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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Les espions de Surrentum | 25 juin 2008

Les espions de Surrentum, Les mystères romains, tome 11, de Caroline Lawrence (Milan Poche, 348 pages). Terminé le 11 juin 2008.


Genre : roman jeunesse

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Ils sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune chrétien, Nubia, l'esclave africaine affranchie, et Lupus, le petit Grec muet. Ils arrivent à Surrentum, dans la magnifique villa de Pollius Felix, dont Flavia est secrètement amoureuse. Malgré le bel été qui s'annonce, leur séjour risque d'être mouvementé : quelqu'un veut empoisonner l'épouse de Pollius.

Déjà onze tomes ! Onze tomes que je suis avec avidité les aventures de ce club des quatre à la romaine... et je ne m'en lasse pas. Le prochain, qui ne va pas tarder à sortir, est déjà inscrit dans ma PAL.

De nouveau, les quatre amis vivent une intrigue passionnante : ils ont tous grandi, vécu pour certains de terribles choses, et tous ont mûri. Désormais pour certains d'entre eux, la préoccupation principale va devenir... l'amour. Mais là encore, rien n'est moins plein de péripéties et de retournements de situations pour le moins déroutants... pour le plus grand plaisir des lecteurs !

La jeune épouse de Pollius Félix souffre d'étranges symptômes, que les quatre détectives en herbe auront tôt fait d'assimiler à ceux que l'on éprouve en cas d'empoisonnement. Mais qui peut bien en vouloir à la femme de Félix ? C'est ce que les quatre amis vont tâcher de découvrir. Mais les découvertes les plus surprenantes ne viendront pas toujours forcément des personnages auxquels on pensait...

Comme d'habitude, Caroline Lawrence mène son roman tambour battant, parsemant son histoire de détails historiques toujours précis. Comme j'ai eu la chance d'aller à Sorrente, Baïes et les cités de la baie de Naples dont on parle dans le roman, j'avais devant les yeux les couleurs des lauriers roses, de la mer aux reflets d'argent et les odeurs de soleil et de fleurs qui venaient chatouiller mes narines, tant Caroline Lawrence a le talent de donner corps aux mots qu'elle écrit. Elle aime aussi mettre en scène des personnages réels, et après avoir fait connaissance avec Pline l'Ancien ou encore Valerius Flaccus, voilà que nous rencontrons... Suétone ! Et que Suétone est supposé être le futur... futur quoi ? non, je ne peux pas vous le dire, ce serait trop déflorer l'intrigue... (moi, sadique ? noooon...)

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce tome est pour le moins...chaud.... puisque le thème de la sexualité y est largement abordé. Il faut dire que la ville de Pollius Felix n'est pas loin de la célèbre cité balnéaire de Baïes, ville ô combien célèbre pour ses roses, mais aussi -et surtout- pour ses plaisirs... Ce qui prouve bien que nos amis ont désormais bien grandi...

Bref, je n'attends plus qu'une chose, comme à chaque fois... la suite !

Publié par Alwenn à 22:25:37 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) |

Maliki broie la vie en rose | 08 juin 2008

Maliki broie la vie en rose, de Maliki (Ankama, 159 pages). Terminé le 08 juin 2008.


Genre : bande dessinée

Avis : 5/5

Conseillé par une amie bloggeuse (Bric à Book ), Maliki broie la vie en rose est un album de bande-dessinée qui compile les meilleurs strips issus du très beau site internet du dessinateur de Maliki, qui se fait appeler Souillon lors des dédicaces... (www. maliki.com ).

L'album comporte 159 pages, dans le format de vieux albums d'antan (je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...) et Maliki nous brosse le portrait d'une jeune femme aux cheveux roses dans un style très manga.

Les thèmes abordés sont divers et variés puisque Maliki capture des tranches de vie et nous les fait partager avec un humour absolument désopilant. Je n'ai pas compté le nombre de fois où j'ai pu rire aux éclats devant certaines scènes ou certaines répliques !

Mais la palme de la crô-mignonnerie revient bien évidemment aux deux personnages « secondaires » que sont les deux chats de Maliki, Fleya et Féanor le-petit-chat-aux-yeux-globuleux... Ceux qui ont un chat reconnaîtront parfaitement la cat-attitude dans les planches de Maliki. C'est hilarant et tellement vrai !

