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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Les larmes de Machiavel | 31 juillet 2007

Les larmes de Machiavel, de Raphaël Cardetti (Pocket, 307 pages). Terminé le 30 juillet 2007.

Genre : roman policier historique

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : A Florence, à la fin du XVe siècle, depuis la chute de la maison Médicis, les esprits sont prompts à s'échauffer entre les défenseurs du régime républicain en place, et les partisans d'un retour au pouvoir aristocratique.
Témoin d'un meurtres, Niccolo Machiavel, jeune secrétaire de chancellerie, va mettre à profit ses parfaites connaissances de l'âme humaine et des rouages politiques pour mener une enquête qui le plonge au cœur d'un complot visant à reverser la République.
Mais ne cherche-t-il pas d'abord à servir ses intérêts ?

 

Tout le monde a, un jour ou l'autre, entendu parler de Machiavel, et surtout du terme auquel il a donné naissance : le machiavélisme.

Eh bien, « machiavélique » est bien l'adjectif qui qualifie le mieux ce roman policier dont les événements prennent place dans la Florence renaissante.

En effet, toute la dextérité de Cardetti tient dans sa manière plus qu'adroite d'amener le lecteur en erreur jusqu'à la révélation finale, assez époustouflante. Au moment où l'on se dit « ben, oui, je l'avais deviné, c'était ***. » Eh bien, non, c'est plus tordu que ça... Oui, machiavélique est bien l'adjectif ad hoc pour cette intrigue.

Et même si l'acception commune et populaire du terme « machiavélisme » n'est pas la représentation la plus fidèle de la pensée de ce théoricien de la politique que fut Machiavel, en revanche, le sens de son fameux précepte « la fin justifie les moyens » prend toute sa profondeur dans le dénouement final.

C'est donc un livre qui se lit comme on mange ces gâteaux dont il faut déflorer toutes les couches pour accéder au cœur. Et là, c'est l'épate.

Bon, comme il faut bien trouver des défauts, j'aimerais quand même pointer du doigt les petites trahisons de l'auteur face à la véracité des faits historiques. Je ne peux pas forcément beaucoup développer au risque de dévoiler trop l'histoire, mais les personnages historiques cités n'ont pas tous forcément connu le destin que Cardetti veut bien leur prêter. C'est romancé certes, mais l'Histoire est tout de même à mon sens une maîtresse qui se satisfait mal de ce genre d'infidélités. Mais bon, il faut prendre ce roman comme il est, un bon petit policier historique à la fin duquel il fait bon se faire piéger.

 

Publié par Alwenn à 21:05:15 dans @ Polars | Commentaires (4) |

L'homme aux cercles bleus | 02 novembre 2006

L'homme aux cercles bleus, de Fred Vargas (J'ai lu, 220 pages). Terminé le 12 novembre 2006.


Genre
: roman policier


Avis : 3/5


RESUME EDITEUR : "
Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? " Depuis quatre mois, cette
phrase accompagne des cercles bleus qui  surgissent la nuit,
tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles,
prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu :trombone, bougie,
pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des
journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un
joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur
contenu hétéroclite sont de, mauvais augure. Il le sait, il le sent :
bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort.
Un matin, c'est le cadavre d'unefemme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.


La première chose que l'on peut dire sur les romans de Fred Vargas,
c'est qu'elle a un univers bien particulier et un style bien à elle
pour le faire passer. On aime ou on n'aime pas, tout est une question
de goût.


Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre : la
plupart des personnages qu'elle fait évoluer dans son monde ont tous un
grain, sont tous un peu déjantés. Chaque particularité, qualité ou
défaut, est poussée jusqu'à son extrême et peut provoquer parois un
malaise chez son lecteur : on a tendance à d'abord ce dire que tout
cela est bien trop mis en scène, que personne n'agit véritablement
comme ça. Et puis, en réfléchissant bien, en se laissant flotter avec
l'histoire, on se rend compte que Vargas ne fait que décomposer des
modes de pensées ou de réflexion, qu'elle s'attarde sur ce qui
d'habitude laisse froid faute de temps suffisant pour s'y appesantir.
Un peu comme ces vieilles séquences cinématiques qui décomposent les
mouvements d'un homme qui court. Bref,tout cela dénote un imaginaire
bien particulier face auquel j'ai dû me faire personnellement violence
pour pouvoir y rentrer car c'est très loin de mes propres schémas
d'analyse et de pensée.


