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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Passer l'hiver | 10 mars 2008

Passer l'hiver d'Olivier Adam (pages). Terminé en février 2008.

 
Genre : recueil de nouvelles

 
Avis : 2/5

 
RESUME EDITEUR  : Ils sont sonnés, lessivés, cassés. Un souffle suffirait à les faire tomber. Pourtant, les personnages de ce livre possèdent une force intérieure insoupçonnée. Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse de supermarché, ils s'accrochent à la vie avec l'énergie du désespoir. Ce sont des invaincus.

Olivier Adam décrit avec sobriété ces grands blessés de l'existence, ces paysages noyés dans le brouillard, qui sont comme la métaphore d'une inguérissable mélancolie, ces femmes maternelles auprès de qui des hommes déjà usés tentent de retrouver un réconfort. Avec ce recueil, Olivier Adam s'impose d'emblée comme un « nouvelliste » hors pair, dans la lignée des « grands » américains (Carver, Cheever), dont il a assimilé leurs techniques : stylisation, art de l'ellipse, montage « cut », refus de la psychologie.

        

    Je n'étais probablement pas dans un bon état d'esprit pour lire ce livre dont un ami m'avait dit tant de bien, parce que vraiment, je crois que j'ai détesté cette lecture. Je n'ai aimé ni l'écriture d'Olivier Adam, dont on m'avait vanté l'efficacité, ni les personnages désabusés et perdus que l'auteur met en scène.

         Je me suis absolument forcée à aller jusqu'au bout de cette lecture, pourtant courte, tant ces nouvelles m'ont mises mal à l'aise. On a l'impression que l'auteur se complaît dans le misérabilisme, la détresse la plus noire et les situations les plus glauques. C'est oppressant, c'est pessimiste, et ce n'est franchement pas le livre à lire quand on a des soucis personnels. L'éditeur présente les héros comme des « invaincus ». Des invaincus ? Ah, bon ? Où ça ? Je n'ai vu que des âmes blessées, embourbées dans leur vie triste et minable, se débattant avec toute la force du désespoir...

         Je n'aime pas trop cette vague de nouveaux auteurs qui surfent sur le malheur des gens pour en faire des histoires dans lesquelles ceux qui n'ont pas de soucis peuvent se plonger avec délectation en se félicitant de ne pas avoir à subir tout ça. C'est la fameuse phrase de Lucrèce poussé en art de vivre littéraire : « Qu'il est bon, assis sur la falaise, de regarder autrui se débattre dans la tempête »...

C'est tellement facile effectivement. Mais je ne peux être touchée par cette vision de l'être humain, qui, tombant dans le désespoir le plus noir, n'a d'autre solution que de se raccrocher à sa condition pour essayer une dernière fois de donner un sens à sa vie. Pour moi ce ne peut être ça la vie. Parce que c'est bien plus beau et poétique si l'on veut bien s'en donner la peine.

Désolée, je n'hurlerais donc pas avec les loups sur ce coup-là... Les éloges dithyrambiques dont bénéficient à la fois le livre et l'auteur ne me rallieront jamais à la mouvance littéraire des despair stories...

Publié par Alwenn à 16:29:52 dans @ Recueil de nouvelles | Commentaires (0) |

Attirances | 06 janvier 2008

Attirances, de Didier van Cauwelaert (Livre de poche, 220 pages). Terminé le 01 janvier 2008.

 
Genre : recueil de nouvelles

Avis : 5/5

 
RESUME EDITEUR : Un écrivain harcelé par l'étudiante qui lui consacre une thèse ; un peintre qui s'accuse de tuer les femmes à distance avec ses pinceaux ; une maison qui envoûte jusqu'à la folie ceux qui s'y attachent... Faut-il résister à l'attirance ? Et si l'on y cède, est-ce pour se fuir ou pour se retrouver ? Liées par un même secret, trois passions vénéneuses où culmine le talent d'un des plus grands auteurs français d'aujourd'hui.

 

                  Commencer l'année par une découverte comme celle-là augure de lectures riches et intéressantes... (enfin, j'aime à le croire...)

                  Je n'avais jamais lu de Cauwelaert et j'ai trouvé ça... génial !