J'ai dévoré ces 159 pages et je n'attends désormais plus qu'une chose : la sortie du tome 2 début juillet ! C'est frais, plein d'humour, bien senti et bien écrit.

Et parce que je suis vraiment tombée sous le charme de Féanor, je vais de ce pas faire un tour dans la boutique de Maliki pour la dévaliser ;-)) Je crois que le sac Feanor va d'ailleurs bientôt me parvenir... (miracle de l'internet, auquel La Poste donne un petit coup de pouce... Il y a juste la carte bancaire qui couine un peu, mais chut...)

N'hésitez pas, allez parcourir le site de Maliki et si vous êtes conquis, achetez les albums ! Je vous garantis de bons moments de lecture aux côtés de ce petit bout de femme attachant aux oreilles d'elfe et aux cheveux roses... et aux chats si terriblement mignons !

Publié par Alwenn à 19:17:01 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (2) |

Le portrait de Dorian Gray | 08 juin 2008

Le portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde (folio classiques, 403 pages). Terminé le 01 juin 2008.


Genre : roman classique

Avis : 5/5

RESUME EDITEUR : Le héros de l'unique roman d'Oscar Wilde doit rester éternellement jeune : son portrait seul sera marqué progressivement par le temps, les vices, les crimes, jusqu'au drame final. Dans ce chef-d'oeuvre de l'art fin de siècle (1890), l'auteur a enfermé une parabole des relations entre l'art et la vie, entre l'art et la morale, entre le Bien et le Mal. Les apparences du conte fantastique, et du roman d'aventures, où le crime même ne manque pas, fascinent le lecteur ébloui par les dialogues étincelants de l'auteur de théâtre, les paradoxes de l'esthète, la phrase du poète. La tragédie vécue par l'écrivain, le bagne, le déshonneur, la mort prématurée laissent ainsi, lisse et pur, son roman unique.

Le roman policier précédent de Gyles Brandreth a été pour moi un tel moment jubilatoire que cela m'a donné envie de lire ENFIN le portrait de Dorian Gray de l'inoubliable Oscar Wilde. Je l'avais dans ma bibliothèque depuis mes 18 ans, au moins, mais je n'avais jamais mis le nez dedans (oui, oui, je sais, honte à moi...) Désormais, l'erreur est réparée. Et que n'ai-je pas lu ce roman avant !

Déjà, il faut reconnaître à Gyles Brandreth le talent formidable d'avoir nourri son livre (Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles) de morceaux choisis aux accents éminemment wildien dans Le portrait de Dorian Gray. On retrouve ainsi de nouvelles formules dorénavant célèbres, directement extraites du roman.

Quant au roman même de Wilde, quel récit envoûtant ! Bien sûr, on trouve cette atmosphère londonienne et mondaine que j'ai tant aimée dans le livre précédent, mais vue, cette fois, à travers le regard acéré de Wilde et passée au crible de sa verve caustique.

Lord Henry semble être la copie littéraire de Wilde, un peu dandy, un peu désabusé, manipulateur et curieux observateur. Un vrai bonheur. L'évolution du personnage de Dorian Gray, d'abord aux côtés de Lord Henry, puis dans une démarche personnelle et choisie est fascinante.

Cette lente descente aux Enfers se suit avec avidité et curiosité, en se demandant où le personnage trouvera le point de non-retour dans ses expériences de débauche et de vice.

Les quelques pages qui reprennent à demi-mots le personnage de Des Esseintes dans A rebours de Huysmans sont éloquentes dans l'évolution de Dorian Gray.

Beaucoup de thèmes cher à Wilde sont évoqués dans ce roman : la lutte du bien et du mal, l'influence masculine au sein de relations pas toujours très claires, la perte de la jeunesse et de la beauté -et corrélativement la fuite du temps-, la décadence psychique sous l'emprise des drogues mais aussi sous la domination de la fascination du mal, l'esthétisme et le beau, etc.

Je me suis plongée dans ce classique de la littérature avec autant de délectation que le livre précédent. J'ai découvert un style que j'aime beaucoup, et aussi une modernité dans la conception de la société - et des êtres humains en général -, très intéressante et surprenante.

Finalement, et à certains égards, bien des individus n'ont pas beaucoup évolué dans leur appréhension du monde et ce que Wilde pense et dit de la société de son époque pourrait presque être calqué sur la société actuelle.... C'est à la fois amusant et terriblement inquiétant...

