" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Attirances, de Didier van Cauwelaert (Livre de poche, 220 pages). Terminé le 01 janvier 2008.
Genre : recueil de nouvelles
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Un écrivain harcelé par
l'étudiante qui lui consacre une thèse ; un peintre qui s'accuse de tuer les
femmes à distance avec ses pinceaux ; une maison qui envoûte jusqu'à la folie
ceux qui s'y attachent... Faut-il résister à l'attirance ? Et si l'on y cède,
est-ce pour se fuir ou pour se retrouver ? Liées par un même secret, trois
passions vénéneuses où culmine le talent d'un des plus grands auteurs français
d'aujourd'hui.
Commencer l'année par une découverte comme celle-là augure de lectures riches et intéressantes... (enfin, j'aime à le croire...)
Je n'avais jamais lu de Cauwelaert et j'ai trouvé ça... génial !
Trois nouvelles. Trois histoires. Et des ponts entre ces trois intrigues par des personnages récurrents, ou des thèmes. Terriblement innovant pour moi cette construction : on peut lire les trois histoires de manière très indépendante, mais quelle saveur de pouvoir établir des liens entre les trois intrigues !
J'ai complètement adoré le style, vif et tranchant. On oscille entre le décor noir et envoûtant et le fantastique. On ne sait jamais où est la limite, l'auteur nous baladant dans ses histoires border-line. J'ai été absolument subjuguée par cet auteur et par ce livre ne particulier. Il faudra sans doute que je lise d'autres ouvrages de lui pour me faire une idée plus précises, mais d'emblée, je suis conquise.
Publié par Alwenn à 13:56:07 dans @ Recueil de nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
Le complexe de l'ornithorynque, de Joe Hoestlandt (Milan, 154 pages). Terminé le 28 décembre 2007.
Genre : roman
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Philémon intrigue beaucoup sa
voisine Carla qui est l'amie de Rose qui rêve d'Aurélien qui croit aimer les
garçons. Chacun se frôle, se dévoile, se ment. Chacun se cherche, se cogne, se
blesse. Heureusement, les ornithorynques ont la peau dure...
Malgré un concept intéressant, une narration à 4 voix, du point de vue de chaque personnage, je n'ai pas réussi à être emballée par ce roman. Le personnage de Rose en particulier m'a gênée : handicapée motrice, paraplégique, elle s'imagine être enceinte après qu'Aurélien ait posé sa tête sur son ventre.
Carla est attachante et la comparaison qu'elle établit avec l'ornithorynque dans son récit d'ouverture est amusante et tout à fait pertinente. Et même si certains passages sont plutôt touchants, l'ensemble demeure toutefois plat voire déroutant parfois.
Les thèmes abordés sont ceux caractéristiques de l'adolescence : l'amour, les relations entre amis, les cours, l'orientation sexuelle, ou encore les relations avec les parents. Mais tout n'est qu'effleuré, on reste à la surface des choses.
Publié par Alwenn à 14:05:55 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (0) | Permaliens
Lettres à Léonie, de Victor Hugo (Mille et une nuits, 78 pages). Terminé le 28 décembre 2007.
Genre : recueil épistolaire
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : " Tu es un ange : je baise
tes pieds, je baise tes larmes ! Je reçois ton adorable lettre, j'ai à peine le
temps de t'écrire ce mot, moi pauvre galérien travaillant nuit et jour, mais
toute mon âme est pleine de toi. " Ainsi débute une correspondance, pour
partie perdue, entre un jeune pair de France, Victor Hugo, et sa maîtresse,
Léonie Biard, qui se fait appeler Mme d'Aunet. Ils se sont connus en 1842, se
sont aimés avant la mort de Léopoldine, en 1843, se sont retrouvés après la
tragédie de Villequier. En 1845, à la requête du mari, les amants sont pris en
flagrant délit d'adultère. Le scandale est retentissant. Leur passion, trop
charnelle pour ne se nourrir que de souvenirs, s'éteignit pendant l'exil de
Victor Hugo. Le bref roman épistolaire que forment ces lettres garde une part
de mystère.
Voilà un tout petit livre, tant dans son format que dans son nombre de pages, qui nous permet de pénétrer l'univers intime de ce géant de la littérature française qu'est Victor Hugo. C'est émouvant, c'est touchant, c'est doux comme les mots que le poète livre à sa maîtresse.
