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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Grimpow, l'élu des Templiers | 19 octobre 2006

Grimpow, l'élu des Templiers, de Rafael Abalos (Albin Michel, 505 pages). Terminé le 28 octobre 2006.

Genre
: jeunesse - aventures

Avis : 2,5/5



RESUME EDITEUR
: En cet hiver de 1313, sur une route enneigée des Alpes, Grimpow,
petit bandit des grands chemins, découvre un cadavre. Aux côtés du
mort, deux dagues aux manches incrustés de pierres précieuses, quelques
pièces d'argent, une mystérieuse amulette, un sceau en or et un bout de
parchemin avec des signes cabalistiques. Dans la main de Grimpow,
l'amulette dégage une étrange chaleur et les signes sur le parchemin se
révèlent à lui :

"
L'ombre et la lumière sont dans le ciel. Aidor Bilbicum. Strasbourg ",
lit-il, stupéfait, alors qu'il n'a jamais su lire. A cet instant, le
cadavre disparaît comme par enchantement. Perdu et effrayé, Grimpow n'a
qu'une certitude : il a été élu. Et l'amulette et le parchemin viennent
de transformer sa vie en destin. Un monde d'inscriptions codées et de
cartes énigmatiques, de jeux de mots et de cryptogrammes. Un chemin
invisible qui prend sens à mesure que Grimpow s'approche du plus grand
secret du Moyen Age : celui que détiennent les Templiers. Un roman
unanimement salué par la presse espagnole qui voit, en Grimpow, Le Nom
de la rose de lalittérature de jeunesse.

Bon,comme
d'habitude, il faut se méfier des jugements à l'emporte-pièce des
critiques d'éditeurs qui figurent sur la quatrième de couverture : dire
que ce roman est le Nom de la Rose de la littérature jeunesse est une
hérésie ! Mis à part l'ambiance de départ (l'abbaye, la neige, le
meurtre de l'abbé) sur laquelle s'appuie l'auteur pour faire démarrer
son histoire, rien dans ce roman ne peut
être comparé à l'incomparable chef-d'œuvre de Eco... Bref, passons...

Pour
rentrer un peu plus dans les détails, je trouve que la construction est très
lâche, avec quelques passages véritablement bien sentis mais qui à mon sens ne
rattrapent pas la médiocrité de l'ensemble.

Dès
la lecture du titre, comme on peut s'en douter depuis la déferlante Dan
Brown, voilà encore une intrigue qui s'arc-boute sur le « mystère » des
Templiers...Grand dieu ! Nous revoilà plongés dans la théorie de
l'objet mystérieux trouvé dans les ruines du Temple de Salomon et
ramené de Jérusalem par les 9 pauvres chevaliers du Christ... Bla, bla,
bla... A cela, rajoutez une confrérie secrète plus ou moins
ésotérico-scientifique, et ramenez le tout vers lessphères obscures des
romans à pistes et cryptogrammes. Désolée d'être cynique,
mais je n'ai trouvé aucune originalité à la trame souterraine du livre.

En
outre, une certaine originalité de construction voulue par l'auteur dessert en
réalité le livre puisqu'un lecteur averti sentira tout de suite l'alliance
malheureuse des genres. En effet, les passages les plus réussis (toujours à mon
sens) émane d'un genre qui s'apparenterait davantage à la Fantasy (le passage
des Châteaux du Cercle de Pierre) : le souffle épique qui anime les
chapitres de la bataille, et ceux des tournois, montre que l'auteur se sent à
l'aise dans ce type de narration. Mais on établit mal le lien avec l'intrigue
des Templiers. Tant qu'à réaliser une uchronie, autant forcer le trait et
brosser le tableau en entier. Mais là, cela revient à voir sur la même toile du
Manet et du Dali. L'alliance des genres
rend toutes les fondations bancales.

