" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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Passer l'hiver d'Olivier Adam (pages). Terminé en février 2008.
Genre : recueil de nouvelles
Avis : 2/5
RESUME EDITEUR : Ils
sont sonnés, lessivés, cassés. Un souffle suffirait à les faire tomber.
Pourtant, les personnages de ce livre possèdent une force intérieure
insoupçonnée. Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse de
supermarché, ils s'accrochent à la vie avec l'énergie du désespoir. Ce sont des
invaincus.
Olivier Adam décrit avec sobriété ces grands blessés de l'existence, ces paysages noyés dans le brouillard, qui sont comme la métaphore d'une inguérissable mélancolie, ces femmes maternelles auprès de qui des hommes déjà usés tentent de retrouver un réconfort. Avec ce recueil, Olivier Adam s'impose d'emblée comme un « nouvelliste » hors pair, dans la lignée des « grands » américains (Carver, Cheever), dont il a assimilé leurs techniques : stylisation, art de l'ellipse, montage « cut », refus de la psychologie.
Je n'étais probablement pas dans un bon état d'esprit pour lire ce livre dont un ami m'avait dit tant de bien, parce que vraiment, je crois que j'ai détesté cette lecture. Je n'ai aimé ni l'écriture d'Olivier Adam, dont on m'avait vanté l'efficacité, ni les personnages désabusés et perdus que l'auteur met en scène.
Je me suis absolument forcée à aller jusqu'au bout de cette lecture, pourtant courte, tant ces nouvelles m'ont mises mal à l'aise. On a l'impression que l'auteur se complaît dans le misérabilisme, la détresse la plus noire et les situations les plus glauques. C'est oppressant, c'est pessimiste, et ce n'est franchement pas le livre à lire quand on a des soucis personnels. L'éditeur présente les héros comme des « invaincus ». Des invaincus ? Ah, bon ? Où ça ? Je n'ai vu que des âmes blessées, embourbées dans leur vie triste et minable, se débattant avec toute la force du désespoir...
Je n'aime pas trop cette vague de nouveaux auteurs qui surfent sur le malheur des gens pour en faire des histoires dans lesquelles ceux qui n'ont pas de soucis peuvent se plonger avec délectation en se félicitant de ne pas avoir à subir tout ça. C'est la fameuse phrase de Lucrèce poussé en art de vivre littéraire : « Qu'il est bon, assis sur la falaise, de regarder autrui se débattre dans la tempête »...
C'est tellement facile effectivement. Mais je ne peux être touchée par cette vision de l'être humain, qui, tombant dans le désespoir le plus noir, n'a d'autre solution que de se raccrocher à sa condition pour essayer une dernière fois de donner un sens à sa vie. Pour moi ce ne peut être ça la vie. Parce que c'est bien plus beau et poétique si l'on veut bien s'en donner la peine.
Désolée, je n'hurlerais donc pas avec les loups sur ce coup-là... Les éloges dithyrambiques dont bénéficient à la fois le livre et l'auteur ne me rallieront jamais à la mouvance littéraire des despair stories...
Publié par Alwenn à 16:29:52 dans @ Recueil de nouvelles | Commentaires (0) | Permaliens
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