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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...


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Spirit Lake | 29 juin 2008

Spirit Lake, de Sylvie Brien (Gallimard Scripto, 237 pages). Terminé le 19 juin 2008.


Genre : roman jeunesse

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Québec, 13 mai 1915, Dans l'infirmerie ou camp de détention de Spirit Lake. Peter Gaganoyitch agonise sur un lit de camp. Il n'a que quatorze ans. Comment en est-il arrivé là ? Trois mois plus tôt, il débarquait au Canada, avec Iwan, son frère, et sa grand-mère adorée fuyant la guerre et l'Autriche-Hongrie. Ils pensaient atteindre un nouveau paradis... Comment un jeune garçon, interné au milieu d'un no man's land de glace, utilise miraculeusement ses qualités humaines, son imagination. Et comprend que le bonheur se choisit chaque matin, au saut du lit, comme un vêtement. Un magnifique roman, une magistrale leçon de vie.

Dès les premières lignes de Spirit Lake, le lecteur est happé par l'histoire : Peter Gaganoyitch nous parle. Il nous parle de la lente agonie qu'il est en train de vivre. On ne sait pas de quoi le jeune garçon est en train de mourir, mais il se meurt dans l'infirmerie du camp de Spirit Lake.

Mais qu'est-ce que Spirit Lake ? Spirit Lake est un camp d'internement de prisonniers pendant la première guerre mondiale, au Canada. C'est un pan de l'histoire totalement méconnu pour moi. Je savais que les Américains avaient agi de la même manière envers les Japonais pendant la seconde guerre mondiale, mais je ne savais pas que le Canada avait fait de même lors de la première guerre mondiale, avec tous les ressortissants austro-hongrois qui abordaient leurs rives, fuyant la guerre en Europe.

Peter Gaganoyitch est un de ces exilés volontaires, croyant arriver sur une terre promise, échappant aux horreurs de la guerre. Il arrive à Québec avec son frère, Iwan, et sa grand-mère. Mais rien ne se passera comme prévu, et pire, les deux jeunes seront envoyés à Spirit Lake. Peter n'a que 14 ans, et il ne devrait pas se trouver dans cet endroit. Mais poursuivi par la haine d'un gradé, il suit son frère Iwan dans ce camp d'internement. La vie va durement l'éprouver, jusque dans cette expérience finale par laquelle commence le livre.

La narration bascule sans cesse du présent au passé, voguant entre l'agonie de Peter et la vie dans le camp, qu'il a vécu jusqu'à temps de se retrouver sur ce lit d'infirmerie. Le lecteur n'a de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé, comment et pourquoi ce jeune garçon est en train de mourir.

La vie dans le camp est décrite sans artifice, mais sans misérabilisme non plus. Les relations se nouent, les amitiés se lient, mais les inimitiés éclatent aussi. Pas de manichéisme dans ce livre, simplement des sentiments profonds et humains. Un épisode m'a particulièrement marqué : celui où Peter se voit dépossédé d'une « farine » de sarrasin qu'il a reçu dans un étrange colis, et que les femmes du village d'internement décident d'utiliser pour cuire des galettes à tout le monde. Mais cette farine n'est pas celle que l'on croit, et une émotion à la fois glacée et émue m'a saisie à la lecture de ce passage.

Enfin, Spirit Lake trouve une certaine originalité dans le mélange des genres : l'auteur a en effet choisi de mêler tout un pan fantastique à ce récit romancé qui s'appuie sur des bases historiques réelles. J'avoue que je suis assez partagée sur ce choix : il cadre parfaitement avec le décor du lac, sur les berges duquel se dresse le camp, un lac aux esprits dans les légendes indiennes, et où il se passe d'étranges choses. Mais d'un autre côté, le récit aurait tout aussi bien pu tenir sans cet apport fantastique, et ce, même si une grande partie l'intrigue repose sur l'histoire de ce lac et tend vers une fin qui boucle certains « mystères » du roman.

Il n'en reste pas moins que c'est un roman fort, émouvant. Une belle leçon d'humanité et de courage. Et beaucoup d'espoir.

Publié par Alwenn à 00:04:48 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) |

Les espions de Surrentum | 25 juin 2008

Les espions de Surrentum, Les mystères romains, tome 11, de Caroline Lawrence (Milan Poche, 348 pages). Terminé le 11 juin 2008.


