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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Toi et moi à jamais | 22 juillet 2008

Toi et moi à jamais, de Ann Brashares (Gallimard, 334 pages). Terminé le 22 juillet 2008.

 
Genre : roman jeunesse (spécial filles !)

Avis : 3/5

 

RESUME EDITEUR  : Alice et Paul. Les deux sœurs et l'ami d'enfance. Voici l'été de leurs retrouvailles. La côte Est des Etats-Unis, les maisons de vacances, les plages de l'île qu'on connaît par cœur. Et pourtant tout a changé. Ils ont vingt ans. L'amitié se trouble. Entre Alice et Paul, une attirance nouvelle s'installe. C'est alors que la tragédie frappe et vient changer le cours du destin...

 

         On ne présente plus Ann Brashares, l'auteur talentueuse du désormais très fameux « Quatre filles et un jean ». Je me suis donc lancée dans cette lecture en pensant retrouver toutes les émotions adolescentes que les aventures des 4 filles avaient laissées en moi. (Oui, je le reconnais, quand j'ai aimé un livre, je cherche toujours à retrouver les mêmes sentiments. C'est un grand tort, mais on ne se refait pas...)

         A mon grand désespoir, -encore une fois-, le livre n'a pas été à la hauteur de mes attentes.

         Les personnages de l'histoire sont beaucoup plus mûrs et toute la narration consiste en une longue introspection des sentiments qui peuvent éclore lors du difficile passage de la fin de l'adolescence à l'âge adulte. C'est assez fouillé psychologiquement, mais l'ensemble manque cruellement de dialogues pour donner un coup de peps à ce lent et long cheminement intérieur.

         La relation particulière que les trois protagonistes ont nouée est largement décrite, trop peut-être parfois. Le lecteur, aussi peu fin soit-il, comprend tout à fait ce qui relient Paul, Alice et Riley, et ce qui les entravent à la fois. Du coup, les rappels récurrents de cette relation sont assez lassants.

         De plus, je reprocherais à Ann Brashares de céder trop souvent à la mièvrerie. C'était le cas dans sa série précédente -mais elle le faisait avec naturel et bonheur-, mais compte tenu de la profondeur qu'elle essaie d'attribuer à ce roman-ci, le recours à des procédés littéraires dignes de la pire Love Story Harlequin s'avère très maladroit. Enfin à mon sens.

         Au final, le roman se laisse lire, bien sûr. Surtout en cette période estivale propice aux lectures peu abouties. Mais je reste avec un arrière-goût de lenteur et d'artificialité qui me désappointe...

         Mais ça ne m'empêchera sûrement pas de donner une chance supplémentaire à Ann Brashares lors de sa prochaine parution... On est fleur bleue ou ne l'est pas, hein !

Publié par Alwenn à 21:36:05 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (6) |

Le cueilleur de fraises | 22 juillet 2008

Le cueilleur de fraises, de (Gallimard Black Moon, 237 pages). Terminé début juillet 2008.

 
Genre : roman jeunesse

Avis : 3/5

 

RESUME EDITEUR  : Lorsque sa meilleure amie, Caro, est retrouvée assassinée, Jette jure publiquement de la venger, attirant ainsi sur elle l'attention du meurtrier. Chaque jour, Jette essaie de se reconstruire et d'oublier. Elle fait bientôt la connaissance d'un garçon qui semble pouvoir lui redonner le goût de vivre et tombe éperdument amoureuse. Mais Jette est loin de soupçonner à qui elle a réellement affaire...

 

         Après la folie des Stephenie Meyer, la collection Black Moon tente de poursuivre son avancée commerciale en nous appâtant avec les caractéristiques des livres qui font désormais sa fortune : couverture glacée noire, une fraise bien rouge (pour rester dans les mêmes tons), et une quatrième de couverture au résumé lapidaire qui se veut mystérieuse.

