" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Le cercle de sang, de Jérôme Delafosse (Pocket, 441 pages). Terminé le 19 décembre 2007.
Genre : thriller
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Hôpital
de Hemmerfest, Norvège. Nathan Falh, membre d'une expédition polaire, sort du
coma après un accident de plongée. Il ne sait plus qui il est. Personne ne le
réclame. Pourtant, il se sent traqué... Bibliothèque Malatestiana, Cesena,
Italie. Un spécialiste des textes anciens décrypte un manuscrit malouin du
XVIIe siècle, qui révèle page après page une terrible malédiction qui traverse
le temps... jusqu'à aujourd'hui. Seul Nathan détient les clés de ce mystérieux
écrit et peut empêcher la folie meurtrière de se déchaîner. Mais pour cela, il
doit recouvrer rapidement la mémoire. Et il joue contre le temps, car le Cercle
de sang s'apprête à frapper...
Pour un premier roman, je dois dire que
tout cela est très bien tourné. L'intrigue suit un rythme tambour battant à
travers des pays aux décors aussi riches que variés. La trame narrative qui
oscille entre le passé (avec le manuscrit malouin) et le présent (avec la quête
identitaire du héros) est plutôt bien pensée.
Evidemment, le coup de l'amnésie Nathan Falh, le héros, est un artifice littéraire un peu éculé mais il n'en reste pas moins que Jérôme Delafosse parvient à nous convaincre de poursuivre avec lui cette passionnante enquête en eaux troubles.
Certains passages du livre sont un réussite au point de vue ambiance (l'épisode au Rwanda notamment, d'une noirceur terrifiante). En revanche, les traits psychologiques de certains personnages sont un peu superficiels : j'ai trouvé Rhoda un peu falote, de même que le personnage de l'anglais bibliophile de la Malestiana, qui aurait pu gagner davantage un profondeur vu la place qu'il occupe dans le roman.
Quant à la trame profonde du livre, elle fait parfois froid dans le dos quand on songe qu'à l'heure actuelle de telles réalisations seraient tout à fait envisageables... Brrrr...
La fin n'est pas mal du tout même si elle m'a furieusement rappelé la fin de Qumran d'Eliette Abecassis.
Publié par Alwenn à 22:37:39 dans @ Thrillers | Commentaires (2) | Permaliens
Les aigles de Rome, de Marini (Dargaud, pages). Terminé le 09 décembre 2007.
Genre : Bande dessinée
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Dans la Rome d'Auguste, Ermanamer et Marcus
lient leurs destins par un pacte de sang. Mais leur amitié pourra-t-elle
résister à la démesure de l'Empire ? Un récit traversé par le souffle de
l'Histoire et de la liberté signé par Enrico Marini, dessinateur de Rapaces et
du Scorpion.
Pour commencer, je dois dire que les
dessins sont absolument superbes et que cet album est un vrai plaisir pour les
yeux.
En ce qui concerne le fond même, la Rome d'Auguste, il y a du bon et du moins bon. Certains aspects de la civilisation romaine sont plutôt bien rendus (la bataille de départ en Germanie, notamment, même si elle possède un air de déjà vu quand on pense à Gladiator...) et d'autres me choquent plus (les personnages qui jurent comme des charretiers à tout bout de champ par exemple...)
Mais le gros bémol de cette bande dessinée est à mon avis l'histoire. Elle est en effet un peu plate : il s'agit sans doute pour Marini de poser ses personnages dans ce premier album, de faire les présentations pour mieux ancrer son intrigue. Mais du coup, c'est un peu lent et au final un peu ennuyeux. Espérons que s'il y a une suite (ce qui devrait être le cas), l'histoire prenne un peu plus d'ampleur et de profondeur...
Un bon petit moment en définitive, mais
sans plus. Si ce n'est que se rincer l'œil en regardant les beaux jeunes hommes
que ces deux garçons sont devenus n'est pas du tout désagréable...Ah... l'art du
dessin... ;-)
Publié par Alwenn à 23:15:11 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (0) | Permaliens
La peste des âmes, de Jürgen Seidel (Hachette Black Moon, 430 pages). Terminé le 27 novembre 2007.
