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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Cui prodest : à qui profite le crime ? | 09 juin 2006

Cui prodest ?, de Danila Comastri Montanari (10/18, grands détectives, 349 pages). Terminé le 11 juillet 2006.

RESUME EDITEUR : Publius Aurélius Statius a beau être un des sénateurs les plus puissants et respectés de la Rome impériale,lorsque ses domestiques le supplient de mener l'enquête sur la mort d'un des leurs, il se voit contraint d'accepter. Pour seuls indices, un pion de latrunculi, un jeu de stratégie très prisé des Romains, retrouvé près du cadavre, et l'empreinte ensanglantée d'une chaussure... Le limier romain, aidé de l'incontournable Castor, devra mobiliser tous ses talents de déduction, traquant l'assassin des bas-fonds de la bouillonnante cité jusque dans les domus les plus élégantes. Entre d'étranges esclaves épris de philosophie, un arrogant champion de latrunculi et un mystérieux devin, Aurélius aura fort à faire pour démasquer le tueur, d'autant plus que celui-ci n'en est pas à son coup d'essai.

Genre : polar antique

Avis : 4/5

« Cui prodest ? » : « A qui profite le crime ? ».


Voilà la question qu'il faut poser quand on se trouve face à un meurtre.

Pour sa quatrième enquête (j'ai déjà lu les trois tomes précédents : Cave canem, Morituri te salutant, Parce sepulto),
le richissime sénateur Publius Aurélius Statius va pénétrer plus avant
dans le monde caché de la domesticité, la sienne et celles des autres.


L'esclavage est une constante chez les peuples antiques mais la vision que les citoyens libres possèdent de l'esclave,le servus latin, diffère selon la classe sociale, l'éducation ou les principes philosophiques qui forgent l'individu.

Ce qu'il y a de très intéressant dans cette quatrième enquête du sénateur romain, outre l'intrigue en elle-même, c'est justement la multiplication des points de vue sur l'esclavage à travers le roman.On peut ainsi voir la vie dorée des esclaves d'Aurélius et sa complicité avec son affranchi Castor (décidément un personnage très attachant) et comparer avec le sort d'indigence subie par les esclaves des

classes défavorisées comme ceux qui travaillent dans les chaufferies de thermes miséreux des quartiers mal famés de Rome. Le rôle de l'esclave féminin est également bien expliqué : soumise aux volontés de son maître ou de ses enfants mâles, elle devient bien souvent un objet sexuel. Toutel'originalité de cette histoire réside dans le renversement des rôles que l'auteur va effectuer pour mettre, l'espace

de quelques jours, son sénateur de détective dans le rôle d'un esclave de basse extraction opérant un travail difficile. Totalement inconcevable dans la réalité des faits historiques et civilisationnels de la Rome antique bien sûr,mais c'est un roman ! Aurelius en ressort évidemment grandi dans sa fonction de riche citoyen romain généreux et bon... c'en est même peut-être un peu trop artificiel.

La dimension philosophique (épicurisme et stoïcisme) est également bien abordée pour permettre au lecteur de comprendre la différence de vision de l'homme libre sur l'esclave : Sénèque le stoïcien ne dit-il pas en effet que l'esclave est un homme comme les autres, et qu'il ne doit point être considéré comme un objet mais bien comme un être humain qui n'a simplement pas eu de chance ? A cet égard, le sénateur se rapprocherait d'ailleurs davantage du stoïcisme que de l'épicurisme dont il se revendique. Bref, tout le petit monde caché de Rome, le petit monde de l'esclavage sans lequel l'Urbs n'aurait pu fonctionner correctement, est bien rendu, bien décrit.


Quant à
l'intrigue, elle se déroule comme d'habitude sans anicroche : l'auteur
manipule le lecteur à sa guise, le perdant de fausses pistes
en vraies hypothèses jusqu'au dénouement final, assez inattendu finalement.

A qui profite le crime ? Souvent à celui que l'on attend le moins...

Comme dans les tomes précédents, Danila Comastri Montanari nous gratifie d'une nouvelle : « Une femme pour Publius Aurelius Statius » qui se laisse lire, comme le digestif de ce roman.

Allez, un peu de patience, les autres tomes sont en cours de traduction.

Publié par Alwenn à 19:14:47 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) |

Le complot des Parthiques | 17 avril 2006

Le complot des Parthiques, de Bertrand Lançon (Alvik - 237 pages). Terminé le 28 février 2006.

Genre : polar antique

Avis : 4/5

RESUME : Rome,
373 après JC. Festus vient d'être nommé dans la fonction d'adjuteur.
Issu d'une famille noble, il profite de la vie, dans la plus pure
tradition de l'otium romain. Mais son repos est de courte durée : dans
les entrepôts du port, on vient de retrouver un cadavre aux étranges
mutilations... Il a la langue coupée et ses yeux sont énucléés. Festus
va devoir mener l'enquête dans cette Rome partagée entre les religions,
les factions politiques, les complots contre l'Empereur. Sa tâche ne
sera pas facile...


Ceux qui aiment les polars antiques, notamment ceux de Danila Comastri Montanari, ne seront pas déçus.

Malgré un style qui peut parfois sembler manquer d'aboutissement, ce
premier roman policier augure une suite plutôt prometteuse si le filon
de ce nouvel enquêteur romain, Festus, est exploité par l'auteur.



L'intrigue policière est plutôt bien menée et les pistes s'enchaînent
sans fausse note jusqu'au dénouement où l'on peut presque se laisser
surprendre !


Le cadre de l'histoire est quant à lui très intéressant : la Rome du
IVème siècle après JC, ce qui diffère justement des polars antiques
habituels - Saylor, Montanari, Leseleuc...- qui se situent souvent
entre le I avant et après JC. On observe ici une Rome vibrante,
partagée entre complots et mouvements religieux aussi divers que
variés.



Ce qui pourraient éventuellement rebuter, c'est un début où un lecteur
qui se trouverait confronté à des mots inconnus, relatifs à la
civilisation romaine, ne pourrait en connaître le sens qu'en se
reportant à un lexique placé à la fin du livre. Cela dit, passé ce
petit désagrément, et une fois bien installé dans l'ambiance, on n'y
prête plus guère attention.



Un seul vrai regret : la fin. Un peu abrupte à mon goût mais qui, à mon
sens, laisse tout simplement présager que l'auteur souhaiterait nous
donner une nouvelle enquête si celle-ci trouve son public. Espérons-le.

Publié par Alwenn à 15:55:43 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) |

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