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Fabula Bovarya...ou l'art de la fuite romanesque

" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.

Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...

LIRE est le verbe que j'aimerais pouvoir conjuguer à toutes les personnes et à tous les temps le plus souvent possible...

Mes lectures ? De tout, de rien... je voyage dans les mots au gré de mes découvertes et de mes marottes du moment.


C'est ainsi qu'après avoir découvert la littérature jeunesse par
l'intermédiaire de mon travail, je m'en suis fait une passion. D'où le
mélange des genres de Fabula Bovarya.

Pas de panique ! Pour s'y retrouver, on suit la couleur
(même si je ne suis pas vraiment une fan des classifications en
littérature : les frontières ne sont pas toujours simples à déterminer)


- en ROSE : les livres de littérature jeunesse, les livres pour ado.

- en VIOLET : les livres pour "adultes".


Que dire de mes avis ? Sans doute qu'ils sont toujours très subjectifs
(forcément) mais, avant tout, toujours sincères. Je ne prétends pas être critique littéraire.

D'ailleurs, Monsieur Pennac, j'aurais bien aimé rajouter à vos "Droits imprescriptibles du lecteur" un onzième droit, qui me tient à coeur - et qui me paraît tout aussi essentiel que les dix autres - : le droit de ne pas avoir aimé un livre...(accompagné de son corollaire, le droit de le dire...)

Allez, pour la route, je termine avec ces fameux droits :

LES DROITS DU LECTEUR :

Le droit de ne pas lire.

Le droit de sauter des pages.

Le droit de ne pas finir un livre.

Le droit de relire.

Le droit de lire n'importe quoi.

Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)

Le droit de lire n'importe où.

Le droit de grappiller.

Le droit de lire à haute voix.

Le droit de nous taire.


(in Comme un roman, de Daniel Pennac)

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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette | 29 avril 2008

La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Millenium, tome 2, de Stieg Larsson (Actes Sud, 652 pages). Terminé le 27 avril 2008.

 
Genre : roman policier

 

Avis : 5/5

 
RESUME EDITEUR  : Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?

 

         Me voilà donc poursuivant mes aventures suédoises... Mikael Bloomkvist a pu reprendre sa vie d'avant l'affaire Wenneström, et Lisbeth, elle, a décidé de prendre ses distances pour mieux se protéger.

         Mais le crime ne fait pas de pause, lui, et deux nouveaux investigateurs lancent le lecteur sur la piste de la Mafia de sexe... D'entrée de jeu, le ton est donné : le prologue présente une scène sombre, où une très jeune fille, attachée sur un lit, semble subir les pires sévices. Cette nouvelle affaire est on ne peut plus ténébreuse et entourée de la plus profonde noirceur...

         Très rapidement, le rythme va se mettre en place. Les personnages ayant été campés dans le premier tome, c'est comme si l'on reprenait une conversation avec de vieux amis, là où elle s'était arrêtée... Et tout va très vite s'accélérer... Le lecteur se retrouve pris dans le tourbillon de cette enquête mystérieuse et quand l'histoire s'affole, le lecteur plonge encore plus dans l'aventure...

         Dans ce deuxième tome, le personnage de Lisbeth s'épaissit, et ce petit bout de femme mystérieux, cette Fifi Brindacier aux doigts de fée sur un clavier fascine encore plus... Mais qui est-elle vraiment ? La tueuse psychopathe que les médias décrivent après que tout l'accuse de trois meurtres sanglants ? Ou bien une jeune femme dont le passé la rattrape peu à peu ? Une asociale ? Une victime ? Un bourreau ? Le personnage de la filante Lisbeth prend de l'ampleur, enfle au fil des pages et l'on apprend à connaître cette hackeuse insondable.

         Et aussi incroyable que cela puisse paraître, le personnage de Lisbeth, central dans ce tome, est presque tout le temps absent (c'est un peu frustrant d'ailleurs parfois...), ce qui ne fait que renforcer encore son importance.

         Peu à peu, l'enquête avance, et même si parfois j'ai pu regretter quelques longueurs, c'est parce que je suis trop impatiente et que je voulais connaître la suite des événements le plus vite possible. Mais qu'est-ce que j'ai pu détester ces flics qui ne comprennent rien à rien et qui enfoncent les portes ouvertes avec une bêtise consommée ! Qu'est-ce qu'on aimerait les secouer, leur ouvrir les yeux, leur mettre des bâtons dans les roues ou que sais-je encore !

         Mais lorsque les morceaux du puzzle se mettent en place progressivement et que tout semble s'éclairer de la lumière blafarde d'un début de vérité, c'est encore plus extraordinaire que ce que l'on avait imaginé... Jusqu'à ce dénouement... Incroyable dénouement, palpitant, haletant... On a les nerfs à vifs sur les dernières pages, la boule au ventre et les cris cherchant à s'échapper qui râpent la gorge...