Genre : Roman (jeunesse)
Avis : 3/5
RESUME
EDITEUR : Londres, 1521. Une série de mystérieux suicides sème la
panique dans la ville. Les victimes, de jeunes étudiants, laissent des lettres
d'adieu dans lesquelles ils déclarent avoir été abandonnés par Dieu. On parle
d'une peste des âmes, qui ne demande qu'à se répandre. Aussi, lorsque des
élèves de son école sont concernés, Andrew mène l'enquête. Véritable maladie
spirituelle ou machination humaine ? Suicides volontaires ou meurtres déguisés
? Tels sont les mystères que vont tenter de percer les Blackfrairs Seven, le
cercle secret qu'Andrew a fondé.
L'idée de départ semblait plutôt alléchante : une sorte de club estudiantin du XVIème siècle à Londres, enquêtant sur des morts mystérieuses. Malheureusement, je dois avouer que le traitement de l'intrigue souffre de nombreuses carences. En effet, après un début mené tambour battant, avec notamment la rencontre avec chacun des personnages de cette histoire, l'intrigue se tasse régulièrement sur elle-même pour s'embourber dans un état des lieux de la vie à cette époque. Les liens entre les personnages sont pourtant plutôt bien décrits (on notera par exemple le réalisme de la relation entre Lady Alice et Thomas Morland, avec tout ce qu'elle peut comporter de morgue, de rancœur ou de violence) mais il manque ce petit supplément d'âme qui permet à un livre de s'ériger au rang de BON livre. De plus, si l'on considère que ce livre s'adresse à un lectorat de la jeunesse, on peut être dubitatif face à la compréhension du monde d'alors par des jeunes bien d'aujourd'hui : qui pourra réellement penser que la fille Morland est enceinte parce qu'elle a embrassé un garçon sur la bouche dans une église ? Bien sûr, tout cela est à remettre dans le contexte de l'époque et les jeunes filles, souvent mal informées, pouvaient être amenées à croire de pareilles choses....
Un livre très très hétérogène donc, avec des passages réellement intéressants, d'autres auxquels il semble manquer un souffle de vie et une fin qui m'a laissée mécontente : je n'ai pas compris réellement le dernier chapitre et j'ai horreur d'avoir l'impression d'avoir loupé quelque chose en cours de route. Cette frontière finale entre rêve et réalité m'a titillé l'esprit au point finalement de m'énerver.
Je suis donc déçue au final, moi qui partait si pleine d'espoir. Et c'est peut-être bien ça le souci : il vaut mieux parfois ne pas avoir trop d'attentes vis-à-vis d'un livre et se laisser bercer par l'histoire plutôt que d'espérer qu'il ressemble à l'image qu'on s'en était fait...
Publié par Alwenn à 12:17:19 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) | Permaliens
Art, de Yasmina Reza (Magnard, 122 pages). Terminé le 19 novembre 2007.
Genre : Théâtre
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : " Mon ami
Serge a acheté un tableau [...] un tableau blanc avec des liserés blancs.
" Médecin dermatologue, Serge aime l'art moderne et Sénèque, qu'il trouve
" modernissime ". Ingénieur dans l'aéronautique, Marc a des goûts
plus traditionnels et ne comprend pas que son ami Marc ait pu acheter "
cette merde deux cent mille francs ". Quant à Yvan, représentant dans une
papeterie, il aimerait ne contrarier aucun de ses deux précieux amis. Mais les
disputes esthétiques autour du " tableau blanc " dégénèrent dans un
crescendo hilarant et féroce, qui ne laissera personne indemne...
La belle découverte que voilà ! Prêté
par une amie, ce petit livre a atterri complètement par hasard entre mes mains
le week-end dernier... Je suis entrée dans la lecture sans a priori, ne sachant pas
du tout à quoi j'avais affaire. Et quel régal ! J'ai trouvé cette pièce
extrêmement amusante et profonde. Quel délice cette histoire qui tourne autour
d'un trio d'amis et d'un tableau blanc moderne ! L'écriture est simple
mais tellement vive ; et j'imagine le plaisir que cela doit être de voir
cette pièce jouée par Luchini ! La scène paroxystique est absolument hilarante !
