" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Une rose à l'amer, de Maliki (Ankama Editions, 160 pages). Terminé le 24 juillet 2008.
Genre : Bande dessinée
Avis : 4/5
Un billet très court, pour signaler que Souillon récidive avec ce deuxième opus des aventures de Maliki ! C'est toujours aussi drôle, et les planches se dévorent à la vitesse grand V. J'ai peut-être un tout petit moins apprécié que le précédent, parce que j'ai trouvé qu'on y voyait moins Féanor er Fleya, les deux matous... Mais bon... c'est vraiment parce que je suis une accro à ces deux félins un peu fêlés... Et puis, il y a aussi plus de planches avec Lady Savage, le double imaginaire de Maliki... et là, j'ai un peu plus de mal à accrocher. Mais l'ensemble se lit très vite, avec facilité et bonheur. N'hésitez pas à aller voir son site internet !
Publié par Alwenn à 22:50:29 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) | Permaliens
Toi et moi à jamais, de Ann Brashares (Gallimard, 334 pages). Terminé le 22 juillet 2008.
Genre : roman jeunesse (spécial
filles !)
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Alice et Paul. Les deux sœurs et l'ami d'enfance. Voici l'été de leurs retrouvailles. La côte Est des Etats-Unis, les maisons de vacances, les plages de l'île qu'on connaît par cœur. Et pourtant tout a changé. Ils ont vingt ans. L'amitié se trouble. Entre Alice et Paul, une attirance nouvelle s'installe. C'est alors que la tragédie frappe et vient changer le cours du destin...
On ne présente plus Ann Brashares, l'auteur talentueuse du désormais très fameux « Quatre filles et un jean ». Je me suis donc lancée dans cette lecture en pensant retrouver toutes les émotions adolescentes que les aventures des 4 filles avaient laissées en moi. (Oui, je le reconnais, quand j'ai aimé un livre, je cherche toujours à retrouver les mêmes sentiments. C'est un grand tort, mais on ne se refait pas...)
A mon grand désespoir, -encore une fois-, le livre n'a pas été à la hauteur de mes attentes.
Les personnages de l'histoire sont beaucoup plus mûrs et toute la narration consiste en une longue introspection des sentiments qui peuvent éclore lors du difficile passage de la fin de l'adolescence à l'âge adulte. C'est assez fouillé psychologiquement, mais l'ensemble manque cruellement de dialogues pour donner un coup de peps à ce lent et long cheminement intérieur.
La relation particulière que les trois protagonistes ont nouée est largement décrite, trop peut-être parfois. Le lecteur, aussi peu fin soit-il, comprend tout à fait ce qui relient Paul, Alice et Riley, et ce qui les entravent à la fois. Du coup, les rappels récurrents de cette relation sont assez lassants.
De plus, je reprocherais à Ann Brashares de céder trop souvent à la mièvrerie. C'était le cas dans sa série précédente -mais elle le faisait avec naturel et bonheur-, mais compte tenu de la profondeur qu'elle essaie d'attribuer à ce roman-ci, le recours à des procédés littéraires dignes de la pire Love Story Harlequin s'avère très maladroit. Enfin à mon sens.
Au final, le roman se laisse lire, bien sûr. Surtout en cette période estivale propice aux lectures peu abouties. Mais je reste avec un arrière-goût de lenteur et d'artificialité qui me désappointe...
Mais ça ne m'empêchera sûrement pas de donner une chance supplémentaire à Ann Brashares lors de sa prochaine parution... On est fleur bleue ou ne l'est pas, hein !Publié par Alwenn à 21:36:05 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (6) | Permaliens
Il faut tuer José Bové- La croisade s'amuse, de Jul (Albin Michel, 47 pages). Terminés mi-juillet 2008.
Genre : bande dessinée
Avis : 4/5
Oh, la jolie découverte que voilà ! Je remercie la copine qui ma fourré entre les mains ces deux tomes du dessinateur Jul car je ne regrette pas ma lecture. Les voisins doivent encore entendre mon rire dans le jardin pendant l'heure où j'ai dévoré ces deux bandes dessinées...
