" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Aristote détective de Margaret Doody (10/18, 248 pages). Terminé le 04 mars 2008.
Genre : polar antique
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : A l'aube du mois de Boédromion, juste au déclin du solstice d'été à Athènes en 328 avant J.-C., un éminent citoyen est brutalement assassiné d'une flèche dans la gorge. Le jeune Stéphanos est rempli d'horreur devant ce spectacle, mais il est encore plus effrayé en écoutant la proclamation publique accusant son cousin Philémon de ce meurtre. Car, selon la loi athénienne, c'est à Stéphanos, plus proche parent mâle de l'accusé, que revient le redoutable honneur de défendre Philémon devant l'Aréopage. Dans son désarroi, il va chercher aide et assistance auprès de son vieux maître Aristote. En racontant son aventure, Stéphanos brosse un savoureux portrait d'Aristote et de ses excentricités, ses enthousiasmes, sa passion pour les poteries et le bon vin. Grâce au philosophe, notre héros fera éclater la vérité.
Après avoir dévoré un certain nombre de polars antiques au temps des Romains, place au polar antique made in Greece... Enfin, Margaret Doody n'est pas grecque mais son héros- détective lui l'est bien, puisqu'il s'agit du célèbre philosophe Aristote, rien de moins ! Aristote le grec, ou plutôt devrions-nous dire le Macédonien, et dieu sait qu'à l'époque, on faisait la différence...
Quelle belle découverte que celle-ci en tout cas ! ça change des ambiances de Rome et c'est tout l'art de la rhétorique antique qui se développe petit à petit au fil de ces pages pour mieux nous entraîner dans une passionnante enquête.
On découvre ainsi l'Athènes antique, le mode de vie des Grecs, et surtout, on plonge avec délice aux côtés de cet Aristote romanesque dans une intrigue pleine de rebondissements. Aristote reste chez lui et le héros Stéphanos, lui apporte au fur et à mesure de ses découvertes les différents éléments qui vont permettre de dénouer cet écheveau. Et c'est avec brio que le jeune Athénien fera éclater la vérité le jour du procès !
Margaret Doody transcrit bien les angoisses du jeune héros, les réflexions du philosophe, et l'on suit plaisamment cette incursion dans la civilisation méditerranéenne qui a sans doute le plus perfectionné son système judiciaire et poussé à son paroxysme l'éloquence et la rhétorique, que nous avons conservées encore aujourd'hui. A cet égard, j'ai particulièrement apprécié les dernières pages du livre, qui mettent en scène le procès, et à la lecture desquelles on peut presque suivre en temps réel la présentation argumentative des deux parties. C'est fascinant.
Il y a d'autres tomes mettant en scène cet Aristote détective et si j'arrive à me procurer les autres (certains sont en rupture de stock), je me ferais un plaisir de faire un petit bout de chemin supplémentaire aux côtés du philosophe...
Publié par Alwenn à 16:39:14 dans @ Polars antiques | Commentaires (2) | Permaliens
In corpore sano (10/18, 274 pages). Terminé le 03 février 2008.
Genre : polar antique
Avis : 4/5
RESUME : La vie pourrait être douce pour Publius Aurélius
Statius, éminent sénateur de l'Empire romain, séducteur invétéré et épicurien
convaincu. Mais ce bon vivant possède aussi un sens aigu de la justice et un
sérieux penchant pour les mystères criminels. Aussi, lorsque la fille de son
vieil ami juif Mordechaï meurt dans d'étranges circonstances, apparemment
victime d'un avortement raté, Aurélius soupçonne une réalité plus complexe
qu'il n'y paraît. Avec l'aide du roublard Castor, son indispensable affranchi
et de Pomponia, une pétulante matrone toujours partante pour se lancer sur la
piste du crime, il enquête au cœur du quartier juif du Transtévère. Mais dans
les sombres ruelles de la cité la plus puissante du monde antique, le mal peut
prendre bien des visages. Entre un insaisissable fiancé, une vieille nourrice
moins folle qu'elle n'en a l'air et un voyou assoiffé de vengeance, les
suspects ne manquent pas pour l'infatigable Aurélius.
Encore une bonne enquête du patricien Publius Aurelius Statius !