Je connaissais bien évidemment les noms d'Adèle, sa femme, et de Juliette, sa maîtresse presque officielle, mais je n'avais jamais entendu celui de Léonie. Tendre Léonie, voluptueuse Léonie qui donne à Victor Hugo l'occasion d'écrire des lettres d'amour sensibles et empressées.
De cette correspondance, nous n'avons que les lettres du poète mais cette correspondance à une voix ne souffre pas de l'absence des missives de Léonie car la belle se découvre au fil des mots du poète. Elle est toujours en retard aux rendez-vous, elle aime tendrement Victor Hugo, elle pleure parfois, mais elle le rend toujours heureux.
Même si les mots se ressemblent un peu tous, même si l'expression de l'amour se retrouve dans les mêmes phrases, lire des lettres d'amour de Victor Hugo est tout à fait jubilatoire. Qu'elle a eu de la chance, cette Léonie d'Aunet, même si leur histoire n'a pas survécu à l'exil du poète. On sent tout l'amour, le désir, la tendresse d'un homme pour une femme, dans toute la simplicité des rencontres humaines. C'est beau et profond à la fois, c'est simple et pur en même temps.
Et quel choc d'apprendre que Léonie, après que le couple adultère eut été surpris en flagrant délit, écopa d'une peine de prison de 3 mois ! Trois mois d'emprisonnement pour avoir tout simplement aimé.
Avec ce court recueil épistolaire, c'est le géant qui devient homme, c'est l'artiste qui se fait amant, c'est l'Académicien qui se fait cœur aimant. Toute la beauté de l'amour dans 78 pages d'une correspondance dans laquelle on se glisse avec cette pointe de voyeurisme candide et après laquelle on soupire...Cette femme aura eu des lettres d'amour sublime, à l'image des liens qui l'unissaient au poète...
Publié par Alwenn à 17:04:13 dans @ Recueil épistolaire | Commentaires (0) | Permaliens
La révolte des accents, de Erik Orsenna (Stock, 135 pages). Terminé le 26 décembre 2007.
Genre : roman
Avis : 3/5
RESUME
EDITEUR : Après
La grammaire est une chanson douce et Les Chevaliers du Subjonctif,
Erik Orsenna repart explorer les territoires mystérieux de la langue française.
Ce troisième opus de l'exploration des richesses de la langue française par Orsenna est indéniablement moins enlevé que les deux précédents.
Le premier avait recueilli chez moi une profonde vénération et adoration. Le second m'ait moins subjuguée, mais j'étais heureuse de retrouver les héros de la première histoire. Ce troisième livre me laisse plus neutre, même si ce fut un profond plaisir de retrouver Jeanne dans de nouvelles aventures.
Alors comment expliquer cette petite déception ?
Tout d'abord, je dois avouer que le changement d'illustrateur m'a beaucoup gênée. J'aimais beaucoup la chaleur des couleurs du précédent, la simplicité du dessin, le côté aquarelle de la mise en couleur... Dans ce troisième livre, je n'ai pas trop accroché aux illustrations. Je les ai trouvées plus froides, plus travaillées et donc correspondant moins aux attentes que j'avais
-compte tenu de l'habitude que j'avais prise avec l'ancien illustrateur-. Première chose.
Ensuite, le rôle de personnages clés dans le premier tome se voit réduit à la portion congrue : c'est le cas notamment de Monsieur Henry. Et c'est vraiment dommage. Le rôle du frère se trouve aussi largement modifié et j'ai eu du mal à le raccrocher à son personnage des deux opus précédents. Deuxième chose.
Enfin, - troisième chose-, j'ai trouvé que le côté « didactique » naïf et débonnaire, que j'avais tant apprécié les fois précédentes, était plus que réduit dans ce livre. Bien sûr, on comprend vite que les accents sont les piments de la langue et que sans eux, notre belle langue perd de sa saveur... Mais je n'ai pas réussi à retrouver la « patte » Orsenna dans les explications. C'est moins profond que les autres fois.
