" Fabula Bovarya" est un blog qui s'adresse à tous ceux qui, comme moi, sont atteints d'un incurable bovarysme.
Fabula en latin, c'est l'histoire, la fable, celle dans laquelle on plonge avec délice, pour fuir les réalités pesantes...
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La disparition d'Anastasia Cayne de Gregory Galloway (Albin Michel (Wiz suspens), 362 pages). Terminé le 17 mars 2008.
Genre : roman jeunesse
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Anna Cayne préfère qu'on
l'appelle Anastasia, aime Houdini le prestidigitateur, élabore des codes
secrets et des énigmes, s'habille tout en noir et passe son temps à écrire de
fausses nécrologies sur les habitants de la ville. Quand je suis tombé amoureux
d'elle et qu'elle a mystérieusement disparu, j'ai commencé à recevoir des
messages codés que seule Anastasia aurait pu m'envoyer...
La disparition d'Anastasia Cayne est un livre pour le moins étrange et dérangeant... à la fois roman d'initiation et roman à suspens, le lecteur peut vite se sentir pris en otage de cette narration interne anonyme, puisque du narrateur, nous ne connaîtrons jamais le nom. A peine la première lettre de son prénom, un lapidaire G.
Anna est une jeune gothique mystérieuse, une adolescente pleine de vie aux habitudes étranges : elle écrit de fausses nécrologies, s'enthousiasme pour des objets qu'elle peut trouver au hasard de sa vie et envoie des lettres ou des cartes postales codées. Rien n'est banal chez Anna, contrairement au narrateur, son petit ami, qui se fond dans la masse adolescente sans signe distinctif particulier.
L'ambiance du livre, sans être lugubre, est cependant assez oppressante puisque dès la quatrième de couverture, on sait qu'Anna est vouée à disparaître. Disparaître. Le mot est lâché. Après les longues pages où le narrateur décrit sa relation avec Anna, disséminant des détails sur sa vie personnelle et la vie au lycée, Anna s'évapore. Suicide ? Fugue ? Meurtre ? Les questions demeurent sans réponse et même à la fin du livre, le mystère reste entier. Bien sûr, de nombreux indices ont été éparpillés avec soin tout au long du roman un peu comme Anna elle-même aurait aimé le faire, mais les pistes sont si nombreuses, qu'il est impossible de trancher in fine. Ce que j'ai d'ailleurs trouvé très frustrant. L'atmosphère même du roman m'a fait de plus indéniablement penser à L'affaire Jennifer Jones d'Anne Cassidy : tout est lourd de sous-entendus, et le thème même de la disparition et du malaise adolescent plombe les pages. Ce parti pris de rédaction n'est pas inintéressant en soi, mais en matière de littérature jeunesse, on ne s'attend pas toujours à une telle gravité.
On sent tout au long du roman planer quelque chose de malsain mais sans jamais pouvoir mettre le doigt dessus. C'est le genre de livre qui tourne autour du pot sans jamais l'atteindre. Et c'est ce qui créé ce malaise.
Au final, je n'ai pas été conquise par ce roman puisqu'Anne Cassidy avait selon moi déjà ouvert la voie et qu'il n'y a donc là rien de neuf sous le soleil. De plus, cette incertitude constante au fil de l'intrigue qui ne trouve aucune résolution finale finit par être angoissante et décevante.
Je reconnaîtrais cependant à l'auteur un réel talent pour avoir imaginé le personnage d'Anna, hors du commun et extrêmement attachant, voire fascinant. Gregory Galloway parvient à nous faire entrevoir l'étrangeté attirante de la jeune fille à travers le regard enamouré de son narrateur et par le biais de ses curieuses manies.
« Simple comme la neige », code phare du roman, résume à lui seul l'antithèse de ce livre : derrière une histoire apparemment banale se cache la profondeur glacée des errances adolescentes.
Publié par Alwenn à 16:22:18 dans @ Littérature jeunesse | Commentaires (5) | Permaliens
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