Parce
que finalement, on peut presque sentir la juxtaposition des univers que
l'auteur aime : ambiance Nom de la Rose pour le début et la vie au
monastère, ambiance Lancelot dans le cheminement du chevalier errant et
de son écuyer, ambiance typique moyen-âge avec les tournois, ambiance
Tolkien (dans Le retourdu roi) avec la bataille entre le bien et le
mal, le savoir et l'obscurantisme, ambiance jeu de piste à la Dan Brown
dans les dernières pages avec les énigmes à résoudre... Et une fin,
comment dirais-je..., quelque peu abrupte. Alors oui, pour une fois
cela fait du bien de ne pas subir le très commercial et actuel teasing
des livres de jeunesse, mais là, on a presque envie de hurler : « C'est
tout ? Tu m'as baladé sur 500 pages pour ça ? ».... Et puis ce qui me
reste profondément en travers de la gorge, c'est le meurtre de l'abbé
qui n'est JAMAIS résolu ! Cela va à l'encontre des règles élémentaires
de construction d'un roman ! On ne balade pas son lecteur sans lui
résoudre les énigmes qu'on lui a jeté en pâture (surtout au tout début
du
roman) !

Au
final, je suis déçue et franchement, si le livre peut faire illusion auprès
d'un jeune public (auquel il est destiné), encore peu averti des conventions
qui régissent les droits et devoirs d'un auteur envers son lecteur, il ne leurrera
personne d'autre. Amateur de vrais romans d'aventures, passe ton chemin.

Publié par Alwenn à 19:22:08 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (8) |

Blanche et l'oeil du grand khan | 11 août 2006

Blanche et l'œil du grand Khan, de Hervé Jubert (Albin Michel (Wiz), pages). Terminé le 08 août 2006.

Genre : roman

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Pour le grand khan trouver, L'Hydre décapiter, Ses six têtes aligner... "
Le grand khan ! Cette bague fabuleuse dont la trace a été perdue et qui serait
cachée quelque part dans Paris. Tous les assoiffés de pouvoir la convoitent. Alors
que son oncle Gaston traque un tueur sans visage, Blanche, s'engage dans une
fabuleuse chasse au trésor pour trouver l'Œil du grand khan avant l'Hydre,
reine cachée du crime parisien.


Aah ! Le tome 2 valait vraiment la peine que je l'achète !

Petit rappel des faits : l'an dernier, j'avais lu le premier opus de la nouvelle trilogie d'Hervé Jubert (décidément, quelle mode ces trilogies !) : Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer. Déception. J'avoue qu'après la formidable trilogie qu'il nous avait livrée précédemment (Le quadrille des assassins, Un tango du diable, Sabbat samba)
et ses héros ensorcelants, cette nouvelle héroïne du XIXème siècle ne
m'avait pas convaincue, ni l'intrigue non plus. J'avais trouvé ça un
peu fade, malgré les
quelques touches fantastiques ou d'horreur de l'histoire.

Mais
ce deuxième volet m'a séduit : l'héroïne Blanche y apparaît mûrie, plus
posée et aussi plus « femme moderne » (on notera quelques prises
d'initiatives dignes d'une femme du XXIème siècle !).

L'intrigue est plutôt sympathique et le système de la double enquête (Gaston Loiseau et Blanche) fonctionne assez bien.

Mais
ou je tire chapeau bas à l'auteur, c'est pour l'ambiance : ce Paris de
l'après Commune est tout bonnement fantastique. On fait une véritable
plongée dans la Capitale après les évènements tragiques de 1871,
visitant presque toutes les classes sociales de l'époque et navigant
dans les quartiers les pluspittoresques. Hervé Jubert brosse presque un
tableau historique à la Victor Hugo
(comment ne pas voir les clins d'œil de la Cour des Miracle ?)