         Malheureusement, la lecture de ce cueilleur de fraises s'avère bien décevante. D'abord parce qu'il ne s'agit pas du tout du même genre d'histoire : ici, on un tueur psychopathe rôde dans les parages, s'attaquant à d'innocentes et frêles jeunes filles.

Ensuite, l'écriture n'est pas la même non plus : beaucoup de longueurs, malgré une tentative de changements de points de vue pour le moins intéressante, oscillant entre une narration à la première personne et une narration à la troisième personne.

Enfin, parce que le déroulement entier de l'histoire ainsi que son dénouement sont prévisibles et jamais le lecteur ne sentira le frisson de la surprise le faire tressaillir.

         C'est une lecture de début de vacances assez légère, certes. Mais je n'ai pas été emballée par ce cueilleur de fraises. Je ne m'attendais pas évidemment à retrouver l'exaltation des Stéphenie Meyer (peut-on franchement faire mieux ?) mais j'avais tout de même le secret espoir de découvrir encore une autre pépite. Raté.

         Bref, je ne m'étendrai pas davantage sur l'ouvrage. Peut-être aurai-je des retours plus positifs que le mien... il n'en restera pas moins que je demeure déçue de cette lecture et que la collection Black Moon restera pour moi la révélation Meyer...

Publié par Alwenn à 21:10:21 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (6) |

Spirit Lake | 29 juin 2008

Spirit Lake, de Sylvie Brien (Gallimard Scripto, 237 pages). Terminé le 19 juin 2008.


Genre : roman jeunesse

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Québec, 13 mai 1915, Dans l'infirmerie ou camp de détention de Spirit Lake. Peter Gaganoyitch agonise sur un lit de camp. Il n'a que quatorze ans. Comment en est-il arrivé là ? Trois mois plus tôt, il débarquait au Canada, avec Iwan, son frère, et sa grand-mère adorée fuyant la guerre et l'Autriche-Hongrie. Ils pensaient atteindre un nouveau paradis... Comment un jeune garçon, interné au milieu d'un no man's land de glace, utilise miraculeusement ses qualités humaines, son imagination. Et comprend que le bonheur se choisit chaque matin, au saut du lit, comme un vêtement. Un magnifique roman, une magistrale leçon de vie.

Dès les premières lignes de Spirit Lake, le lecteur est happé par l'histoire : Peter Gaganoyitch nous parle. Il nous parle de la lente agonie qu'il est en train de vivre. On ne sait pas de quoi le jeune garçon est en train de mourir, mais il se meurt dans l'infirmerie du camp de Spirit Lake.

Mais qu'est-ce que Spirit Lake ? Spirit Lake est un camp d'internement de prisonniers pendant la première guerre mondiale, au Canada. C'est un pan de l'histoire totalement méconnu pour moi. Je savais que les Américains avaient agi de la même manière envers les Japonais pendant la seconde guerre mondiale, mais je ne savais pas que le Canada avait fait de même lors de la première guerre mondiale, avec tous les ressortissants austro-hongrois qui abordaient leurs rives, fuyant la guerre en Europe.

Peter Gaganoyitch est un de ces exilés volontaires, croyant arriver sur une terre promise, échappant aux horreurs de la guerre. Il arrive à Québec avec son frère, Iwan, et sa grand-mère. Mais rien ne se passera comme prévu, et pire, les deux jeunes seront envoyés à Spirit Lake. Peter n'a que 14 ans, et il ne devrait pas se trouver dans cet endroit. Mais poursuivi par la haine d'un gradé, il suit son frère Iwan dans ce camp d'internement. La vie va durement l'éprouver, jusque dans cette expérience finale par laquelle commence le livre.

La narration bascule sans cesse du présent au passé, voguant entre l'agonie de Peter et la vie dans le camp, qu'il a vécu jusqu'à temps de se retrouver sur ce lit d'infirmerie. Le lecteur n'a de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé, comment et pourquoi ce jeune garçon est en train de mourir.