Le début du livre est très lent à mon goût, mais visiblement, il s'agit
du premier opus où elle met en scène le commissaire Adamsberg et
l'inspecteur Danglard : il faut donc poser les marques. Cela se fait
dans la lenteur, l'introspection, l'analyse constante. Beaucoup de
narratif et de style indirect libre pour rentrer dans la tête des
personnages.Au final, ce sont deux bonshommes particuliers, des êtres
réalistes mais attachants. Pas du tout le type de détective glamour et
ténébreux des séries policières habituelles.


L'intrigue met donc par la même occasion un peu de temps à décoller. Je
l'ai trouvé vraiment intéressante vers la fin du livre, quand tous les
éléments commencent à se mettre en place, que les pièces du puzzle
commencent à s'imbriquer les unes dans les autres et que l'on commence
peu à peu à comprendre toute l'histoire. Et là, je dois reconnaître que
même si ça fait plaisir enfin de se faire avoir avec un bouquin, de se faire
réellement surprendre par l'identité du coupable, cela est fait en
dépit de toutes les accords tacites qui unissent un écrivain de polars
et son lecteur : Adamsberg réagit de manière très intuitive (trop ?), et le
lecteur n'a pas toutes les pistes et les éléments pour pouvoir mener
son enquête en parallèle. C'est un peu dommage.


Je pense cependant que je lirai d'autres livres de Fred Vargas, mais j'espère que
je n'aurai pas autant de mal à pénétrer dans son univers et que, une
fois la surprise de la découverte passé, je pourrai
sympathiser avec la série de cet auteur.


Publié par Alwenn à 19:10:11 dans @ Polars | Commentaires (6) |

Le lac des derniers soupirs | 13 août 2006

Le lac des derniers soupirs, de Erin Hart (Pocket Policier, 563 pages). Terminé le 23 août 2006.



Genre : roman policier

Avis : 3/5

RESUME EDITEUR : Etranglé, égorgé, noyé : tel est le triple châtiment que semble avoir subi l'homme dont les
restes ont été découverts dans une tourbière au cœur de l'Irlande.
Appelée pour étudier ce corps datant de plusieurs siècles, la
biologiste Nora Gavin compte aussi sur ce voyage pour faire le point
sur sa relation avec son compagnon, l'archéologue Cormac Maguire. Or
leur couple va affronter une épreuve inattendue puisqu'un autre
cadavre,
beaucoup plus contemporain celui-là, est retrouvé, portant les mêmes
stigmates. De scientifique, l'enquête devient criminelle et sur les
rives du lac Loughnabrone resurgissent vieilles histoires et rancœurs
tenaces. Nora, Cormac et l'inspecteur Ward, chargé de l'investigation,
vont découvrir que dans ce pays de secrets et de légendes lavérité est
parfois enfouie très profondément.

J'étais assez curieuse de voir quelle tournure allait prendre la suite des aventures de Cormac Maguire et Nora Gavin après ma rencontre avec eux l'an dernier dans Le chant des corbeaux (Pocket Policier).

Eh
bien, à dire vrai, j'ai apprécié de les retrouver mais je regrette le
côté un peu déjà vu de l'histoire : un corps retrouvé dans les
tourbières, qui
date de l'âge du fer, et un autre, plus récent... Le
but du jeu étant bien évidemment de trouver quel est le lien éventuel
qui unit ces deux cadavres...
Réminiscence, quand tu nous tiens...
Erin Hart a calqué cette intrigue sur celle de la fois précédente...
Verdict : manque d'originalité !