Bon, ne connaissant pas l'ordre de parution des deux tomes du caricaturiste de Charlie Hebdo, j'ai d'abord commencé par La croisade s'amuse, qui est en réalité le deuxième opus. La croisade s'amuse, ou comment Bush tente de retrouver Ben Laden... Le dessin est croquant à souhait, distillant dans les moindres recoins des vignettes des détails à mourir de rire (ne pas hésiter à tourner l'ouvrage dans tous les sens pour pouvoir TOUT lire). La guerre d'Irak vue à travers le prisme ironique du dessinateur est tordant de rire. C'est bien vu, bien rendu et c'est à la fois décalé et peut-être si près de la vérité ! Je retiens le journal intime de Mme Ben Laden, à la Bridget Jones, et ses déambulations dans Bagdad, aux allures très Yankee. Bref, un moment d'humour tout à fait rafraîchissant. Et la fin est absolument désopilante !
J'ai poursuivi par Il faut tuer José Bové. Ou comment les alter-mondialistes dérangent... Je l'ai trouvé sans doute moins enlevé que La croisade s'amuse, mais il y a de très bons passages (aaah... l'épisode des moutons gardes-du-corps ! J'en avais les larmes aux yeux !). Là aussi, la réalité vue sous le trait de crayon de Jul fait sourire, beaucoup. La réunion alter-mondialiste et ses stands sont un grand moment... Il y a peut-être moins de détails que dans La croisade s'amuse mais c'est un bonheur quand même !
Alors si comme moi, la politique mondiale et les mouvements actuels ne sont pas forcément votre tasse de thé, mais que vous voulez rire ou sourire de ce qui fait notre monde moderne, jetez-vous sur ces deux tomes de Jul. Grande rasade d'humour assurée !
Publié par Alwenn à 21:12:19 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (4) | Permaliens
Le cueilleur de fraises, de (Gallimard Black Moon, 237 pages). Terminé début juillet 2008.
Genre : roman jeunesse
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Lorsque sa meilleure amie, Caro, est retrouvée assassinée, Jette jure publiquement de la venger, attirant ainsi sur elle l'attention du meurtrier. Chaque jour, Jette essaie de se reconstruire et d'oublier. Elle fait bientôt la connaissance d'un garçon qui semble pouvoir lui redonner le goût de vivre et tombe éperdument amoureuse. Mais Jette est loin de soupçonner à qui elle a réellement affaire...
Après la folie des Stephenie Meyer, la collection Black Moon tente de poursuivre son avancée commerciale en nous appâtant avec les caractéristiques des livres qui font désormais sa fortune : couverture glacée noire, une fraise bien rouge (pour rester dans les mêmes tons), et une quatrième de couverture au résumé lapidaire qui se veut mystérieuse.
Malheureusement, la lecture de ce cueilleur de fraises s'avère bien décevante. D'abord parce qu'il ne s'agit pas du tout du même genre d'histoire : ici, on un tueur psychopathe rôde dans les parages, s'attaquant à d'innocentes et frêles jeunes filles.
Ensuite, l'écriture n'est pas la même non plus : beaucoup de longueurs, malgré une tentative de changements de points de vue pour le moins intéressante, oscillant entre une narration à la première personne et une narration à la troisième personne.
Enfin, parce que le déroulement entier de l'histoire ainsi que son dénouement sont prévisibles et jamais le lecteur ne sentira le frisson de la surprise le faire tressaillir.
C'est une lecture de début de vacances assez légère, certes. Mais je n'ai pas été emballée par ce cueilleur de fraises. Je ne m'attendais pas évidemment à retrouver l'exaltation des Stéphenie Meyer (peut-on franchement faire mieux ?) mais j'avais tout de même le secret espoir de découvrir encore une autre pépite. Raté.
Bref, je ne m'étendrai pas davantage sur l'ouvrage. Peut-être aurai-je des retours plus positifs que le mien... il n'en restera pas moins que je demeure déçue de cette lecture et que la collection Black Moon restera pour moi la révélation Meyer...