La vie dans le camp est décrite sans artifice, mais sans misérabilisme non plus. Les relations se nouent, les amitiés se lient, mais les inimitiés éclatent aussi. Pas de manichéisme dans ce livre, simplement des sentiments profonds et humains. Un épisode m'a particulièrement marqué : celui où Peter se voit dépossédé d'une « farine » de sarrasin qu'il a reçu dans un étrange colis, et que les femmes du village d'internement décident d'utiliser pour cuire des galettes à tout le monde. Mais cette farine n'est pas celle que l'on croit, et une émotion à la fois glacée et émue m'a saisie à la lecture de ce passage.

Enfin, Spirit Lake trouve une certaine originalité dans le mélange des genres : l'auteur a en effet choisi de mêler tout un pan fantastique à ce récit romancé qui s'appuie sur des bases historiques réelles. J'avoue que je suis assez partagée sur ce choix : il cadre parfaitement avec le décor du lac, sur les berges duquel se dresse le camp, un lac aux esprits dans les légendes indiennes, et où il se passe d'étranges choses. Mais d'un autre côté, le récit aurait tout aussi bien pu tenir sans cet apport fantastique, et ce, même si une grande partie l'intrigue repose sur l'histoire de ce lac et tend vers une fin qui boucle certains « mystères » du roman.

Il n'en reste pas moins que c'est un roman fort, émouvant. Une belle leçon d'humanité et de courage. Et beaucoup d'espoir.

Publié par Alwenn à 00:04:48 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) |

Les espions de Surrentum | 25 juin 2008

Les espions de Surrentum, Les mystères romains, tome 11, de Caroline Lawrence (Milan Poche, 348 pages). Terminé le 11 juin 2008.


Genre : roman jeunesse

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Ils sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune chrétien, Nubia, l'esclave africaine affranchie, et Lupus, le petit Grec muet. Ils arrivent à Surrentum, dans la magnifique villa de Pollius Felix, dont Flavia est secrètement amoureuse. Malgré le bel été qui s'annonce, leur séjour risque d'être mouvementé : quelqu'un veut empoisonner l'épouse de Pollius.

Déjà onze tomes ! Onze tomes que je suis avec avidité les aventures de ce club des quatre à la romaine... et je ne m'en lasse pas. Le prochain, qui ne va pas tarder à sortir, est déjà inscrit dans ma PAL.

De nouveau, les quatre amis vivent une intrigue passionnante : ils ont tous grandi, vécu pour certains de terribles choses, et tous ont mûri. Désormais pour certains d'entre eux, la préoccupation principale va devenir... l'amour. Mais là encore, rien n'est moins plein de péripéties et de retournements de situations pour le moins déroutants... pour le plus grand plaisir des lecteurs !

La jeune épouse de Pollius Félix souffre d'étranges symptômes, que les quatre détectives en herbe auront tôt fait d'assimiler à ceux que l'on éprouve en cas d'empoisonnement. Mais qui peut bien en vouloir à la femme de Félix ? C'est ce que les quatre amis vont tâcher de découvrir. Mais les découvertes les plus surprenantes ne viendront pas toujours forcément des personnages auxquels on pensait...

Comme d'habitude, Caroline Lawrence mène son roman tambour battant, parsemant son histoire de détails historiques toujours précis. Comme j'ai eu la chance d'aller à Sorrente, Baïes et les cités de la baie de Naples dont on parle dans le roman, j'avais devant les yeux les couleurs des lauriers roses, de la mer aux reflets d'argent et les odeurs de soleil et de fleurs qui venaient chatouiller mes narines, tant Caroline Lawrence a le talent de donner corps aux mots qu'elle écrit. Elle aime aussi mettre en scène des personnages réels, et après avoir fait connaissance avec Pline l'Ancien ou encore Valerius Flaccus, voilà que nous rencontrons... Suétone ! Et que Suétone est supposé être le futur... futur quoi ? non, je ne peux pas vous le dire, ce serait trop déflorer l'intrigue... (moi, sadique ? noooon...)