Mais surtout,
surtout, quel perfectionnisme dans la narration ! Le détail va se
faufiler jusque dans le vocabulaire, d'une précision contextuelle
parfaite
! Ce qui me fait d'ailleurs dire qu'Hervé Jubert, publié par Wiz
collection jeunesse aux éditions Albin Michel, n'est pas forcément à
classer dans les auteurs jeunesse. Le style, la syntaxe, le contexte
historique en font un livre « borderline » : bien plus pour des ados
matures ou des jeunes adultes à mon avis. Bon, encore une fois, je ne
peux pas m'empêcher d'essayer de « classer », mais je pense que c'est
rendre aussi honneur à
l'auteur qui, loin de céder aux sirènes du «
tout simplificateur », va jusqu'au bout de son univers et propose un
récit léché jusqu'au bout des
mots, et que l'on lit avec un très grand plaisir.

Dans un an, si tout va bien, suite et fin de la trilogie. Espérons que ce soit aussi bien !

Publié par Alwenn à 11:51:46 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) |

Phaenomen | 28 juillet 2006

Phaenomen, de Erik L'Homme (Gallimard Jeunesse, pages). Terminé le 03 août 2006.

Genre : roman

Avis : 4/5

RESUME EDITEUR : Fous ? Idiots ? Bons à rien ?
Aux yeux du personnel de la Clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et
Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant...
Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de
mystérieux agents, ses jeunes protégés n'hésitent pas : ils se lancent sur ses
traces. Sans se douter qu'ils sont aussi sur la piste d'un des plus grands
secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même. L'histoire de
l'humanité non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont
puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. Le premier livre
de la nouvelle saga d'Erik L'Homme vous emporte dans un monde plus vaste que le
nôtre.

J'attendais avec impatience ce nouveau
roman de Erik Lhomme. J'ai connu cet auteur au tout début de son aventure dans
le monde de la littérature jeunesse quand il a écrit sa fantastique trilogie du
Livre des Etoiles, que j'avais dévorée avec grand plaisir (tome 1 :
Qadehar le sorcier, tome 2 : Le seigneur Sha, tome
3
: Le visage de l'Ombre). Je n'ai pas lu ses romans qui
semblaient plutôt tourner autour du registre de la science fiction mais
celui-là m'avait bien mis l'eau à la bouche.

Premier opus d'une nouvelle trilogie, en
découvrant la quatrième de couverture, on s'attend à beaucoup de mystère et de
fantastique. Du mystère, il y en a ; du fantastique (au sens littéraire du
terme), assez peu en définitive.

Les quatre personnages principaux sont néanmoins
extrêmement attachants et l'enquête qu'ils mènent m'a ramené à des souvenirs
émus de mes antiques bibliothèques roses : tout ça possède un air de Club
des cinq à la Enid Blytton qui n'a pas été pour me déplaire, bien au contraire.
L'histoire tourne autour d'une grande chasse au trésor que l'on suit avec
avidité grâce à l'art maîtrisé de la narration d'Erik L'Homme.

Le plus indéniable de l'histoire résidera
certainement,- pour la catégorie de lecteurs à laquelle le livre est
supposément destiné-, dans ce fameux
« plus grand secret du XXème siècle » avec lequel l'éditeur appâte
de client. Les jeunes vont adorer. Pour ma part, j'ai eu la malchance de lire
ce livre tout de suite après Les arcanes du chaos de Maxime Chattam et
j'en ai donc nettement moins profité... Je m'explique : il semblerait en
effet très à la mode de jouer avec la veine du complot historique et
militaro-industriel, en axant évidemment le tout sur cette super-puissance
fascinante et effrayante que sont aujourd'hui les Etats-Unis dans l'esprit des
gens... J'ai donc dû, forcée et contrainte, me resservir d'une louchée de théorie
du complot (NSA et autres agences aux activités plus ou moins occultes), d'une
pincée des dérives du système sécuritaire mondial ambiant (puces RFID, système
échelon) et d'une cuillérée de Men in Black méchants courseurs de
gentils-qui-n'ont-rien-fait-à-part-vouloir-savoir-ce-qu'on-nous-cache...Sur le
coup, ça m'a un petit peu agacé, étant donné que j'avais plongé dans cette
lecture pour effacer les relents identiques contenus dans le thriller de
Chattam. Je rassure tout le monde : je me suis calmée. D'une part parce
que ce livre joue dans la catégorie jeunesse, et que les jeunes, à défaut de
lire Chattam, trouveront un plaisir fou à lire Phaenomen, et que d'autre
part, on ne peux malheureusement pas échapper aux modes et que celle-ci est
désormais bien implantée, et risque de durer (à mon grand dam, car je pense en
avoir fait le tour).