Et pour la première fois depuis quelques mois, le teasing final ne m'a pas agacée. Je n'en ai pas voulu à Stieg Larsson de me planter là avec mes questions... D'une part parce que je savais que j'allais pourvoir lire la suite, et d'autre part parce que mon coeur n'aurait pas résisté une page de plus à la pression psychologique de ce dénouement... Un geste de santé publique que de ne pas conclure ces dernières pages, finalement...

Enfin, la galerie de personnages s'étoffe de quelques nouveaux individus, notamment cet intéressant boxeur... Chaque personnage tient son rôle, possède sa place et son importance et quand vous pensez avoir compris les liens qui les unissent, vous êtes encore loin du compte...

Bref, ce deuxième tome m'a laissée pantelante dimanche soir et lundi matin, quand je me suis réveillée et que je me suis rendue compte que je ne devais pas aller à la librairie avant le samedi, j'ai cru défaillir.... Du coup, contre toute attente, j'ai fait quelques kilomètres dans la journée-même pour me procurer le troisième tome, sur lequel je me suis jetée une fois à la maison... Et que je savoure en ce moment même... Et il va bien falloir en profiter, puisque ce sera malheureusement le dernier...

Publié par Alwenn à 21:30:22 dans @ Polars | Commentaires (2) |

La licorne- Ad Naturam | 23 avril 2008

La licorne, tome 2, Ad Naturam, de Matthieu Gabella et Anthony Jean (Delcourt, 56 pages). Terminé le 19 avril 2008.


Genre : Bande dessinée

Avis : 5/5

RESUME EDITEUR : 1565. La Renaissance... L'Art et la Science sont en plein bouleversement, les guerres de religion couvent... Mais une autre bataille, dans l'ombre, a déjà commencé. Une bataille qu'on livre autour du plus mystérieux des objets, de la plus merveilleuse des créations : le corps humain. Le dernier temple d'Asclépios a été perdu. Assaillis par le doute, Ambroise Paré et ses compagnons font route pour Milan, guidés par la première tapisserie. Mais leurs adversaires les attendent déjà dans l'enceinte de la ville. En effet, les médecins pourraient bien y trouver les premières réponses à la question qu'ils se posent depuis le début... Qui a le pouvoir de transformer l'anatomie humaine ?

Si j'avais déjà trouvé le premier album superbe, je ne sais que dire à propos de celui-ci sans tomber dans un panégyrique amplement mérité...

Tout est littéralement à tomber dans ce deuxième tome de La Licorne :

- Toujours ces mêmes fabuleux dessins, à couper le souffle. Une minutie de détails absolument démentielle qui côtoie des couleurs stupéfiantes. J'en suis restée bouche bée sur certaines planches... Notamment cet extraordinaire atelier dont la présentation n'a pas été sans me rappeler la bibliothèque labyrinthique du film Le nom de la Rose...

- Un mélange uchronique savamment dosé, ni trop, ni trop peu : quelques personnages historiques, un zeste de créatures fantastiques... le tout dans une histoire palpitante.

- Le thème principal de l'intrigue, bien pensé, et bien abordé. Des trouvailles parfois tout à fait géniales (Je vous laisse le soin par exemple de découvrir la signification du titre de ce deuxième tome, Ad Naturam... épatant !)

- Une langue soignée (les quelques coquilles qui avaient pu échapper dans le premier tome sont cette fois-ci complètement éliminées) et fluide qui donne envie de toujours pousser plus loin la lecture (quand les dessins ne nous arrêtent pas de force par leur stupéfiante beauté !)

- Un cahier final avec de superbes esquisses et des explications de genèse : un petit supplément qui est bienvenu et qui apporte un éclairage intéressant sur ce projet ambitieux et pour l'instant très réussi.

J'ai cru lire en exergue qu'Anthony Jean, le dessinateur, avait sué sang et eau pour créer ce deuxième opus... Que louanges alors lui soient rendues et respect lui soit dû : il sait ainsi prouver qu'avec force de travail acharné, l'œuvre mûrit et s'épanouit, et ce, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs !

Evidemment, comme à chaque fois, je trouve que j'ai fini bien trop vite cet album. Le tome suivant n'en sera que plus long à attendre...

Prenez votre temps messieurs, couvez-bien vos créations car avec la perfection que frise ce deuxième tome, il va vous falloir flirter désormais avec l'exigence... à laquelle votre perfectionnisme aura habitué votre public...

Un grand bravo en tout cas pour cette superbe réalisation qui réunit tout à la fois esthétisme et humanisme...

Publié par Alwenn à 19:33:18 dans @ Bandes dessinées | Commentaires (2) |

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes | 22 avril 2008

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de Stieg Larsson (Actes Sud, 574 pages). Terminé le 15 avril 2008.

 
Genre : roman policier

Avis : 5/5

 
RESUME EDITEUR  : Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.

         Il fallait bien qu'un jour je me plonge enfin dans ce phénomène de l'édition dont on parle tant... Voilà chose faite.