Le fond évoque le sentiment d'altérité que l'on ressent tous en société, exacerbé ici par les opinions extrêmement divergentes des trois amis face à l'art. Qu'est-ce que l'art ? Que doit-on considérer comme artistique ou non ? Qui peut en décider ? C'est quoi avoir du goût ? Et tout cela dans une langue savoureuse, avec un trio mi-tragique, mi-comique ! Que du bonheur.
Publié par Alwenn à 22:43:56 dans @ Théâtre | Commentaires (0) | Permaliens
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?, de Pierre Bayard (Editions de Minuit, 162 pages). Terminé le 18 novembre 2007.
Genre : essai
Avis : 3/5
RESUME
EDITEUR : L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre,
des situations délicates où l'on se retrouve quand il faut en parler et des moyens
à mettre en œuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées
reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos
d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un
qui ne l'a pas lu non plus.
Un
livre avec un titre comme celui-là ne pouvait que m'intéresser, moi qui ne
parle sur ce blog que de livres que j'ai lus... Il était depuis longtemps dans ma
PAL mais je n'arrivais pas à me mettre à sa lecture. Et puis finalement, je me
suis lancée. Verdict : beaucoup de bruit pour rien autour de ce livre lors
de sa sortie. Le titre peut paraître alléchant : un peu du genre « la
non-lecture pour les nuls ». Mais le contenu est tout autre. D'abord, j'ai
trouvé le style de l'auteur un peu pompeux : beaucoup de circonvolutions
stylistiques, de redites, pour aboutir à des conclusions finalement assez
simples. Chacun d'entre nous a dans la tête un « livre intérieur »,
un livre idéal en quelque sorte. Ben oui, ça semble assez logique. On peut
parler de livres que l'on n'a pas lu si l'on peut faire référence à la
« bibliothèque collective »... certes, mais si je ne m'abuse, pour
connaître ne serait-ce que les références des titres qui sont regroupés dans la
bibliothèque collective, il faut bien effectuer un acte de lecture, non ?
Faire donc croire que l'on parler de livres sans avoir RIEN lu est illusoire.
L'auteur cherche visiblement à déculpabiliser les lecteurs face à l'attitude
élitiste qui voudrait qu'on ait TOUT lu, pour pouvoir en parler avec justesse.
Je suis d'accord qu'une telle entreprise relève du domaine de l'utopie, et
moi-même pendant mes études ai souvent parlé ou écrit sur des livres sans les
avoir réellement lus. En revanche, j'avais lu ce que d'autres en disaient. J'ai
donc quoi qu'il en soit accompli un acte de lecture.
Bon, en même temps, je caricature un peu. Quand on rentre vraiment dans le bouquin, on comprend que la motivation de l'auteur est autre que de faire croire qu'on peut ne pas lire et parler d'un livre non lu. Pierre Bayard développe surtout les différentes façons de lire, parce que finalement qu'est-ce que lire ? Que peut-on qualifier de réel acte de lecture ? Sur ce point-là, l'auteur avance des thèses assez fines, voire intelligentes. Mais parfois, il tire aussi trop la couverture à lui en étayant ses propos par des exemples paradoxaux (d'ailleurs la collection de l'édition n'est-elle pas « Paradoxe » ?), tirés par les cheveux.
Enfin pour conclure, j'avais vu, j'ai lu, j'en suis revenue. Pour moi, ce ne sera pas un livre qui restera longtemps ancré. Tout au plus un essai supplémentaire sur l'acte profondément intense et envoûtant qu'est la lecture. Et c'est comme pour tout, quand on démonte les rouages d'une chose fabuleuse, on arrive à lui en ôter sa magie.
Publié par Alwenn à 22:24:03 dans @ Essais | Commentaires (0) | Permaliens
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