Et puis, et puis, il y a la narration
parfaitement menée par l'auteur : la construction est d'une simplicité désarmante
mais efficace : chapitres courts, s'ouvrant sur un titre composé d'un mot
latin et de sa traduction (et ça, pour la prof de latin que je suis, on ne
pouvait pas me faire plus plaisir !), début systématique du chapitre par
un court passage en italique en point de vue interne, sans jamais aucune
dénomination, histoire que le lecteur cherche à savoir quel personnage parle et
pouvoir en apprendre ainsi davantage sur ce dernier, récit de l'aventure mené
tambour battant.

Bref, un très bon moment de lecture, et je
pense que je lirai la suite avec grand plaisir si elle présente cette qualité. J'espère
juste secrètement que le thème abordé ne sera pas aussi simple (et, osons le
dire, fantasmagorique) que celui qui est entre-dévoilé dans le teasing final...


Mais chut, je ne dirai rien de plus... Je risquerais de me faire traquer à mon
tour pour les informations confidentielles que je dévoilerais... Je suis
surveillée, vous êtes surveillés et les secrets les plus chauds de notre
histoire sont encore à exhumer ! (on a rien inventé de mieux que les
théories du complot pour donner l'impression aux gens que l'histoire possède un
sens caché, non ?)

 


SPOILER : NE PAS LIRE L'ARTICLE SUIVANT SI
VOUS N'AVEZ PAS LU LE ROMAN !!!

Note du 19 août
2006 : Voilà qui va rajouter de l'eau au moulin d'Erik L'Homme !!!
C'est tout à fait incroyable. Les coïncidences peuvent être parfois vraiment
troublantes !!!

Le rouge de la honte au front, les responsables du Goddard

Space Flight Center de la NASA à Greenbelt (Maryland) ont confirmé, mardi 15
août, qu'ils avaient lancé une recherche pour tenter de retrouver les quelque
10 000 à 13 000 bandes contenant les données originales de la mission Apollo
11.

Ces supports magnétiques ont en mémoire les images du premier débarquement

d'un homme sur la Lune dans la mer de la Tranquillité. Ces données ont été
recueillies depuis notre satellite et transmises ensuite aux stations au sol de
l'agence spatiale américaine : Goldstone en Californie, Honeysuckle Creek et
l'Observatoire Parkes en Australie. Puis, elles ont été envoyées au Goddard
Space Flight Center qui les a transférées ensuite aux Archives nationales à la
fin de 1969. Plus tard, le centre de la NASA a voulu les récupérer. Mais en
vain.


Le dommage est d'autant plus grand que la qualité vidéo, par exemple, de ces
données est bien supérieure à celles qui, le 21 juillet 1969, ont fait rêver
des centaines de millions de téléspectateurs, lorsque Neil Armstrong,
commandant de la mission Apollo 11, a posé le premier pas sur le sol lunaire.
L'astronaute américain, d'un ton faussement naturel, y est alors allé de son
célèbre : "C'est un petit pas pour l'homme et un bond de géant pour
l'humanité."


Outre ces vidéos manquent aussi à l'appel toutes les bandes sur lesquelles
sont enregistrées les précieuses données techniques et médicales de la mission
accomplie par Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins. En tout, quelque
2 000 boîtes pleine de bandes magnétiques dont on espère qu'elles sont
simplement mal rangées et qu'elles n'ont pas été effacées par négligence ou
économie pour être utilisées à d'autres fins.


La NASA, qui a souffert ces dernières années de quelques ratés et des
conséquences dramatiques de l'explosion de la navette Columbia, n'avait pas
besoin d'une telle affaire à l'heure où elle tente de redorer un peu son
blason.