         Et pourtant, Dieu sait que ces livres étranges, au grand format, aux couvertures noires à liseré rouge, aux illustrations peu avenantes et aux titres incroyablement longs et tordus ne m'attiraient pas du tout !

         Et puis, chemin faisant dans les librairies que j'écume, voyant que ces livres persistaient à trôner en bonne place, j'ai fini par me convaincre que ce désormais best-seller devait bien receler quelque pépite pour faire tourner autant de têtes...

         Poussée donc plus par la curiosité que par un réel engouement marketing, me voilà donc un jour rentrant avec le tome 1 de Millénium sous le bras.

         Dès les premières pages, j'ai pensé m'être totalement fourvoyée dans mon choix de lecture : assaillie par des propos journalistico-politico-financiers, me voilà pestant contre un début de narration très lent, dont l'intrigue ne semble pas vouloir se mettre en place bien que l'auteur ait appâté le client par un prologue bien mystérieux... Damned ! J'en étais presque à crier « remboursez ! »... Mais, d'un naturel plutôt tenace, je décide de poursuivre plus avant ma lecture. Et là, le double effet Larsson s'est mis abruptement en œuvre...

         Le premier effet Larsson est de vous prendre en otage entre ses pages, une irrépressible envie de connaître la suite vous tenaillant l'esprit. Normal, me direz-vous, pour un polar.

         Le deuxième effet Larsson alors ? Une inénarrable plongée dans un monde particulier, aux allures folles de réel et à l'irréalisme romanesque, duquel on ne veut pas émerger...

         Personnellement, je suis restée fascinée par le personnage de Lisbeth Salander. Mystérieuse et fuyante, profonde et étrange, la jeune femme n'en finit pas d'étonner tout au long du roman. Le personnage principal Mikael Blomkvist, bien que sympathique, en paraît presque falot à côté !

         L'intrigue est habilement menée : sorte de mystère de la chambre jaune à l'échelle insulaire, la disparition d'Harriet Vanger titille l'imagination du lecteur... On se prend au jeu et on cherche à savoir ce qui s'est passé ce jour funeste... Qui ? Pourquoi ? Comment ? Quand ? sont les questions qui vous tarauderont autant qu'elle taraudent les personnages. Et vous aussi vous n'aurez de cesse de connaître la vérité !

         Dans l'ambiance neigeuse de la Suède moderne, tous les thèmes de la société actuelle viendront s'échouer sous vos yeux : finances, journalisme, sexualité, violence, rapports familiaux... tout se mêle, s'enchevêtre, pour tisser une toile policière haletante.

         Parfois, on se sentira un peu perdu dans cette immense famille Vanger aux squelettes jonchant les placards. Parfois, on se sentira bousculé par le plaisir indicible de l'auteur de nous malmener sur les sentiers de fausses pistes. On pourra même parfois regretter de ne plus savoir comment tout lier.

         Et puis, tel le tisseur patient et besogneux, Larsson dénoue petit à petit son écheveau sous vos yeux ébahis. Oh, bien sûr, tout n'est pas d'une originalité patentée ! Mais quel univers intrigant et attachant ! On se sent bien dans les pages de Stieg Larsson : une fraîcheur venue du Nord qui a de quoi réconcilier avec le polar moderne selon moi. Out en effet (et dieu merci !) l'ésotérisme ! Out les personnages de détectives à la Bruce Willis, tout en muscles et si peu en finesse ! Out aussi le sanguinolent à tout va qui s'exerce dans des remakes de scènes de crimes névrotiques. Place à la violence froide mais réaliste, aux personnages nuancés et complexes, au cadre d'un monde contemporain vicié, jumeau romanesque de l'univers dans lequel nous vivons.

          Enfin, dernier point et pas des moindres pour moi, Stieg Larsonn parvient à écrire une histoire policière qu'Agatha Christie n'aurait pas renié : pas de dérogation aux règles du polar puisque tous les personnages que le lecteur rencontre ont une réelle part dans l'intrigue. Le lecteur habile pourra mener l'enquête aux côtés de Mikael et Lisbeth. Le(s) criminel(s) seront à vos côtés dès le début et marcheront au même rythme que vous...

         Bon, nul besoin d'épiloguer car tout le monde l'aura compris : j'ai moi aussi cédé avec délice à cette vague suédoise et je n'avais pas fini le premier tome que le deuxième avait atterri sur ma table de chevet, prêt à être dévoré.

         Une vrai belle découverte pour moi. Une bonne surprise surtout parce que les couvertures affublées de ces titres si étranges - pour ne pas dire grotesques de prime abord- étaient loin de m'inspirer !

         Puissè-je ainsi au moins retenir cette leçon, qu'en littérature plus qu'en tout autre domaine, l'habit ne fait pas le moine et le gâteau est parfois bien plus moëlleux que la croûte...

         Alors, aux gourmands friands de polars inédits et innovants, vous pouvez succomber les yeux fermés à ces pavés nordiques !

Publié par Alwenn à 21:26:29 dans @ Polars | Commentaires (10) |

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