                  Trois nouvelles. Trois histoires. Et des ponts entre ces trois intrigues par des personnages récurrents, ou des thèmes. Terriblement innovant pour moi cette construction : on peut lire les trois histoires de manière très indépendante, mais quelle saveur de pouvoir établir des liens entre les trois intrigues !

                  J'ai complètement adoré le style, vif et tranchant. On oscille entre le décor noir et envoûtant et le fantastique. On ne sait jamais où est la limite, l'auteur nous baladant dans ses histoires border-line. J'ai été absolument subjuguée par cet auteur et par ce livre ne particulier. Il faudra sans doute que je lise d'autres ouvrages de lui pour me faire une idée plus précises, mais d'emblée, je suis conquise.

                  On dévore ces trois histoires, on veut savoir, on se laisse emporter nous aussi dans ce tourbillon passionnel et attirant. Une vraie découverte, un vrai coup de cœur. A savourer, sans modération.

 

Publié par Alwenn à 13:56:07 dans @ Recueil de nouvelles | Commentaires (0) |

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part | 01 août 2007

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, de Anna Gavalda (J'ai lu,157 pages). Terminé le 31 juillet 2007.

Genre : recueil de nouvelles

Avis : 3/5

RESUME EDITEUR : « Quand j'arrive à la gare de l'Est, j'espère toujours secrètement qu'il y aura quelqu'un pour m'attendre. C'est con. J'ai beau savoir que ma mère est encore au boulot à cette heure-là et que Marc n'est pas du genre à traverser la banlieue pour porter mon sac, j'ai toujours cet espoir débile. »

Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d'espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu'il leur arrive, ils n'ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d'émotion qu'ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d'Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences.


Je l'ai lu en une journée à peine. Quelques heures suffisent pour lire ces douze tranches de vie.

La qualité des textes au sein du recueil est assez inégale mais je retiens tout de mêmes quelques nouvelles :

- « I.I.G », terrible dans la douleur qu'elle recèle chez la femme que l'auteur décrit...

- « Permission », dont sont extraites les quelques lignes en exergue sur la quatrième de couverture, et qui a le mérite d'instiller cette note d'espoir fou que chacun peut un jour glaner au détour des aléas de la vie,

- « Le fait du jour », pesant dans l'erreur impardonnable d'un homme et cinglant d'une lâcheté humaine malheureusement parfois trop présente dans la société actuelle,

- « Junior », risible de cette moquerie sans méchanceté dans laquelle on prend parfois plaisir à se glisser (pour ne pas dire se vautrer, parce que j'ai vraiment, vraiment ri sur ce coup-là...) face aux déboires des autres...

Pour le reste, je suis parfois restée sur ma fin, surtout si l'on considère que le propre d'une nouvelle est de nous surprendre par sa chute. Certaines autres histoires apparaissent en effet davantage comme des ébauches de ces fameuses « tranches de vie » qu'Anna Gavalda, il faut l'avouer, a le talent de saisir sur le vif, comme un instantané photographique qui aurait le pouvoir de conserver les mille brillances flamboyantes ou les mille clairs-obscurs ténébreux que la vie peut apporter.

Comme le dit le résumé éditeur, ce sont des êtres dans leur simplicité la plus humaine, avec tout ce qui fait que l'on peut facilement s'identifier puisque chaque individu possède dans son ou ses histoire(s) sa part d'extraordinaire et de merveilleux, qui apparaîtra banale aux yeux des autres, mais qui fera toute l'originalité de son parcours dans la vie.

L'écriture de l'auteur, simple et actuelle, a en outre le mérite de donner à ces histoires cette dimension à la fois familière et élémentaire de ces chemins de vie, et qui nous rend les personnages si attachants ou si rebutants.

Un bon moment, donc. J'ai même une meilleure impression que Je l'aimais, du même auteur, et lu précédemment. Du coup, je me demande même si je ne pousserais pas le vice à lire aussi Ensemble, c'est tout, dont on semble dire tant de bien... On verra !

Publié par Alwenn à 11:24:38 dans @ Recueil de nouvelles | Commentaires (0) |

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