C. Ga. Paru dans le journal LE MONDE, le 17 août 2006.

Publié par Alwenn à 19:21:03 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (19) |

Escale au Pays du Nougat en Folie | 21 mai 2006

Pour cette nouvelle lecture, je change d'univers pour effacer le fiasco précédent.

Escale au Pays du Nougat en folie, de Louise Rennison, (Gallimard, pages). Terminé le 28 mai 2006.


RESUME EDITEUR : En
route pour le Pays-du-Hamburger-en-Folie ! Georgia embarque Jas, sa
meilleure copine, et compte bien y retrouver Massimo, l'Italien de ses
rêves. C'est quand même pas si grand que ça, l'Amérique ! Et
pourtant... De retour au bercail, Georgia ne sait plus où donner de la
tête. Super-Canon lui a écrit, Dave la Marrade lui avoue son allumage
perso et Massimo s'intéresse de trop près à Lindsay la Nouillasse. Mais
rien n'est perdu. Plan séduction en marche : achat de chaussures trois
tailles trop petites mais tellement top !


Genre : journal intime ado


Avis : 3/5


Sixième opus des aventures Georgia Nicholson. Beaucoup moins « sehr le riant
» que les autres, je dois avouer, pour parler comme le Top Gang. On
retrouve pourtant tous les ingrédients qui ont fait le succès des
journaux intimes de Georgia Nicholson : les amies, les préoccupations
hautement superficielles, les relations avec la famille et bien sûr,
les petits copains et l'amuuuuuur...

Cependant, j'ai trouvé l'épisode du voyage au Pays-du-Hamburger-en-Folie un
peu lent, peu de choses s'y déroulent en définitive. Qaunt aux clichés
ironiques relatifs au Etats-Unis, ils sont peu convaincants (même si
très marrants parfois).

Evidemment,
il y a tout de même quelques épisodes tordants (on retiendra les
frasques de Mini-Bigleux et son père de chat, Libby la petite sœur
déjantée et le Seigneur Sandra ou autres joyeusetés délirantes), mais
ces épisodes sont moins présents que dans les autres tomes. On a
l'impression que Louise Rennison s'essouffle. Alors l'auteur se
rattrape probablement sur le langage de l'ado. Alors là, traduction
abusive ou pas (je suis incapable d'en juger) je trouve que c'est un
peu « trop » : c'est parfois difficile de suivre les expressions plus
que fleuries ou imagées de l'adolescente. C'est d'une originalité
parfaite, c'est sûr, mais il faut s'accrocher pour comprendre la «
siphonnitude attitude » de Georgia...

Et
puis, il faut avouer que je regrette l'époque Super Canon... Je ne suis
pas absolument convaincue par le transalpin Massimo... Cela dit, il
faut aussi que j'avoue que s'il y a une suite (et je pense qu'il y en
aura une, vu le teasing final), je me jetterai tout de même dessus pour
connaître la suite des aventures de cette allumée grande-britonne...

Publié par Alwenn à 17:52:24 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (1) |

Les ennemis de Jupiter | 29 avril 2006

Les ennemis de Jupiter, de Caroline Lawrence (Milan Poche 2005 - 280 pages). Terminé le 01 mai 2006

Avis : 2/5

RESUME EDITEUR : Ils
sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune
chrétien, Nubia, l'esclave africaine, et Lupus, le petit mendiant muet.
Alors qu'une terrible épidémie de peste s'abat sur Rome, ils sont
appelés auprès de l'empereur pour une mystérieuse mission. Nouvelles
aventures, nouveaux périls...