Après la mort mystérieuse de Dinah, la fille de son ami juif Mordéchaï, Aurélius va explorer la Rome des Juifs, mais aussi les bas-fonds de la Ville, la Rome des sage-femmes pratiquant l'avortement et la Rome des lupanars aux prostituées envoûtantes...
Castor endosse toujours le rôle de l'esclave rusé (et toujours aussi hilarant) et Aurelius ne peut encore une fois s'empêcher de céder au charme d'une femme...
Danila Comastri Montanari a l'art et la manière de nous emporter 2000 ans en arrière et c'est un réel plaisir de suivre l'enquêteur romain... Et dire qu'il y a déjà 4 ou 5 livres supplémentaires déjà écrit mais qui ne sont pas encore traduits... Allez, petit traducteur... un petit effort pour les fans de Publius Aurelius Statius... Je trouve toujours trop long le délai d'attente entre chaque volume... Mais au moins j'ai la satisfaction de me dire que je ne suis pas prête de lâcher mon patricien préféré...
Publié par Alwenn à 23:33:20 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) | Permaliens
Spes, ultima dea, de Danila Comastri Montanari (10/18, grands détectives, 312 pages). Terminé le 23 septembre 2007.
Genre : polar antique
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Par Jupiter ! En cet été caniculaire de l'an 46 après J.-C., la tranquillité du sénateur romain le plus séduisant de la capitale impériale, Publius Aurélius Statius, semble bien compromise ! Non seulement ce richissime épicurien, qui avait jusque-là préservé jalousement son célibat, se voit poussé au mariage avec une jeune veuve aussi belle que glaciale, mais en plus quelqu'un souhaite sa mort ! Un des rejetons d'une des plus célèbres familles de Rome a d'ailleurs été assassiné à sa place et c'est bien sûr Aurélius qui est chargé par l'empereur et ses collègues de la Curie de mener l'enquête. Avec l'aide de l'incontournable Pomponia, matrone éclairée, reine des racontars, potins et secrets d'alcôve et du roublard Castor, passé maître dans l'art de collecter les informations et d'extorquer de l'argent à son maître, le perspicace Aurélius devra déjouer les pièges les plus perfides pour percer ce mystère et rester en vie...
Bonne
enquête, une fois encore, du sénateur Publius Aurelius Statius... Le rythme est
bien soutenu. Aucun temps mort, et tant mieux, car l'intrigue dans cet opus a
besoin de dynamisme pour s'exposer. Le livre commence sur un retour en arrière
un peu mystérieux, autour duquel toute l'histoire va venir se greffer.
Danila Comastri Montanri s'appuie sur de solides connaissances historiques et civilisationnelles pour nous brosser, comme à son habitude, un tableau plus que réaliste de la Rome antique. Et ses personnages gagnent en profondeur dans ce tome : l'intendant Pâris, notamment, qui va sans doute étonner le lecteur... et bien sûr, l'impayable Castor, véritable Scapin antique... A mourir de rire !
Bref, une réussite encore. A quand le suivant ?
Publié par Alwenn à 19:48:47 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) | Permaliens
Le rire des Luperques (Tome 3 des enquêtes de Festus) de Bertrand Lançon (Alvik, 255 pages). Terminé le 02 juillet 2007.
Genre : polar antique
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : 377 après J.-C. : Festus est revenu à Rome.
Son ancienne fonction d'agens in rebus le conduit à mener l'enquête sur une
série d'assassinats. Que signifient ces meurtres mis en scène sur le parvis de
la fontaine la plus monumentale de Rome ? Que viennent faire ces amulettes,
phallus et croix ? Dans cette investigation délicate, Festus s'intéresse aux
côtés les plus secrets de la société romaine, les patrimoines, les mœurs et les
violences. L'intrigue s'épluche comme un oignon : on approche sans cesse de
nouvelles vérités qui se dérobent. Coups de théâtre et pittoresque sont au
rendez-vous.
Troisième aventure de Festus, l'enquêteur
romain du IVème siècle après JC. L'agens in rebus (agent de
renseignement impérial) a mûri et enquête sur de mystérieux meurtres au sein de
la sodalité des Luperques.