Genre : roman jeunesse

Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Ils sont quatre : Flavia, la fille d'un armateur romain, Jonathan, le jeune chrétien, Nubia, l'esclave africaine affranchie, et Lupus, le petit Grec muet. Ils arrivent à Surrentum, dans la magnifique villa de Pollius Felix, dont Flavia est secrètement amoureuse. Malgré le bel été qui s'annonce, leur séjour risque d'être mouvementé : quelqu'un veut empoisonner l'épouse de Pollius.

Déjà onze tomes ! Onze tomes que je suis avec avidité les aventures de ce club des quatre à la romaine... et je ne m'en lasse pas. Le prochain, qui ne va pas tarder à sortir, est déjà inscrit dans ma PAL.

De nouveau, les quatre amis vivent une intrigue passionnante : ils ont tous grandi, vécu pour certains de terribles choses, et tous ont mûri. Désormais pour certains d'entre eux, la préoccupation principale va devenir... l'amour. Mais là encore, rien n'est moins plein de péripéties et de retournements de situations pour le moins déroutants... pour le plus grand plaisir des lecteurs !

La jeune épouse de Pollius Félix souffre d'étranges symptômes, que les quatre détectives en herbe auront tôt fait d'assimiler à ceux que l'on éprouve en cas d'empoisonnement. Mais qui peut bien en vouloir à la femme de Félix ? C'est ce que les quatre amis vont tâcher de découvrir. Mais les découvertes les plus surprenantes ne viendront pas toujours forcément des personnages auxquels on pensait...

Comme d'habitude, Caroline Lawrence mène son roman tambour battant, parsemant son histoire de détails historiques toujours précis. Comme j'ai eu la chance d'aller à Sorrente, Baïes et les cités de la baie de Naples dont on parle dans le roman, j'avais devant les yeux les couleurs des lauriers roses, de la mer aux reflets d'argent et les odeurs de soleil et de fleurs qui venaient chatouiller mes narines, tant Caroline Lawrence a le talent de donner corps aux mots qu'elle écrit. Elle aime aussi mettre en scène des personnages réels, et après avoir fait connaissance avec Pline l'Ancien ou encore Valerius Flaccus, voilà que nous rencontrons... Suétone ! Et que Suétone est supposé être le futur... futur quoi ? non, je ne peux pas vous le dire, ce serait trop déflorer l'intrigue... (moi, sadique ? noooon...)

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce tome est pour le moins...chaud.... puisque le thème de la sexualité y est largement abordé. Il faut dire que la ville de Pollius Felix n'est pas loin de la célèbre cité balnéaire de Baïes, ville ô combien célèbre pour ses roses, mais aussi -et surtout- pour ses plaisirs... Ce qui prouve bien que nos amis ont désormais bien grandi...

Bref, je n'attends plus qu'une chose, comme à chaque fois... la suite !

Publié par Alwenn à 22:25:37 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (2) |

Maliki broie la vie en rose | 08 juin 2008

Maliki broie la vie en rose, de Maliki (Ankama, 159 pages). Terminé le 08 juin 2008.


Genre : bande dessinée

Avis : 5/5

Conseillé par une amie bloggeuse (Bric à Book ), Maliki broie la vie en rose est un album de bande-dessinée qui compile les meilleurs strips issus du très beau site internet du dessinateur de Maliki, qui se fait appeler Souillon lors des dédicaces... (www. maliki.com ).

L'album comporte 159 pages, dans le format de vieux albums d'antan (je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître...) et Maliki nous brosse le portrait d'une jeune femme aux cheveux roses dans un style très manga.

Les thèmes abordés sont divers et variés puisque Maliki capture des tranches de vie et nous les fait partager avec un humour absolument désopilant. Je n'ai pas compté le nombre de fois où j'ai pu rire aux éclats devant certaines scènes ou certaines répliques !

Mais la palme de la crô-mignonnerie revient bien évidemment aux deux personnages « secondaires » que sont les deux chats de Maliki, Fleya et Féanor le-petit-chat-aux-yeux-globuleux... Ceux qui ont un chat reconnaîtront parfaitement la cat-attitude dans les planches de Maliki. C'est hilarant et tellement vrai !

J'ai dévoré ces 159 pages et je n'attends désormais plus qu'une chose : la sortie du tome 2 début juillet ! C'est frais, plein d'humour, bien senti et bien écrit.

Et parce que je suis vraiment tombée sous le charme de Féanor, je vais de ce pas faire un tour dans la boutique de Maliki pour la dévaliser ;-)) Je crois que le sac Feanor va d'ailleurs bientôt me parvenir... (miracle de l'internet, auquel La Poste donne un petit coup de pouce... Il y a juste la carte bancaire qui couine un peu, mais chut...)