La grande originalité du roman de Wilde est, de plus, d'ajouter une dimension fantastique à l'intrigue, ce qui lui confère ainsi un goût de conte philosophique à la fois profond et cruel.

Wilde a du génie, c'est certain. Un talent visionnaire, c'est sûr. Et une plume époustouflante, c'est indéniable. Je pense que je lirais d'autres choses de lui car l'homme et son histoire m'ont totalement happée.

Un classique à lire absolument en tout cas !

 

Publié par Alwenn à 17:02:17 dans @ Romans classiques | Commentaires (4) |

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles | 12 mai 2008

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, de Gyles Brandreth (10/18 Grands détectives, 384 pages). Terminé le 11 mai 2008.

 
Genre : roman policier

Avis : 5/5

 
RESUME EDITEUR  : En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu'un drame vient bouleverser sa vie. Tandis qu'il s'apprête à écrire Le Portrait de Dorian Gray, il découvre dans un meublé le corps d'un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel. Et en ami fidèle, Oscar Wilde s'est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n'aura pas été faite pour Billy Wood.

 
         Voilà une lecture tout à fait jubilatoire ! Derrière la couverture acidulée de ce poche nouveau format de la collection 10/18 se cache un petit bijou de roman policier.

         C'est, depuis quelques temps, la grande mode de mettre en scène des personnages historiques connus dans des enquêtes policières. Et Gyles Brandreth se propose humblement -mais avec toute la force de son talent- de nous faire accompagner Oscar Wilde dans son enquête...

    Oscar Wilde... Rien que le nom de ce génie fait vibrer et appelle les atmosphères londoniennes fin de siècle dans lesquelles se mêlent cigarettes, brandy et dîners mondains...

         Et Gyles Brandreth a le délicieux talent de brosser une ambiance charmante et surannée que n'aurait pas renié Wilde en personne je suis sûre... Des alcôves de clubs masculins aux visites mondaines, d'escapades parisiennes en balades en cab dans Londres, l'écriture porte le lecteur dans un univers parfaitement recréé. Un travail formidable qui nous plonge complètement le Londres fin de siècle qu'hantèrent aussi bien Wilde que Jack l'éventreur ou Arthur Conan Doyle.

         Les personnages, en outre, ont ainsi l'étoffe de la réalité (on y croise Robert Sheppard, bien sûr, le narrateur, mais aussi le peintre Millais et d'autres encore) mais aussi le panache des détectives d'antan, puisqu'aux côtés de Wilde chemine justement le jeune Arthur Conan Doyle... Beaucoup de personnages trouvent ainsi un ancrage historique et Gyles Brendreth les fait se mouvoir avec un naturel absolument désarmant. Et Wilde lui-même trouve un souffle incroyable au travers de répliques parfois empruntées à son œuvre elle-même, parfois au travers de traits d'esprits tout droit sortis de l'imagination de l'auteur, mais avec une finesse tout à fait wildienne... Un vrai régal ! Et encore, nous n'avons que la traduction ! J'imagine le bonheur que ce doit être dans la langue de Shakeaspeare...

         L'intrigue en elle-même est très bien trouvée. On se trouvera sans doute un peu le reflet du portrait de Dorian Gray (que Wilde rédige d'ailleurs au moment où l'auteur situe son histoire) avec le meurtre mystérieux d'un jeune homme, retrouvé entouré de chandelles dans un garni.

         L'histoire se boit comme du petit lait, et j'ai personnellement retrouvé les émotions que j'avais jadis quand, adolescente, je lisais les aventures de Sherlock Holmes... Car Wilde en plus, j'ai oublié de le dire, s'est pris de passion pour le nouvel héros de son ami Doyle et s'amuse, avec brio, il faut le dire, à jouer les détectives à la manière de Holmes...

         En bref, on passe un excellent moment, complètement absorbé par l'ambiance, les personnages, le style, l'intrigue... Pour tout dire, j'ai commencé le livre et n'ai pu le lâcher avant de l'avoir terminé. Il m'a fallu l'après-midi mais je crois que j'aurais pu mordre si on avait tenté de me distraire de ma lecture.