Je l'avais attendu avec impatience, celui-là ! Je suis cette série d'un « club des quatre » romain depuis le début :

Tome 1 : Du sang sur la Via Appia (excellent)

Tome 2 : Les secrets de Pompéi (excellent)

Tome 3 : Les pirates de Pompéi (bien)

Tome 4 : Les assassins de Rome (bien)

Tome 5 : Les dauphins de Laurentum (très bien)


Bon, ben là, je dois avouer que je suis déçue. L'univers de cette
nouvelle aventure est sombre. Trop sombre pour ces petites histoires
qui d'habitude voguent davantage sur les eaux calmes de la littérature
jeunesse bon enfant. Rien qu'en observant la couverture, le ton est
donné : le visage émacié et livide d'un Jonathan au regard mauvais se
détache sur un fond de temple en flammes. C'est vrai que lorsque je
l'ai acheté, j'ai eu un petit mouvement de recul.


- L'histoire ensuite ne prête pas aux effusions enfantines... Le climat
tout d'abord : l'épidémie de peste qui s'abat sur Rome en 80 après
JC... Des images de chariots convoyant des monceaux de cadavres hors de
l'Urbs, il y a plus gai, quand même...A cela viendra se rajouter
l'incendie, celui de 80 toujours, qui ravagea le capitole et 3
quartiers de Rome.

De plus, les péripéties sont déprimantes :
on tombe de Charybde en Scylla, jusqu'à la toute fin. C'est de
l'acharnement. D'ailleurs, je n'ai pas trop apprécié l'effet très
marketing du teasing final.


- Les personnages ensuite : on côtoie un Titus ambigu, peu aimable,
violent parfois (je ne dis pas que ce n'était pas le cas, mais...) et
une Bérénice (oh, choc !) machiavélique, manipulatrice, détestable. Une
véritable Agrippine. On est loin de l'image que l'on peut se faire à
travers Racine. Evidemment, on arguera que c'est pour les besoins du
scénario. Certes. Mais quand même. En outre, dixit Suétone, Bérénice
aurait été répudiée en 78 et serait rentrée en Judée cette même année,
soit deux ans avant l'épisode situé dans ce livre par C. Lawrence. Là,
on doit tout de même reconnaître l'honnêteté de l'auteur puisque dans
le dernier « rouleau », elle mentionne ses licences. Mais elle persiste
et signe pour une Bérénice gardienne de l'Arche d'Alliance...


- Les licences historiques : je n'ai pas bien saisi l'intérêt de
glisser des allusions à l'Arche d'Alliance, dont l'auteur imagine que
c'est Bérénice elle-même qui l'a rapportée de Jérusalem (n'importe
quoi). Evidemment, on connaît les conjectures à propos du triomphe de
Titus dont un bas-relief sur son arc de triomphe a fait -et fait
toujours- couler beaucoup d'encre : on y aperçoit la grande Ménorah
(attestée par Flavius Josephus dans ses écrits) et ce que d'aucuns
s'autorisent à penser être l'Arche d'Alliance. Aucune vérification
possible en réalité.

De
même, les allusions par Flavius Josephus lui-même sur Néron et son
équivalent numéraire hébreu (666). Pourquoi ? Je n'ai pas compris.

Et
en plus, ce n'est pas beau de tirer de manière éhontée la couverture à
soi. Le nombre d'années qui séparent la première destruction du Temple
par Nabuchodonosaure (le 9 d'Av) et celle par Titus (le 9 d'Av aussi),
n'est pas de 666 ans, mais 656... Bref, parler de tout ça dans un
ouvrage destiné aux 10-14 ans, c'est plus que de la coquetterie
littéraire, c'est de l'hubris. Tiens ! voilà aussi une notion qu'elle
aborde...


Je ne nie pas la volonté d'éclairer les jeunes lecteurs sur tous ces
points de civilisation latine ou d'histoire romaine, mais
l'enchaînement des idées n'est pas très clair. Parfois, ça m'a un peu
donné l'impression d'être construit de bric et de broc.


Bon, je crois qu'on aura compris. J'ai été déçue. Je n'aime pas la
tournure que prennent les événements. J'aimais cette série parce
qu'elle était simple et tendre, naïve et enfantine. Ce tome 6 est
froid, sombre, triste et violent. Et je suppose que ce n'est pas le
suivant qui sera mieux si le teasing laisse bien présager de la suite.

Publié par Alwenn à 16:28:28 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) |

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