N'hésitez pas, allez parcourir le site de Maliki et si vous êtes conquis, achetez les albums ! Je vous garantis de bons moments de lecture aux côtés de ce petit bout de femme attachant aux oreilles d'elfe et aux cheveux roses... et aux chats si terriblement mignons !

Publié par Alwenn à 19:17:01 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (2) |

Le portrait de Dorian Gray | 08 juin 2008

Le portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde (folio classiques, 403 pages). Terminé le 01 juin 2008.


Genre : roman classique

Avis : 5/5

RESUME EDITEUR : Le héros de l'unique roman d'Oscar Wilde doit rester éternellement jeune : son portrait seul sera marqué progressivement par le temps, les vices, les crimes, jusqu'au drame final. Dans ce chef-d'oeuvre de l'art fin de siècle (1890), l'auteur a enfermé une parabole des relations entre l'art et la vie, entre l'art et la morale, entre le Bien et le Mal. Les apparences du conte fantastique, et du roman d'aventures, où le crime même ne manque pas, fascinent le lecteur ébloui par les dialogues étincelants de l'auteur de théâtre, les paradoxes de l'esthète, la phrase du poète. La tragédie vécue par l'écrivain, le bagne, le déshonneur, la mort prématurée laissent ainsi, lisse et pur, son roman unique.

Le roman policier précédent de Gyles Brandreth a été pour moi un tel moment jubilatoire que cela m'a donné envie de lire ENFIN le portrait de Dorian Gray de l'inoubliable Oscar Wilde. Je l'avais dans ma bibliothèque depuis mes 18 ans, au moins, mais je n'avais jamais mis le nez dedans (oui, oui, je sais, honte à moi...) Désormais, l'erreur est réparée. Et que n'ai-je pas lu ce roman avant !

Déjà, il faut reconnaître à Gyles Brandreth le talent formidable d'avoir nourri son livre (Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles) de morceaux choisis aux accents éminemment wildien dans Le portrait de Dorian Gray. On retrouve ainsi de nouvelles formules dorénavant célèbres, directement extraites du roman.

Quant au roman même de Wilde, quel récit envoûtant ! Bien sûr, on trouve cette atmosphère londonienne et mondaine que j'ai tant aimée dans le livre précédent, mais vue, cette fois, à travers le regard acéré de Wilde et passée au crible de sa verve caustique.

Lord Henry semble être la copie littéraire de Wilde, un peu dandy, un peu désabusé, manipulateur et curieux observateur. Un vrai bonheur. L'évolution du personnage de Dorian Gray, d'abord aux côtés de Lord Henry, puis dans une démarche personnelle et choisie est fascinante.

Cette lente descente aux Enfers se suit avec avidité et curiosité, en se demandant où le personnage trouvera le point de non-retour dans ses expériences de débauche et de vice.

Les quelques pages qui reprennent à demi-mots le personnage de Des Esseintes dans A rebours de Huysmans sont éloquentes dans l'évolution de Dorian Gray.

Beaucoup de thèmes cher à Wilde sont évoqués dans ce roman : la lutte du bien et du mal, l'influence masculine au sein de relations pas toujours très claires, la perte de la jeunesse et de la beauté -et corrélativement la fuite du temps-, la décadence psychique sous l'emprise des drogues mais aussi sous la domination de la fascination du mal, l'esthétisme et le beau, etc.

Je me suis plongée dans ce classique de la littérature avec autant de délectation que le livre précédent. J'ai découvert un style que j'aime beaucoup, et aussi une modernité dans la conception de la société - et des êtres humains en général -, très intéressante et surprenante.

Finalement, et à certains égards, bien des individus n'ont pas beaucoup évolué dans leur appréhension du monde et ce que Wilde pense et dit de la société de son époque pourrait presque être calqué sur la société actuelle.... C'est à la fois amusant et terriblement inquiétant...

La grande originalité du roman de Wilde est, de plus, d'ajouter une dimension fantastique à l'intrigue, ce qui lui confère ainsi un goût de conte philosophique à la fois profond et cruel.

Wilde a du génie, c'est certain. Un talent visionnaire, c'est sûr. Et une plume époustouflante, c'est indéniable. Je pense que je lirais d'autres choses de lui car l'homme et son histoire m'ont totalement happée.

Un classique à lire absolument en tout cas !

 

Publié par Alwenn à 17:02:17 dans @ Romans classiques | Commentaires (4) |

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