Publié par Alwenn à 21:10:21 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (6) | Permaliens
Spirit Lake, de Sylvie Brien (Gallimard Scripto, 237 pages). Terminé le 19 juin 2008.
Genre : roman jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Québec, 13 mai 1915, Dans
l'infirmerie ou camp de détention de Spirit Lake. Peter Gaganoyitch agonise sur
un lit de camp. Il n'a que quatorze ans. Comment en est-il arrivé là ? Trois
mois plus tôt, il débarquait au Canada, avec Iwan, son frère, et sa grand-mère
adorée fuyant la guerre et l'Autriche-Hongrie. Ils pensaient atteindre un
nouveau paradis... Comment un jeune garçon, interné au milieu d'un no man's
land de glace, utilise miraculeusement ses qualités humaines, son imagination.
Et comprend que le bonheur se choisit chaque matin, au saut du lit, comme un
vêtement. Un magnifique roman, une magistrale leçon de vie.
Dès les premières lignes de Spirit Lake, le lecteur est happé par l'histoire : Peter Gaganoyitch nous parle. Il nous parle de la lente agonie qu'il est en train de vivre. On ne sait pas de quoi le jeune garçon est en train de mourir, mais il se meurt dans l'infirmerie du camp de Spirit Lake.
Mais qu'est-ce que Spirit Lake ? Spirit Lake est un camp d'internement de prisonniers pendant la première guerre mondiale, au Canada. C'est un pan de l'histoire totalement méconnu pour moi. Je savais que les Américains avaient agi de la même manière envers les Japonais pendant la seconde guerre mondiale, mais je ne savais pas que le Canada avait fait de même lors de la première guerre mondiale, avec tous les ressortissants austro-hongrois qui abordaient leurs rives, fuyant la guerre en Europe.
Peter Gaganoyitch est un de ces exilés volontaires, croyant arriver sur une terre promise, échappant aux horreurs de la guerre. Il arrive à Québec avec son frère, Iwan, et sa grand-mère. Mais rien ne se passera comme prévu, et pire, les deux jeunes seront envoyés à Spirit Lake. Peter n'a que 14 ans, et il ne devrait pas se trouver dans cet endroit. Mais poursuivi par la haine d'un gradé, il suit son frère Iwan dans ce camp d'internement. La vie va durement l'éprouver, jusque dans cette expérience finale par laquelle commence le livre.
La narration bascule sans cesse du présent au passé, voguant entre l'agonie de Peter et la vie dans le camp, qu'il a vécu jusqu'à temps de se retrouver sur ce lit d'infirmerie. Le lecteur n'a de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé, comment et pourquoi ce jeune garçon est en train de mourir.
La vie dans le camp est décrite sans artifice, mais sans misérabilisme non plus. Les relations se nouent, les amitiés se lient, mais les inimitiés éclatent aussi. Pas de manichéisme dans ce livre, simplement des sentiments profonds et humains. Un épisode m'a particulièrement marqué : celui où Peter se voit dépossédé d'une « farine » de sarrasin qu'il a reçu dans un étrange colis, et que les femmes du village d'internement décident d'utiliser pour cuire des galettes à tout le monde. Mais cette farine n'est pas celle que l'on croit, et une émotion à la fois glacée et émue m'a saisie à la lecture de ce passage.
Enfin, Spirit Lake trouve une certaine originalité dans le mélange des genres : l'auteur a en effet choisi de mêler tout un pan fantastique à ce récit romancé qui s'appuie sur des bases historiques réelles. J'avoue que je suis assez partagée sur ce choix : il cadre parfaitement avec le décor du lac, sur les berges duquel se dresse le camp, un lac aux esprits dans les légendes indiennes, et où il se passe d'étranges choses. Mais d'un autre côté, le récit aurait tout aussi bien pu tenir sans cet apport fantastique, et ce, même si une grande partie l'intrigue repose sur l'histoire de ce lac et tend vers une fin qui boucle certains « mystères » du roman.
Il n'en reste pas moins que c'est un roman fort, émouvant. Une belle leçon d'humanité et de courage. Et beaucoup d'espoir.
Publié par Alwenn à 00:04:48 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) | Permaliens
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