claques pour le secouer. Et
cette constante introspection, cette constante « métacognition » de cet
antihéros est épuisante pour le lecteur.
En
outre, la construction du récit pâtit énormément de la démarche de
dissociation des époques de l'intrigue. Un peu, ça va, tout le livre
bâti comme ça, c'est irritant. On finit par se perdre dans la
multiplicité des personnages ou dans les méandres
des histoires liées aux objets alchimiques et on voudrait que l'auteur
finisse par relier beaucoup plus tôt les deux intrigues pour être enfin
un peu mis sur la piste. Mais non, ça n'arrive jamais.
Bref, j'ai sauté plein de pages, j'ai lu la fin, que j'ai trouvée banale, comme l'ensemble.
Vivement le prochain livre que je puisse me laver l'esprit.
Publié par Alwenn à 22:03:33 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
L'arbre, de Pierre Magnan (Folio,pr.ed.1992-142 pages). Terminé le 26 avril 2006.
Genre : conte ( ?)
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Connaissez-vous
la légende du chêne, immense et majestueux, qui domine le petit village
de Montfuron depuis la nuit des temps ? On raconte que, lorsque la mort
rôde, l'arbre se met à brûler... Les étranges pouvoirs de cet oracle
mystérieux déchaînent les peurs, les passions et les convoitises.
Certains sont prêts à tout, même à tuer, pour s'en emparer.
Humez,
humez ! Voilà une histoire qui sent bon la Provence ! Même si l'on n'a
pas l'accent, la lecture de ce court conte gouleyant chante avec les
inflexions du sud de la France. Je ne connaissais pas Pierre Magnan,
bien qu'ayant maintes fois entendu parler de son œuvre (c'est lui qui a
écrit La maison assassinée) ou de son style si particulier et,
franchement, après lecture je n'en suis pas déçue ! Bien au contraire !
Quelle langue savoureuse ! Tous ces mots, dont certains, tombés en
désuétude, qui se côtoient ici sans fausse note, et que l'on meure
d'envie d'adopter pour ne pas les oublier une fois le livre refermé :
mirliflore, boulingrins... Toutes ces tournures de phrases qui vous
happent et vous enrobent, saisissant votre imagination dans la moindre
de ses images... Et jusqu'au nom des personnages... Ah ! heureux
Polycarpe Truche d'arborer un état-civil aussi piquant ! Quelle
truculence ! Monsieur Magnan force le respect : il porte l'amour de la
langue française au travers de ses phrases et érige l'écriture au rang
d'art suprême. Chapeau !
Publié par Alwenn à 21:39:57 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Paroles