Cependant, je
reconnais que j'apprécie énormément ces ambiances de polar british à la
Elizabeth George (même si l'auteur est américaine, elle écrit comme une
anglaise !). Le style est lent, très instrospectif, et on avance autant
dans la connaissance des personnages que dans celle de l'énigme
policière.
Peu d'action donc, du coup peu de dialogues : surtout beaucoup de
narration en externe, avec un point de vue focal sur un personnage en
particulier. Il faut
aimer, et moi, une fois de temps en temps, ça ne me déplaît pas.

J'adore
surtout cette atmosphère irlandaise, celtique, emplie de brume de
tourbière et de fumées de pubs, coloriée par la bruyère et la lande,
les
arbres et les lacs. Erin Hart est très forte pour vous transporter dans
cette contrée des mystères aussi facilement que si vous y étiez,
en
jonglant avec des passages descriptifs jamais ennuyeux qui campent en
quelques traits de pinceaux cette vieille terrede légendes.

Les
personnages (hormis Cormac et Nora auxquels j'étais habituée depuis le
tome précédent) peuvent parfois donner l'impression d'être un peu
caricaturaux,
maisil finissent par en devenir attachants ou définitivement
repoussants : pas de demie-teinte chez Erin Hart ! On a le caractère
celtique bien trempé ou
on ne l'a pas !

Pour ce
qui est de l'énigme en elle-même, elle est intéressante, et l'auteur,
par la multiplicité des personnages et de leurs lignes de vie, ne nous
aide
pas souvent à nous diriger dans l'enquête : tant mieux ! On s'égare, on
part plus avant, on revient sur nos pas...Bref, on se triture les
méninges jusqu'au dénouement. Celui-ci n'est d'ailleurs pas forcément
bluffant mais il a lemérite d'être réaliste et de remettre en place le
puzzle du début.

En dernier lieu, je dirais que la toute fin est un peu plate par contre, et je ne sais
pas si c'est dans l'optique de nous livrer une autre aventure des deux
archéologues ou au contraire de clôturer leur histoire. On verra bien !

Cela dit, des deux livres, je crois que j'ai préféré le premier, le Chant des corbeaux : l'attrait de la nouveauté sans doute.

Publié par Alwenn à 00:55:48 dans @ Polars | Commentaires (0) |

Meurtres à l'antique | 28 mai 2006

Meurtres à l'antique, de Yvonne Besson (Folio- 404 pages). Terminé le 05 juin 2006.


RESUME EDITEUR : Une
nuit d'hiver, un mystérieux assassin commet un double meurtre à
l'hôpital de Marville. Pourquoi les deux victimes ont-elles subi des
morts aussi différentes? Que signifie la macabre mise en scène
découverte au petit matin par une infirmière épouvantée ?

Pour
élucider la malédiction qui frappe la famille Malot, l'inspecteur
Carole Riou devra remonter le temps jusqu'aux sources du drame et, plus
encore, jusqu'à l'Antiquité où les humains, pour expliquer le monde,
inventaient des mythes et des personnages voués à l'éternité.

Genre : roman policier

Avis : 4/5

Deuxième roman d'Yvonne Besson que je lis après Un coin tranquille pour mourir (voir critique sur le blog).

Première
constatation : il y a une « plume Besson ». La griffe est
reconnaissable : style tranché, qui va à l'essentiel, sans se départir
d'un certain sens du détail, mais qui n'est jamais inutile ; art
consommé pour la description des personnages, bien sentis dans leur
environnement et immédiatement attachants ; rythme soutenu et méandres
de l'enquête qui ravissent, au sens premier du terme, littéralement le
lecteur.

Le
scénario de l'intrigue est en outre particulièrement intéressant :
reconduire les mythes antiques dans la modernité du monde contemporain.
L'astuce est bien trouvée et ça fonctionne bien, même très bien. Yvonne
Besson a l'art et la manière de mener tout son petit monde en bateau
jusqu'au dénouement final. Je ne peux malheureusement trop en parler
dans ma critique, au risque de déflorer complètement l'intrigue, mais
une chose est sûre, si les mythes grecs ont pu mériter une telle
postérité, c'est bien pour l'atemporalité de leur message et par le
sentiment incroyable de fascination qu'ils ont de tout temps exercé sur
les hommes de par cette même atemporalité.

