Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


Décembre

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 17-04-2006 :
152261 visiteurs
Depuis le début du mois :
4812 visiteurs
Billets :
123 billets

Rechercher

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Un pedigree | 12 novembre 2006

Un pedigree, de Patrick Modiano (Folio Gallimard, 91 pages). Terminé le 06 novembre 2006.

Genre : Littérature- autobiographie

Avis : 3/5

RESUME EDITEUR :

«
J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à
titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était
pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et
unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qui consiste
à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs
restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette
impression que beaucoup d'autres ont ressentie avant moi : tout
défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. »



Parmi
les petits bonheurs de l'enseignement des lettres, il y a les cadeaux
des maisons d'édition. J'ai donc eu le plaisir de recevoir il y a deux
jours dans ma boîte aux lettres cet exemplaire de Un pedigree de
Patrick Modiano. Je dois (honteusement) avouer que je n'ai jamais rien
lu de lui avant. Je connais les titres qui ont fait son succès mais je
ne me suis
jamais donné la peine de plonger dans l'un de ses romans.


C'était
donc ici l'occasion qui faisait le larron. A la lecture de la quatrième
de couverture, j'ai cru qu'il s'agissait d'un roman au narrateur
interne fictif, mais j'ai vite compris qu'il s'agissait en réalité
d'une autobiographie. J'ai d'abord eu un mouvement de recul : je n'ai
jamais trop su si Sainte-Beuve avait raison en pensant qu'une œuvre est
avant tout le reflet d'un homme (« Tel arbre, tel fruit ») et je me
suis demandé s'il était vraiment opportun de lire l'autobiographie de
Modiano sans avoir lu aucun de ses livres. Et puis je me suis
abandonnée au rythme des
lignes.

Au
départ, la généalogie presque exhaustive de l'auteur peut rebuter : une
suite de noms, aux consonances exotiques et mystérieuses, au parfum
suranné des années d'avant guerre ; un climat presque de film. Mais une
fois passé ces pages, Modiano livre des instants de sa jeunesse par
bribes, comme un patchwork des vingt première années de sa vie.

Et
certains passages sont touchants, émouvants : une mère presque toujours
absente, qui veille encore moins sur ses garçons que sur un chow-chow,
qu'elle abandonne au soin des autres. Un père qui est véritablement un
personnage : mystérieux, fripon, charmeur, homme d'affaire, rêveur...
un être visiblement complexe que Modiano admire et qu'il regrette sans
doute de nepas avoir connu assez. La mort de son frère Rudy, dont il
avoue que c'est l'événement de sa vie qui le marque le plus et qui
paradoxalement est évoqué pudiquement sur quelques lignes... Les
moments s'enchaînent, sautent d'une image à une autre
comme la mémoire peut le faire quand on essaie de se souvenir de
quelque chose.



Je
ne pense pas qu'il y ait de recherche particulière dans le style ni de
maniérisme dans l'évocation des souvenirs. C'est livré naturellement,
presque avec naïveté et c'est cela sans doute qui m'a le plus ému ; ça
se lit d'une traite, en une heure et ça laisse dans l'esprit un vague
à  l'âme... Le temps passe, chaque être vit des événements qui le
constituent, mais derrière le détail particulier de chacun, c'est
l'universalité des sentiments qui s'expriment et qui résonnent en échochez le lecteur.



Petite
lecture plaisante donc, mais je dois avouer que si je ne l'avais pas eu
en cadeau, je ne serais pas de moi-même allée le chercher... Et c'est
ainsi que dans sa vie on fait des choix et on passe sans doute à côté de centaines de livres... 


Publié par Alwenn à 17:41:59 dans @ Autobiographie | Commentaires (1) |

1|