" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
LIRE est le verbe que j'aimerais pouvoir conjuguer à toutes les personnes et à tous les temps le plus souvent possible...
Mes lectures ? De tout, de rien... je voyage dans les mots au gré de mes découvertes et de mes marottes du moment.
C'est ainsi qu'après avoir découvert la littérature jeunesse par
l'intermédiaire de mon travail, je m'en suis fait une passion. D'où le
mélange des genres de Fabula Bovarya.
Pas de panique ! Pour s'y retrouver, on suit la couleur
(même si je ne suis pas vraiment une fan des classifications en
littérature : les frontières ne sont pas toujours simples à déterminer)
- en ROSE : les livres de littérature jeunesse, les livres pour ado.
- en VIOLET : les livres pour "adultes".
Que dire de mes avis ? Sans doute qu'ils sont toujours très subjectifs (forcément) mais, avant tout, toujours sincères. Je ne prétends pas être critique littéraire.
D'ailleurs, Monsieur Pennac, j'aurais bien aimé rajouter à vos "Droits imprescriptibles du lecteur" un onzième droit, qui me tient à coeur - et qui me paraît tout aussi essentiel que les dix autres - : le droit de ne pas avoir aimé un livre...(accompagné de son corollaire, le droit de le dire...)
Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
Le droit de lire n'importe où.
Le droit de grappiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.
(in Comme un roman, de Daniel Pennac)
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Valentine de Anne Guillard (Vents d'ouest, 48 pages).
Tome 1 : Elle et décoloration - Tome 2 : Seule et jolie - Tome 3 : Rien dans ma vie !
Terminés le 08 juillet 2007.
Genre : Bandes dessinées
Avis : 5/5
Aaah... Voilà un petite lecture extrêmement plaisante qui fait un bien fou après le funeste livre précédent...
Je me suis littéralement régalée avec ces aventures de Valentine, une presque trentenaire larguée qui déprime et qui fait la chasse aux poils et aux mecs.
Anne Guillard a un humour fou, un trait de crayon formidable pour croquer les filles dans leurs défauts les plus agaçants et les plus mordants...
Les trois albums sont présentés comme des magazines féminins, avec fausses pubs, horoscopes, tests bidons, et articles con-cons qui s'intercalent entre les planches à proprement parler (brillante, cette idée !)...
J'ai passé mon temps à rire devant la
finesse de l'analyse ironique du contenu de ces magazines, et l'inventivité
géniale de l'auteur à détourner les noms, marques de produits et autres... Bref,
trois petites friandises à savourer, qu'on soit une fille ou pas d'ailleurs...
Publié par Alwenn à 17:06:20 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) | Permaliens
J'étais derrière toi de Nicolas Fargues (Plon, 216 pages). Terminé le 06 juillet 2007.
Genre : roman
Avis : 1/5
RESUME EDITEUR : C'est dans la trentaine que la vie m'a sauté à la figure. J'ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il est. J'ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je n'ai pas connu de guerre, ni la perte d'un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu'une banale histoire de séparation et de rencontre.
Ce livre est ce que j'appellerais pour
moi une ENORME « erreur de casting. » On me l'avait conseillé, mais
là, je m'en mords les doigts. Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout,
accroché à cette histoire. Banale histoire d'un couple qui bat de l'aile, d'une
femme qui trompe son mari et du mari qui fait de même. L'ambiance est
terriblement lugubre, glauque et je ne suis pas parvenue à trouver une
quelconque note d'espoir dans cette histoire d'homme qui se débat avec la vie
pour retrouver sa dignité.
En outre, je ne suis pas souvent choquée dans les livres que je lis, mais là, il y a une scène où la femme bat son mari, une bastonnade en bonne et due forme, d'une violence rare dans les mots et dans les actes qui sont décrits qui m'a laissée sans voix. Horrifiée. Un vrai choc.
Et je n'ai pas du tout été touchée par les personnages : le mari est veule et lamentablement velléitaire, la femme un véritable monstre d'égoïsme, d'autorité et de violence, et à moins que je sois naïve sur la vie et les gens dans la réalité, je les ai trouvé caricaturaux, à la limite du grand-guignol. (Dites-moi que ce n'est pas possible qu'il y ait des gens qui vivent des histoires de couple comme ça ? Bon, je sais, on ne vit pas au pays de Candy, mais, là, tout de même, c'est impressionnant d'horreur...)