Wilde est un personnage naturellement fascinant, mais Gyles Brandreth fait plus que le ressusciter, il lui donne corps, il donne une nouvelle énergie à ce dandy irlandais que l'on connaît essentiellement pour ses traits d'esprits et le scandale qui l'éclaboussa à la fin de sa vie. Dans ce livre, c'est le splendide Wilde qui s'exprime, le merveilleux Wilde qui enquête, l'attachant Wilde que l'on voit évoluer en famille, l'exceptionnel Wilde qui revit, tout simplement, sous la plume magique de Gyles Brandreth...

         Et il semblerait qu'il y ait d'autres épisodes de prévus ! Que cela va être long d'attendre !!! Je suis sous le charme, je suis conquise, je suis ravie. Wilde, même mort, continue d'inonder de son aura mystérieuse et impénétrable ceux qui l'approchent... Merci à Gyles Brandreth d'avoir insufflé à Oscar Wilde un regain magnifique de vie...

Publié par Alwenn à 23:26:51 dans @ Polars | Commentaires (4) |

Ne t'inquiète pas pour moi | 12 mai 2008

Ne t'inquiète pas pour moi, d'Alice Kuipers (Albin Michel jeunesse, 242 pages). Terminé le 07 mai 2008.

 
Genre : roman

Avis : 5/5

 

RESUME EDITEUR  : Maman, je suis allée au supermarché. Regarde dans le frigo. J'ai arrosé les plantes. J'ai nettoyé la cage de Jeannot Lapin. J'ai rangé le salon. Et la cuisine. Et j'ai fait la vaisselle aussi. Je vais me coucher. Ton esclave à domicile, Claire. Une correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille. Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l'espoir demeure. Un livre comme un trésor qui chuchote à l'oreille l'importance de ceux qu'on aime...

 

         Je ne serais sans doute pas très objective pour parler de ce livre car le sujet dont il traite me touche de près... De si près que je n'ai pu m'empêcher de pleurer à chaudes larmes à de nombreuses reprises, pour finir complètement éplorée à la fin...

         Ne t'inquiète pas pour moi est un petit livre bouleversant, qui se lit très vite, comme ces post-it que la mère et la fille échangent sur le frigo. Leur relation s'écoule entre les listes de courses ou de choses à faire et les questions rapides sur la vie l'une de l'autre.

        Au départ, cette correspondance un peu lapidaire et intime peut gêner : le lecteur a un peu l'impression d'être le voyeur qui déflore ces petits mots avant même que l'intéressée n'ait eu l'occasion de les lire.

Et puis, très vite, on sent le drame qui se profile au détour de quelques phrases... Le mot même de cette maladie, cancer, ne sera -je crois- pas prononcé une seule fois. Mais le lot quotidien de ceux qui en souffrent et des familles qui les accompagnent est si bien décrit que je n'ai pu que me retrouver dans cette histoire. J'étais cette fille. Cette fille qui au départ continue sa vie d'adolescente sans penser que l'insidieuse maladie ronge sa mère. Cette fille qui va comprendre l'urgence de la situation et essayer de gérer la vie avec sa mère, mais aussi sa propre vie : où trouver les limites ? Comment envisager les choses ? Quelle importance leur donner ?

Le lien qui unit cette mère à sa fille est fort, bouleversant. Et parfois, je me dis que j'aurais pu écrire moi-même certaines phrases à ma mère. Tout respire la sincérité et la profondeur. Beaucoup de délicatesse dans l'évocation de l'évolution de la maladie aussi, mais on comprend les choses. On les ressent.

C'est un petit livre poignant qui vous prend à la gorge entre deux sanglots. Le courage de cette maman face à la maladie. Les mots d'amour et d'encouragement qu'elle continue de prodiguer à sa fille. Et cette fille qui avance quand même.

C'est un livre qui peut être extrêmement douloureux quand on a connu, ou que l'on connaît comme moi actuellement cette dure épreuve. Mais je tiens à saluer cette note d'espoir dispensée à la fin du livre : la douleur de la perte est immense, incommensurable devrais-je dire, mais l'amour donné et les valeurs dispensées par cette maman sera le soutien de sa fille. Même en écrivant cette ligne, j'ai presque la larme qui coule encore, mais on ne ressort pas de cette lecture brisé. On en ressort profondément touché, et un peu grandi aussi car même par post-it interposés, on peut avoir une vraie leçon de vie.

 

Publié par Alwenn à 01:35:12 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (3) |

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