Je reconnais en revanche l'esprit imaginatif et poétique d'Orsenna : quelle beauté ces phrase qui gèlent par exemple, et où viennent se poser les accents ! Quelle imagination et quelle poésie qui viennent se nicher dans chaque page du livre... Et quelle magie ces mots qui s'enchaînent, qui coulent sous la plume avec une facilité déconcertante...
Mais là où ça me gêne par exemple, c'est dans le rapport « accent » (comme au théâtre) et « accentuation » (grammaire) où Orsenna entretient une certaine ambiguïté qui ne lui ressemble pas : pédagogiquement parlant, il y a une certaine confusion qui gâche l'habituel aspect didactique des livres d'Orsenna.
Enfin, je râle, je râle, mais j'ai passé tout de même un très agréable moment de lecture. Je pense qu'il y aura une suite car la fin entretient un certain suspens.
Et je respecte toujours autant ce grand monsieur de la langue française et j'admire toujours autant son talent pour imaginer de si jolies choses pour dévoiler aux rétifs ou aux réfractaires toute la beauté et la richesse de notre langue... Longue vie à Jeanne au pays magique de la langue française...
Publié par Alwenn à 18:57:13 dans @ Romans | Commentaires (0) | Permaliens
Les sept crimes de Rome, de Guillaume Prévost (10/18, 285 pages). Terminé le 25 décembre 2007.
Genre : roman policier historique
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Rome,
décembre 1514. Un jeune homme décapité est découvert sur la statue de Marc
Aurèle. Une inscription au sang marque le crime: " Eum qui peccat...
" (Celui qui pèche... ). Peu après, c'est un vieillard qui est retrouvé
sur le Forum, nu, mort et attaché à une échelle, et cette fois encore, le crime
est signé: " ... Deus castigat " (Dieu le punit). Dans la Ville
éternelle, on n'avait jamais vu ça. Il semble que l'assassin défie la cité, le
pape lui-même, la chrétienté. Installé au Vatican depuis peu, occupé à ses
travaux d'anatomie et de peinture, Léonard de Vinci en personne se passionne
pour l'affaire. Aidé d'un jeune étudiant en médecine, il est peut-être le seul
à pouvoir démasquer ce monstre qui déploie autant d'intelligence à égarer les
soupçons que de cruauté à exécuter ses victimes...
Après avoir connu Guillaume Prévost dans
son rôle d'auteur de jeunesse qu'il tient avec brio (voir sa trilogie du Livre
du temps ), je le découvre dans un autre registre, celui du polar
historique.
Dans la Rome du XVIème siècle, des meurtres aussi violents qu'étranges sont commis et le jeune héros va traquer l'assassin avec l'aide précieuse et opportune du grand génie de la Renaissance qu'est... Léonard de Vinci !
Pour qui est déjà allé à Rome, le livre est tout d'abord un plaisir de promeneur, puisque l'intrigue nous balade régulièrement dans les quartiers antiques mais aussi dans les rues populeuses de la Renaissance et si l'on connaît un peu la Ville éternelle, il est agréable de se promener dans le dédale des rues...
Ensuite, l'ambiance historique générale est plutôt bien rendue : l'influence du Pape, les rivalités entre les grandes familles italiennes, les luttes pour le pouvoir, la recherche de domination des autres pays européens... Tout ça n'est qu'effleuré et, sans alourdir l'intrigue de renseignements didactiques pesants, cela permet de mieux situer l'atmosphère de l'époque.
On rencontre donc des personnages historiques réels, côtoyant des personnages issus de l'imagination de l'auteur. Et le cocktail fonctionne plutôt bien.
L'intrigue est bien menée, même si l'on peut toutefois reprocher à l'auteur de ne pas laisser assez d'indices sur le réel dessein du meurtrier. Son identité peut se trouver assez rapidement, par élimination, mais son mobile demeure tout de même assez obscur jusqu'au dénouement final. Et comme rien n'a été évoqué à ce sujet précisément, on peut avoir l'impression que l'auteur s'est emparé un peu facilement d'une résolution d'intrigue qu'il n'a pas voulu laisser à la portée de son lecteur.
Mais bon, une fois ce défaut mis en
lumière, on constatera tout de même que l'on passe un bon moment de lecture,
très agréable. Guillaume Prévost sait capter l'attention de son lecteur.
Publié par Alwenn à 17:55:39 dans @ Polars historiques | Commentaires (0) | Permaliens
Paroles