Alors oui, la petite bluette italienne a son charme : l'homme reprend peu à peu confiance en lui grâce à la douce Alice. Mais même la fin laisse un arrière-goût d'amertume : on sent les personnages englués dans un quotidien étouffant, un passé lourd et des schémas comportementaux presque ataviques dont on ne pressent que trop bien qu'ils auront du mal à dépasser.
Publié par Alwenn à 16:29:24 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Le rire des Luperques (Tome 3 des enquêtes de Festus) de Bertrand Lançon (Alvik, 255 pages). Terminé le 02 juillet 2007.
Genre : polar antique
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : 377 après J.-C. : Festus est revenu à Rome.
Son ancienne fonction d'agens in rebus le conduit à mener l'enquête sur une
série d'assassinats. Que signifient ces meurtres mis en scène sur le parvis de
la fontaine la plus monumentale de Rome ? Que viennent faire ces amulettes,
phallus et croix ? Dans cette investigation délicate, Festus s'intéresse aux
côtés les plus secrets de la société romaine, les patrimoines, les mœurs et les
violences. L'intrigue s'épluche comme un oignon : on approche sans cesse de
nouvelles vérités qui se dérobent. Coups de théâtre et pittoresque sont au
rendez-vous.
Troisième aventure de Festus, l'enquêteur
romain du IVème siècle après JC. L'agens in rebus (agent de
renseignement impérial) a mûri et enquête sur de mystérieux meurtres au sein de
la sodalité des Luperques.
Les sectes chrétiennes sont toujours aussi présentes (ursiniens, manichéens...) et cette fois-ci, c'est un peu l'Ancienne Tradition romaine et ses rites contre la nouvelle religion monothéiste en proie aux dissensions qui occupent le livre.
Je continue à apprécier le style, concis, agréable ainsi que les détails de civilisation qui jalonnent le texte (vie quotidienne, nourriture...) mais j'ai trouvé l'énigme moins complexe que dans les deux autres tomes, peut-être un peu plus brouillonne.
Même si on ne s'attend pas vraiment au dénouement, j'ai eu un peu de mal à raccrocher tous les éléments ensemble. La politique s'en mêle et même si certains masques tombent peu à peu, mon impression reste mitigée. D'autant que j'ai trouvé la fin vraiment abrupte. Alors ai-je loupé un épisode par une lecture trop rapide ? En tout cas, je n'ai pas saisi le sens de la dernière phrase.
On verra au prochain tome (je suppose qu'il
y en aura un autre...) si je peux raccrocher la fin. Mais vraiment, c'est
désagréable d'avoir la sensation de ne pas avoir compris un élément de
l'histoire.
Publié par Alwenn à 13:40:13 dans @ Polars antiques | Commentaires (0) | Permaliens
Le Sang des bêtes (Tome 6 de Murena) de Dufaux et Delaby (Dargaud, 48 pages). Terminé le 23 juin 2007.
Genre : bandes dessinées
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Un homme qui a connu une longue période de prospérité est sujet à toutes les catastrophes. Le succès ne sait se fixer et toutes les fois que la prospérité ne peut aller de l'avant, elle fait marche arrière.
Encore une fois, j'ai dévoré en mois de
temps qu'il n'en faut pour le dire ces aventures de Murena.
Le héros éponyme de la BD, Lucius Murena, y est d'ailleurs beaucoup plus présent que dans le tome précédent, et on découvre un homme qui cherche à sauver la femme qu'il aime, quitte à se retourner contre la Mère Nourricière -Alma Mater-, Rome la toute puissante. Sa quête l'emmène jusqu'en Gaule, dans le pays éduen enneigé.
Le souci du détail chez les auteurs est toujours hallucinant : ils vont jusqu'à nous mettre des graffiti en latin sur les murs, et quand on sait observer le dessin, on remarque à chaque fois un détail qui aurait pu nous échapper à la première lecture. Je suis toujours autant en extase devant le graphisme et les couleurs et vraiment, leur vision de Rome est tout à fait celle que je m'en fais : d'un côté le luxe ostentatoire des sphères impériales, et de l'autre, les lézardes populaires d'une Rome de briques et de torchis.