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce tome est pour le moins...chaud.... puisque le thème de la sexualité y est largement abordé. Il faut dire que la ville de Pollius Felix n'est pas loin de la célèbre cité balnéaire de Baïes, ville ô combien célèbre pour ses roses, mais aussi -et surtout- pour ses plaisirs... Ce qui prouve bien que nos amis ont désormais bien grandi...

Bref, je n'attends plus qu'une chose, comme à chaque fois... la suite !

Publié par Alwenn à 22:25:37 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) |

Ne t'inquiète pas pour moi | 12 mai 2008

Ne t'inquiète pas pour moi, d'Alice Kuipers (Albin Michel jeunesse, 242 pages). Terminé le 07 mai 2008.

 
Genre : roman

Avis : 5/5

 

RESUME EDITEUR  : Maman, je suis allée au supermarché. Regarde dans le frigo. J'ai arrosé les plantes. J'ai nettoyé la cage de Jeannot Lapin. J'ai rangé le salon. Et la cuisine. Et j'ai fait la vaisselle aussi. Je vais me coucher. Ton esclave à domicile, Claire. Une correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille. Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l'espoir demeure. Un livre comme un trésor qui chuchote à l'oreille l'importance de ceux qu'on aime...

 

         Je ne serais sans doute pas très objective pour parler de ce livre car le sujet dont il traite me touche de près... De si près que je n'ai pu m'empêcher de pleurer à chaudes larmes à de nombreuses reprises, pour finir complètement éplorée à la fin...

         Ne t'inquiète pas pour moi est un petit livre bouleversant, qui se lit très vite, comme ces post-it que la mère et la fille échangent sur le frigo. Leur relation s'écoule entre les listes de courses ou de choses à faire et les questions rapides sur la vie l'une de l'autre.

        Au départ, cette correspondance un peu lapidaire et intime peut gêner : le lecteur a un peu l'impression d'être le voyeur qui déflore ces petits mots avant même que l'intéressée n'ait eu l'occasion de les lire.

Et puis, très vite, on sent le drame qui se profile au détour de quelques phrases... Le mot même de cette maladie, cancer, ne sera -je crois- pas prononcé une seule fois. Mais le lot quotidien de ceux qui en souffrent et des familles qui les accompagnent est si bien décrit que je n'ai pu que me retrouver dans cette histoire. J'étais cette fille. Cette fille qui au départ continue sa vie d'adolescente sans penser que l'insidieuse maladie ronge sa mère. Cette fille qui va comprendre l'urgence de la situation et essayer de gérer la vie avec sa mère, mais aussi sa propre vie : où trouver les limites ? Comment envisager les choses ? Quelle importance leur donner ?

Le lien qui unit cette mère à sa fille est fort, bouleversant. Et parfois, je me dis que j'aurais pu écrire moi-même certaines phrases à ma mère. Tout respire la sincérité et la profondeur. Beaucoup de délicatesse dans l'évocation de l'évolution de la maladie aussi, mais on comprend les choses. On les ressent.

C'est un petit livre poignant qui vous prend à la gorge entre deux sanglots. Le courage de cette maman face à la maladie. Les mots d'amour et d'encouragement qu'elle continue de prodiguer à sa fille. Et cette fille qui avance quand même.

C'est un livre qui peut être extrêmement douloureux quand on a connu, ou que l'on connaît comme moi actuellement cette dure épreuve. Mais je tiens à saluer cette note d'espoir dispensée à la fin du livre : la douleur de la perte est immense, incommensurable devrais-je dire, mais l'amour donné et les valeurs dispensées par cette maman sera le soutien de sa fille. Même en écrivant cette ligne, j'ai presque la larme qui coule encore, mais on ne ressort pas de cette lecture brisé. On en ressort profondément touché, et un peu grandi aussi car même par post-it interposés, on peut avoir une vraie leçon de vie.

 

Publié par Alwenn à 01:35:12 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (3) |

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