Les sectes chrétiennes sont toujours aussi présentes (ursiniens, manichéens...) et cette fois-ci, c'est un peu l'Ancienne Tradition romaine et ses rites contre la nouvelle religion monothéiste en proie aux dissensions qui occupent le livre.
Je continue à apprécier le style, concis, agréable ainsi que les détails de civilisation qui jalonnent le texte (vie quotidienne, nourriture...) mais j'ai trouvé l'énigme moins complexe que dans les deux autres tomes, peut-être un peu plus brouillonne.
Même si on ne s'attend pas vraiment au dénouement, j'ai eu un peu de mal à raccrocher tous les éléments ensemble. La politique s'en mêle et même si certains masques tombent peu à peu, mon impression reste mitigée. D'autant que j'ai trouvé la fin vraiment abrupte. Alors ai-je loupé un épisode par une lecture trop rapide ? En tout cas, je n'ai pas saisi le sens de la dernière phrase.
On verra au prochain tome (je suppose qu'il
y en aura un autre...) si je peux raccrocher la fin. Mais vraiment, c'est
désagréable d'avoir la sensation de ne pas avoir compris un élément de
l'histoire.
Publié par Alwenn à 13:40:13 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) | Permaliens
Le prix des chiens de Bertand Lançon (Editions Alvik, 206 pages). Terminé en décembre 2006.
Genre : roman policier antique
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : 375 ap. J. C. : nommé agent de renseignement, Festus se voit confier une mission secrète dans une Illyrie en pleine crise. Des barbares sillonnent le pays, les chrétiens se battent entre eux, et les meurtres se multiplient. Loin de sa famille et des plaisirs de Rome, Festus doit parcourir les Balkans dans un hiver glacial. Pourquoi la cité de Scupi est-elle soumise à une quarantaine implacable ? De rencontres inattendues en découvertes étonnantes, il conduit son enquête avec ténacité au péril de sa vie. Avec finesse et humour, il parvient, avec ses amis, à percer toute cette noirceur, aboutissant à de saisissantes révélations. « Chaque affaire est une fresque couverte d'un enduit qui la cache. (...) J'arrivais maintenant au moment exaltant où l'enduit est suffisamment entamé pour qu'une partie de la peinture puisse être comprise... »
Deuxième opus des aventures de Festus, Bertrand Lançon tient toutes se promesses : le personnage de l'enquêteur est désormais bien campé et l'univers dans lequel il évolue aussi.
D'ailleurs, je n'ai cessé de m'extasier sur « l'exotisme » d'avoir choisi cette période tardive de l'empire romain pour situer ces enquêtes. Moi qui suis habituée aux polars antiques du I avant ou après JC, et qui pensait bien connaître l'histoire de Rome en ma qualité de prof de Lettres Classiques, je reste stupéfaite de voir combien je connais très mal cette période.
Et pourtant, c'est tout simplement passionnant ! On sent les tiraillements d'un empire qui a dû évoluer avec les difficultés inhérentes à son extension, l'évolution de la religion, le rapprochement des barbares aux portes du Limes... Tout cela concourre à livrer une ambiance de polar antique complètement à part dans lequel l'auteur fait son trou lentement mais sûrement. On appréciera l'effort d'avoir moins donné de vocabulaire spécifique latin (Bertrand Lançon s'explique d'ailleurs à ce propos dans sa post-face) tout en conservant une certaine exigence à nommer les choses telles qu'elles sont sans simplifier à outrance.
L'intrigue quant à elle tourne aussi bien que la première et je me suis encore une fois laissée surprendre par le dénouement. Ce qui est évidemment très bon signe pour un auteur de polar quand il arrive à surprendre ses lecteurs.
J'ai particulièrement apprécié également les lieux que l'auteur a choisis pour situer son histoire : cette Illyrie lointaine qui n'a pas été sans me rappeler des poèmes de Tristes ou des Pontiques d'Ovide quand il décrit le glacial hiver sarmate.
En résumé, je crois que j'attendais de lire ce deuxième opus pour affermir mon jugement, mais je peux le dire maintenant : je suis conquise par ce nouvel enquêteur antique.
Publié par Alwenn à 19:23:00 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) | Permaliens
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