Par contre, le sacrifice humain par le druide fait un peu tache : au premier siècle après JC, la Gaule est entièrement romanisée et les sacrifices humains ne se pratiquent plus. Surtout pas dans cette ambiance païenne et celtique poussée (à mon sens) à outrance. C'est dommage, le monde gaulois et gallo-romain est encore très méconnu et bien que Dufaux et Delaby soient très informés et documentés, ils n'ont malheureusement pas échappé à cet écueil folklorique erroné. J'imagine que cela satisfaisait le scénario et accentuait le côté tragique.
Mais bon, mis à part ce détail,
l'ensemble est vraiment excellent mais dès la dernière page tournée, je soupire
et n'aspire qu'à une seul chose : la suite ! D'autant que le prochain
tome verra le grand incendie de 64 détruire Rome. Et je suis très curieuse de
voir comment Dufaux et Delaby vont l'envisager : le Néron de Suétone l'emportera-t-il
ou parviendront-ils à maintenir une vision plus impartiale ?....La suite
dans un an (Pfff, c'est trop long !)
Publié par Alwenn à 13:07:51 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) | Permaliens
Le serment des limbes de Jean-Christophe Grangé (Albin Michel, 652 pages). Terminé le 18 juin 2007.
Genre : thriller
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller ?
Bon, avouons-le tout de suite : c'est
la première fois que je lis du Grangé. Et j'en ressors plutôt satisfaite. Alors
on commence par les choses qui fâchent d'emblée : pas de grandeur
remarquable dans le style, rien de notable ou d'extraordinairement frappant. En
même temps, c'est un thriller pur jus, faut pas non plus s'attendre à des
effets de manches littéraires. Ou alors faut lire autre chose.
Pour le reste, je suis assez bluffée. Pendant de longues pages, je me suis demandé pourquoi il y avait certaines longueurs, pourquoi certains éléments de l'enquête semblaient décrocher de l'intrigue principale. Mais sur la fin, on se rend compte du travail d'orfèvre qu'a réalisé Grangé : comme une araignée qui tisse patiemment sa toile, Grangé distille des éléments petit à petit, éléments qui prennent un sens incroyable dans le dénouement. C'est mieux qu'un travail d'orfèvre, c'est un ouvrage de maître ciseleur qui réalise un puzzle subtil et délicat. Je me suis complètement laissée prendre dans cette histoire et je me suis fait avoir sur la fin. Bon sang, Grangé a l'art et la manière de laisser tomber les masques avec une brutalité qui vous laisse pantois. J'avoue donc, je me suis fait piégée. A chaque fois que l'on croit entrevoir la «vérité, la Vérité que seul l'auteur veut bien vous donner vous explose à la tête. Tout s'imbrique parfaitement, et l'on s'en veut de ne pas y avoir pensé avant.
Le personnage principal, Matthieu Durey, est, en outre, pour le moins atypique : flic, mais ancien séminariste, livrant des batailles intérieures, réfléchissant sur des notions eschatologiques, dans un manichéisme très chrétien.
Le fond de l'histoire est donc plutôt riche, assez novateur et intrigue, c'est le moins que l'on puisse dire.
Quant à l'ambiance, c'est très conforme à l'adaptation cinématographique que j'ai pu voir de Grangé dans Les rivières pourpres : pluie, espaces montagnards angoissants oscillant entre pics vertigineux et gouffres pesants, personnages en quête de vérité, subissant leurs pulsions plutôt que les maîtrisant, ambiguïté de l'évolution humaine, entre enfance naïve et âge adulte pris dans ses tiraillements existentiels profonds.
Bref, j'ai bien aimé me faire embarquer de la sorte, et découvrir un univers construit, élaboré, avec une rédaction réfléchie et intéressante.
Et puis, pour terminer, je l'avoue à nouveau, je me suis fait complètement avoir sur la fin, j'y ai cru jusqu'au bout, j'ai douté, je suis revenue de mes hypothèses et Grangé a mis un point final à mes interrogations : je m'étais plantée sur toute la ligne.
Publié par Alwenn à 22:03:42 dans @ Thrillers | Commentaires (6) | Permaliens
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