Je
reprocherais toutefois au livre, comme la dernière fois, lorsque l'on
pressent le dénouement, de s'appesantir sur des rallonges d'intrigue
qui ralentissent le rythme. Mais bon, c'est peu de choses compte tenu
de l'enthousiasme avec lequel j'ai encore dévoré le livre.

Publié par Alwenn à 23:34:42 dans @ Polars | Commentaires (0) |

Venise.net | 20 avril 2006

Venise.net, de Thierry Maugenest (Liana Levi, 2003 - 153 pages). Terminé le 24 avril 2006.

Genre : roman policier

Avis : 4/5

RESUME : Venise,
de nos jours. L'accident étrange survenu à une jeune universitaire
française, spécialiste de l'art du quattrocento, pousse un inspecteur
italien à prendre contact avec un vieil érudit américain. Quel lien le
Tintoret peut-il avoir avec les disparitions mystérieuses et tragiques
de tous les spécialistes d'histoire de l'art qui ont approché certaines
de ses œuvres ces dernières années ?

Petit
polar intelligemment construit : dans un va-et-vient qui suit les
avancées de l'enquête, le lecteur traverse les époques : époque moderne
rendu par la typographie des e-mails que s'échangent deux personnages,
et XVIème siècle à travers le récit imaginé autour de la figure
historique qu'est Jacoppo Robusti, dit « Il Tintoretto », « le Tintoret
» en français.

Dans ce même temps du présent, utilisé apparemment comme une marque de fabrique par T. Maugenest (voir ma critique de Manuscrit MS 408
par le même auteur), on suit l'histoire d'une période de la vie de ce
peintre, notamment à travers la réalisation de ses oeuvres à la Scuola
di San Rocco.


Bien documenté, l'auteur nous fait naviguer sur les canaux de la
Sérénissime, parcourir les ruelles : Venise est presque un personnage à
elle-seule tant on sent la connaissance de T. Maugenest pour cette
ville, et son attachement, poindre à tous les paragraphes. Cependant,
quand, comme moi, on n'a pas eu la chance de s'être rendu dans la cité
des Doges ou de bien la connaître, cela peut vite devenir agaçant
d'essayer de suivre un parcours dont les noms ne renvoient aucun écho.
Mais passons. L'imagination pallie facilement le manque de connaissance.


L'intrigue n'est pas un modèle du genre policier puisque l'on comprend
finalement très rapidement de quoi il en retourne et qui -ou quoi- se
cache derrière tout cela. Mais je ne crois pas que l'intérêt de ce
polar réside dans la recherche d'un coupable mais bien plus dans
l'évocation d'une période charnière de la Sérénissime, période de
basculement, dont le Tintoret, en vénitien de souche qu'il était, s'est
peut-être fait le représentant le plus objectif à travers des peintures
à l'atmosphère parfois lourde ou oppressante (cela est d'ailleurs bien
expliqué dans le roman par le vieux professeur).


A ce propos, j'ai trouvé cette figure du vieux professeur pour le moins
« amusante » : j'avais un peu de mal à imaginer un vieillard de 96 ans
rédigeant des mails. Attention ! Je ne suis pas en train de nier la
capacité des plus âgés à s'être adapté à l'ère internet quand elle est
apparue, mais tout de même, je trouve un peu « gros » cette image du
vieil érudit de 96 ans (tout de même !) cliquant et pianotant sur son
clavier.

Enfin,
ce court récit aura aiguisé ma curiosité pour l'œuvre du Tintoret et
pour l'histoire de Venise. Je n'ai pas vérifié la part de véracité
historique et celle de l'imaginaire romanesque, mais qu'importe,
l'essentiel est de passer un bon moment de lecture.

Publié par Alwenn à 11:20:25 dans @ Polars | Commentaires (0) |

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